Nouveau code électoral au Bénin : le grand saut dans l’inconnu

Le nouveau code électoral a donc été promulgué. Vive le nouveau code ! Le vin est tiré. Il ne reste qu’à le boire. Jusqu’à la lire. A quoi s’attendre maintenant ? Il faut questionner l’histoire des lois votées au Bénin depuis l’avènement du régime de la Rupture pour le savoir. Des lois peuvent-être bien pensées mais, qui malheureusement pêchent dans leur mise en application.

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Projet de Constitution au Bénin : Malgré le démenti du Parlement, la polémique enfle

Le vendredi 22 décembre dernier, à l’issue d’une rencontre des présidents des institutions béninoises, le président de l’Assemblée nationale Louis Vlavonou, annonçait la nécessité d’une « refonte totale de tout le système » démocratique béninois. Malgré l’intervention du porte-parole de l’Assemblée nationale, Vitali Boton pour repréciser les propos du président Vlavonou, des informations persistantes continuent de circuler tendant à faire croire qu’il n’y a pas de « fumée sans feu ». Certaines sources pensent même connaître un peu plus l’ossature de cette nouvelle loi.

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Bénin: Que cache la médiation de Patrice Talon ?

Les protagonistes de la crise qui secouait la mosquée de Cadjèhoun ont fumé le calumet de la paix la semaine écoulée, sous l’égide du président de la République Patrice Talon. Sans rien enlever  au succès et au mérite de cette démarche, le chef de l’État devrait mieux s’employer  à exercer ses talents de réconciliateur et de pacificateur, là où l’attendent de nombreux Béninois.  

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Retour en politique: Boni Yayi attendu de pied ferme

Le 15 octobre dernier à Parakou, l’ancien président de la République béninoise Boni Yayi prenait les rênes de la plus grande formation politique de l’opposition Les Démocrates, indiquant clairement par la même occasion, ses intentions de jouer un rôle primordial dans l’avenir politique du pays en 2026. Mais, cette ambition ouvertement affichée, ne sera pas du tout une sinécure. Le camp presidentiel lui prépare de nombreuses surprises.

Le nouveau président du parti Les Démocrates et partant, chef de file de l’opposition béninoise Boni Yayi, n’aura pas un temps d’observation. Depuis qu’il est revenu dans l’arène politique à l’issue du congrès de Parakou des 14 et 15 octobre dernier, le camp présidentiel fournit les armes et lui réserve un accueil digne de son rang dans la bataille politique notamment pour les enjeux de 2026. L’homme lui-même avait lancé les couleurs dans son premier discours ce jour- là de la clôture des travaux de ce congrès. Il avait affirmé qu’il s’attèlera en premier ressort, à la libération des prisonniers politiques notamment l’ancien ministre Reckya Madougou, le constitutionaliste Joël Aivo et le retour des exilés politiques Valentin Djénontin, Komi Kountché et consorts.

A ce sujet, les députés du camp présidentiel l’attendent de pied ferme. Sachant qu’ils ont la majorité à l’Assemblée nationale pour voter une loi en faveur des intéressés, ceux-ci attendent de voir comment l’ancien président compte s’y prendre. Selon certaines indiscrétions, ce sera la première patate chaude du tout nouveau président du parti Les Démocrates. Ils ne comptent pas lui donner facilement leur quitus pour ce projet avant la fin du second quinquennat du président Patrice Talon déclarent-ils. Autrement dit, il y a des risques que ces prisonniers politiques ne recouvre pas la liberté et que les exilés politiques ne foule pas le sol de leur pays avant 2026.

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Le «come-back» politique de Boni Yayi: mauvaise nouvelle pour le président Talon

En se déclarant prêt à prendre la tête du plus grand parti de l’opposition béninoise, c’est un coup de projecteur, un retour fracassant que s’est offert l’ancien président de la République Boni Yayi. Une très mauvaise nouvelle pour l’actuel locataire de la Marina Patrice Talon. Il était jusque-là, une sorte de statue du Commandeur (grade honorifique) au sein du plus grand parti de l’opposition béninoise. Le voici revenu au devant de la scène politique avec fracas, levant l’étendard du parti qu’il a créé lui-même en toute discrétion, Les Démocrates.

