C’est un fait divers qui revient avec une régularité glaçante dans nos colonnes : un adolescent qui avale du poison après une réprimande, une jeune fille qui se jette dans un puits suite à une mauvaise note ou une dispute familiale. Au Bénin, face à ces tragédies, le réflexe collectif est souvent le même : on invoque le « mauvais sort », la « main invisible » d’un sorcier ou un mystère insondable. Pourtant, derrière le voile du mysticisme se cache une réalité sociologique bien plus concrète et dévastatrice : l’absence quasi totale de dialogue véritable entre parents et enfants.
Opinion
Liberté d’expression à l’ère numérique: Les limites à ne pas franchir
À l’heure où le smartphone est devenu le prolongement naturel de la main, la parole n’a jamais été aussi libre. Mais cette liberté nouvelle, amplifiée par les réseaux sociaux, se heurte de plus en plus violemment à une réalité juridique stricte. Au Bénin comme ailleurs, l’illusion d’anonymat derrière un écran s’efface devant la portée incontrôlable des contenus et la rigueur des cadres législatifs. Il suffit d’un clic, d’un pouce levé ou d’un commentaire acerbe pour basculer du débat d’idées à l’infraction pénale. Dans le confort de son salon, protégé par une vitre tactile, l’internaute oublie souvent qu’il n’est plus dans une conversation privée, mais sur une place publique planétaire.
Présidentielle 2026 au Bénin : la mobilisation des électeurs, l'autre bataille des candidats
À l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2026, l’attention se porte sur les candidats et les alliances en construction. Mais au-delà des dynamiques partisanes, un autre facteur pourrait peser de manière déterminante dans l’issue du scrutin : la mobilisation des électeurs. Dans un environnement marqué par des niveaux de participation en baisse lors des dernières consultations, la capacité à inciter les citoyens à se rendre aux urnes apparaît comme un enjeu central pour les acteurs politiques. Au cours des dernières années, plusieurs scrutins organisés au Bénin ont suscité des débats sur le niveau de participation électorale. Les dernières élections législatives communales, en particulier, ont été marquées par des taux de mobilisation qui ont alimenté les analyses sur l’engagement citoyen. Ces tendances invitent à s’interroger sur les facteurs susceptibles d’influencer la participation. Si les élections présidentielles mobilisent généralement davantage, la dynamique observée lors des consultations intermédiaires constitue un indicateur que les acteurs politiques ne peuvent ignorer à l’approche de 2026.
Bénin : après le départ de Luc Atrokpo pour le Parlement, la bataille pour le contrôle de l’Ancb ouverte
Le départ de Luc Atrokpo pour le Parlement, à la faveur de son élection à l’Assemblée nationale, rebat les cartes au sein de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). À peine les nouveaux maires installés dans leurs fonctions, ils doivent s’armer pour le contrôle de cette faîtière stratégique des collectivités locales. Depuis plusieurs années, l’Ancb joue un rôle central dans la coordination des communes, la défense de leurs intérêts auprès de l’État central et des partenaires techniques et financiers, ainsi que dans le renforcement des capacités des exécutifs locaux. Sous la présidence de Luc Atrokpo, également maire de Cotonou, l’organisation a consolidé sa visibilité institutionnelle et son influence dans les discussions relatives à la décentralisation.
Promotion des jeunes dans les mairies : La jeunesse béninoise face à ses responsabilités
Au Bénin, un vent nouveau semble souffler sur la gouvernance locale. À l’occasion de l’installation des exécutifs communaux de la cinquième mandature de la décentralisation, plusieurs jeunes figures ont été propulsées à la tête de mairies à travers le pays. Ce renouvellement générationnel, salué par certains comme un signal fort d’ouverture et de modernisation, place désormais la jeunesse béninoise face à ses responsabilités historiques. Depuis les dernières élections communales, l’on observe une percée notable de jeunes cadres dans les conseils communaux. Mieux, dans certaines localités, ces jeunes élus ont réussi à s’imposer comme maires ou adjoints au maire, marquant ainsi une rupture avec une tradition dominée par des figures plus expérimentées, parfois installées depuis plusieurs mandats. Ce changement intervient dans un contexte politique marqué par les réformes engagées sous le régime du président Patrice Talon, notamment en matière de gouvernance locale et de rationalisation de l’action publique. La décentralisation, amorcée depuis les années 2000, semble entrer dans une phase de consolidation où compétence, performance et redevabilité deviennent des exigences centrales.
