Chers amis lecteurs, je viens ici vous présenter mes excuses pour ces longs mois de silence. J’avais décidé de ne plus rien dire, d’observer et d’écouter. Mais mon envie d’exprimer ce que je pense a fini par prendre le dessus.Car, je me refuse d’être un spectateur joyeux, un complice coupable du crime contre la jeunesse béninoise, contre les jeunes footballeurs béninois. Ainsi donc, je viens mettre le pied dans la fourmilière ce matin pour lever la lumière sur la maltraitance orchestrée contre les joueurs qui évoluent dans nos championnats nationaux. Je veux juste évoquer trois faits pris à la volée.
Opinion
Apprendre à apprendre
Apprendre. Voilà un bien joli mot. Un mot gorgé de sens, de suc et de sève. Apprendre, c’est acquérir un ensemble de connaissances par un travail intellectuel ou par l’expérience. Apprendre, c’est gagner la capacité de faire, de réaliser quelque chose. Et il se trouve que nous sommes programmés pour apprendre toute notre vie, de la naissance à la mort. De ce point de vue, vivre, c’est apprendre à apprendre, du berceau à la tombe. Par souci de méthode, mais sans aucun ordre de priorité, observons cinq étapes sur le chemin ainsi indiqué.
Tu es ce que tu manges
Plantons le décor. Nous sommes dans l’un des plus grands hôtels de la place. Un groupe d’experts est convié à un déjeuner de travail. Au menu de ce déjeuner, des mets étrangers. Leurs noms claquent comme des inconnues d’une équation culinaire complexe. Tout se passe comme si l’on avait préféré les produits venus d’ailleurs aux produits de chez nous. Départons-nous, pour lever toute équivoque, de l’idée d’imposer au menu de nos hôtels et restaurants, au nom d’un nationalisme plutôt étroit, des mets béninois, des mets africains.
Bénin : Ces vagues de contestations que le gouvernement doit considérer
Le régime du nouveau départ depuis un certain moment, subit une vague de contestations. Celles-ci expriment des frustrations générées par sa gestion décriée.De nombreuses décisions ainsi que la plupart des options du gouvernement sont considérées comme allant contre les intérêts des populations. La politique de la rupture, à travers ses faits et gestes,semble antisociale. C’est pour ces raisons que partis politiques, syndicats et organisations de la société civile, entendent exprimer leur mauvaise humeur.
Lundi de service : Améliorer les services, c’est refuser le statu quo!
Avec une jeune équipe de production audiovisuelle, nous avons lancé #Cité Civik, des capsules de sensibilisation sur les situations quotidiennes que nous vivons en tant que citoyens, usagers, consommateurs, clients. L’objectif de ces vidéos est de sensibiliser certes mais aussi et surtout, de chercher les pistes d’amélioration face à ce qui ne va pas bien dans nos cités.Lorsque nous avons décidé cette semaine de filmer un lampadaire tombé à terre depuis plusieurs semaines, nous avons été soumis à plusieurs questionnements :
° Est-ce autorisé au Bénin de mettre à nu les manquements de certaines personnes sans risque de se faire allumer?
° Est-ce autorisé de réclamer l’amélioration des services offerts aux consommateurs dans le service public et privé au Bénin ?
Bénin : M. Le président, les crevasses d’un puits tari
Monsieur le président, ils sont déçus de vous. J’ai cherché à comprendre et ils m’ont dit : rien à voir ici, circulez ! Je n’y ai pas cru. Le chef de l’Etat de mon pays, fin comme vous, ne peut subir un tel affront. Mais les faits sont têtus. Les organisateurs de cette rencontre, me semble-t-il, n’ont pas pleinement joué leur rôle. Sans comédie intellectuelle, la diplomatie de mon pays a failli et s’est donné une mauvaise réputation au plan national et international. Vous avez certainement voulu faire réparation a travers votre sortie médiatique, mais à mots ouverts votre voyage est un échec (lire ici).
Afrique : besoin de chef
Il n’est pas un pot de fleur, le chef. Un prétexte décoratif et esthétique. Il n’est pas non plus une personne destinée à faire de la figuration à la tête d’une organisation, le chef. Un leurre pour distraire et pour divertir. Le chef, c’est la tête, au sens physique du terme, comme siège des fonctions vitales de l’homme. Le chef, c’est la tête, au sens mental du terme, comme siège de la vie psychique et des facultés intellectuelles de l’homme. Le chef résume, à lui tout seul, une organisation dont il est l’âme. Le chef projette la vie, le devenir d’une organisation dont il incarne la vision et les ambitions.
Contradiction, quand tu nous tiens !
Vouloir une chose et son contraire. Le Béninois semble tout entier contenu en cette idée. Une idée qui renvoie à la savoureuse chanson congolaise bien connue : « Tout le monde veut aller au paradis, mais personne ne veut mourir« . Le Béninois déroule sa vie par une voie accidentée, la voie de la contradiction. Une voie semée de plats, de faux plats et de bosses. La contradiction ? Le Béninois la connaît, l’affectionne, la cultive. Il en fait un acte de foi. Sur la voie des contradictions béninoises, observons quelques escales.
Lundi de service : La ponctualité peut être aussi Béninoise
J’avais un rendez-vous confirmé avec un « grand » responsable d’une « grande » institution de notre pays le Vendredi dernier. Arrivée dans son bureau, cinq minutes avant l’heure, je lui envoie un message pour l’informer de ma présence. Devinez quoi ? Je suis restée deux heures dans la salle d’attente sans qu’il ne me reçoive, ni répondre aux trois messages que je lui ai faits. En temps normal, je serais partie au bout de 15 minutes d’attente, mais là j’ai voulu aller jusqu’au bout pour mieux appréhender les choses. Comble de l’histoire, ce « grand » Monsieur n’a toujours pas envoyé de message d’excuse à l’heure où j’écris ces lignes.
Installation de la commission du Ravip: Une mort en douce du Cos-Lepi au Bénin
Patrice Talon a installé officiellement la commission du Ravip qui, au regard des objectifs à elle fixés, prendra légitimement la place du Cos-Lépi. Une nouvelle ruse de la rupture, dans sa quête d’identification et de traque régulière de tout citoyen n’ayant pas la même vision que lui.Le silence curieux du parlement sur la désignation des députés qui doivent représenter le pouvoir législatif au sein du Cos et naturellement la non installation des membres du Cos-lepi, sont tous des faits préoccupants. Il y a surtout que la loi, notamment le code électoral, prévoit l’installation des membres du Cos-Lépi au mois de juillet de chaque année.