L’ancien président de la République du Bénin, Boni Yayi que beaucoup de personnes du camp présidentiel, notamment le chef de l’État lui-même Patrice Talon souhaitent oublier, définitivement enfoui dans les tréfonds de l’histoire et ne plus jamais rencontrer dans l’arène politique béninoise, a fait son « come-back » à l’issue du congrès ordinaire de ce parti hier dimanche 15 octobre. En réalité, Boni Yayi a savamment préparé son « affaire » depuis fort longtemps et il est revenu dans un timing parfait. il mijotait son plan depuis belle lurette et le fait de placer le député Éric Houndété aux manettes du parti Les Démocrates lors de sa création, c’était bien pour embrouiller les pistes. En fait, l’envie de l’ancien président de la République de revenir en politique par la grande porte, ne s’est jamais estompée. Bien au contraire ! Il piaffait d’impatience. Les bains de foule dont il rafolle lui manquaient.

Et il ne lui a probablement pas échappé, qu’il jouit encore d’une large popularité au sein des populations que celles -ci lui rendaient bien lors de ses rares sorties. D’ailleurs, des Béninois l’appellaient Papa bonheur », pour lui témoigner leur affection du temps où il était au pouvoir et où l’argent facile circulait, les hommes politiques se mettant pleins les poches balançant de part et d’autre quelques billets à leurs militants et les couches les plus défavorisées bénéficiant de micro crédits. Et il a choisi son heure. Puis, il a « bondi » comme lui-même aime à le dire, pile au moment où le régime du président Patrice Talon est en plein dans la tourmente. A moins de trois ans de la fin de son second et dernier quinquennat constitutionnel, les temps sont en effet difficiles pour le locataire de la Marina.

Ses collaborateurs commencent déjà à prendre leurs distances, et les langues commencent à se délier pour critiquer ouvertement ce que quelques mois plus tôt, personne ne pouvait dénoncer. Bref, c’est…

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Bénin : Pourquoi le député "Saley" était à Niamey?

Le député du parti Union progressiste pour le Renouveau (UPR) Issa Salifou, généralement désigné par le sobriquet « Saley », a été reçu le dimanche 03 septembre dernier, par le Premier-ministre désigné par les militaires au pouvoir à Niamey Ali Mahamane Lamine Zeine. Depuis, la machine médiatique s’est emballée. Pourtant, les raisons de cette visite-éclair paraissent évidentes au regard de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les populations de la région, suite aux lourdes sanctions qui leurs sont imposées par la Cedeao. Dans la matinée du dimanche 03 septembre dernier, bien que l’espace aérien du Niger soit fermé et interdit à tout vol civil et militaire, un avion privé a atterri sur le tarmac de l’aéroport international Hamani Diori de Niamey.

A son bord, le député du parti Union Progressiste pour le Renouveau (UPR) Issa Salifou accompagné d’une forte délégation composée d’oulémas de la sous-région. Sous bonne escorte, ils ont été conduits auprès du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, nommé par la junte au pouvoir dirigée par le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie ( Cnsp) qui dirige le pays suite au coup d’État militaire intervenu le 26 juillet dernier. Objectif: tenter une médiation pour mettre fin au bras de fer qui oppose les autorités auto-proclamées de Niamey et les dirigeants de la Cedeao.

Mais surtout, les discussions ont essentiellement porté sur la levée du blocus économique et financier qui pèse sur les populations notamment la fermeture des frontières, la suspension des transactions financières, le gel des avoirs du pays à la Bceao et qui éprouvent durement les populations nigériennes en particulier et celles de la sous-région en général. Mais, cette visite n’est pas du goût de tout le monde. Elle est diversement appréciée chacun selon son entendement et son commentaire. En réalité, cette démarche de l’élu de la première circonscription électorale du Bénin s’inscrit en droite ligne de la position qu’il a adoptée depuis que la crise politique nigérienne a commencé.

