Absence d’unanimité sur les réformes de Talon : Une question de méthode

Les initiatives et réformes du président de la république Patrice Talon, sont certainement nourries de bonnes intentions, mais elles ont du mal à faire l’unanimité. Et pour cause, la méthode utilisée par le pilote de la rupture porte plus sur la gouvernance dirigiste que sur la gouvernance participative, qui fait des citoyens des parties prenantes dans le processus décisionnel.

Du projet de révision de la constitution à la réalisation du Ravip en passant par les réformes du secteur de la santé, le constat est le même : la méthode utilisée pour chaque initiative par le président Patrice Talon est source de discorde. Candidat à la présidentielle de 2016,  Patrice Talon annonçait son intention de réviser la constitution si jamais il est élu président de la République.

Devenu locataire de la Marina, il crée le 6 mai 2016 la commission chargée d’élaborer des propositions de réformes institutionnelles et politiques. Les dissonances sur ce projet apparaissent dès la remise du rapport de cette commission au chef de l’Etat, en juillet 2016. En dehors du résumé qui avait été produit et distribué par la Fondation Friedrich Ebert, peu de gens maitrisaient le contenu de ce rapport. De juillet 2016 à février 2017, 7 mois sont passés sans information sur la question. L’opinion n’en a encore entendu parler que lors du dépôt du projet de révision de la constitution à l’Assemblée nationale par le gouvernement.

Les réformes contenues dans ce projet n’ont donc fait l’objet d’aucun débat public préalable. Au lieu de faire des campagnes de sensibilisation sur ce projet de révision, le gouvernement aurait plutôt dû sillonner les 12 départements pour recueillir des observations et suggestions à propos de ce texte. Pour avoir manqué à cette exigence managériale et politique, le sort réservé au projet de révision a été la déculottée des initiateurs.

Le dirigisme systémique

Sans tirer de leçon des causes de l’échec de la révision de la constitution, le président Talon engage un autre chantier de réformes, dans un secteur aussi sensible que la santé. La commission mise sur pied pour penser ces réformes est décriée. Les agents du secteur de la santé l’accusent d’être composée en majorité d’universitaires en écartant les praticiens. Et comme pour saler l’addition, le rapport produit par cette commission et remis au chef de l’Etat, est devenu un document frappé du sceau du « secret d’Etat ». Les responsables des syndicats ont crié, hurlé, braillé pour que le gouvernement leur remette des exemplaires dudit rapport…, niet ! Il a fallu que ces syndicats initient des mouvements de grève pour qu’après deux mois environs de débrayage, le gouvernement consente à leur remettre le rapport.

Quelle peut être la pertinence d’une réforme faite sans les acteurs du domaine et sans les bénéficiaires que sont les usagers des hôpitaux publics ? Le président n’aurait-il pas pu recevoir ces agents avant le samedi passé au Palais, afin de recueillir leurs avis sur les réformes à effectuer ? Il faudra donc toujours que la situation empire pour que le chef de l’Etat juge utile de recevoir les concernés.

Changer de paradigme

Le Ravip -Recensement initial administratif à vocation d’identification de la population-, ne déroge pas à la règle. Tout a

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Bénin : Talon promet d’associer les acteurs de la santé aux réformes du secteur

Une rencontre de vérité a eu lieu le samedi 11 novembre 2017 au palais de la présidence de la République, entre le Chef de l’Etat et le collectif des syndicats du secteur de la santé. Ce secteur est paralysé depuis des semaines par la persistance des mouvements de grève.

Les responsables du Collectif des syndicats du secteur de la santé au Bénin, étaient présents le samedi dernier au palais de la présidence de la République sur invitation du chef de l’Etat. Adolphe Houssou coordonnateur de l’intersyndicale des ressources humaines en santé (Irhs), Soulé Salako secrétaire général du syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine (Syntrasesh), Joseph Lanwasonou du syndicat des praticiens hospitaliers et les autres, sont venus échanger avec Patrice Talon sur les sujets qui fâchent.

Trois (03) points de revendication ont été abordés au cours de cette rencontre. Le premier concerne le payement de la prime de risque et la prime exceptionnelle de motivation aux agents de santé. Sur ce point, les échanges n’ont pas duré. Il a été retenu que le tiers sera immédiatement payé, soit plus de 2,4 milliards. Les deux autres tiers seront payés en deux semaines.

En clair, les engagements pris par le gouvernement seront tenus. Mais les responsables syndicaux ont tenu à préciser au Chef de l’Etat que les revendications d’ordre financier ne sont pas les mobiles fondamentaux des mouvements de débrayage.

Les réformes, le principal point de divergence

Le deuxième et plus important sujet abordé lors de cette rencontre, est relatif aux réformes initiées par l’actuel régime dans le secteur de la santé. Et c’est à ce niveau que de longues discussions ont eu lieu. Le chef de l’Etat a saisi cette occasion pour rappeler aux responsables syndicaux ce pour quoi les réformes sont nécessaires au secteur de la santé. Manque de plateaux techniques dans les hôpitaux, insuffisance de personnel qualifié, corruption et autres, sont autant de choses qu’il urge de corriger. Patrice Talon explique que c’est au regard de ces problèmes qu’il a initié les réformes. En faisant allusion à la revendication des syndicalistes qui exigent le report de la décision de création d’un comité technique de mise en œuvre des réformes, le président de la République a précisé qu’il appartient aux gouvernants d’opérer des changements dans les secteurs dans lesquels ça va mal. Certes les travailleurs des secteurs concernés doivent être associés, mais cela ne peut constituer un motif de déclenchement de grèves qui sont préjudiciables pour le peuple.

En réponse à ces explications, les partenaires ont fait savoir au chef de l’Etat qu’ils ont appris que les réformes ont commencé à être mises en œuvre, sans leur avis. C’est ce qui justifie la persistance des mouvements de grève.

A ce niveau, le président de la République a voulu faire taire les suspicions en déclarant que le rapport de la commission est en relecture et que leurs amendements seront jugés pertinents et intégrés.

La carrière des agents de santé

Au cours des échanges, les doléances d’ordre administratif n’ont pas été occultées. En effet depuis 2014, certains agents de la santé sont sans salaire. Une situation qui dérange les autres agents qui estiment que c’est une injustice à corriger dans l’immédiat. Un accord de principe a été donné pour la résolution des préoccupations relatives à la carrière des agents du secteur. Des comités sont formés pour se pencher sur la question. Les travaux sont en cours et d’ici peu, ce problème sera conjugué au passé.

Le dossier de la trentaine de médecins spécialistes qui jusque-là perçoivent le même salaire que les généralistes, a été également soulevé au cours de la séance. Des instructions ont été données au ministre de la fonction publique et à celui de l’Economie et des Finances pour corriger le tir. D’autres questions surtout celle de la gratuité de la césarienne, étaient au menu des échanges. Les syndicalistes ont pour finir souhaiter un changement de la méthode de dialogue de la part des ministres du gouvernement.

Globalement, les échanges ont eu lieu dans une ambiance détendue et conviviale. Les responsables syndicaux n’ont pas caché leur satisfaction à la fin de cette rencontre. Ils promettent rendre compte à leur base avant de décider du comportement à adopter. C’est donc possible que les disciples de Saint Luc reprennent normalement service cette semaine, pour le bonheur des usagers des hôpitaux… Mais Ce n’est pas pour autant que le dialogue sera rompu.

La communication, l’éternel défaut du régime Talon

Il a fallu que la grève dans le secteur de la santé persiste ces dernières semaines, pour que le chef de l’Etat et certains de ses ministres prennent la mesure de la situation et

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Port Autonome de Cotonou : Bénin Control veut accaparer le guichet unique

Telle une mer débordant de son lit, Benin Control -la société de droit béninois propriété de l’homme d’affaires Patrice Talon-, avale tout sur son passage au port.

