Depuis le Bureau Ovale à Washington, le président américain Donald Trump a déclaré jeudi 5 juin qu’il serait « honoré » de rencontrer le guide suprême iranien Mojtaba Khamenéï si les négociations en cours entre Washington et Téhéran aboutissaient à un accord de paix. La déclaration a été faite en réponse aux questions du journaliste de Fox News Peter Doocy, qui lui demandait si le nouveau dirigeant iranien nourrissait des « mauvais sentiments » à son égard après l’opération Epic Fury.
Une ouverture diplomatique aux contours ambigus
Interrogé sur l’éventualité d’une rencontre directe, Trump a reconnu que sa relation avec Mojtaba Khamenéï part d’une base compliquée. « Je ne suis probablement pas sa personne préférée », a admis le président américain, avant d’ajouter que le guide iranien est « probablement un professionnel » bénéficiant d’« une très bonne réputation dans certains cercles ». L’opération Epic Fury, déclenchée fin février 2026, a coûté la vie au père de Mojtaba Khamenéï, l’ancien guide suprême Ali Khamenéï, ainsi qu’à son épouse et à l’un de ses enfants lors de frappes américano-israéliennes sur Téhéran.
Mojtaba Khamenéï, 56 ans, a été désigné guide suprême par l’Assemblée des experts le 8 mars 2026, soit moins de deux semaines après le début du conflit. Depuis sa nomination, il n’est pas apparu publiquement, alimentant les spéculations sur son état de santé — il aurait été blessé lors des frappes initiales, selon des informations non confirmées officiellement. Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué mardi devant la commission des Affaires étrangères du Sénat que Washington le considère comme « vivant » et « de plus en plus impliqué » dans la direction du pays.
Des négociations au point mort
La déclaration de Trump intervient alors que les discussions entre les deux pays patinent. Mojtaba Khamenéï a lui-même affirmé jeudi que les États-Unis et Israël avaient subi un « revers cuisant » dans le conflit, tandis que Téhéran indique qu’il n’y a « aucun progrès tangible » dans les pourparlers. Un point de friction majeur demeure la question de l’uranium enrichi : le guide iranien aurait ordonné que les stocks — enrichis à 60 %, bien au-delà du seuil civil — restent sur le territoire iranien, contrairement aux exigences américaines. La prochaine session de négociations indirectes, dont la médiation pakistanaise a été évoquée par plusieurs sources concordantes, n’a pas encore de date officielle fixée.