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Visite du président Talon en Chine: des patates chaudes sur la table

Signe des bonnes relations d’amitié et de coopération bénino-chinoises, le président Patrice Talon séjourne en ce moment même, à Pékin. Au cours de cette visite de trois jours qui devrait s’accompagner d’un lot d’annonces et de signatures d’accords, les sujets qui fâchent  seront mis sur la table. Le programme de la visite de trois jours en Chine du président béninois Patrice Talon est particulièrement alléchant. Accueilli en grandes pompes par le vice-ministre des Affaires étrangères chinois Dieng Li hier jeudi 31 août 2023, le président Talon effectuera sa visite sur les chapeaux de roue.

Au programme, des rencontres bipartites, des échanges avec les hauts dignitaires de l’Empire du Milieu, ouverture de la cérémonie de la Foire internationale du commerce des services de la Chine, visites du siège du Fonds Chine-Afrique pour le développement et de plusieurs entreprises. Le clou de cette visite diplomatique sera la réception au Grand palais du peuple offerte par le président chinois Xi Jinping à son hôte béninois Patrice talon et la signature de plusieurs accords de coopération économique. Après cette partie protocolaire, commenceront les choses sérieuses loin des oreilles indiscrètes.

Et les dossiers embarrassants ne manquent pas. En commençant par celui de la seconde phase du pipeline Bénin-Niger. En effet, le coup d’Etat perpétré au Niger et la position tranchée du président Patrice Talon d’intervenir militairement à côté de certains pays de la Cedeao « en cas de besoin », vient rebattre les cartes en ce qui concerne la seconde phase de ce projet. Au départ, les autorités nigériennes et chinoises avaient envisagé de construire dans le cadre de ce projet pétrolier, un oléoduc reliant les gisements d’Agadem au Niger, avec celui du Tchad-Cameroun déjà existant et parfaitement fonctionnel. Ce tronçon est moins coûteux et plus rapide. Mais, les questions sécuritaires ont grandement fait pencher la balance vers le Bénin étant donné que les frontières avec notre pays sont relativement stables contrairement à la région du Lac Tchad, qui est en permanence menacée par les groupes djihadistes.

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Crise Niger - CEDEAO: Fin de l'ultimatum, et après ?

L’ultimatum donné par la Cedeao aux putschistes ayant pris le pouvoir, pour rétablir le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum vient d’expirer ce lundi 07 août. Les deux camps affûtent les armes. Les populations du Niger et de la sous région ne suivent pas le mouvement va-t-en-guerre. Et le monde entier retient son souffle. La sous région ouest africaine est sous haute tension. Le délai octroyé à l’homme fort du Niger, le président auto-proclamé du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp) Abdourahamane Tchiani pour libérer le président élu Mohamed Bazoum et lui permettre de reprendre les rênes du pouvoir a expiré il y a quelques heures.

Le Niger a depuis quelques heures fermé son espace aérien « face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins« . Chacun se demande si la menace des dirigeants de la Cedeao de recourir à la force après ce délai sera mise à exécution. Au stade actuel, personne ne peut savoir ce qui va se passer dans les prochains jours. On imagine que dans les coulisses, les tractations vont bon train avec les putschistes pour une sortie de crise. Entre les chefs d’État de la Cedeao aussi. Pendant ces dernières heures, le téléphone n’a certainement pas cessé de sonner dans toutes les chancelleries françaises et américaines également.

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Coup d’Etat au Niger: Que vaut l’ultimatum de la Cedeao ?

Réunis hier dimanche à Abuja en « sommet spécial », les dirigeants de la Cedeao tentent de mettre la pression sur la junte militaire qui a pris le pouvoir au Niger. Ils envisagent recourir à la force si dans un délai d’une semaine, le président nigérien déchu Mohammed Bazoum n’est pas rétabli dans ses prérogatives. Faisant ainsi courir pour ce pays et toute la sous-région, un bain de sang inutile et une transposition sur la terre africaine, la confrontation entre le bloc occidental et celui de la Russie. Outre la menace du défunt et ancien président de la Commission de la CEDEAO, le Béninois Marcel de Souza en décembre 2016, de faire usage de la force  en Gambie, si l’ancien président de ce pays Yaya Jammeh ne quittait pas le pouvoir, c’est la première fois que les dirigeants de l’organisation sous régionale de l’Afrique de l’ouest menacent ouvertement et directement un de ses membres d’une confrontation militaire.