Après s’être vu confier la gestion du Programme de vérification des importations (Pvi) dans des conditions très obscures, Benin Control s’apprête à prendre la gestion de la Société d’exploitation du guichet unique. Un véritable hold-up économique, qui ne dit pas son nom…

Lentement mais surement, Bénin control asseoit sa suprématie sur le port de Cotonou. Selon des sources concordantes, Benin control s’apprête à prendre en main la gestion du guichet unique. Le guichet unique est un point focal qui permet aux entreprises de payer une seule fois et en un seul endroit tous les frais liés aux différentes opérations sur le terrain. Sous Yayi, cette activité avait été confiée à Segub, une succursale du Bureau Véritas, société de droit francais, dont le contrat qui court jusqu’en 2021.

Mais depuis quelques jours, les responsables de Bénin control s’activent dans les coulisses à récupérer cette affaire. Pour embrouiller un peu les choses et se mettre à l’abri des critiques intempestives, Bénin Control entend sous-traiter ce marché avec l’un de ses associés du Pvi, il s’agit de Webb Fontaine basée à Dubai et également présente en Côte-d’Ivoire. Or, cette société a bénéficié d’une exonération sur l’importation de tous les intrants entrant dans le cadre de la mise en œuvre du Pvi. Si elle arrivait à prendre ce marché, ce qui ne serait qu’une formalité,  Bénin control aura réussi

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Bénin : Patrice Talon caporalise la classe politique

Le chef de l’Etat travaille à mettre sous ses talons la classe politique. Alors qu’il a rencontré les députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), dans la soirée du mercredi 08 novembre 2017 pour s’expliquer sur le dernier remaniement, il a affiché sa volonté d’avoir une main mise sur les politiques.

Patrice Talon se sent bien à l’aise avec les députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp). Répondant à leur appel pour couper la poire en deux dans ce qu’il convient d’appeler brouille au sein des députés favorables à ses actions après le remaniement ministériel intervenu vers la fin du mois d’octobre, le chef de l’Etat a usé de tact pour ‘’dompter’’ ces derniers.

Au cours de la rencontre à l’allure d’explications sur le dernier remaniement du gouvernement, Patrice Talon a exposé sa vision dans la perspective des élections législatives de 2019. La bonne nouvelle qui a réjoui les députés du Bmp, est l’engagement pris par le locataire de la Marina, de financer la campagne des députés de la mouvance, pour éviter d’avoir maille à partir avec un groupe de députés très remontés pour n’avoir pas été appelés au gouvernement 2. C’est-à-dire que les dépenses financières entrant dans le cadre des élections législatives de 2019 sont à la charge du président Talon. C’est alors que les députés ont changé de posture avec l’assurance d’être réélus grâce au soutien financier du président de la République.

Patrice Talon, plus conciliant

Les explications du chef de l’Etat aux députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) sur le remaniement du gouvernement, ont permis d’apaiser les esprits. C’était à travers un moment de convivialité qu’il a eu avec ses députés dans une ambiance très amicale selon nos sources. Au menu de cette rencontre tenue à Cotonou, on peut noter les débats sur le remaniement ministériel qui a fâché certains. Il était de bon ton que le chef apaise ses poulains, ce qui est apparemment fait… Les principes sur lesquels il s’est basé pour écarter les députés du Bmp, sont

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Procès de la Renaissance du Bénin : Les juges et les avocats des frondeurs se sont volatilisés

(L’indignation du bâtonnier Robert Dossou) Pour une énième fois, l’audience sur le procès Rb qui dure depuis juillet 2017 a été reportée. Beaucoup pensaient dans l’opinion publique que le verdict allait tomber hier mercredi 08 novembre, à l’issue des observations du ministère public comme souhaité lors de l’audience du lundi 06 novembre dernier, par Gilbert Togbonon le nouveau procureur de la République. Mais hélas ! L’audience a été reportée après une longue attente des avocats de Léhady Soglo et des personnes venues assister au procès.

Le suspense continue et il faudra peut être attendre des jours encore pour connaître l’issue de la scission qui a fait naitre deux camps à la Renaissance du Bénin depuis juin.

Hier matin à l’ouverture de l’audience, les avocats de la défense c’est-à-dire du camp dit des ‘’frondeurs’’, notamment Me Filibert Béhanzin, ont rappelé la jonction des trois (03) autres procédures à celle qui est en cours, pour que le juge en tienne compte. Me Alfred Bocovo des demandeurs réplique automatiquement et précise qu’il a offert son désistement dans le principal dossier en cas de jonction, et donc que la procédure accessoire subira le sort de la principale.

Après ces interventions, la formation collégiale s’est retirée pour apprécier. Elle reviendra plus d’une demi-heure après pour déclarer éteintes deux (02) des trois (03) autres procédures pour lesquelles les avocats de Léhady Soglo ont offert leur désistement. Eudoxie Ackapo, ses accesseurs et le premier substitut du procureur de la République, ont une fois encore renvoyé l’audience, à 15h cette fois-ci, en attendant les observations du ministère public.

Effectivement, à quelques minutes de l’heure indiquée, la salle d’audience était déjà pleine. Me Robert Dossou, Alfred Bocovo, Nadine Dossou et autres, étaient visiblement prêts et n’attendaient que le juge pour l’ouverture et la suite du procès. Du côté de la défense, on ne voyait que Me Filibert Béhanzin qui quittera la salle quelques minutes plus tard. Les allers-retours et quelques échanges à tue-tête entre les avocats des demandeurs, faisaient croire à l’assistance que bientôt la formation collégiale va apparaître pour rendre sa décision. Mais en vain, ils ne viendront pas jusqu’à ce qu’à 17h20, Robert Dossou et les siens très déçus décident de quitter la salle. A sa suite, la salle d’audience s’est automatiquement vidée.

Une heure plus tard, c’est-à-dire autour de 18h30, on apprend que le juge serait venu et qu’il aurait reporté l’audience pour un autre jour. Une situation qui entraine davantage de flou autour de ce procès dont le verdict n’est peut-être pas pour demain. Il faut rappeler qu’à la sortie, Me Robert Dossou n’a pas manqué de faire part de son étonnement et son indignation face à ce qui se passe. Aux dernières nouvelles, on apprend que les avocats de la défense auraient écrit au président par intérim du tribunal, pour récuser le trio de juges qui est sur le dossier.

Il faut rappeler que le lundi dernier, les différents protagonistes de la crise étaient à nouveau devant le juge Eudoxie Ackapo et ses accesseurs, au tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Bien sûr, après la suspension jusqu’à fin décembre de la grève des greffiers.

Tout était prêt pour qu’elle donne la sentence ce jour-là sur la procédure en délibéré. Mais à la surprise générale des avocats des demandeurs, le ministère public représenté par le procureur de la République près le tribunal de Cotonou, Ulrich Gilbert Togbonon, a souhaité le rabat du délibéré. Mieux, il a ordonné la jonction de la procédure en référé à la procédure en délibéré, afin de lui permettre de faire ses observations. Les parties impliquées dans ce dossier sont invitées à se présenter à nouveau devant le juge le mercredi 08 novembre 2017 à 10h pour la suite.

La colère et l’indignation du bâtonnier Robert Dossou

« … Nous sommes dans le vague, que se passe-t-il ? Nous ne

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Filière coton au Bénin : Talon, seul et unique patron

Concurrents piégés, persécutés et écartés. Appel d’offres pour les intrants taillés sur mesure et gagnés par la même société, sabotages des rares usines des concurrents. Tel est le visage présenté actuellement par la filière coton.

Depuis avril 2016, on assiste progressivement au retour du monopole du privé dans la filière coton, avec les sociétés et entreprises appartenant à Patrice Talon. Le rachat de l’usine d’égrenage de Nikki appartenant jadis à Martin Rodriguez, en est une parfaite illustration.

La vente aux enchères de l’usine d’égrenage de Nikki le lundi 06 novembre passé, bien que l’aboutissement d’un processus légal de saisie et de vente de l’usine, est une très mauvaise information pour l’économie béninoise. Elle tue définitivement la libre concurrence -principe sacro-saint du libéralisme économique choisi par le Bénin à la sortie de la conférence nationale en 1990-, et fait du Bénin une destination à haut risque pour les opérateurs économiques. En effet, cette décision écarte de la filière l’un des concurrents les plus craints par Patrice Talon, alors homme d’affaires. Maintenant donc, Patrice Talon et sa galaxie peuvent se frotter les mains pour avoir réussi à devenir le seul maître à bord. Car, bien que devenu président de la république, Patrice Talon continue à faire les affaires par le truchement de ses nombreuses sociétés dont il a confié la gestion temporelle à son ami Olivier Boko et ses héritiers.