Politique en Afrique : L’éthique, une illusion ou un rêve lointain ?
Le spectacle est devenu presque banal sur les écrans de télévision et les fils d’actualité du continent noir. En Afrique, la politique semble souvent être un théâtre d’ombres où les convictions se négocient au plus offrant et où l’éthique, cette boussole morale censée guider l’action publique, paraît reléguée au rang de mythe antique. Le mal le plus visible de cette érosion morale porte un nom bien connu : la transhumance politique. À l’image des troupeaux cherchant des pâturages plus verts selon les saisons, une partie de la classe politique africaine migre sans vergogne vers les cercles du pouvoir dès que le vent tourne. Ce phénomène n’est pas qu’une simple anecdote de carrière. Il révèle une absence structurelle d’idéologie. Dans de nombreuses démocraties du continent, les partis politiques ne se forment pas autour d’un projet de société ou d’une vision économique claire, mais autour d’une personnalité ou d’une appartenance ethnique. Résultat : lorsque le chef change de camp ou que le parti au pouvoir propose un ralliement, les militants et les cadres suivent, souvent pour garantir leur survie matérielle ou leur impunité. « La politique en Afrique est devenue un investissement à court terme, pas un engagement pour la cité », déplore un analyste politique basé à Nairobi. « On n’entre plus en politique pour servir, mais pour se servir et se protéger. »
Développement communautaire au Bénin: Et si on ressuscitait « l’Initiative de Dogbo » ?
Dans l’histoire du développement local au Bénin, certaines époques résonnent comme des promesses de souveraineté. Entre 2012 et 2013, une action salutaire avait émergé et propulser une approche nouvelle dans le développement communautaire. Il s’agit de « l’Initiative de Dogbo ». Treize ans plus tard, alors que le pays s’engage dans des réformes structurelles majeures, une question s’impose : ce modèle de solidarité agissante ne détient-il pas la clé d’un développement communautaire, durable et authentique ? « L’Initiative de Dogbo » n’était pas une simple stratégie administrative, mais une véritable philosophie de l’action publique. Elle n’était pas un programme mais , une approche réaliste et réalisable pour construire les infrastructures sociocommunautaires. Un responsable du développement rural (RDR) de l’époque, décrivait cette approche comme un « nouvel élan de solidarité ». L’idée était de consacrer un jour par semaine, soit 52 jours par an, au travail communautaire. Ce n’était plus l’État central qui « apportait » le développement comme un colis scellé, mais la communauté qui le bâtissait de ses propres mains, brique après brique. Son principe ? Impliquer directement les cadres, les fils et les filles d’une localité dans la construction d’infrastructures sociocommunautaires de base. De Dogbo à Savè et même ailleurs, l’objectif était ambitieux : ériger des modules de classes à partir de l’engagement et de l’investissement de la communauté. La stratégie consistait à mobiliser l’expertise et la main d’œuvre locale pour l’exécution des travaux comme contribution à l’action publique. En face, ceux qui ne sont pas qualifiés pour les travaux concernés et toute la communauté mobilise le matériel nécessaire à l’atteinte de l’objectif. La participation de l’Etat intervient dans la mise en place de personnels qualifiés pour la fonctionnalité des infrastructures réalisées.
Bénin : Le gouvernement de Talon bientôt remanié ?
