En Guinée-Bissau, la justice militaire a rendu son verdict contre 14 militaires impliqués dans la tentative de coup d’État du 1ᵉʳ février 2022. Ces accusés, jugés par le Tribunal militaire supérieur, ont écopé de peines allant de 12 à 29 ans de prison ferme. Selon les autorités judiciaires, cette affaire concernait initialement 50 personnes, mais seules 24 d’entre elles ont été traduites en justice. Les condamnés, radiés des forces armées, sont accusés d’avoir orchestré une attaque contre le gouvernement du président Umaro Sissoco Embaló, élu en 2019. Ce putsch avorté visait à prendre le contrôle des institutions clés du pays, notamment le palais présidentiel. L’intervention rapide des forces restées loyales au pouvoir en place a permis de neutraliser la tentative, évitant ainsi une déstabilisation du pays. La communauté internationale avait également condamné cette tentative, appelant à préserver la stabilité politique en Guinée-Bissau.
H. A.
Conflit minier au Mali : Barrick Gold versera 438 millions $
Le gouvernement malien et Barrick Gold ont conclu un accord impliquant un versement de 438 millions de dollars par la compagnie minière canadienne. Cette entente vise à résoudre un différend fiscal et à permettre la reprise des activités sur la mine de Loulo-Gounkoto, la plus grande exploitation aurifère du pays. En janvier 2025, les autorités maliennes avaient saisi trois tonnes d’or et arrêté plusieurs employés de Barrick, accusant l’entreprise de ne pas s’être acquittée de ses obligations fiscales. Cet accord intervient dans un contexte de tensions entre l’État et les multinationales minières, alors que Bamako cherche à récupérer les impôts et redevances non perçus, estimés entre 300 et 600 milliards de francs CFA à l’issue d’un audit mené en 2023. Si le versement de Barrick marque une avancée dans ces négociations, il reste des incertitudes sur la mise en œuvre de l’accord, notamment en ce qui concerne l’application du nouveau code minier et la date effective de reprise des opérations.
Boko Haram anéanti au Tchad avec 297 combattants éliminés
Lancée en octobre 2024 par les autorités tchadiennes, l’opération Haskanite visait à éliminer la menace du groupe terroriste Boko Haram dans la région du lac Tchad. Cette initiative militaire a été déclenchée après une attaque meurtrière sur l’île de Barkaram, où une base des Forces de Défense et de Sécurité tchadiennes a été prise pour cible dans la nuit du 27 au 28 octobre, causant la mort d’une quarantaine de soldats. En réaction, le président Mahamat Idriss Déby Itno s’est rendu sur place pour superviser les opérations et assurer la mobilisation des forces terrestres et aériennes. L’armée tchadienne a alors intensifié ses actions pour traquer et anéantir les combattants de Boko Haram, ciblant leurs bases et leurs zones de repli.
Afrique : 125 ans après, le Nigeria récupère 119 bronzes pillés par les Pays-Bas
Les Pays-Bas ont officialisé la restitution de 119 bronzes au Nigeria, des œuvres d’art pillées en 1897 lors d’une expédition militaire britannique. Cette décision a été annoncée à travers un accord signé entre le ministre néerlandais de l’Éducation, de la Culture et des Sciences et la Commission nationale des musées et monuments du Nigeria. La collection comprend 113 pièces issues des musées nationaux néerlandais et six autres détenues par la municipalité de Rotterdam. Composées de sculptures, de plaques et d’objets métalliques, ces œuvres témoignent du raffinement artistique et culturel de l’ex-royaume du Bénin au sud du Nigeria avant leur dispersion à travers divers musées européens. Cette restitution, prévue pour cette année, répond à une demande officielle du Nigeria et marque une reconnaissance des injustices coloniales.
Afrique : ce champ pétrolier a généré 595 milliards FCFA de revenus en 2024
En 2024, le champ pétrolier de Sangomar, situé à environ 100 km au sud de Dakar, a marqué une étape importante pour l’industrie pétrolière sénégalaise. Exploité par Woodside Energy en partenariat avec la société nationale Petrosen, ce projet en eaux profondes a permis d’extraire 13,3 millions de barils équivalent pétrole au cours de l’année. La commercialisation de 12,9 millions de barils a généré un chiffre d’affaires d’environ 950 millions de dollars, soit environ 595 milliards FCFA. Grâce à une mise en production rapide et efficace, la production a atteint son rythme de croisière en moins de neuf semaines, avec un taux de fiabilité dépassant 94 % au dernier trimestre. Ce succès repose sur des infrastructures performantes et une gestion optimisée des ressources.