Ces sociétés gagnent allègrement des marchés d’Etat surtout dans la filière coton. Depuis l’année dernière, c’est la Sodeco qui gagne tous les lots conçus pour la livraison des intrants agricoles. Or, il y a le débat sur l’actionnariat de cette société qui n’est pas vidé. En 2015, à l’époque des brouilles entre le président Boni Yayi et Patrice Talon, la question des 17,5% d’actions appartenant au public et portés par la Société commune de participation (Scp) de Patrice Talon est évoquée. C’est grâce au portage de

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Affaire BIBE au Bénin : Dramane Diatema plonge davantage la Cnss et le gouvernement

L’affaire de placements hasardeux à la Bibe révélée par le Conseil des ministres du jeudi 02 novembre passé, continue de connaître des rebondissements. Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée hier, le Directeur général de Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) Dramane Diatema, a usé d’arguments légers et discutables. En voulant plonger Laurent Mètongnon, la risée du gouvernement, il a plongé plutôt la Cnss et le gouvernement.

Le visage présenté par Dramane Diatema à la fin de sa conférence de presse hier, est celui d’un homme rassuré, soulagé. Il venait d’accomplir une mission difficile : celle de plonger Laurent Mètongnon. Cet ex-président du Conseil d’administration de la Cnss est l’objet, depuis le conseil des ministres du jeudi 02 novembre passé, d’un vaste complot médiatique visant à saboter son image. Pourtant, lorsqu’on se met à analyser les arguments tenus par le Dg Diatema, on se rend compte qu’il a failli à sa mission… Et ce n’est qu’un euphémisme de le dire. Disons le d’emblée, il a plongé et la caisse et le gouvernement. En effet, en répondant à Laurent Mètongnon -accusé par le Conseil des ministres d’avoir reçu des retro-commissions–, il a exposé davantage la caisse et aggravé les inquiétudes des travailleurs de la maison.

A écouter Diatema, c’est parce que des placements hasardeux ont été fait en 2014 et 2015 que la société a été contrainte d’entrer dans l’actionnariat de la société. Cet argument est si léger et si indigne du Dg d’une caisse nationale de solidarité, au point où on se demande si le Dg maitrise réellement de quoi il s’agit. Il dit -parlant du Dg-, que la nouvelle équipe dirigeante a décidé de « retirer les sommes placées ». C’est donc à ce moment qu’elle se serait rendu compte de la difficulté de cette procédure. La banque leur ayant notifié qu’en retirant les fonds placés ils exposent la banque à la fermeture, et que par conséquent les fonds placés pourraient partir en fumée… Pour sauver les 15 milliards restants, la Cnss avait intérêt à sauver la banque. Ce qu’elle a fait en entrant dans l’actionnariat pour un montant de 4 milliards. Le Dg précise qu’une décision de justice les avait, entre temps, contraints à faire des souscriptions nouvelles et à ne pas déduire l’acquisition de nouvelles actions de leurs avoirs placés en dépôt à terme (Dat).

Cet argumentaire souffre de plusieurs insuffisances. En dehors du fait que le Dg n’informe guère sur le pourcentage de l’actionnariat concerné par les 4 milliards, on peut bien s’interroger sur la pertinence de cette action. Et c’est là qu’on note que la nouvelle équipe dirigeante a aussi imprudemment agi. L’entrée dans l’actionnariat n’est basée sur aucune étude technique. Sur la base de quoi ont-ils contracté avec ce montant ? De combien s’agit-il exactement ? Quels sont les risques d’un tel investissement ? En tout cas, le Dg n’en a rien dit. Plus grave, si la banque est incapable de restituer une partie du dépôt, c’est qu’elle est dans une situation critique. Ceci dit, en acquérant ces actions, la Cnss a fait une opération plus hasardeuse et plus dangereuse que

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Affaire Didier Ollé-Nicolle : Le Bénin a payé sa "rançon"

Ce lundi 31 octobre 2017, le président du bureau transitoire et consensuel de la Fédération béninoise de football, Anjorin Moucharafou, a annoncé que le Bénin vient de payer la somme due à Ollé-Nicolle. Avec le licenciement abusif de l’ancien sélectionneur du Bénin, Didier Ollé-Nicolle, le Bénin était astreint à payer 136,143 millions.

« Le gouvernement de mon pays vient de nous surprendre agréablement. L’affaire Didier Ollé-Nicolle est désormais conjuguée au passé », s’est fondu Anjorin Moucharafou, président du Bureau transitoire et consensuel de la FBF, ce lundi 31 octobre 2017 à l’issue d’un point de presse. Il a indiqué que, informé de l’affaire il y a 30 jours environs, le gouvernement béninois par son président Patrice Talon et son ministre de la Culture, des loisirs et sports Oswald Homéky, vient de soulager la FBF et tous le peuple.

L’affaire Ollé-Nicolle est issue de la rupture unilatérale du contrat de l’ancien entraineur des Ecureuils du Bénin par l’ancien ministre des sports Safiou Idrissou Affo, et l’ancien directeur du Fonds national pour le développement des activités de jeunesse, de sport et de loisir, El Farouck  Soumanou. L’affaire a été portée devant la Fifa par le français Didier Ollé-Nicolle pour motif de rupture abusive de contrat et de salaires non payés. Le technicien français a exigé de la FBF le paiement du solde de ses deux ans de contrat au titre de rupture abusive (une amende de 13.000 euros + le versement des deux ans de contrat au titre de rupture abusive, ce qui selon des informations fait près 113 millions).

La Fifa avait donné un délai de trente jours (à compter du jeudi 3 août 2017), faute de quoi le Bénin serait exclu de toutes ses compétitions à venir… Une décision à prendre le 02 décembre 2017, normalement.

Le gouvernement sauve le Bénin

Si rien n’était fait par la partie béninoise, l’équipe nationale du Bénin aurait été disqualifiée des Éliminatoires de la CAN 2019. Conséquences, les Ecureuils du Bénin n’allaient pas effectuer le déplacement de Lomé en mars 2018, pour le compte de la deuxième journée de ces éliminatoires.

« C’est ainsi pour permettre de continuer et de réaliser notre plan, pour qu’en mars 2018 nous puissions conduire l’équipe nationale au Togo et de mieux sécuriser notre qualification pour la CAN 2019. C’est donc pour honorer cette rencontre que le gouvernement a procédé au paiement de 136,143 millions à la commission de discipline », a informé Anjorin Moucharafou.

Il a précisé que tous les documents ont été envoyés au secrétaire général de la Fifa, à la commission de discipline de la Fifa, à l’avocat de Didier Ollé Nicolle, au secrétaire général de la Caf, avec copie au ministre du Tourisme, de la culture et des sports, Oswald Homéky.

Le Bénin paie pour l’amateurisme de Safiou Affo et El Farouck

Une fois encore le Bénin paie le prix fort à cause de l’incompétence, l’amateurisme et surtout les intérêts égoïstes des responsables de l’ancien régime. Tout est arrivé à cause

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Bénin : Talon renforce sa position pour contrer Yayi dans la 8e circonscription

Longtemps attendu, le 2e gouvernement de l’ère de la rupture a été dévoilé le Vendredi 27 Octobre dernier. L’entrée de certaines personnalités dans ce gouvernement suscite des commentaires. C’est le cas de Samou Séidou Adambi qui est perçu pour certains comme l’arme de Talon pour préparer la riposte électorale face à Yayi lors des législatives de 2019.