Le paysage institutionnel béninois est en pleine ébullition. Alors que la 10e législature prend ses marques au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, la mise en place des organes de l’Assemblée nationale pourrait avoir des implications sur la configuration de l’exécutif. L’élection des présidents des commissions permanentes, étape structurante du fonctionnement parlementaire, pose notamment la question d’éventuels réaménagements gouvernementaux. L’événement déclencheur de cette probable mutation gouvernementale est sans conteste la promotion parlementaire de Mme Eléonore Yayi Ladékan. Figure de proue de l’enseignement supérieur sous le régime de la Rupture, celle qui tenait fermement les rênes du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS) vient d’être portée à la tête de l’une des prestigieuses commissions permanentes de l’Assemblée nationale, notamment la commission de l’Éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales. En vertu du principe d’incompatibilité entre les fonctions de membre du gouvernement et celles de député, qui plus est, exerçant une responsabilité majeure au sein du bureau ou des commissions, son départ du gouvernement apparaît probable. S’il devait se concrétiser, il poserait la question de la continuité des réformes engagées dans le secteur de l’enseignement supérieur. Qui pour lui succéder et maintenir le cap ? La question anime toutes les conversations dans les couloirs de l’administration.
Suicide dans le monde : Briser le silence face à une tragédie évitable
C’est un cri de détresse qui s’étouffe dans le silence, une douleur invisible qui finit par briser des vies. Selon les données les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le suicide représente aujourd’hui un décès sur centà l’échelle planétaire. Chaque année, près de 727 000 personnesmettent fin à leurs jours. Si ce fléau est mondial, il prend une résonance particulièrement inquiétante au Bénin, où les cas signalés ces dernières années révèlent une crise profonde de la santé mentale au sein d’une société en pleine mutation.
Pétrole russe : comment les USA ont fait plier l’Inde
La levée des droits de douane américains visant les produits indiens ne relève ni du hasard ni d’un simple ajustement technique. Elle sanctionne l’issue d’un bras de fer stratégique autour du pétrole russe, dans lequel Washington a fini par obtenir un engagement central de New Delhi : cesser l’achat, direct ou indirect, de pétrole russe. Dans ce dossier, les États-Unis n’ont pas infléchi leur position ; ils ont obtenu une concession majeure.
Désordre dans le culte Egungun au Bénin : Qu'attendent les dignitaires pour imposer la discipline ?
Le Bénin, terre de traditions et berceau du vodun, s’est engagé dans une course effrénée vers le rayonnement international. Entre la construction de musées monumentaux et la promotion de la « Destination Bénin », le pays veut offrir au monde la splendeur de son patrimoine immatériel. Pourtant, au milieu de cette fresque culturelle ambitieuse, l’organisation de certaines … Continuer la lecture
Nucléaire : après la fin du New START, à quoi s’attendre pour l’équilibre stratégique mondial ?
L’expiration du traité New START marque la fin d’un cadre juridique qui, pendant plus d’une décennie, a contribué à structurer la relation nucléaire entre les États-Unis et la Russie. Si l’événement n’a pas provoqué de rupture spectaculaire ni de crise immédiate, il n’en constitue pas moins un tournant significatif pour l’architecture de la sécurité internationale. La question centrale n’est donc pas de savoir si le monde est entré dans une phase de chaos nucléaire, mais plutôt de comprendre comment l’équilibre stratégique mondial pourrait évoluer dans un contexte désormais dépourvu de règles contraignantes entre les deux principales puissances nucléaires.
De la Syrie d'Obama à l'Iran de Trump : les "lignes rouges" américaines ne sont-elles que du bluff ?
En 2013, Barack Obama menaçait de frapper la Syrie si Bachar al-Assad utilisait des armes chimiques. Aujourd’hui, Donald Trump promet d’intervenir en Iran si le régime massacre les manifestants. Dans les deux cas, les menaces américaines se heurtent aux mêmes réalités géopolitiques. La répression iranienne a déjà fait des milliers de morts sans réponse militaire de Washington. Cette récurrence soulève une question fondamentale : la parole américaine sur la scène internationale conserve-t-elle encore sa crédibilité ?
