Le président de la Fédération espagnole de football, Rafael Louzán, a affirmé que la finale de la Coupe du monde 2030 se jouerait en Espagne, sans attendre l’arbitrage de la FIFA. L’instance internationale n’a pourtant rendu aucune décision officielle sur le lieu de ce match, disputé entre Madrid et Casablanca.
Une offensive verbale répétée depuis janvier
Louzán a multiplié les sorties médiatiques ces derniers mois. Devant des journalistes, il avait d’abord affirmé que l’Espagne dirigerait cette Coupe du monde et que la finale s’y disputerait, profitant du contexte troublé de la dernière Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc. Lors du gala de l’Association de la presse sportive de Madrid fin janvier, il a réitéré sans détour que le match aurait lieu sur le sol espagnol, sans toutefois désigner de stade précis.
Le dirigeant espagnol a récemment laissé transparaître un certain agacement face aux doutes persistants sur l’issue du dossier. Il a évoqué une fuite d’informations survenue, selon lui, le jour même d’un match marocain, y voyant une tentative de relancer la candidature du Royaume pour le match décisif. Il a également réclamé l’implication du gouvernement espagnol et de la Liga dans le comité de candidature, jugeant leur mobilisation encore insuffisante face à la détermination affichée par Rabat.
Casablanca mise sur son futur stade géant
Face à cette pression, la Fédération royale marocaine de football, présidée par Fouzi Lekjaa, reste prudente. Lekjaa a récemment rappelé publiquement qu’aucune décision n’était encore actée, refusant d’entrer dans la polémique lancée par son homologue espagnol. Le Royaume mise sur un argument concret : le futur Grand Stade Hassan II, dont l’ouverture est prévue pour 2027 à Casablanca, avec une capacité annoncée de 115 000 places. L’enceinte se profile comme la plus grande structure moderne jamais construite pour le football, devançant en capacité le Santiago Bernabéu et le Camp Nou.
Le Mondial 2030 constituera la première édition de l’histoire coorganisée par des pays de deux continents différents. Le tournoi réunira l’Espagne, le Portugal et le Maroc pour la phase finale, tandis que trois matchs d’ouverture se disputeront en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, en hommage au centenaire de la première Coupe du monde disputée en 1930 en Uruguay, justement.
Un projet à vingt sites répartis entre trois pays
Le dispositif prévoit vingt sites au total, dont onze en Espagne et six au Maroc, le reste revenant au Portugal. Louzán a défendu une candidature unifiée, rappelant que le projet rassemble trois continents et six pays, tous engagés conjointement avec la FIFA. Il a par ailleurs affirmé que l’Espagne soutenait déjà cette candidature à hauteur de 55 %, un chiffre destiné à souligner le poids ibérique dans l’organisation globale du tournoi.
La ministre espagnole de l’Éducation, de la Formation professionnelle et des Sports, Milagros Tolón, s’est elle aussi exprimée devant le Sénat fin avril, assurant que le gouvernement travaillait activement pour que la finale se dispute en Espagne. Le sélectionneur national, Luis de la Fuente, avait tenu des propos similaires. Malgré cette mobilisation collective côté espagnol, la décision finale reste suspendue à l’arbitrage de la FIFA, qui n’a fixé aucune échéance connue pour trancher ce dossier devenu hautement politique.