Charles Toko, Rachidi Gbadamassi, Samou Séidou Adambi. Voici le trio que certains présentent comme les hommes ligne de Patrice Talon, destiné à contrer Boni Yayi pour les législatives de 2019, à Parakou et dans la 8e circonscription électorale. Charles Toko maire de Parakou, nourrit l’ambition de siéger à l’hémicycle. Etant proche du chef de l’Etat, il est possible que son vœu se réalise.

Samou Séidou Adambi, avec sa casquette de ministre, peut être le bon joker face aux candidats de Yayi. Il est probable que les 4 députés de la circonscription qui siègent actuellement au parlement, soient aussi de la compétition : Robert Gbian, Adam Bagoudou, Rachidi Gbadamassi et Amadou Issifou, tous membres du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp). L’ancien président de la République, Boni Yayi, est annoncé dans la même circonscription pour être candidat aux législatives qui s’annoncent à grand pas. Selon les indiscrétions, le président Patrice Talon a choisi Samou Adambi, probable challenger de Boni Yayi, qui pourrait constituer un adversaire de poids contre l’ancien Président.

Selon les mêmes sources, l’ambition de Boni Yayi de se présenter aux législatives à venir donne de l’insomnie au tonitruant député Rachidi Gbadamassi, « professeur agrégé de pratique politique ». Depuis des mois, ce dernier fait des

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Entretien exclusif avec Candide Azannaï : « Le Ravip regorge de pièges et de suspicions »

Le 07 octobre 2017 au cours du Conseil national de son parti « Restaurez l’espoir » à Abomey, Candide Azannaï avait annoncé urbi et orbi qu’il sera désormais dans l’opposition face à Talon.

Quelques semaines après, il annonce les couleurs à travers une interview exclusive accordée à Nouvelle Tribune. Avec son sens critique habituel, il décrypte le Ravip depuis sa genèse jusqu’à sa mise en œuvre. Selon lui, ce projet conduit à pas de charge par le gouvernement, recèle bien des pièges. Pour autant, il ne demande pas son boycott mais conseil aux populations de s’en  approcher avec « vigilance et réserve ».

Sa voix et son discours manquaient au débat politique actuel. Depuis près de sept mois qu’il a rompu les amarres avec son ancien ami devenu président de la république, Candide Azannaï se faisait toujours désirer. L’homme qui a décidé de respecter les pratiques républicaines en matière d’obligation de réserve, est désormais prêt à mettre fin à l’état de grâce accordé au pouvoir Talon. Hier soir, il a enfin accepté de nous accorder une interview. Plat de résidence : le Ravip. Au début, il insiste sur le rôle de l’opposition -dont il est désormais membre-, et fait une clarification importante.

« On ne parlera que du Ravip ce soir. Nous irons pas à pas. Si nous disons tout maintenant, nous allons nous perdre ».

L’entretien a eu lieu dans l’un des bureaux du parti qu’il désigne ironiquement par « atelier », son secrétaire général l’honorable Guy Mitokpè, à côté. Il parle d’abord de l’opérateur technologique –Safran-, et rappelle que cette société française basée à Issy les Moulineaux -banlieue parisienne-, a été choisie après un gré à gré signé en novembre dernier, alors même que la loi sur le Ravip n’était pas votée et qu’elle est chargée de collecter des données personnelles, des empreintes digitales et faciales des citoyens, comme Morpho Dys à l’aéroport.

Analysant la loi sur le Ravip, il décèle beaucoup d’anomalies, beaucoup de pièges et ravive les soupçons. Il constate qu’elle viole plusieurs articles du Code électoral, dans la mesure où l’Agence nationale de traitement (Ant), structure technique conçue pour l’actualisation de la Lépi, est détournée vers le Ravip, lequel ouvre aussi une fenêtre dangereuse sur la Lépi à travers son article 13. Sa commission de supervision aussi pose problème, puisqu’elle est totalement déséquilibrée, étant composée de 2 hommes politiques de l’opposition contre 16 pour la mouvance (députés, ministres et conseillers du Chef de l’Etat).

Ceci est un recul grave, puisque les commissions politiques de supervision ainsi que la Cena, sont aujourd’hui des institutions paritaires (opposition et mouvance, même nombre). Selon lui, si on prend en compte le fait que le Cos Lépi n’est pas installé, il y a des raisons de croire et de dire que « le Ravip est venu pour mettre fin à la Lépi ». Il fait sept propositions pour corriger ces lacunes et invite les populations à s’en approcher avec vigilance et réserve.  Interview.

Aujourd’hui, sur toute l’étendue du territoire national, le recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip), a commencé. Qu’est-ce que vous reprochez à cette opération ?

Je vous remercie pour cet entretien. Nous sommes en politique. Et en politique, ce qui est très important c’est le discours. Au-delà du discours, les actes sont aussi importants en politique. Et il doit y avoir un lien entre le discours et les actes pour avoir nécessairement une traçabilité entre l’état démocratique, l’état citoyen et l’état social. Or, si le discours est flou, si le discours et les actes bafouent la loi, on peut porter atteinte aux liens entre l’état démocratique, l’état citoyen et l’état social. Donc le discours sur le Ravip est de cette nature, c’est un discours flou. Le caractère flou de ce discours amène à se demander pourquoi ce discours est flou. Et en voulant y répondre, on observe un rejet d’une loi qui existait déjà. Alors, il est important que nous nous interrogions sur ce qui se passe.

De votre interrogation sur le Ravip, qu’avez-vous trouvé ?

De manière générale, le Ravip c’est la mise en œuvre d’une loi qui a été votée pratiquement en juin 2017, et qui porte sur l’identification des personnes physiques en République du Bénin. L’objectif ici ne sera pas d’expliquer la loi, mais de l’étudier, de l’analyser par rapport à la loi portant code électoral en République du Bénin, la loi 2013-06 du 25 novembre 2013. C’est une lecture croisée, analytique de la loi portant code électorale, et de la loi sur l’identification des personnes physiques, pour faire ressortir les interphases de litige.

Quels sont ces interphases ?

Pour en parler, il faut partir des faits. Si nous prenons les faits relatifs à la loi portant code électoral, loi 2013-06 du 25 novembre 2013, les faits en question concernent la liste électorale qui est un segment central de l’organisation d’une élection politique. Au Bénin, il existe une liste électorale permanente, la Lépi. Il existe un cadre organique de gestion de la liste électorale permanente, prévu par le titre 3 du livre 2 du code électoral. La loi a créé un cadre organique de gestion du fichier électoral national et d’établissement de la Lépi, et il faut se référer aux articles 219 et 220 du titre 3 sus évoqué. Et là vous allez constater les faits suivant : l’existence du Cos-lépi, sa composition politique consensuelle paritaire à raison de 4 députés pour l’opposition et 5 pour la majorité ; l’obligation de sa mise en place le 1er juillet de chaque année.

Vous allez voir dedans que le Cos-lépi est chargé de définir les orientations stratégiques de l’Agence nationale de traitement (Ant), que le Cos-lépi doit superviser cet organe technique créé dans le cadre de la Lépi. L’Ant n’est pas une structure isolée, elle est créée dans le cadre de la lépi. Mais ici, les faits c’est que cet organe est détourné de sa mission d’origine. Les faits aussi, c’est que cet organe Cos-lépi n’est pas installé jusqu’à ce jour. Pendant que le Cos-lépi n’est pas installé, l’Ant est désorientée vers une mission de recensement administratif, au détour d’une acrobatie législative à travers la loi 2017-08 du 19 juin 2017, portant identification des personnes physiques en République du Bénin. Au total, par ces faits il est établi que l’installation du Cos-Lépi est empêchée, et que l’Ant est détournée vers d’autres missions. Comme conséquences, nous assistons à une atteinte fragrante à l’organisation des prochaines élections politiques dans notre pays, et c’est ça le problème puisqu’on a dit qu’il faut une liste permanente ; cette liste a une durée de vie d’au moins 10 ans, et nous sommes là, on met cette loi sous veilleuse et puis on engage un autre processus. Donc c’est l’organisation des prochaines élections qui est attaquée.

