Joe Biden accuse Trump de s'enrichir grâce à la fonction présidentielle

Sorti de son silence depuis plusieurs mois, Joe Biden est monté au créneau samedi 27 juin contre son successeur, attaquant frontalement Donald Trump sur ses intérêts financiers personnels et sa gestion du pouvoir lors du Maryland Democratic Party Gala.

Trump accusé d’exploiter la présidence à des fins personnelles

Devant un parterre de démocrates, l’ancien président a dénoncé une corruption « flagrante et éhontée », qu’il a qualifiée d’ampleur « jamais vue dans l’histoire américaine ». Biden a affirmé que Trump aurait engrangé des milliards de dollars depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, estimant que « gagner de l’argent grâce à la présidence est l’une des raisons pour lesquelles il veut être président ». Une accusation formulée sans détour : « Il n’a aucune honte et, franchement, c’est embarrassant pour le pays. »

Pour montrer ce qu’il perçoit comme du narcissisme doublé d’intérêts privés, Biden a cité plusieurs chantiers controversés engagés par l’administration républicaine : la démolition partielle de l’aile Est de la Maison-Blanche pour y aménager une salle de bal, l’apposition du nom de Trump sur le Kennedy Center, la construction d’une arche décorative en son honneur, ou encore le recrutement d’un pisciniste personnel pour l’entretien du bassin réfléchissant du National Mall. « Quel perdant », a-t-il lâché, un qualificatif peu usuel dans le registre présidentiel.

L’accusation d’enrichissement personnel n’est pas nouvelle : plusieurs organisations de surveillance éthique, dont Citizens for Responsibility and Ethics in Washington (CREW), avaient déjà documenté, lors du premier mandat de Trump, des conflits d’intérêts liés à ses hôtels et propriétés. La Constitution américaine interdit explicitement, via la clause des émoluments étrangers, à tout président de percevoir des avantages de gouvernements étrangers sans l’accord du Congrès.

Le 6 janvier, ligne de fracture entre les deux camps

Ce retour de Biden sur la scène politique traduit une guerre des accusations qui n’a cessé de s’intensifier depuis le retour de Trump au pouvoir. Depuis janvier 2025, l’administration républicaine a ordonné une enquête sur l’entourage de Biden, soupçonné d’avoir dissimulé le déclin cognitif de l’ancien président. Trump a également relancé des investigations sur les résultats de l’élection de 2020, et Melania Trump a menacé Hunter Biden de poursuites à hauteur d’un milliard de dollars pour des déclarations jugées diffamatoires. Biden a répondu à chaque accusation, niant toute mise sous tutelle et défendant la légitimité de ses décisions présidentielles.

C’est pourtant le dossier du 6 janvier 2021 qui semble cristalliser la colère la plus vive de l’ancien président. Biden a dénoncé l’idée d’indemniser avec des fonds publics les participants à l’assaut du Capitole, estimant que ceux qui ont « agressé les policiers et tenté d’exécuter » le vice-président Mike Pence méritaient d’être « emprisonnés pendant très, très, très longtemps » — et non dédommagés. Trump a gracié la quasi-totalité des condamnés du 6 janvier dès son retour au pouvoir, le 20 janvier 2025.

Un appel à la mobilisation démocrate à l’approche du 250e anniversaire

À quelques jours du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, prévu le 4 juillet 2026, Biden a exhorté la base démocrate à ne pas céder au découragement. « Il est temps de se lever. Bon sang, levez-vous », a-t-il lancé, appelant à faire des États-Unis un pays « juste, égalitaire, honnête et décent ».

L’ancien président n’a pas annoncé de retour en politique active. Ses prises de position publiques restent sporadiques depuis qu’il a renoncé à sa candidature en juillet 2024. Le Parti démocrate prépare les élections de mi-mandat de novembre 2026, dans une situation de polarisation et de contestation de plusieurs politiques de l’administration Trump devant les tribunaux fédéraux.

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