Vision Bénin 2060 : Le défi d'une prospérité à l'épreuve du temps
Alors que le sablier de la Vision 2025 s’ est écoulé, le Bénin tourne officiellement une page de son histoire ce mardi 3 février 2026. Sous l’égide du président Patrice Talon, le pays lance sa nouvelle boussole stratégique : la Vision Bénin 2060 Alafia. Entre promesses de grandeur pour le centenaire de l’indépendance et le contexte politique national, ce nouveau cap interroge autant qu’il ambitionne. Il y a deux décennies, le Bénin se rêvait en « pays phare, bien gouverné et à économie prospère » à l’horizon 2025. Aujourd’hui, l’heure est à l’inventaire. Le bilan de la Vision 2025 Alafia est, de l’aveu même des experts, « mi-figue, mi-raisin ». Si les réformes structurelles du régime de la Rupture ont doté le pays d’infrastructures modernes et d’une gestion publique plus rigoureuse, l’évolution des indicateurs sociaux s’inscrit dans un processus de plus long terme. Le taux de croissance, espéré à 12,4 %, a stagné autour de 6,3 %, dans un contexte où la pauvreté demeure une réalité pour une part significative de la population, estimée à plus d’un tiers. C’est dans ce sillage doux-amer que naît Bénin 2060 Alafia, sous-titrée « Un monde de splendeurs ». Le choix de 2060 n’est pas anodin : il marque le centenaire de l’accès à la souveraineté internationale, une date symbolique pour projeter une transformation radicale sur 35 ans.
Afrobeats : ces collaborations franco-nigérianes qui menacent l'authenticité du genre
Depuis quelques mois, les passerelles entre l’industrie musicale française et la scène nigériane se multiplient. Camps de création, partenariats entre labels, duos artistiques médiatisés : tout semble indiquer une nouvelle ère de coopération fructueuse. Pourtant, derrière l’enthousiasme affiché, une question dérangeante se pose : ces rapprochements vont-ils enrichir l’afrobeats ou précipiter sa banalisation ?
Représentativité des femmes à l’Assemblée nationale : Des efforts toujours attendus du Bénin
La question de la représentativité des femmes dans les sphères de décision demeure un enjeu majeur de la démocratie béninoise. À l’issue de l’installation de la 10e législature de l’Assemblée nationale, la présence féminine au Parlement s’établit à environ 32 %. Un chiffre qui, bien qu’en légère progression par rapport aux décennies passées, reste inchangé par rapport à 2023 et en deçà des attentes en matière d’égalité des sexes. Avec près d’un tiers de femmes parmi les députés, le Bénin confirme une tendance à la hausse amorcée ces dernières années, notamment grâce aux réformes du système partisan et aux mécanismes incitatifs mis en place pour favoriser la participation politique des femmes. Toutefois, cette progression semble marquer le pas. En 2026, le pays n’a pas fait mieux qu’en 2023, révélant les limites des dispositifs actuels. Pour de nombreux observateurs, ce plafond autour de 30 % traduit une avancée timide, encore en deçà de l’objectif d’une représentation paritaire qui permettrait aux femmes de peser pleinement dans les débats et les décisions législatives.
Notre vie ne tient qu’à un fil ! (par Igor Aguénawa)
Alea jacta est ! Le sort en est jeté. Mon ami et frère Judicaël Gbaguidi a passé l’arme à gauche. Au bilan, je puis témoigner qu’il a mené un combat redoutable contre l’insuffisance rénale. En cela, on peut à bon droit l’en féliciter et lui tresser des lauriers, s’il en a encore besoin, bien qu’il ne soit plus de ce monde de vanité où tout demeure vanité. Je lui dois une fière chandelle pour son courage et sa perspicacité à affronter un mal aussi terrifiant.