D’autres faits outre ceux liés au Code électoral

Il y a les faits liés à la dernière loi votée, la loi 2017-08 du 19 juin 2017 portant identification des personnes physiques en République du Bénin. Les faits en question concernent le Ravip, et ils ont trois vices au moins. Il y a les vices liés aux conditions de passation des marchés ayant pour objet le Ravip ; les vices liés aux non-dits concernant la fiabilité du projet Ravip ; les vices liés à l’hybridation du recensement administratif et l’actualisation de la lépi.

A l’examen, on est en droit de se poser moult questions sur la conclusion d’un marché gré à gré, ordonné par le gouvernement sous l’instigation du président de la république, des mois avant la loi portant sur l’objet principal de ce marché qu’est le Ravip, ne soit votée. Est-ce que cela n’étonne personne que dès sa prise de fonction, le chef de l’Etat a pris contact avec les responsables de la société que vous connaissez, vous avez vu ses images partout, il était accompagné de quelqu’un que vous connaissez parfaitement, et une fois cela fait, dans la même année le marché a été signé gré à gré.

Et c’est bien longtemps après, dans l’année qui a suivi, que la loi est votée. C’est à dire qu’on passe un marché sur un objet qui n’existe pas légalement, et qu’on va régulariser l’objet par voix législative alors que cet objet porte sur des choses sensibles notamment les élections. C’est un problème qui est posé.

Les faits aussi, c’est que la société dont on parle, la société Safran, a été choisie gré à gré. C’est aussi que Safran et Morpho Dys s’associent généralement. Et qu’au Bénin il existe une société dénommée Morpho Dys dans laquelle est présent un proche du chef de l’Etat. C’est quoi Morpho Dys ? Il faut d’abord dire que Morpho Dys a reçu dans des conditions qui ressemblent à un passage en force, le marché de capture des empreintes biométriques de tout voyageur à l’entrée et à la sortie de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou.

Mais si nous laissons d’abord en attendant d’y revenir plus sereinement les structures chargées de la lutte contre la corruption approfondir les entorses à la morale des passations des marchés publics, il ne paraît pas sain que MorphoDys qui traque les empreintes à l’aéroport et que ce soit Safran orienté par gré à gré dans le ravip en fasse autant dans le cadre du recensement administratif initial orienté vers la mise entre parenthèses ou la mise sous éteignoir de la Lépi. Il faut résumer ceci.

Le chef de l’Etat voyage avec quelqu’un, son ami proche. Le proche revient quelque jours après et on découvre que lui il a Morpho Dys et s’est positionné à l’aéroport entre autre, et qui est chargé de capter les empreintes digitales et spatiales, à l’aller comme au retour. Dans le même temps, Safran prend par gré à gré un marché qui n’est pas pour l’aéroport, mais qui est pour le recensement de toutes les personnes au Bénin, avec capture des mêmes choses que Morpho Dys fait à l’aéroport, safran va le faire sur tout le territoire. Nous évoquons l’intérêt à se pencher sur le Ravip, parce que pouvant être nuisible à l’organisation des élections transparentes, donc crédibles et concurrentielles. L’un des critères majoritaires d’une démocratie, c’est les élections mais pas n’importe quelle élection, libre, transparente, fiable et véritablement égalitaire et concurrentielle.

Nous observons dans ce jeu qu’on a isolé l’Insae. Mais pour ne pas faire comprendre que l’Insae est isolé, on lui donne une petite attribution sachant bien que c’est un fonctionnaire. Sur les faits, nous voyons qu’il y a aussi détournement

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Remaniement ministériel au Bénin : Talon sur les traces de Yayi

Son discours de campagne a pourtant marqué une rupture fondamentale avec l’ère Yayi. Mais depuis qu’il est au pouvoir, Patrice Talon n’a pas changé grand chose. Ni les hommes, ni les pratiques, ni même la méthode n’ont guère changé. La formation de ce dernier gouvernement avec le retour de quelques caciques de l’autre régime, fait rappeler les couacs et les non-dits d’antan.

Le nouveau gouvernement du président Patrice Talon nous projette près de cinq ans en arrière. Il nous donne l’illusion de revivre les années Yayi. Tant le gouvernement-ci présente de grandes similitudes avec ceux de son prédécesseur. Ce dernier avait réussi à instaurer en son temps la clochardisation de la fonction ministérielle. Ecclésiastes en manque de fidèles, mouchards en quête de prébende, micro-politicards maîtrisant à peine leur village, zélateurs du chef… Tous y avaient leur place. On y a retrouvé de temps en temps des hommes qui avaient du cran. De vrais gens qui pratiquent la politique telle une science, et des technocrates à notoriété aussi y sont de temps en temps présents pour servir de caution à ces différents gouvernements.

Yayi n’avait pas de logique pour former ses gouvernements. Il y allait avec ses humeurs, son esprit de vengeance et les contingences du moment. Il les dégommait aussi selon les mêmes principes.

L’un pour avoir nommé un Directeur de cabinet indésirable, l’autre pour avoir manqué un conseil de ministres un dimanche, un autre pour avoir refusé d’endosser une faute qu’il a commise lui-même. Ce canevas tracé par Boni Yayi semble bien inspirer Patrice Talon. Bien que la rupture qu’il prône tranche avec le changement de son prédécesseur et semble se positionner comme sa rectification, il n’est pas moins surprenant qu’il en copie quelques habitudes. D’ailleurs, il en récupère quelques têtes.

Ce nouveau gouvernement renforce le nombre d’anciens ministres de Boni Yayi. A Adidjatou Mathys, Alassane Séidou, Sacca Lafia, viennent s’ajouter Modeste Kérékou et Gaston Dossouhoui. Ce dernier avait été limogé pour l’affaire des intrants périmés (endosulfants), qui a occasionné une attaque des plants de coton par des insectes parasites appelés hélico verpa.

Au total, cinq ministres du gouvernement Talon sont des anciens ministres de Boni Yayi. Soit environ le quart. Ceci témoigne bien de l’affinité entre les deux régimes qui semblent être complémentaires sur

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Remaniement du gouvernement au Bénin: Grosse claque pour la classe politique

Agité depuis plusieurs mois, le premier remaniement ministériel de Patrice Talon est enfin là. La classe politique qui espérait en tirer le gros lot après plusieurs mois d’agitation et d’opérations de charme envers le chef de l’Etat, a été simplement déçue. Talon a préféré compter sur amis et hommes de confiances que personnalités politiques influentes et proposées par les partis.

Cette fois-ci c’est l’humiliation. Après s’être bien passé des partis politiques pour son premier gouvernement, Patrice Talon a réussi une deuxième fois à les ridiculiser. Pour un remaniement annoncé dans les coulisses comme très politique, Talon a simplement donné la portion congrue aux politiques. A peine deux ou trois ont été recasés sur la flopée de partis et mouvements politiques qui, ces derniers temps, se sont rués vers la majorité présidentielle.

Le Prd peut se targuer d’avoir tiré son épingle du jeu avec un poste ministériel de seconde zone confié à Serge Ahissou, lui aussi peu connu au parti, même s’il est du Cercle d’étude des jeunes (Cej), une organisation horizontale du parti. Pour le reste, il ne s’agit que de supputations, de

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Bénin : Mystère sur le retour du projet de révision de la constitution au parlement

Après le rejet du projet de révision de la constitution il y a quelques mois par le parlement, nombre de personnes pensent que ce dossier est définitivement rangé au tiroir.

Erreur, certains députés de la minorité parlementaire, après l’ouverture solennelle de la deuxième session ordinaire de l’année 2017, se sont prononcés et se sont inquiétés du fait que le fameux projet de révision de la constitution refait surface au sein de l’ordre du jour de la présente session ordinaire.

Hier, dans le discours du président de l’Assemblée nationale, aucune mention n’a été faite alors que d’autres dossiers importants, une quinzaine, ont été énumérés. Cette situation a suscité de vives polémiques au palais des gouverneurs, puisque certains pensent que ce fameux projet revient en catimini sur la table des députés. Que cache en réalité la mention de ce point dans l’ordre du jour de cette seconde session ordinaire de l’année ? Dans tous les cas, certains députés de la minorité parlementaire approchés, affirment qu’ils sont aux aguets et que ce dossier ne pourra passer entre leurs mains.

