Une semaine à peine après la signature d’un mémorandum destiné à apaiser les tensions, l’Iran affirme avoir lancé samedi des frappes contre des positions liées aux États-Unis au Moyen-Orient, en représailles aux bombardements américains de la veille. Les annonces des Gardiens de la révolution et du ministère iranien des Affaires étrangères interviennent alors qu’un nouvel incident maritime est signalé dans le détroit d’Ormuz, l’un des principaux couloirs du commerce pétrolier mondial.
Les Gardiens de la révolution ont indiqué, selon la télévision d’État Press TV, avoir visé des positions militaires américaines dans la région. De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères accuse Washington d’avoir violé le mémorandum d’entente conclu la semaine dernière entre les deux pays. Les autorités américaines n’avaient, à l’heure des premières publications, confirmé aucune frappe ayant atteint leurs installations. CNN a indiqué avoir sollicité la Maison Blanche et le Commandement central américain (CENTCOM), sans réponse immédiate.
Bahreïn signale une attaque de drones
Les tensions se sont également étendues au Bahreïn, où les autorités ont annoncé avoir détecté des frappes de drones iraniens sur leur territoire dans la nuit de vendredi à samedi. Le royaume, qui accueille une importante base militaire américaine, a dénoncé une atteinte à sa souveraineté.
« Une violation flagrante de la souveraineté du Bahreïn », a déclaré le ministère bahreïni des Affaires étrangères. Les autorités n’ont toutefois pas précisé quelle installation était visée, tandis que Téhéran n’avait formulé aucun commentaire officiel sur cet épisode au moment des faits.
Sur le plan maritime, un nouveau signal d’alerte est venu renforcer les inquiétudes. L’United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) a rapporté qu’un pétrolier naviguant dans le détroit d’Ormuz avait été atteint par un projectile dont l’origine n’était pas encore identifiée. Le navire a subi des dégâts matériels, sans faire de victime parmi son équipage. L’agence britannique a recommandé aux navires commerciaux de redoubler de vigilance lors de leur transit dans cette zone stratégique.
Une escalade après les frappes américaines
Cette nouvelle montée des tensions intervient moins de vingt-quatre heures après une opération militaire américaine contre plusieurs installations iraniennes.
Vendredi 26 juin, les États-Unis ont frappé des sites militaires iraniens comprenant notamment des infrastructures de missiles, des installations de drones et des radars côtiers. Washington avait présenté cette opération comme une réponse limitée à une attaque iranienne contre un navire commercial dans le détroit d’Ormuz.
Le mémorandum signé quelques jours auparavant visait pourtant à réduire les risques d’affrontement direct entre les deux pays et à préserver la sécurité de la navigation dans cette voie maritime. Le détroit d’Ormuz constitue un passage essentiel pour le transport mondial d’hydrocarbures, une part importante des exportations de pétrole transitant quotidiennement par ce corridor reliant le golfe Persique à la mer d’Oman.
L’absence de confirmation américaine concernant les frappes revendiquées par l’Iran laisse encore plusieurs zones d’incertitude sur leur portée réelle. Les réactions attendues de la Maison Blanche, du CENTCOM ainsi que les conclusions des enquêtes sur l’incident impliquant le pétrolier devraient permettre de préciser l’ampleur de cette nouvelle escalade au cours des prochaines heures.



