Iran - USA : nouvelle trêve dans le détroit d’Ormuz, négociations à Doha mardi

Cinq jours après la signature d’un mémorandum censé clore près de quatre mois de guerre, Washington et Téhéran se retrouvent à négocier l’arrêt de frappes qu’ils viennent eux-mêmes de s’échanger. Les deux pays ont accepté de cesser leurs attaques réciproques dans le détroit d’Ormuz et tiendront une nouvelle session de discussions mardi à Doha, rapporte Axios, citant un haut responsable américain resté anonyme.

L’annonce intervient au terme d’un week-end de fortes turbulences. Samedi, le Commandement central américain (CENTCOM) a frappé une dizaine de sites militaires iraniens près du détroit, en réponse à une attaque par drone contre le pétrolier panaméen Kiku, affrété pour le compte de la compagnie énergétique publique du Qatar. Dimanche, les Gardiens de la révolution ont riposté en visant la base aérienne américaine d’Ali Al Salem au Koweït et le siège de la Cinquième flotte américaine à Port Salman, au Bahreïn.

Un accord de Doha mis à mal en quelques jours

Le mémorandum d’entente signé le 17 juin par Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian, en marge du sommet du G7 à Évian, prévoyait pourtant la réouverture du détroit et la levée du blocus naval américain imposé en avril. CENTCOM a annoncé le 18 juin la levée effective de ce blocus.

Les échanges de tirs de ce week-end ont fragilisé cet édifice diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti depuis Bagdad que toute tentative d’imposer des arrangements de transit distincts de ceux fixés par Téhéran « ne fera qu’aggraver la situation et retarder la réouverture du détroit ». Téhéran revendique un contrôle exclusif sur la voie maritime pendant encore trente jours, une position rejetée par Washington et les pays du Golfe.

Les Gardiens de la révolution ont de leur côté menacé d’un « arrêt complet de tous les processus diplomatiques » en cas de nouvelles frappes américaines. Le Bahreïn, le Koweït, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie et Oman ont tous condamné les attaques iraniennes contre les installations américaines sur leur sol, certains les qualifiant de violation de leur souveraineté.

Des négociations déplacées et un objet redéfini

La rencontre de mardi devait initialement se tenir en Suisse et porter sur les modalités générales d’application du mémorandum. L’escalade du week-end en a changé la destination — désormais le Qatar, médiateur clé entre les deux capitales — et l’ordre du jour, désormais centré exclusivement sur la question du détroit d’Ormuz.

Le vice-président américain JD Vance a rappelé sur le réseau X qu’« l’Iran a signé un accord de cessez-le-feu », sous-entendant que les frappes iraniennes en constituaient une violation. Du côté du Congrès, l’élu démocrate Ro Khanna a dénoncé les frappes américaines comme une violation de la résolution sur les pouvoirs de guerre votée cette semaine, menaçant de saisir la justice si l’exécutif ne mettait pas fin à son engagement militaire.

Les discussions de Doha porteront sur les points encore en suspens du dossier maritime : modalités de passage des navires, levée complète du blocus et sort des stocks d’uranium enrichi détenus par l’Iran, selon les médias américains ayant suivi le dossier depuis le début des négociations.

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