Un modèle économique bâti sur la propriété plutôt que sur la performance individuelle : c’est la thèse que défend Kaysha dans une déclaration vidéo diffusée cette semaine, où le producteur congolais reproche à Koffi Olomide d’avoir géré sa relation avec Fally Ipupa en rival plutôt qu’en investisseur.
Dans cet enregistrement, Kaysha détaille sa propre philosophie de production. Il raconte avoir été interpellé par un confrère lui faisant remarquer qu’une de ses artistes vendait plus de disques que lui. Sa réponse, selon ses propres termes : peu importe qui vend le plus, tant que les revenus reviennent à celui qui détient les droits. « Je parle juste de business ici. »
Un modèle calqué sur l’industrie américaine
Kaysha s’appuie sur l’exemple de Dr. Dre, qui a produit Eminem, lequel a lui-même lancé 50 Cent. Chaque succès généré en aval continue de rapporter à l’origine de la chaîne, via les royalties de production, le publishing et les parts sur les tournées. Il applique ce principe à sa propre carrière : les premiers albums d’artistes qu’il a lancés — Sumia, Elizio, ABG, Mika Mendes ou Looney Johnson — lui appartiennent toujours, générant des revenus indépendamment de son activité personnelle.
Selon lui, un mentor avisé transforme chaque protégé en source de revenus récurrents : pourcentage conservé lors de la signature avec un label majeur, présence sur scène lors des concerts de l’artiste, participation à la production des spectacles. Cette logique aurait dû s’appliquer à la relation entre Koffi Olomide et Fally Ipupa, ancien chef d’orchestre du Quartier Latin devenu star solo.
Un message qui arrive après le sold-out du Stade de France
La sortie de Kaysha intervient après plusieurs épisodes ayant ravivé les tensions entre les deux artistes congolais, notamment l’absence remarquée de Koffi Olomide lors des deux concerts de Fally Ipupa au Stade de France début mai 2026, et la séquence commentée de leur prestation commune lors de l’anniversaire du président Félix Tshisekedi, le 13 juin dernier.
Pour Kaysha, si Koffi Olomide avait conservé un pourcentage sur les contrats de ses anciens protégés — parmi lesquels figure aussi Ferre Gola — il toucherait aujourd’hui une part des revenus générés par leurs tournées, leurs streams et leurs billetteries, sans que cela nuise à sa propre carrière. Il précise ne pas connaître le détail des accords contractuels ayant existé entre les deux artistes, limitant son propos à un raisonnement général sur la gestion de carrière dans l’industrie musicale congolaise.
Une critique construite sur l’expérience personnelle
Kaysha situe l’origine de sa réflexion dans un échange avec Papa Wemba, qui lui aurait confié avoir arrêté sa carrière solo pour se consacrer à la production, faute de pouvoir concilier les deux activités sans favoriser ses propres titres au détriment de ses artistes. Le producteur affirme avoir tiré la leçon inverse : céder systématiquement ses meilleurs morceaux à ses protégés plutôt que de les garder pour lui, citant notamment des titres cédés à Nelson Freitas.
Il fonde également sa légitimité sur le lancement en 2001 de son label Sushiraw, qui lui a permis selon lui de repérer et signer plusieurs artistes devenus des références du zouk et du RnB africain. Aucune réaction officielle de Koffi Olomide ou de Fally Ipupa n’a pour l’instant été apportée aux propos de Kaysha.