Mais certains acteurs parlementaires proches du pouvoir, pensent qu’à la fin d’une session ordinaire, le « reliquat » des points inscrits à l’ordre du jour est automatiquement reversé dans les points de l’ordre du jour de la session suivante, et ceci tant que le Gouvernement auteur du Projet de loi ou

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Coup d’Etat du 26 octobre 1972: voici comment feu Mathieu Kérékou a pris le pouvoir

Le 26 octobre 1972, une nouvelle page de l’histoire politique du Bénin a été ouverte par des officiers de l’armée, qui ont chassé du pouvoir feu Justin Ahomadégbé. 45 ans après, beaucoup de témoins de l’histoire se rappellent encore de cette date.

Si pour de nombreuses personnes jusqu’à ce jour, c’est Mathieu Kérékou, alors chef de bataillon qui a conduit ce coup de force, les récits de l’histoire nous révèlent qu’il n’en était pas un acteur au premier plan. Du moins, il n’était pas le chef d’orchestre de cette opération.

Le Bénin est aujourd’hui considéré dans la sous-région comme un model de démocratie et de paix, surtout après l’historique conférence des forces vives de février 1990. Mais avant d’en arriver là, d’énormes sacrifices ont été consentis et l’histoire du pays a été très agitée. Le souvenir d’un fait marquant de cette histoire politique du Dahomey est d’ailleurs toujours vivace dans les mémoires. Il s’agit du 26 octobre 1972. Pour certaines personnes rencontrées dans Cotonou, l’officier Mathieu Kérékou, chef de bataillon à l’époque, est le chef d’orchestre de ce putsch. D’autres  proches d’un témoin de l’histoire, attestent que le putsch de 72 a été conduit de main de maître par le capitaine Janvier Assogba.

Après son accession à la souveraineté internationale le 1er août 1960, le Dahomey a connu des moments de graves crises socio-politiques, avec des coups d’Etat fréquents et une instabilité observée nulle part ailleurs. Et le monstre à trois (03) têtes va davantage enfoncer le pays dans la crise.

En effet, pour gérer cette crise, les trois (03) leaders politiques du Dahomey de l’époque à savoir Hubert K. Maga (du nord), Justin Ahomadégbé (du centre) et Sourou Migan Apithy (du sud), tous en exil, ont été rappelés pour siéger tour à tour à la tête du pays. Chacun d’eux devra faire un mandat de deux (02) ans à la tête du Dahomey. Hubert Maga a été le premier, du 07 mai 1970 au 07 mai 1972. Son bilan n’a été pas reluisant et les officiers avaient trouvé que la succession à tour de rôle n’était pas la meilleure option.

Lire Alphonse Alley : La descente aux enfers du héros solitaire

Au tour de Justin Ahomadégbé en mai 72, l’autorité de l’Etat était bafouée, les jeunes officiers n’avaient plus confiance en leurs ainés, et le pays s’est enlisé encore plus. C’est alors que conscients du danger qui guettait le Dahomey à cette époque, certains officiers de l’armée ont décidé de prendre le contrôle de la situation.

Janvier Assogba, véritable auteur du putsch !

Le commandant Mathieu Kérékou alors chef d’Etat-Major, ayant constaté que le pays va à la dérive, a décidé de se concerter avec de jeunes officiers de l’armée, fraichement sortis des écoles militaires occidentales. Au camp militaire de Ouidah, considéré comme le plus grand en ce moment parce que l’armement s’y trouvait, Kérékou rencontrera des officiers à qui il a demandé de chasser Ahomadégbé du pouvoir, puisqu’il ne comptait plus sur les anciens de la classe politique pour mener cette opération. Il a eu des entretiens avec Alphonse Alley, Michel Aïkpé, Janvier Assogba et autres. Mais la seule question qui taraudait les esprits, c’est qui peut faire l’affaire si on parvient à renverser Ahomadégbé ? Mathieu Kérékou propose le colonel Alphonse Alley, mais cette proposition est repoussée par

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Bénin : Des faucons du régime proposent de "mettre la démocratie entre parenthèses"

Les propos sont d’un député proche du pouvoir, membre du Bloc de la Majorité parlementaire. Ce parlementaire devenu grand défenseur du pouvoir, professe que : « La démocratie n’est pas le système politique qui permettra de conduire le Bénin à la prospérité ».

C’était au cours d’une rencontre d’échanges sur des sujets politiques, qui a lieu le 5 octobre 2017 à Cotonou. Ces propos dudit député qui apparaissent comme une interpellation du pouvoir à un instaurer la dictature, sont à considérer comme la mise à nue du système politique en expérimentation actuellement au Bénin.

Le régime dictatorial est-il de retour au Bénin ? Difficile d’y répondre de façon péremptoire. Toujours est-il que certains partisans de la rupture évoquent déjà en public l’instauration de la dictature, comme système politique pouvant conduire le Bénin au développement. C’est le cas d’un député du bloc de la majorité parlementaire qui présente la démocratie comme étant un système politique anti-développement. Il reproche au système démocratique d’être une porte ouverte à l’anarchie, dans laquelle chacun agit selon son bon vouloir. La démocratie est aussi accusée d’être le système politique qui accorde trop de libertés aux citoyens. D’où la vague de contestations observée ça et là. Il en est de même pour la liberté d’expression qui donne lieu à des dénonciations.

Le rejet de la démocratie

Ce député trouve que la démocratie, trop libertaire, ne peut pas garantir le développement du pays. Puisque ce système politique soumet l’action politique ou du dirigeant à plusieurs exigences, comme : l’aval du parlement, la concertation avec les organisations de la société civile, Osc ou des acteurs d’un secteur donné dans le cadre du dialogue social. Ces exigences font que les projets du dirigeant dépendent de l’appréciation du parlement et des concertations avec des Osc. Tout ceci constituerait pour le pouvoir en place, un véritable frein, voire un goulot d’étranglement à la réalisation de son projet de société. C’est pour cela que le député postule tacitement l’adoption par le gouvernement actuel d’un régime fort.

La prescription d’un régime fort

Parce que ce système politique qui soumet tous les sujets à la volonté du dirigeant, harmonise les formes de pensées et encadre les points de vue des citoyens, a l’avantage de lever les barrières dans l’application des décisions du dirigeant. Le pouvoir en place s’est rapproché du Rwanda qui a connu une performance économique extraordinaire, pour un pays qui sort d’un incroyable génocide.

Certains attribuent cette transformation infrastructurelle et économique du pays, au succès du régime dictatorial que le président Paul Kagamé a su maintenir depuis son accession au pouvoir, au lendemain du mémorable génocide de 1994. D’autres thuriféraires du pouvoir citent aussi en exemple la transformation économique du Ghana voisin, qui s’est opérée sous le régime militaire et dictatorial du capitaine Jerry Rawlings. Dès lors, le régime dictatorial est cité en modèle comme pouvant servir de recette à tout pays pauvre qui veut connaitre une embellie économique.

Et çà, le pouvoir actuel semble l’avoir compris et mis en application. Cela s’observe à travers le silence et l’indifférence du chef de l’Etat aux récriminations des populations. Le musellement de

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Nouvelle inculpation de Sébastien Ajavon : La résurrection d’une vieille affaire classée

Sébastien Ajavon est une fois encore au devant de l’actualité. Depuis vendredi passé, la presse locale et internationale relaie son inculpation par une décision du tribunal de première instance de Cotonou, pour « faux et usage de faux en écriture publique », dans une veille affaire de remboursement de Tva qui remonte à 2009, et pour laquelle la Cour suprême avait déjà rendu une décision qui condamnait le gouvernement.

Une nouvelle affaire secoue le magnat béninois de l’agro-alimentaire. Selon une information très vite distillée dans la presse, Sébastien Ajavon a été inculpé par le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, pour « faux en écriture publique, complicité de faux en écriture publique, usage de faux, escroquerie », dans un vieux contentieux de 2009, pour remboursement de Tva. Affaire qui selon plusieurs sources a été vidée au tribunal en février 2013. « C’est une affaire classée », s’offusque Paul Kato Atita, avocat du gouvernement à l’époque dans ce dossier. Comme lui, beaucoup ont été surpris de voir le tribunal de Cotonou revenir sur une affaire qui a été sanctionnée par la Cour suprême en plus.

