Le chef de l’opposition israélienne Yaïr Lapid a publié dimanche 13 juin 2026 une charge en treize points contre le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, tenant ce dernier pour seul responsable de ce qu’il qualifie de naufrage diplomatique dans le dossier iranien, au moment où un accord entre Washington et Téhéran paraît imminent.
Un bilan militaire sans traduction stratégique
Dans une publication sur le réseau social X, Lapid, ancien Premier ministre et président du parti Yesh Atid, soutient que l’accord en cours de finalisation laisse le régime iranien intact, préserve son programme de missiles balistiques et lui permet de reconstituer ses capacités nucléaires. Il dénonce un « échec total » de Nétanyahou, accusant ce dernier de transformer Israël en un « État vassal recevant des instructions en matière de sécurité nationale ».
Lapid reproche au Premier ministre d’avoir présenté aux Américains un tableau trop optimiste de la situation sans leur exposer l’étendue des risques, ce qui aurait conduit à une perte de confiance de Washington au cœur du conflit. Il lui impute également l’absence de pression suffisante pour que l’accord inclue la question des missiles balistiques iraniens — un point qu’Israël réclamait comme condition non négociable — ainsi que l’échec à obtenir des frappes américaines sur les installations énergétiques iraniennes.
Des fautes diplomatiques en cascade
Le réquisitoire s’étend à plusieurs fronts : la gestion du dossier kurde sans anticipation de la réaction turque, le poids d’Ankara auprès de l’administration américaine, l’absence de coordination avec les pays du Golfe pour une action militaire concertée, et la question du détroit d’Ormuz — dont la fermeture éventuelle n’aurait jamais fait l’objet d’un examen sérieux malgré des alertes antérieures à la guerre.
Lapid fait partie d’une alliance qui cherche à évincer Nétanyahou lors des élections prévues cette année. Il conclut sa publication en affirmant que Nétanyahou n’est plus en mesure de réparer les dégâts, et que ce sera la tâche du prochain gouvernement.
Du côté de Washington, un haut responsable américain estimait vendredi à 85 % les chances de parvenir à un accord « dans les prochains jours », précisant qu’aucun allègement économique ne sera accordé à l’Iran avant qu’il n’applique concrètement ses engagements nucléaires. La signature du protocole d’accord pourrait intervenir à distance une fois le texte final arrêté, selon le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.



