Mimie Mathy, Nicholas Brendon : deux visages du syndrome de la queue de cheval qui touche 7 personnes sur 100 000

Aucune marche n’a été possible pour Mimie Mathy depuis six mois. La comédienne s’est confiée dimanche dans l’émission Sept à Huit, sur TF1, révélant qu’elle vit avec le syndrome de la queue de cheval depuis un an et qu’elle se déplace désormais en fauteuil roulant. Six mois plus tôt, en mars, l’acteur américain Nicholas Brendon, connu pour son rôle dans Buffy the Vampire Slayer, décédait à 54 ans après avoir vécu avec la même pathologie.

Deux parcours, un diagnostic commun

« Il n’y a plus d’opération possible », a confié Mimie Mathy face aux caméras, précisant avoir subi quatre interventions chirurgicales pour décomprimer les nerfs de sa colonne, sans résultat durable. Sa maladie osseuse génétique, responsable de sa petite taille, favoriserait l’apparition de ce syndrome neurologique, une association déjà documentée par la Fondation pour la recherche médicale.

Nicholas Brendon avait, lui, développé le syndrome après une chute survenue en 2021, nécessitant plusieurs chirurgies de la colonne vertébrale. Sa famille a annoncé son décès en mars, attribué à des causes naturelles, survenu dans son sommeil. L’acteur avait également été confronté à une malformation cardiaque congénitale, apparue en complication d’une seconde opération rachidienne.

Une pathologie rare mais bien documentée

Le syndrome touche les racines nerveuses situées sous la fin de la moelle épinière, au niveau des vertèbres lombaires basses et du sacrum. Cette zone, qui ressemble à un faisceau de fibres, doit son nom à cette configuration anatomique particulière. Une compression ou une lésion à cet endroit perturbe simultanément la motricité des jambes et le fonctionnement des sphincters.

La cause la plus fréquente reste la hernie discale lombaire, loin devant les traumatismes directs comme celui subi par Brendon. Selon le Manuel MSD, deux racines nerveuses ou plus, sur les dix-huit qui composent cette structure, doivent être atteintes pour que le syndrome se déclare.

L’incidence en France se situe, selon le CHU de Bordeaux, entre 1,5 et 3,4 cas pour 100 000 habitants chaque année, soit environ 2 000 à 2 300 nouveaux diagnostics annuels. Aux États-Unis, environ 1 000 nouveaux cas sont recensés chaque année selon l’University of Pittsburgh Medical Center, la hernie discale expliquant environ 3 % des cas selon cette même source.

Le délai d’intervention, facteur déterminant

L’urgence de la prise en charge conditionne le pronostic. Une décompression chirurgicale réalisée dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des troubles sphinctériens limiterait le risque de séquelles définitives, selon plusieurs sources médicales spécialisées. Passé ce délai, les lésions nerveuses pourraient devenir irréversibles.

Une étude citant des données rétrospectives portant sur 46 patients opérés indique que six à vingt-trois ans après l’intervention, 38 % rapportaient encore des troubles urinaires, 43 % des troubles digestifs et 54 % des troubles sexuels, montrant la lourdeur des séquelles possibles même après traitement chirurgical, qu’il ait ou non permis de conserver la mobilité.

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