Un fossé se creuse entre le discours du vestiaire portugais et la réalité du terrain. Alors que Rúben Dias balaie toute inquiétude autour de Cristiano Ronaldo, les chiffres accumulés par l’attaquant lors des trois matches de groupe du Portugal à la Coupe du Monide 2026 racontent une histoire bien différente, à quelques jours du 8e de finale face à la Croatie.
Le défenseur de Manchester City a pris la parole pour calmer la polémique grandissante autour de son capitaine. Interrogé sur les critiques visant Ronaldo, Dias a tranché : « Ce n’est pas un problème pour nous. C’est insignifiant — juste un peu d’agitation et de bruit. » Il a insisté sur le fait que l’attention médiatique ne se limite pas à un seul joueur, rappelant que l’ensemble du groupe reste exposé aux critiques dès que les résultats se font attendre.
Roberto Martínez, le sélectionneur portugais, a tenu une ligne similaire après le match nul 0-0 face à la Colombie, samedi à Miami. Il a assuré que jouer l’intégralité des rencontres ne posait aucune difficulté pour son capitaine, tout en évoquant la possibilité d’un changement lors du prochain match. Le technicien espagnol a également balayé toute comparaison avec la gestion du temps de jeu de Lionel Messi ou d’Erling Haaland, jugée par lui hors de propos.
Des chiffres qui interpellent
Les statistiques accumulées par Ronaldo contrastent avec cette sérénité affichée. L’attaquant de 41 ans a disputé l’intégralité des 270 minutes de la phase de groupes du Portugal, contre des temps de jeu nettement réduits pour Messi et Haaland, tous deux préservés par leurs sélectionneurs lors de la dernière journée. Contre la République Démocratique du Congo, premier match du tournoi, il n’avait touché le ballon que 25 fois, son total le plus faible parmi les titulaires portugais ce jour-là, avec 17 de ses 22 passes tentées orientées vers l’arrière.
Face à la Colombie, sa performance a de nouveau interrogé les observateurs. Son apport offensif s’est résumé à un indicateur de buts attendus (xG) de 0,17 et de passes décisives attendues (xA) de 0,03, des valeurs jugées révélatrices de la stérilité de sa présence sur le terrain lors de cette rencontre. Durant la dernière demi-heure du match, disputée dans une chaleur extrême à Miami, son influence sur le jeu serait quasiment retombée à néant selon plusieurs analyses statistiques post-match.
Un débat relancé depuis l’ouverture du tournoi
La controverse ne date pas du match contre la Colombie. Dès la première rencontre face à la RD Congo, l’ancien international français Thierry Henry avait critiqué une tentative individuelle de Ronaldo alors que Bruno Fernandes se trouvait dans une position plus favorable. Son ancien coéquipier à Manchester United, Paul Scholes, s’était montré encore plus tranchant, estimant qu’un joueur de 41 ans ne devrait plus prétendre à un poste de titulaire sur le terrain.
Ce débat rappelle celui qui avait agité le Portugal lors du Mondial 2022 au Qatar, lorsque le sélectionneur d’alors, Fernando Santos, avait fini par écarter Ronaldo du onze de départ après la phase de groupes. Martínez, pour l’instant, maintient sa confiance en son capitaine malgré une pression médiatique croissante.
Le Portugal affrontera la Croatie jeudi à Toronto en 8e de finale, une rencontre qui déterminera si la gestion du temps de jeu de Ronaldo aura pesé sur les ambitions de la sélection lusitanienne dans ce tournoi.