En effet, le sommet extraordinaire de la Cedeao qui s’est tenu hier dimanche 30 juillet s’est achevé par un ultimatum d’une semaine donnée à la junte militaire pour réinvestir dans ses fonctions, le président démocratiquement élu il y a deux ans maintenant Mohammed Bazoum et déposé il y quelques jours. Dans son communiqué final, la Cedeao indique, en dehors des sanctions économiques et financières prises contre le pays et l’exigence d’une « libération immédiate et sans condition du président Mohammed Bazoum, que « toutes les options sont envisagées », y compris une intervention militaire, si celui-ci n’est pas rétabli dans ses fonctions passé ce délai. Quant à la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tchiani, elle n’a pas attendu la fin de ce sommet extraordinaire pour réagir. Dans un communiqué publié la veille, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp) a mis en garde contre toute tentative d’intervention militaire. Selon la junte au pouvoir, l’objectif de la rencontre d’Abuja est de « valider un plan d’agression contre le  Niger à travers une intervention militaire imminente en collaboration avec les pays africains non membres de l’organisation ainsi que des pays occidentaux ». Et le porte-parole de la junte d’ajouter avec fermeté : « nous rappelons une fois de plus à la Cedeao ou tout autre aventurier, notre ferme détermination à défendre notre patrie ». Comme on peut donc le constater, le ton monte dans les deux camps. D’un côté, une armée régulière nigérienne aguerrie par plusieurs années de lutte contre le terrorisme et de l’autre, une armée de la Cedeao qui n’existe pas. Ou plutôt, elle n’existe que de nom.

Ecomog en lambeau et pas d’alternative

C’est en 1990, au moment de la guerre civile au Liberia, qu’est créée l’Ecomog en Français, Brigade de surveillance du cessez-le-feu de la Cedeao, la force armée de la Cedeao. Une force qui avait pour objectifs de superviser le cessez-le-feu, le maintien de la paix à l’instar des Casques bleus des Nations-Unies, le déploiement préventif dans des zones de conflits ou encore le désarmement des forces armées non régulières.

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Justice au Bénin: la CRIET et les doutes sur son indépendance

Dans un entretien accordé à un média de la place, le Procureur de la Criet Mario Mètonou a battu en brèche, les récriminations de ses concitoyens selon lesquelles « sa » juridiction est un instrument de répression. Pour donner le change, il soutient mordicus que la Criet est « totalement indépendante ». Une déclaration qui est à l’opposée de celle de l’ex-juge de la Criet Essowé Batamoussi.

Que dirons les « détenus politiques » notamment l’ancienne ministre Réckya Madougou, le Professeur Joël Aïvo, les exilés Sébastien Ajavon, Komi Kounché et consorts, si ils ont suivi avec attention, les mêmes déclarations du « Procureur très spécial », Super Mario, comme aiment l’appeler ses compatriotes ? Ceux-ci ne seront certainement pas surpris. Ils ont déjà été « victimes » de « l’indépendance » et de la rigueur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. 

Condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement pour des faits qu’ils n’ont jamais reconnus, certains de leurs avocats ont dû abandonner leurs clients en plein procès pour dénoncer ce qu’ils ont appelé « une parodie de justice ». C’est pour cela que les déclarations du Procureur Mètonou doivent interpeller tout Béninois. En effet, lors de cet entretien à Bip Radio il déclarait : « il n’y a pas eu depuis que je suis là, une seule procédure, une seule poursuite que j’ai voulu engager et j’ai été retenu par un bras politique. Il n’y en a pas une seule ». Et le Procureur spécial d’ajouter que sa juridiction est « totalement indépendante ».

Sauf que ces déclarations sont en totale contradiction avec celles de l’ancien juge à la Criet et actuellement réfugié en France, Essowé Batamoussi. Dans un entretien diffusé par Rfi en avril 2021, il a justifié sa fuite du pays par le fait qu’il ne pouvait pas exercer sa tâche de manière indépendante en raison des pressions politiques. « Toutes les décisions que nous avons été amené à prendre l’ont été sous la pression, y compris celle qui a vu le placement de madame Réckya Madougou en détention (….) Dans ce dossier, nous avons été sollicité par la Chancellerie car, le dossier ne comportait aucun élément  qui pouvait nous décider à la mettre en détention», avait-il déclaré.

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