Suscitations de candidature au Bénin : le rétropédalage du gouvernement

Lancées à moins de trois ans avant la prochaine élection législative, les opérations de suscitation de candidature ont semblé avoir au début le quitus du gouvernement avant d’apparaître comme une faute après les supposées invectives du chef de l’Etat contre son ex ministre de la jeunesse et des sports Oswald Homeky. Le gouvernement souffle le chaud et le froid sur la question de suscitation des candidatures pour l’élection présidentielle de 2026.

Depuis plusieurs mois que ces opérations ont commencé, personne n’a levé son petit doigt pour fustiger cela. Ministres, députés, Directeurs Généraux… tous sont restés silencieux face à l’armada communicationnelle déployée sur le terrain pour susciter la candidature d’une personnalité connue comme un proche collaborateur du chef de l’Etat. Au contraire, les campagnes ont bénéficié de cette complicité du silence de la part des acteurs influents de la majorité présidentielle.  La seule voix qui en a parlé n’a eu d’autre choix que de l’approuver. 

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Démission en cascades de conseillers municipaux: Que se passe-t-il à Porto Novo ?

A l’image des vagues de la lagune de Porto-Novo très agitée par ces temps de crue, l’hôtel de ville n’affiche guère une sérénité. En moins d’un mois, le Conseil municipal a été secoué par les démissions de trois conseillers de leurs partis d’origine pour rejoindre le mouvement OB qui n’est pourtant pas un parti. Une folle saison de coups bas et de transhumance qui n’a pas encore, selon des confidences, livré tous ses secrets. La météo politique n’annonce pas de bons temps pour la ville en ce début du mois d’Octobre.

A l’horizon, des nuages assombrissent le ciel et amènent maints observateurs à prédire une saison orageuse pour la ville. A moins de trois ans des prochaines élections générales, la capitale se montre singulièrement plus agitée que les autres villes du pays où tout semble être bien calme en attendant peut -être la nuit des longs couteaux. Capitale du Bénin, Porto Novo a la réputation légendaire de ville contestataire où quelques fois naissent des frondes politiques et aussi des projets de candidatures à la plus prestigieuse fonction de l’Etat.  Elle en donne le ton depuis quelques semaines avec les remue-ménages au conseil municipal de la ville.

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Bénin : Koovi dénonce l’attitude ambiguë de Oswald Homéky

La démission de Oswald Homéky de la tête du ministère des sports le vendredi 06 octobre 2023 continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. La dernière réaction est celle de Bertin Koovi, membre du parti Bloc Républicain. Dans une déclaration qu’il a rendue publique le samedi 07 octobre 2023 au sujet de la démission du ministre des sports Oswald Homéky, ce membre de la mouvance présidentielle a affirmé que le président Patrice Talon « est déjà réduit à un lion qui n’a plus de crocs ».

Il s’étonne qu’il ait « fallu 7 ans pour que la conviction du peuple prévale sur le devoir de servir sa patrie ». Bertin Koovi va plus loin dans son analyse de la situation et lâche ces mots: « Plus on va s’approcher de 2026 et plus vous allez voir de la tragédie du genre ». Aussi a-t- il fait savoir que «bientôt, vous verrez que ceux qui sont prêts à tuer quiconque ont le courage de dénoncer des décisions de Talon aujourd’hui, prendre la posture de ses opposants pour se donner une légitimité auprès du peuple naïf ». « Mais le verbe est mal choisi «Démissionner» » a estimé Bertin Koovi qui souligne que c’est tout le problème.

Talon affaiblit, selon Koovi

Le militant du parti Bloc Républicain a expliqué que « quand un ministre qui a fait 7 ans dans un gouvernement se lève et démissionne parce que son chef, le président, lui aurait reproché une posture politique, ça affaiblit le président » Patrice Talon. Pour le président de l’Alliance Iroko, il aurait suffit seulement pour l’ex-ministre des sports de dire : «  j’ai demandé au président Patrice Talon de me décharger de la mission républicaine qui est la mienne afin que je puisse aller vers d’autres horizons ». « Quel peuple Patrice Talon empêche d’exprimer aujourd’hui sa conviction », s’est interrogé M Koovi. Puis Bertin Koovi se demande où était le défenseur du peuple lorsque les activistes étaient « pourchassés ».

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Nomination d'expatriés au Bénin : le talon d'Achille du gouvernement

La guigne s’acharne contre les expatriés nommés dans l’administration publique béninoise par le régime de la Rupture. Pour la troisième fois, l’un des soi-disant « experts étrangers« , recrutés pour pallier le « désert de compétences » que serait le Bénin, a quitté le pays sur la pointe des pieds. Démontrant du coup, la faiblesse de la conception du gouvernement selon lequel il faut compter sur la coopération extérieure pour relever les défis économiques qui se posent à notre pays.
« Jamais deux sans trois« , dit le proverbe bien étrange français, dont l’origine reste mystérieuse. Il veut tout simplement dire qu’une chose qui s’est produite deux fois, se produira une troisième fois.

