Chine : Marco Rubio place le pays au rang de 2e puissance militaire derrière les USA

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a qualifié la Chine de deuxième armée la plus puissante au monde, lors d’un entretien accordé ce jeudi 14 mai à Tom Llamas sur NBC News. Une reconnaissance publique qui intervient alors que Pékin maintient depuis trois ans consécutifs une hausse annuelle de 7,2 % de son budget de défense.

Une croissance militaire « sans précédent » selon Washington

Devant la caméra de NBC News, Rubio a dressé un constat sans ambiguïté : « Le rythme de croissance de l’armée chinoise au cours des dix dernières années est sans précédent, absolument sans précédent. Rien qu’avec sa marine, la Chine a investi des milliards et des milliards de dollars dans ses capacités militaires. Quand on regarde cela, il est difficile d’ignorer à quel point cette montée en puissance est rapide et massive. » Le secrétaire d’État a ensuite écarté une lecture limitée à Taïwan : « Je ne pense pas que cela soit uniquement lié à Taïwan. Je pense que la Chine a l’ambition, à terme, d’être capable de projeter sa puissance à l’échelle mondiale comme les États-Unis le font aujourd’hui. Elle est encore derrière nous à cet égard, mais malgré cela, elle investit énormément d’argent. À l’heure actuelle, elle possède sans aucun doute la deuxième armée la plus puissante du monde. »

Une montée en puissance documentée sur une décennie

Les données de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) donnent corps aux déclarations de Rubio. La flotte aérienne de l’Armée populaire de libération (APL) est passée de 1 415 avions de combat en 2014 à 1 865 en 2025, avec une bascule marquée vers des appareils de cinquième génération comme le J-20, et des prototypes de sixième génération — les J-36 et J-50 — déjà en phase de test. Sur mer, la marine chinoise aligne désormais plus de 370 navires et sous-marins de combat, contre 340 en 2022, selon le rapport annuel du Pentagone publié en décembre 2024. Un troisième porte-avions, le CNS Fujian, a appareillé en mars 2024, et un quatrième à propulsion nucléaire est en construction.

Le stock d’ogives nucléaires opérationnelles a franchi le seuil de 600 unités en 2024, selon le même rapport du Pentagone, contre 500 l’année précédente. À ce rythme, les analystes du département américain de la Défense estiment que la Chine pourrait atteindre la parité nucléaire avec les États-Unis dans le courant des années 2030.

Des lacunes malgré l’investissement massif

La modernisation de l’APL n’est pas sans failles. Le Pentagone signale que plusieurs hauts responsables militaires ont été limogés ces dernières années dans le cadre d’enquêtes anticorruption, perturbant notamment le commandement des forces de missiles. La RAND Corporation relevait en janvier 2025 des doutes sur la préparation opérationnelle réelle de l’armée chinoise en cas de conflit de haute intensité.

Pour contrer ces fragilités, Xi Jinping a signé en février 2025 trois nouveaux règlements militaires entrés en vigueur le 1er avril, réformant la gestion des effectifs et réorientant explicitement la priorité de l’APL vers « la préparation et l’engagement dans la guerre ». L’objectif officiel fixé par Pékin reste d’atteindre une armée « de classe mondiale » d’ici 2027.

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