Donald Trump a affirmé le 27 juillet douter que la Russie ait fourni des renseignements militaires à l’Iran, tout en annonçant vouloir interroger directement Vladimir Poutine sur ce point. « Je ne pense pas qu’ils l’aient fait. Certainement pas à un haut niveau« , a-t-il déclaré à bord d’Air Force One, en marge d’un déplacement dans le Michigan, selon des propos rapportés par Fox News.
Des accusations ukrainiennes précises
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait affirmé deux jours plus tôt que Moscou transmettait à Téhéran des images satellite de bases américaines dans le Golfe. Il évoquait une « corrélation nette » entre ces clichés russes et les frappes iraniennes menées contre des installations américaines, selon des déclarations relayées par le Kyiv Independent. Zelensky avait également annoncé son intention de transmettre ces renseignements à ses partenaires internationaux.
Interrogé sur ces accusations, le chef de l’exécutif américain a minimisé leur portée pratique : selon lui, l’armée iranienne aurait déjà été privée de moyens aériens, navals et terrestres par les frappes américaines, rendant toute aide russe inefficace. « On va vérifier si c’est vrai. Je poserai la question à Poutine« , a-t-il ajouté.
Une position qui tranche avec celle de responsables américains
Cette prudence affichée par Trump contraste avec des déclarations antérieures d’officiels de son propre camp. Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, avait pourtant confirmé fin avril devant le Congrès l’existence d’un soutien russe à l’Iran dans ce conflit. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait lui aussi évoqué un « alignement entre adversaires » devant les parlementaires, selon des propos cités par CBS News.
Le bilan des blessés américains revu nettement à la hausse
Ces déclarations interviennent alors que le Pentagone a discrètement révisé à la hausse son décompte des blessés américains dans ce conflit. Selon le système de comptabilisation officiel, le Defense Casualty Analysis System, 624 militaires ont désormais été blessés depuis le début de l’opération, le 28 février, selon des données relayées par CNN. Le Pentagone a également rétabli quatre décès qu’il avait brièvement retirés de ses statistiques, portant le total des tués à 18. La semaine précédente, ce même bilan des blessés plafonnait à 482, un chiffre déjà jugé sous-évalué par plusieurs médias américains.
Cette révision fait suite à une controverse : selon The Hill, une douzaine de sénateurs démocrates, menés par Mazie Hirono, avaient exigé du secrétaire à la Défense un décompte complet et transparent après la découverte d’incohérences dans la base de données militaire. À titre de comparaison, lors de la guerre du Golfe de 1991, les bilans de blessés américains avaient eux aussi été revus à la hausse plusieurs mois après la fin des combats, une fois les blessures non immédiatement mortelles recensées dans leur totalité. Trump avait par ailleurs affirmé fin juillet que la Russie et la Chine s’étaient engagées à ne pas armer l’Iran, prévenant que toute implication militaire « serait très mauvaise pour eux« .