Les bonnes nouvelles s’enchaînent, les malheurs se répètent. En tout cas, cet adage semble se vérifier actuellement avec la valse de départ en catimini des expatriés recrutés par le régime de la Rupture pour remplacer les fiers cadres béninois dans la gestion des structures de l’administration publique de leur pays. Il y a une semaine jour pour jour, le vendredi 29 septembre, celui qu’il faut appeler désormais ex-directeur général du Port autonome de Cotonou, le Belge Joris Albert Thys, annonçait devant son personnel réuni sous le drapeau béninois, qu’il quitte son poste pour valoir ses droits à la retraite. Il occupait ce poste depuis le 1er août 2018 en remplacement de son compatriote Christiaan De Block, en vertu d’une convention qui lie le Port autonome de Cotonou à celui d’Anvers en Belgique depuis décembre 2017.

Avant M. Albert Thys, c’est le Canadien Jacques Paradis ex-directeur de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) qu n’a pas fait long feu à la tête de cette entreprise. Il a pris la poudre d’escampette après avoir été limogé en octobre 2021. M. Gérard Zagrodnik, antérieurement directeur des études, projets et planifications de la même entreprise sous M. Paradis a été ensuite nommé directeur général. Il rend le tablier en août dernier à M. Gabriel Dégbégni précédemment ancien coordonnateur de Mca II, suite à une décision du Conseil d’administration de la Sbee. A qui le tour prochainement, sachant bien que depuis son avènement, le régime de la Rupture a procédé à une cascade de nominations d’expatriés dans l’administration publique béninoise ?

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Bénin : les jeunes de l’opposition en ordre de bataille

L’opposition béninoise s’organise au fil des jours. Après les enseignants, ce sont les jeunes qui se mettent en organisation. Ce samedi 30 septembre 2023,à Cotonou, ils ont créé le Bloc des Jeunes Démocrates (BJD) afin de mieux contribuer au combat pour le redressement du pays. Ils ont enfin relevé le défi de l’union. Longtemps divisés et en manque d’organisation crédible pour militer, les jeunes de l’opposition ont fini par accorder leurs violons pour créer le Bloc des Jeunes Démocrates (BJD).

En dépit des torpillages, plusieurs centaines de jeunes de toutes les catégories socioprofessionnelles se sont convergés vers l’hôtel L2G à Agontinkon pour porter sur les fonts baptismaux cette première organisation de la jeunesse militante de l’opposition. Annonçant les objectifs de cette organisation, Innocent Lokonon va parler d’ «un mouvement politique novateur qui vise à donner une voix forte à la jeunesse et à défendre ses intérêts au sein de notre nation. Le BJD est né d’une exigence de changement, et d’un désir profond de créer un avenir meilleur pour tous ».

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Présidentielle au Bénin : les candidatures fantaisistes s’annoncent déjà

La présidentielle de 2026 a-t-elle ouvert une nouvelle saison d’esbroufe ?  A moins de trois ans de cette élection, quelques hommes aux profils atypiques agitent leurs candidatures. Et ceci de la manière la plus insolite possible. La présidentielle de 2026 annonce déjà les couleurs. A moins de trois ans, les signaux d’une élection fortement discutée sont déjà perceptibles. Depuis plusieurs mois, des mouvements de jeunes sortent de terre et suscitent la candidature d’une personnalité politique. Les envies sont allées au-delà. En dehors des suscitations, on assiste depuis quelques jours à des annonces de candidatures.

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Qualité de vie numérique: le Bénin classé 98ème dans le monde

Le Bénin se positionne à la 98ème place sur l’échelle mondiale selon l’Index de Qualité de Vie Numérique (DQL) de Surfshark. Cette étude annuelle, effectuée sur 121 pays, classe les nations en fonction de leur bien-être numérique sur la base de cinq piliers clés: e-security, abordabilité d’Internet, e-infrastructure, e-government et qualité d’Internet. Bien que le Bénin se soit distingué dans le domaine de la e-security, occupant la 50ème place, il fait face à des défis significatifs dans des domaines tels que l’abordabilité et la qualité d’Internet.

Les citoyens béninois sont confrontés à des coûts d’Internet relativement élevés, le pays se plaçant 114ème en matière d’abordabilité. Pour bénéficier de l’internet fixe, un Béninois moyen doit travailler près de 28 heures par mois, un chiffre élevé comparé à la Roumanie, où l’Internet est le plus abordable. De plus, avec une position de 107ème en qualité d’Internet et une performance inférieure de 29% à la moyenne mondiale, le Bénin doit investir davantage dans l’amélioration de son infrastructure numérique.

