À six jours du scrutin présidentiel du 7 juin 2026, le Real Madrid est traversé par un débat sur l’avenir patrimonial du club. Le projet de Florentino Pérez d’ouvrir le capital de l’institution à un investisseur extérieur s’impose comme l’enjeu central de la campagne électorale qui l’oppose à l’homme d’affaires alicantais Enrique Riquelme.
Une participation minoritaire pour fixer la valeur du club
Selon des informations publiées par Marca le 1er juin 2026, le projet porté par le président sortant consisterait à céder une participation minoritaire, proche de 5 %, à un investisseur externe. L’objectif affiché serait de déterminer la valeur de marché réelle du club, que Pérez estime autour de 10 milliards d’euros — un chiffre qu’il juge différent des estimations publiées par Forbes. L’opération serait présentée sous le nom de « propriété économique » et bénéficierait aux quelque 100 000 membres du club. Selon des informations relayées par Tribuna, les cibles seraient des fonds américains liés au sport ou de grandes entreprises européennes, le contrôle majoritaire des socios restant fixé à 90-95 %.
Le projet se heurte cependant à un verrou juridique de taille. Le Real Madrid est une association sportive à but non lucratif (asociación deportiva), et les statuts du club, combinés à la Loi du sport espagnole, rendent l’opération quasi impossible sans l’approbation de la moitié plus un de l’ensemble des socios — pas seulement des votants. Une majorité jugée presque inatteignable sur un sujet aussi sensible. L’entourage de Pérez envisagerait de modifier d’abord les statuts pour assouplir ce seuil, afin d’éviter un référendum qui bloquerait le projet. Malgré des revenus records dépassant le milliard d’euros, la marge nette du club resterait faible — entre 20 et 30 millions d’euros —, fragilisant le modèle en cas de mauvaise saison, à quoi s’ajoutent les surcoûts du chantier du Bernabéu, estimés entre 80 % et 100 % du budget initial.
Riquelme en appelle à une mobilisation historique
Le projet ne fait pas l’unanimité, y compris au sein même du conseil d’administration. Selon Mundo Deportivo, deux camps s’affrontent en interne : d’un côté Florentino Pérez, appuyé par son collaborateur Anas Laghrari ; de l’autre, une faction menée par José Ángel Sánchez, conseiller légal du président, et Enrique Pérez, propre frère du président sortant. Face à ce projet, Enrique Riquelme a durci le ton depuis le siège de sa candidature. « Je demande aux gens que le résultat de ces élections soit le message le plus clair possible : le Real Madrid ne vend pas », a-t-il déclaré, appelant à « la plus grande mobilisation de l’histoire » du club. Le candidat qualifie l’initiative de Pérez de « plus grande menace pour le club de notre histoire ».
Florentino Pérez avait de son côté affirmé, dans une interview diffusée peu avant la rencontre des deux candidats au stade Di Stéfano pour un match de la section féminine, qu’il ne renoncerait pas à son projet : « Je ne mourrai pas tant que je n’aurai pas obtenu que les actifs financiers du club appartiennent à ses membres. »
Les 100 000 socios du Real Madrid sont convoqués aux urnes le 7 juin 2026, entre 9h00 et 20h00, au Pavillon de Basket de la Ciudad Real Madrid. C’est la première élection présidentielle depuis 2006 à opposer deux candidats validés.