Automédication : Une pratique dangereuse pour la santé des enfants
Dans de nombreux foyers, l’automédication est devenue un réflexe quasi automatique face à la maladie d’un enfant. Fièvre, toux, diarrhée, maux de ventre ou fatigue inhabituelle : avant même de consulter un agent de santé, certains parents se tournent vers des médicaments conseillés par un voisin, un proche ou un vendeur ambulant. Une pratique banalisée, souvent motivée par la pauvreté, la méconnaissance ou l’urgence apparente, mais qui peut avoir de graves conséquences sur la santé des enfants. « Quand le fils de la voisine avait eu les mêmes symptômes, c’est ce médicament qui l’a guéri », entend-on souvent dans les conversations. Cette logique, pourtant dangereuse, guide de nombreuses décisions parentales. Par souci d’économie ou par paresse ou autres raisons, des parents administrent à leurs enfants des médicaments sans ordonnance, parfois sans connaître la posologie exacte ni même la nature réelle de la maladie. Cette pratique repose sur une confusion fréquente : croire que des symptômes similaires traduisent forcément la même maladie. Or, chez l’enfant, une fièvre peut cacher une infection bénigne comme une pathologie grave nécessitant une prise en charge urgente. L’automédication masque souvent les signes réels de la maladie et retarde le diagnostic médical.
L’unité occidentale mise à l’épreuve dans un monde en recomposition
Les relations entre l’Europe et les États-Unis traversent une phase de tensions inédites, marquée par des désaccords diplomatiques, stratégiques et économiques. Les déclarations récentes de responsables européens et américains illustrent un malaise croissant au sein du camp occidental. Dans un contexte international dominé par la montée en puissance de nouveaux pôles d’influence, les équilibres traditionnels semblent se transformer. La capacité de l’Occident à préserver une position commune face aux défis géopolitiques actuels apparaît désormais comme un enjeu central.
USA : un an après son retour, que reste-t-il des promesses de Trump ?
Revenu à la Maison-Blanche en janvier 2025 après une victoire électorale marquant son retour sur le devant de la scène politique, Donald Trump avait promis une rupture nette avec les années Biden. Immigration, économie, énergie, diplomatie : le président avait annoncé des changements rapides et visibles. Douze mois plus tard, entre décisions fortes et résultats plus contrastés, le bilan de cette première année interroge.
Gestion de l’hygiène menstruelle dans les lycées du Bénin : Une situation qui mérite une attention particulière
Tous les mois, des dizaines de jeunes filles béninoises doivent faire face à une réalité intime qui a de profondes répercussions sur leur vie scolaire : la gestion de leurs menstruations. Si ce phénomène est biologique et naturel, dans de nombreux collèges et lycées publics du pays, il reste entouré de tabous, de précarité matérielle … Continuer la lecture
Grandes tendances des Élections couplées au Bénin : Le suspense continue ...
Au Bénin, les attentes autour de la publication des résultats des élections législatives et communales du 11 janvier 2026 restent vives. Quatre jours après le double scrutin organisé dans tout le pays, la population, les partis politiques et les observateurs demeurent dans l’expectative. À ce jour, même si les délais légaux ne sont pas encore échus, ni les grandes tendances du vote ni les résultats officiels n’ont été rendus publics par les autorités compétentes. Organisé selon les nouvelles réformes du calendrier électoral et avant la présidentielle d’avril prochain, il était considéré comme un test majeur de la stabilité démocratique et des débats autour de l’inclusion des formations politiques.
Vodun days : Mal nommer le Vodun, c'est encore le coloniser (Opinion)
Écrire est un exercice exigeant. Raconter une culture l’est davantage. Le fait culturel/cultuel étant sensible et sacré. Lancé en 2023, l’initiative gouvernementale des Vodun days porte une vision, une ambition : « révéler » le Vodun au monde, déconstruire les préjugés coloniaux à l’encontre de ce marqueur culturel que partagent des millions de personnes à travers le monde. Il y a donc là un défi de reconquête d’une souveraineté narrative sur le Vodun. En effet, dans les œuvres littéraires laissées par les missionnaires et autres ethnologues européens, il a la connotation de maléficence, de sorcellerie, de monstruosités. Le cinéma évangélique et le cinéma hollywoodien (avec la célèbre métaphore de la »poupée noire ») ainsi que le gospel chrétien ont également contribué à cette mauvaise réputation.