Afrique : 435 millions $ attendus pour l’énergie solaire et éolienne dans ce pays
Le Niger ambitionne de renforcer son secteur énergétique grâce aux énergies renouvelables afin de répondre à la demande croissante en électricité et de réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Pour y parvenir, le pays prévoit de mobiliser 435 millions de dollars auprès du secteur privé dans le but de financer trois projets majeurs d’ici 2030. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Compact Energétique national, un programme présenté en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale. L’objectif est d’exploiter pleinement les ressources solaires et éoliennes du pays pour améliorer l’électrification, en particulier dans les zones rurales où l’accès à l’électricité demeure limité.
Nucléaire en Afrique : vers une nouvelle coopération internationale
L’Afrique du Sud est le seul pays du continent à exploiter une centrale nucléaire, Koeberg, située près du Cap. Mise en service dans les années 1980, elle fonctionne avec deux réacteurs à eau pressurisée et fournit environ 5 % de l’électricité nationale. Pour faire face à la crise énergétique persistante, le gouvernement cherche à développer de nouvelles capacités nucléaires et ambitionne d’atteindre 14 500 MW d’ici 2050. Plusieurs partenaires internationaux sont envisagés, y compris la Russie et la Chine, malgré les débats suscités par le coût élevé de l’énergie nucléaire et les défis liés à la gouvernance d’Eskom, l’entreprise publique de production et de distribution d’électricité.
RDC : appel urgent à l’aide militaire tchadienne pour contrer le M23
Depuis sa réapparition en 2022, le Mouvement du 23 mars (M23) a intensifié ses offensives dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), menaçant la stabilité régionale. En janvier 2025, ce groupe armé a lancé une avancée fulgurante, s’emparant des villes de Goma et de Bukavu. Cette situation a forcé des centaines de milliers de civils à fuir, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de soutenir activement ces rebelles, ce que Kigali rejette catégoriquement. Face à la montée en puissance du M23 et à l’incapacité des forces nationales à contenir l’offensive, Kinshasa cherche à renforcer ses capacités militaires en sollicitant l’appui de partenaires africains, notamment le Tchad.
Conflit en RDC : Kigali accuse Bruxelles et suspend la coopération
La Belgique et le Rwanda entretiennent depuis plusieurs décennies une coopération au développement qui s’est traduite par des investissements dans des secteurs clés tels que l’éducation, l’agriculture et la gouvernance. Encadrée par Enabel, l’agence belge de développement, cette collaboration visait à améliorer les conditions de vie des Rwandais et à renforcer les capacités institutionnelles du pays. Toutefois, ces relations ont été régulièrement mises à l’épreuve par des tensions diplomatiques, souvent liées à des désaccords sur des questions historiques et politiques. Le 18 février 2025, le gouvernement rwandais a annoncé la suspension de cette coopération, invoquant la position de la Belgique sur le conflit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Kigali accuse Bruxelles d’avoir mené une campagne diplomatique visant à bloquer son accès aux financements internationaux, une attitude perçue comme une tentative de pression politique inacceptable par les autorités rwandaises.
Uranium du Niger : vers un dialogue avec le canadien Goviex
Le Niger est un acteur clé du marché mondial de l’uranium, un minerai indispensable à la production d’énergie nucléaire. Depuis les années 1970, l’exploitation de l’uranium constitue un pilier de son économie, avec des gisements situés principalement dans la région d’Arlit. Toutefois, cette industrie est marquée par des défis majeurs, notamment des tensions avec les compagnies étrangères. En juillet 2024, les autorités nigériennes ont annulé le permis d’exploitation du projet Madaouela, détenu par la société canadienne GoviEx, en raison de retards dans son développement. En réponse, GoviEx a engagé une procédure d’arbitrage international en décembre 2024, affirmant que cette révocation contrevenait aux engagements pris par le Niger dans un accord signé en 2007. Cette situation a aggravé l’incertitude autour des investissements étrangers dans le secteur minier nigérien, alors même que le pays cherche à maximiser les bénéfices tirés de ses ressources naturelles.