La raffinerie Dangote annonce une quatrième baisse du prix du carburant en un mois

Quatre baisses de prix en quatre semaines : c’est le rythme affiché par la raffinerie Dangote depuis fin mai. Dans un communiqué officiel publié ce 2 juillet, l’entreprise annonce une nouvelle réduction de 50 nairas par litre du Premium Motor Spirit (PMS, essence), portant la baisse cumulée depuis le 30 mai à plus de 200 nairas par litre.

L’ajustement ne se limite pas à l’essence. Le gazole, ou Automotive Gas Oil (AGO), voit son prix reculer de 300 nairas par litre, tandis que le kérosène pour avions, le Jet A1, enregistre la baisse la plus marquée avec 520 nairas retranchés au litre. La raffinerie affirme réaffirmer par cette mesure « son engagement à faire bénéficier les Nigérians de prix équitables et durables ».

Un décalage assumé entre coûts et marché mondial

La raffinerie justifie ce mouvement par son mode d’approvisionnement. Le brut qu’elle transforme aujourd’hui a été acheté plusieurs semaines, voire plusieurs mois auparavant, à des prix bien supérieurs à ceux du marché actuel. Le coût de revient moyen atteignait 124,80 dollars le baril en mai et restait encore élevé à 95,25 dollars en juin, alors que la référence internationale s’établit désormais autour de 71 dollars. L’entreprise précise avoir « choisi d’absorber une part importante de ces coûts » pour protéger les consommateurs et stabiliser le marché intérieur.

Cette stratégie tranche avec la période mars-mai 2026, marquée par une volatilité extrême consécutive au conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, déclenché le 28 février. Le prix ex-dépôt de l’essence Dangote avait alors bondi de 699 nairas en décembre 2025 à un pic de 1 175 nairas en mars, avant une série de dix-sept ajustements recensés sur l’année par la plateforme PetroleumPriceNG — six hausses et trois baisses rien qu’au premier trimestre. Une hausse à 1 350 nairas annoncée début mai avait même été annulée en quelques jours, montrant les difficultés du raffineur à fixer une trajectoire stable.

Une production qui dépasse déjà sa capacité de conception

Le communiqué souligne un changement structurel : la capacité de la raffinerie, conçue pour traiter 650 000 barils par jour, suffirait désormais « à couvrir la demande nationale ». Ce seuil nominal, atteint pour la première fois en février 2026, a depuis été dépassé : un test de performance certifié par les concédants de technologie de l’installation a confirmé début juin une capacité de traitement portée à 700 000 barils par jour. Une expansion vers 1,4 million de barils par jour est par ailleurs engagée, avec un objectif affiché d’ici fin 2028, ce qui ferait de Lekki la plus grande raffinerie au monde devant celle de Jamnagar en Inde.

Cette montée en puissance renforcerait, selon l’entreprise, la sécurité énergétique du Nigeria et éliminerait sa dépendance aux importations. Cet argument avait déjà été avancé en mars par des responsables de la filière pétrolière, qui présentaient la raffinerie comme un rempart contre les pénuries plutôt qu’une garantie de prix bas.

Dangote annonce anticiper une modération continue des prix, à mesure que des cargaisons de brut acquises à moindre coût entreront progressivement dans le cycle de production. Aucune date précise n’est toutefois avancée pour de nouveaux ajustements, l’entreprise se réservant la possibilité de revoir sa grille tarifaire au fil de l’évolution de ses stocks.

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