Aucun nom ne fait consensus pour diriger le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale. Un an après la mise en retrait de Karim Khan, poussé vers la sortie le 24 juillet, les États parties peinent à trouver un successeur prêt à affronter les sanctions américaines.
Une campagne électorale entamée dans la discrétion
Le poste de procureur reste vacant depuis mai 2025, date à laquelle Khan s’était retiré dans l’attente des conclusions d’une enquête pour inconduite sexuelle. Un vote pourrait intervenir en décembre, sans qu’aucune date ferme ne soit encore fixée : plusieurs délégations plaident pour repousser l’échéance, faute de candidat rassembleur. Les deux procureurs adjoints assurent l’intérim depuis plus d’un an.
Le juriste Kenneth Roth, ancien directeur de Human Rights Watch, estime qu’il est essentiel que le prochain procureur soit désigné rapidement, évoquant la possibilité de promouvoir l’un des adjoints en poste plutôt que de repartir sur une liste extérieure.
Onze magistrats déjà sanctionnés par Washington
Le cadre qui dissuade les candidatures tient largement à l’offensive américaine. Washington a placé onze juges et membres du Bureau du procureur sous sanctions, des mesures qui interdisent l’entrée aux États-Unis et bloquent tout accès au système financier américain. Ces sanctions répondent aux enquêtes de la Cour visant des ressortissants israéliens et américains en lien avec l’Afghanistan et les territoires palestiniens.
Khan lui-même en a payé le prix fort : sanctionné par les États-Unis, condamné par contumace à quinze ans de prison en Russie — dont six ans de goulag — pour avoir délivré un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine, puis suspendu du barreau britannique. Sergey Vasiliev, professeur de droit international à l’Open University, qualifie sa destitution de plus grand revers subi par la Cour face aux grandes puissances non membres du Statut de Rome. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait annoncé dès le 13 juillet une offensive diplomatique élargie contre l’institution, promettant de nouvelles sanctions et appelant les alliés de Washington à s’en retirer.
Une ingérence israélienne également pointée
Selon le site Axios, le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar aurait fait campagne pour obtenir la révocation de Khan auprès des États parties. Plusieurs pays occidentaux, dont la France et les Pays-Bas, avaient annoncé leur vote avant même la tenue du scrutin secret du 24 juillet, où 82 voix sur 125 États membres ont validé la destitution.
Créée par le Statut de Rome de 2002, la CPI n’a connu que deux procureurs avant Khan : l’Argentin Luis Moreno Ocampo et la Gambienne Fatou Bensouda. Aucun des deux premiers mandats n’avait débouché sur la destitution du titulaire, une première dans l’histoire de la juridiction, qui pèse désormais sur l’attractivité du poste auprès des candidats potentiels.



C’est seulement au Bénin qu’on se bouscule pour être procureur pour de basses besognes .
Sinon que sous d’autres cieux ; les gens ne se font pas des cadeaux . Ça se règle parfois à coup de pétards.
J’avoue.
Karim Khan qui a eu pour son compte peut en témoigner .
La loi du Talion .