L’un des compagnons les plus anciens de Vladimir Poutine s’est éteint. Sergueï Ivanov, ancien ministre de la Défense et figure majeure du système sécuritaire russe, est décédé à l’âge de 73 ans, selon une annonce confirmée par le Kremlin. Pendant plus de deux décennies, cet ancien officier du KGB a occupé plusieurs des postes les plus stratégiques de l’État russe, au point d’être un temps présenté comme un possible successeur du président.
Un ancien du KGB devenu l’un des hommes les plus influents de Russie
Né le 31 janvier 1953 à Leningrad, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, Sergueï Ivanov ne se destinait pas initialement à une carrière politique. Diplômé en philologie de l’université de Leningrad et spécialiste des langues nordiques, il rejoint le KGB au milieu des années 1970 avant d’être affecté à plusieurs missions à l’étranger, notamment en Finlande puis au Kenya.
Après la disparition de l’Union soviétique, il poursuit sa carrière dans les nouveaux services de renseignement russes. Son parcours prend un tournant décisif en 1998 lorsque Vladimir Poutine, nommé directeur du FSB, le choisit comme adjoint. Les deux hommes, qui se connaissent depuis leur passage dans les services de sécurité soviétiques à Leningrad, forment alors un tandem appelé à jouer un rôle central dans l’ascension du futur président.
Lorsque Vladimir Poutine accède au pouvoir en 2000, Sergueï Ivanov devient secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, avant d’être nommé ministre de la Défense en 2001. Premier civil à occuper cette fonction dans la Russie post-soviétique, il supervise plusieurs réformes de l’armée tout en restant l’un des plus proches conseillers du chef de l’État.
Longtemps considéré comme un successeur potentiel
Au milieu des années 2000, le nom de Sergueï Ivanov revient régulièrement parmi les favoris pour succéder à Vladimir Poutine, alors que la Constitution empêchait ce dernier de briguer un troisième mandat consécutif. Finalement, le choix du Kremlin se porte sur Dmitri Medvedev, tandis qu’Ivanov devient vice-Premier ministre.
Lorsque Vladimir Poutine retrouve la présidence en 2012, il confie à son fidèle allié la direction de l’administration présidentielle, l’un des postes les plus influents du pays. Quatre ans plus tard, il est remplacé par Anton Vaïno, avant de poursuivre ses activités comme représentant spécial du président pour l’environnement, l’écologie et les transports.
Jusqu’au début de l’année 2026, il conserve également un siège permanent au Conseil de sécurité de Russie, signe qu’il restait associé aux réflexions stratégiques du Kremlin malgré son retrait progressif du premier plan. Amateur d’histoire russe, passionné par la protection des tigres de l’Amour et président d’honneur de la VTB United League de basket-ball, il menait une activité publique plus discrète ces dernières années.
Une disparition qui intervient après plusieurs attaques contre des responsables russes
La mort de Sergueï Ivanov intervient alors que plusieurs personnalités liées à l’appareil militaire russe ont disparu ces derniers mois, dans des circonstances différentes.
En juin 2026, le colonel Damir Davydov, haut responsable de l’artillerie russe, a été tué dans un attentat à la voiture piégée. Quelques mois auparavant, en 2025, le général Iaroslav Moskalik avait lui aussi trouvé la mort dans une explosion. Contrairement à ces deux officiers, dont les décès étaient liés à des actes violents, aucune indication ne relie le décès de Sergueï Ivanov à un événement de cette nature.
Le Kremlin a annoncé sa disparition sans préciser la cause du décès. Plusieurs dirigeants russes ont rendu hommage à celui qui fut l’un des artisans de la consolidation du pouvoir au début des années 2000. « Il était un homme d’État éminent », a déclaré Vladimir Poutine dans son message de condoléances.
Avec la disparition de Sergueï Ivanov, la Russie perd l’une des dernières figures de la génération des anciens responsables des services de sécurité qui ont accompagné Vladimir Poutine dans son accession au pouvoir à la fin des années 1990. Les autorités russes devraient communiquer dans les prochains jours les modalités des hommages officiels qui lui seront rendus.