Classée puis ressuscitée

De quoi s’agit-il ? Courant 2009, après un contentieux avec la Direction générale des impôts, Sébastien Ajavon porte plainte contre le gouvernement pour le remboursement de 13 milliards de Tva sur les produits congelés exportés vers le Nigeria. Après un long processus judiciaire, le gouvernement est condamné par la Cour suprême à verser les 13 milliards à Comon Sa pour remboursement de la Tva.

Le gouvernement Yayi, après quelques mois de tergiversation, s’est entendu avec le Conseil d’administration de la société pour rembourser les 13 milliards par acompte. L’ex-président Yayi avait payé deux acomptes. A l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, trois acomptes ont été payés.

Et c’est lorsque le 4e tardait à venir que la société a écrit au gouvernement pour le réclamer. En réponse, le gouvernement envoie une commission de contrôle fiscale auprès de la société. Celle-ci, après des mois de vérification, finit par proposer un redressement fiscal de 167 milliards.

Mais comme si ceci ne suffit, le 31 mai passé, le Dg des impôts Nicolas Yènoussi et l’agent judiciaire du trésor Eric Acclombèssi, portent plainte contre Sébastien Ajavon, Pdg de Comon Sa, Hyppoliye Djègou, ancien Dg Douanes, et Moufatoaou Lalèyè, ambassadeur du Bénin au Nigéria au moment des faits. Selon les plaignants, Sébastien Ajavon -avec la complicité des deux autres-, aurait présenté

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Affaire Soleil FM au Bénin : La HAAC dévoile son vrai visage

(La Haac des sanctions et non de la protection des médias) Voici déjà deux semaines au moins que la fréquence de la radio Soleil Fm est régulièrement brouillée lors de la diffusion des émissions de grande audience.

La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), a été saisie par les responsables de cette chaîne de radio dès les premiers jours. Jusqu’à ce jour pourtant, l’institution de régulation est restée de marbre face à la requête de Soleil Fm, démontrant ainsi son détachement des problèmes des médias.

L’attitude de la Haac par rapport à la perturbation ciblée de la fréquence de la radio Soleil Fm, devrait faire réfléchir tous les patrons de médias du pays. Saisie depuis le début de cette situation, l’institution chargée de la régulation des médias n’a pas posé le moindre acte jusqu’à ce jour, pour manifester sa préoccupation face à ce problème. Soleil Fm est pourtant une chaîne de radio qui a signé un contrat de location de fréquence avec la Haac. Drôle d’attitude de ce bailleur de fréquences à qui le locataire a expliqué ses soucis, mais qui n’a manifesté aucun intérêt jusqu’ici. Une indifférence qui inquiète et qui éveille des soupçons, car le locataire de la fréquence devrait jouir de son utilisation en toute quiétude, et pouvoir compter sur l’autorité en cas de problème.

Réaction à la tête du client

Tel n’est pourtant pas le cas avec Soleil Fm qui a pourtant déboursé une importante somme d’argent pour l’obtention de ladite fréquence… Un tour dans l’histoire nous permet de rappeler que la Haac avait été saisie autrefois par l’Ortb qui signalait l’utilisation d’une de ses fréquences par la chaîne de télévision LC2. Après analyse et étude de la requête, cette Haac avait sommé la chaîne LC2 de cesser d’émettre à partir de cette fréquence qui était destinée à la chaine publique. Après avoir maugréé un moment, LC2 a fini par obtempérer. Ce rappel de

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Bénin : Le silence de Théodore Holo qui met la démocratie en danger

Près d’un mois déjà que la Cour constitutionnelle a reçu deux recours en inconstitutionnalité pour non désignation des membres du Cos-Lépi. Depuis, silence radio. La Cour n’a pas pipé mot. Ce silence suspect à la limite, empêche l’actualisation de la Lépi reconnue comme la seule liste électorale valable au Bénin, et laisse le champ libre au gouvernement et à Safran de réaliser un autre recensement, pour demain chercher à « saboter » la Lépi.

La Cour constitutionnelle du Professeur Théodore Holo est-elle en vacances ? Depuis plusieurs semaines, elle est restée muette sur tout ce qui se passe dans le pays. Muette dans la fréquence de la production des recours, mais depuis un certain temps, muette surtout sur deux recours formulés par deux béninois surpris par le drame qui se joue actuellement. En effet, le 14 septembre 2017, Polycarpe Agboton a formulé un recours en inconstitutionalité pour la non installation du Cos-Lépi. Douze jours après, soit le 26 septembre, Chabi Sika Abdel Kamar Ouassagari a également formulé un recours contre la non installation du Cos-Lépi. Dans son recours, il explique que la non désignation des membres du Cos-Lépi par l’Assemblée nationale empêche la mise en place du Cos-Lépi, organe reconnu par le code électoral pour actualiser la Lépi, la seule liste reconnue par la loi pour aller à une électorale. Faisant recours à la même loi électorale, il affirme que « Selon la loi, le Cos-Lépi doit être installé au plus tard le 1er juillet, et doit finir sa mission au plus tard le 31 janvier de l’année suivante. ». Mais force est de constater que cette structure n’a pas été installée, bloquant du coup l’actualisation de la Lépi.

Or, on  se rappelle bien que la Cour constitutionnelle sous le mandat de Robert Dossou avait affirmé que sans la Lépi, il n’y a pas d’élections au Bénin. Il est donc surprenant de voir

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Djogbénou, Koupaki, Bio Tchané : Trois ambitions présidentielles brisées

Lorsqu’ils entraient au gouvernement en avril 2016, chacun d’eux avait, dans son coin de tête, son petit rêve de devenir en 2021 le dauphin du président Patrice Talon. Et ceci de bon droit. Mais aujourd’hui, ils doivent jouer d’autres cartes et revoir leur ambition à la baisse. Le chef de l’Etat n’excluant plus la possibilité de briguer un second mandat, et il faudra aussi pour eux, assumer le bilan d’un quinquennat déjà décrié.

A plus de trois ans de la présidentielle de 2021, il serait trop risqué et hasardeux d’analyser les forces et les faiblesses des candidats en présence. Aucune candidature sérieuse n’est annoncée et ne pourra l’être de si tôt. Mais il y a trois personnalités qui risquent de mettre entre parenthèses leurs ambitions. Il s’agit de Joseph Djogbénou, Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané.

Quadragénaire,  Joseph Djogbénou devrait être le dauphin naturel du président Patrice Talon. En plus du fait qu’il fut l’avocat personnel de Patrice Talon, Joseph Djogbénou a sacrifié son ambition de 2016. En effet, il avait été désigné en 2015 comme le candidat de son parti l’Alternative citoyenne à cette élection. Mais il s’est montré très altruiste en portant son choix sur Patrice Talon encore en exil. C’est ainsi que Patrice Talon est devenu le candidat du parti Alternative Citoyenne. Pour avoir consenti autant de sacrifices et de don de soi, il n’attend autre récompense que celle du choix d’être le dauphin.

Pascal Irenée Koupaki était lui, candidat à la dernière élection présidentielle, et s’en est sorti avec un rang très satisfaisant de 4e. Il a rejoint Patrice Talon au second tour après la signature d’un accord. Pascal Irénée Koupaki est aujourd’hui ministre d’Etat.

Idem pour Abdoulaye Bio Tchané. L’ex-ancien  argentier national aux deux portefeuilles est nommé ministre du plan et du développement, après la signature d’un accord pour le second tour.

Des concurrents en moins

Ces trois ministres n’ont jamais renoncé à leurs ambitions. Joseph Djogbénou attendait toujours

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PRD - Bénin : Adrien Houngbédji annonce son départ

Un baobab de la classe politique pourrait prendre sa retraite à la fin de cette année. Selon des sources internes au parti, Me Adrien Houngbédji s’apprête à quitter la tête du Prd au prochain congrès prévu pour la fin de cette année. L’intéressé l’a annoncé lui-même à quelques ténors du parti, et préparerait en douceur sa succession.