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ONU: Doumbouya appelle la CEDEAO à cesser de se mêler de la politique

L’assemblée générale des Nations Unies est souvent une scène où les dirigeants mondiaux exposent leurs points de vue, cherchant à influencer le discours mondial. Cette année, le Président guinéen Mamadi Doumbouya a utilisé cette plateforme pour adresser un message sans équivoque à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’essentiel du discours de Doumbouya a tourné autour de la souveraineté et de l’indépendance des États africains face aux entités supranationales comme la CEDEAO. Il a exhorté l’organisation à « rester en dehors des affaires politiques internes » des États membres, suggérant que de tels ingérences ne font qu’exacerber les tensions et retarder la croissance et le développement.

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Intervention militaire au Niger : le gouvernement lâché par les partis politiques

Près de deux mois qu’une junte militaire s’est installée à la tête du Niger. Alors que le gouvernement,  en soutien à une décision de la CEDEAO n’exclut pas l’intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel, les partis politiques du Bénin semblent bien s’y opposer. Le gouvernement devient de plus en plus seul face à son option de faire recours à une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger. En dehors de la Conférence épiscopale et des organisations de la société civile qui se sont prononcées sur le sujet, plusieurs partis politiques ont aussi réagi face à ce sujet brûlant de l’actualité.

Dans la foulée, les FCBE, Moele Bénin, Les Démocrates, le PCB ont tous opté pour la résolution pacifique de ce problème. Les FCBE, dans un communiqué rendu public le 29 juillet  affichent leur préférence pour les solutions pacifistes. « Dans ce sens, elle recommande aux Chefs d’État et à la CEDEAO de « prioriser la voie de la diplomatie et du dialogue avec les putschistes. En tout état de cause, la Force Cauris pour un Bénin Émergent reste indéniablement opposé à tout coup de force au sommet des Etats, à l’usage de violence sur les citoyens et ne saurait tolérer un bain de sang dans n’importe quel pays et sous aucun prétexte », lit-on dans le communiqué du parti.

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Niger: Les Démocrates réaffirment leur opposition à toute intervention militaire

Après leur communiqué du 05 aout dernier dans lequel ils se sont opposés à toute prise de pouvoir par les armes et à l’agression militaire du Mali, le parti les Démocrates revient à la charge. Dans un meeting qui s’est tenu à Vidolé ce samedi 16 septembre, ils ont réitéré leur opposition à cette guerre en présence des militants du parti. La pluie diluvienne du samedi 16 septembre n’a pas émoussé la détermination des militants du parti Les Démocrates. Debout, munis de parapluie ou avec des chaises renversées sur la terre, ils ont suivi l’intégralité de ce meeting qui se tient en deux grandes interventions : celle du Front Patriotique contre la guerre au peuple frère du Niger et du parti Les Démocrates lue par son président Eric Houndeté.

Dans son intervention, le Président du parti Les Démocrates a rappelé l’opposition du parti à toute prise de pouvoir par les armes et a rappelé son souhait de privilégier la paix et le dialogue dans la résolution de tous les conflits. Prenant l’histoire à témoin, il a rappelé quelques conflits du passé qui ont engendré des conséquences graves pour les pays et leurs populations. « Chères militantes, chers militants, Béninoises, Béninois, citoyens de ce pays, allez dire à ceux qui font l’apologie de la guerre et qui se disent plus intelligents que nous depuis 2016 d’aller interroger l’histoire du Danhomey pour apprécier les ravages de cet entêtement à s’engager dans une guerre. En tant que nation, nous avons l’obligation morale de prioriser la paix et la stabilité, non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour nos voisins. Le Niger est plus qu’un pays voisin pour nous, c’est un partenaire, c’est un allié, c’est un frère, de nombreux Béninois y étudient », déclare Eric Houndété.

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Mission du FMI au Bénin : l’économie béninoise confrontée à des chocs exogènes (dont le Niger)

Une mission du Fonds Monétaire Internationale (FMI) a séjourné à Cotonou du 06 au 12 septembre. Conduite par Constant Lonkeng, cette mission a noté les difficultés que rencontre l’économie béninoise depuis le début de ce second semestre aussi bien qu’elle apprécie les efforts du gouvernement pour juguler cette conjoncture. Du 6 au 12 septembre, le Bénin a reçu une mission du Fonds Monétaire Internationale.

« La mission a rencontré le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances, en charge de la Coopération M. Wadagni, le Ministre d’Etat, Ministre du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale M. Bio Tchané, le Garde des Sceaux, Ministre de la justice et de la législation M. Detchenou, le Ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance Mme Tognifodé, le Directeur national de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest M. Assilamehoo, et d’autres hauts fonctionnaires. L’équipe a également rencontré des représentants de la communauté des donateurs, de l’association des banques, de la société civile, du secteur privé, et de l’association des femmes entrepreneurs », lit-on dans le communiqué.

Au cours de cette évaluation, la mission a constaté qu’après une performance robuste au premier semestre, l’économie béninoise est confrontée à des chocs liés à la fermeture de la frontière avec le Niger suite aux sanctions à caractère régional consécutivement au récent coup d’État dans ce pays et à la hausse des prix de l’essence causée par l’augmentation des prix à la pompe au Nigéria.

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