Sabri Lamouchi a affirmé, le 15 juillet 2026, que le Maroc dispose d’une avance structurelle sur le reste du continent africain en matière d’investissement et de formation. L’ancien sélectionneur franco-tunisien, limogé début juillet après l’élimination des Aigles de Carthage au Mondial 2026, a livré ce constat dans un entretien à la chaîne YouTube Kampo.
Un projet bâti sur près d’une décennie d’investissements
Le socle matériel de ce constat existe. Le Complexe Mohammed VI de Football, inauguré en 2019 à Salé, a nécessité un investissement de 630 millions de dirhams, financé conjointement par l’État et la Fédération royale marocaine de football. Le site regroupe onze terrains, cinq hôtels, un hôpital universitaire et une académie de formation des jeunes talents, selon les données consultées par PUR FOOT. Il abrite aussi une structure dédiée au suivi des joueurs d’origine marocaine évoluant à l’étranger, un outil de détection cité par ESPN pour expliquer l’attractivité de la sélection auprès des binationaux, à l’image d’Achraf Hakimi ou de Brahim Díaz. Au Mondial 2026, le Maroc a confirmé cette dynamique en atteignant les quarts de finale pour la deuxième édition consécutive, une première pour une nation africaine, avant de s’incliner 2-0 face à la France le 9 juillet.
Une CAN 2025 toujours contestée devant la justice sportive
Le titre continental brandi comme preuve de cette domination reste, lui, disputé. Le Sénégal s’est imposé sur le terrain en finale de la CAN 2025, le 18 janvier, en prolongation grâce à un but de Pape Gueye. La Confédération africaine de football a néanmoins déclaré le Sénégal forfait le 17 mars 2026, à la suite d’un retrait temporaire des joueurs sénégalais après une décision arbitrale contestée, et attribué la victoire au Maroc sur le score de 3-0. La fédération sénégalaise a dénoncé une décision *« inique »* et saisi le Tribunal Arbitral du Sport dès le 25 mars, selon le communiqué officiel du TAS. L’instance basée à Lausanne n’a toujours rendu aucune décision à ce jour, et a dû démentir, le 12 juillet, un faux communiqué diffusé en ligne qui annonçait à tort une victoire sénégalaise, selon France 24.
Une avance qui n’efface pas la concurrence continentale
Le constat de Lamouchi mérite d’être resitué dans son contexte. L’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire cite lui-même l’Algérie de Djamel Belmadi, sacrée championne d’Afrique en 2019, comme un modèle équivalent à celui du Maroc. Lamouchi a par ailleurs reconnu ne pas être parvenu à reproduire, avec la Tunisie, les trajectoires de Belmadi et de Walid Regragui, un constat d’échec personnel qui accompagne son analyse. « La fédération a pensé qu’il serait judicieux de prendre un binational », a-t-il expliqué à propos de sa propre nomination, avant son limogeage consécutif à la défaite 5-1 contre la Suède au Mondial 2026.
Le Complexe Mohammed VI abrite depuis juillet 2025 le siège africain de la FIFA, inauguré par Gianni Infantino, un choix qui confirme le rôle de hub attribué au Maroc dans le développement du football sur le continent, sans pour autant clore le débat sur un titre continental encore contesté devant la justice sportive.



