Trump s'étonne des pleurs des Iraniens aux funérailles de Khamenei

Quatre mois après avoir validé la frappe qui l’a tué, le président américain Donald Trump dit ne pas comprendre l’émotion suscitée en Iran par la mort de son adversaire. Dans un entretien téléphonique accordé au journaliste Barak Ravid d’Axios, il a affirmé avoir été surpris de voir des Iraniens pleurer lors des funérailles nationales de l’ayatollah Ali Khamenei, estimant que la population détestait l’ancien guide suprême.

Un doute sur l’authenticité du deuil

« J’ai été surpris de voir certains Iraniens pleurer. Je pensais que les gens détestaient Khamenei », a déclaré Trump à Axios, avant de suggérer que ces manifestations de chagrin pourraient être feintes. Les propos interviennent alors que les funérailles de l’ancien chef suprême, tué le 28 février 2026 dans une frappe israélo-américaine au premier jour de la guerre contre l’Iran, ont officiellement débuté le 3 juillet à Téhéran. Plusieurs proches de Khamenei, dont sa fille, son gendre, sa belle-fille et une petite-fille en bas âge, avaient également péri dans cette frappe.

Les autorités iraniennes attendent entre 15 et 20 millions de personnes à Téhéran pour cet hommage national, présenté comme la plus grande cérémonie funéraire de l’histoire du pays. L’événement doit se dérouler sur sept jours, avec un passage du cercueil par plusieurs villes d’Iran et d’Irak, avant l’inhumation prévue le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad, dont l’ayatollah était originaire. La tradition islamique prescrit normalement un enterrement dans les 24 heures suivant le décès ; ce délai a été justifié par la guerre en cours et les impératifs de sécurité, la cérémonie n’ayant pu être organisée qu’après la trêve conclue le mois dernier entre Washington et Téhéran.

Une pause négociée autour du deuil

Trump a par ailleurs indiqué que les négociations entre les deux pays avaient été suspendues le temps des cérémonies funéraires, une trêve tacite qu’il dit avoir lui-même accordée. « Ils sont tous là-bas. Une frappe et on pourrait tous les éliminer, mais on ne le fera pas, sinon on n’aurait plus personne avec qui négocier« , a-t-il ajouté selon Axios. Il a qualifié l’Iran de pays « suppliant pour un accord », une affirmation qui reste à ce stade non vérifiable de façon indépendante.

L’entretien portait également sur les relations avec le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, que Trump doit rencontrer à la Maison-Blanche, possiblement dès la semaine prochaine, à son retour du sommet de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara. Les deux dirigeants avaient pourtant connu des tensions le mois dernier, Trump ayant reproché à Nétanyahou l’escalade militaire israélienne au Liban, qui compliquait selon lui les pourparlers avec l’Iran.

Une reprise des discussions attendue mi-juillet

Sur le terrain, les images diffusées depuis la Grande Mosalla de Téhéran montrent des scènes de deuil intense, avec des fidèles se frappant la poitrine selon les rites chiites et scandant des appels à la vengeance. Les médiateurs qatari et pakistanais ont indiqué que les négociations entre Washington et Téhéran devraient reprendre dans les meilleurs délais après la fin des cérémonies, avec une session incluant des discussions sur le dossier nucléaire iranien annoncée pour le 11 juillet.

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