Une figure majeure de la classe politique béninoise de la génération post-conférence nationale, prendra sa retraite politique à la fin de cette année. Selon des sources concordantes internes au Prd, Me Adrien Houngbédji a annoncé à certains de ses proches son départ de la tête du parti à l’issue du prochain congrès du parti qui se prépare actuellement. Décision personnelle souffle-t-on au sein du parti. « Le président n’a consulté personne, il nous l’a juste annoncé », précise un baron du parti.

Si  cette nouvelle du retrait de Me Adrien Houngbédji n’est pas connue du grand public, elle n’est qu’un secret de polichinelle pour les barons et militants chevronnés du parti. Après avoir gardé de main de « maître » le parti depuis 27 ans, Me Adrien Houngbédji a décidé enfin de partir, certainement contrarié par le score peu honorant du parti dans ses fiefs traditionnels de l’Ouémé et du Plateau, lors de la dernière élection présidentielle, mais aussi débordé par le travail.

Il doit gérer en sa qualité de président une Assemblée nationale très politique et surtout très absorbante, mais aussi par la gestion des affaires courantes d’un grand parti.

Entre débats parlementaires, conclaves du bureau de l’Assemblée nationale, voyages, réunions politiques pour les chantiers du Prd, et enfin représentations de la fondation qui porte son nom, Me Adrien Houngbédji n’a plus assez de temps pour lui-même. C’est trop pour un homme de 75 ans.

Lors du dernier congrès du parti, il avait souhaité prendre sa retraite avant que des militants, majoritaires, ne le contraignent à rester un peu. Cette fois-ci, il semble décidé à partir, mais pourrait être contraint à rester au cas où les militants vont l’y obliger, n’ayant pas trouvé quelqu’un de « bien » pour le remplacer.

Succession enrhumée

Car les noms qui circulent pour la succession ne font toujours pas l’unanimité. On susurre à bon droit sur

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Crise au Togo : L’efficacité de Patrice Talon comme mandataire de l’Onu

Le chef de l’Etat béninois est mandaté au même titre que 4 de ses pairs de la sous-région pour mener la médiation dans la crise togolaise. Au regard de la mission qui leur est assignée par l’Onu, on peut s’interroger sur l’efficacité du président béninois à rapprocher pacifiquement les deux parties.

Le béninois Patrice Talon, le burkinabé Roch-Marc Christian Kaboré, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Nigérien Mahamadou Issoufou, sont respectivement les 5 présidents commis par l’Organisation des Nations unies pour assurer la médiation dans le cadre de la crise togolaise. Les chefs d’Etat ont pour mission de rencontrer les acteurs de la vie sociopolitique, à savoir le gouvernement, les leaders de l’opposition et du parti au pouvoir, ainsi que les responsables des organisations de la société civile et le corps diplomatique accrédité au Togo.

Des échanges avec ces différents acteurs, les chefs d’Etats désignés trouveront les explications aux causes de la crise afin d’envisager des solutions en vue du retour à la paix dans ce pays qui connait depuis quelques jours une insurrection populaire.

Talon, une mission complexe

Le choix du président béninois par le Secrétaire général de l’Onu est motivé par plusieurs raisons. D’abord, la proximité du Bénin avec le Togo et la culture démocratique du Bénin reconnue dans le monde entier, ont certainement milité en faveur de ce choix de Patrice Talon.

Il y a aussi que le Bénin est un pays hospitalier qui accueille depuis des années les réfugiés togolais. Il est évident que la situation du Togo concerne à plusieurs égards le Bénin qui normalement devrait tenter derechef une négociation avec toutes les parties pour le retour de la paix, sans attendre forcément l’implication de l’Onu.

Puisque la paix au Togo est à l’avantage du Bénin d’autant que des troubles entraînent la ruée des Togolais au Bénin. Il faut noter enfin les liens historiques et culturels qui lient ces deux pays. Mais la grande question est de savoir si le président béninois dispose des

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Réforme du système partisan : Lancer le débat public avant une étude au parlement

L’unanimité s’observe de plus en plus autour de la réforme du système partisan.  Adrien Houngbédji l’a évoqué lors de son discours d’investiture comme président de l’Assemblée nationale 7e législature en 2015.

A sa suite, Patrice Talon dans son programme de campagne lors de la présidentielle de 2016. Sur  cette question, le Pr Akindès Adékpédjou a fait quelques propositions pertinentes comme d’autres leaders et observateurs politiques. Toutes ces réflexions doivent être versées dans l’opinion pour susciter un grand débat public avant qu’un jour, le texte ne soit examiné au parlement.

« Je veux proclamer ici, l’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie de notre système partisan. Aboutir à un nombre très réduit de partis politiques au lieu des deux cents actuellement et les construire autour des projets de société. Instaurer en leur sein des règles efficaces d’alternance », c’est en ces termes que s’exprimait Me Adrien Houngbédji lors de son discours d’investiture comme président de l’Assemblée nationale le 15 juin 2015. Pour remédier à cette situation, le président de l’Assemblée nationale a fait quelques suggestions : « Assurer un financement public conséquent de leurs activités assorti d’un contrôle non moins public. Interdire la transhumance. Le tout pour permettre aux partis politiques d’être de vrais socles qui jouent efficacement leur rôle dans l’animation de la vie publique et dans la conquête du pouvoir d’Etat ».

Le faire, apparaît pour Adrien Houngbédji comme un impératif : « sans une réforme d’envergure, le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais ». Plus de deux ans après, soit le 7 octobre 2017 lors des universités d’été du Prd, Me Adrien Houngbédji fait les mêmes constats : « 30 ans après la Conférence nationale, aucun parti politique n’a encore réussi à faire élire l’un des siens à la tête de l’Etat (…), nos concitoyens et militants ont besoin de s’identifier à des formations politiques qui portent un projet de société dans lequel ils se reconnaissent ».

Pour l’actuel président de l’Assemblée nationale, se pencher sérieusement sur la réforme du système partisan est nécessaire pour la nation ; « réfléchir à l’avenir du système partisan béninois nécessite du recul pour envisager la classe politique telle que nous la souhaitons, ses valeurs et ses capacités à changer le quotidien des populations ».

Le candidat Patrice Talon dans son projet de société de la présidentielle de 2016, a aussi abordé la question de la réforme du système partisan. Il prévoyait comme Me Adrien Houngbédji le financement public des partis politiques. L’obtention de ce financement serait soumise à la

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Bénin : Ces dossiers opaques du gouvernement du nouveau départ

L’opacité sera décidément la caractéristique principale du gouvernement du nouveau départ. Sur bien de projets annoncés à grand renfort de publicité et qui ont essuyé une vive réaction des acteurs concernés, le gouvernement entretient un curieux silence. Nul ne sait s’il s’est rétracté ou s’il poursuit silencieusement les tractations.

L’annonce de la mise en concession du Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, avait suscité l’émoi et un sentiment de révolte de la part du personnel et des syndicats. Cette annonce fait partie de l’une des causes de la crise que connaît jusqu’à présent le secteur de la santé. Le gouvernement réagissant aux mouvements d’humeur organisés par les syndicats, a répondu par un silence troublant. Aucune démarche n’a été entreprise pendant des mois pour échanger avec ces syndicats. Les mouvements de grève se sont multipliés passant des mouvements de grève d’avertissement de 48h à ceux de 72h avec tacite reconduction, sans que cela n’émeuve le gouvernement. C’est à force de dénonciation de la presse et des centrales syndicales en appui aux syndicats du secteur de la santé que le ministre d’Etat Bio Tchané, a accepté de recevoir ces syndicats. Mais sans suite satisfaisante. A ce jour, nul ne sait ce qu’est devenu ce projet de mise en concession du Cnhu.

C’est également l’absence d’information au sujet de l’ambition du gouvernement de placer le Port Autonome de Cotonou sous la gestion d’un

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