Déstabilisation des partis politiques : Les vraies causes de la tempête qui secoue les vieilles citadelles

Un vent de division souffle sur les partis politiques. En si peu de temps, l’And, les Fcbe, le Psd et la Rb sont tous secoués par des querelles byzantines et des frondes de dissidents. D’un parti à un autre, les accusations et la stratégie des frondeurs présentent bien des similitudes, et confortent bien la thèse d’une vindicte présidentielle à la « Kagamé ».

Depuis avril 2016, une forte tempête souffle sur certains partis politiques. De l’And à la Rb en passant les Fcbe et le Psd, tous sont été frappés de courants séparatistes. Les auteurs ne sont personne d’autres que des responsables de ces partis, devenus tous presque, de manière contagieuse, des adeptes de la bonne gouvernance au sein des partis politiques. A l’Alliance nationale pour la démocratie (And), c’est Valentin Houdé son président qui est contesté. Son bourreau est un certain Barnabé Dassigli, son « frère-ennemi » de Zè, qui l’a combattu pendant des années avant de le rejoindre au sein de l’alliance à la fin du dernier quinquennat de Boni Yayi.

Il réussit l’année dernière à lui « arracher » l’alliance. Du moins, selon le ministère de l’intérieur qui reconnaît à la frange de l’alliance dirigée par le ministre de la décentralisation, sa paternité. Dassigli s’est-il rapproché de  Houdé pour mieux l’abattre ? On peut bien croire à cette hypothèse. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), ancien parti-état sous les deux quinquennats de Boni Yayi qui semblait mourir de sa propre mort après l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, a subitement retrouvé une nouvelle virginité dans sa posture de coalition d’opposition. Pour fragiliser le nouvel élan du groupe, une dissidence naît. Certains faucons comme André Okounlola, Benoît Dègla, Barthélémy Kassa et Rachidi Gbadamassi -qui lui avait déjà refusé de soutenir le candidat désigné du groupe à la dernière présidentielle-, ont décidé de faire dissidence et de rejoindre la majorité présidentielle.

A la Renaissance du Bénin (Rb), les dissidents ont agi comme des « rebelles », plus téméraires que les autres contestataires qu’ils ont voulu imiter. En trois jours, ils ont réussi à « déposer » leur président Léhady Soglo. Ici aussi, les arguments sont presque identiques à ceux de leurs inspirateurs. « Gestion solitaire, manque de démocratie au sein du parti, non respect des textes qui régissent le parti », c’était cela le refrain. A la tête des bourreaux, un certain Georges Bada, maire d’Abomey-Calavi.  Idem au Psd où Emmanuel Golou vit une sérieuse contestation dirigée par Clément Ebo, Bruno Amoussou et consorts. Tous ces leaders politiques mis en difficulté dans leurs différents partis, ont quelque chose en commun. Que ce soit Valentin Houdé, Eugène Azatassou, Léhady Soglo et Emmanuel Golou, tous ont en commun de n’avoir pas avoir soutenu Patrice Talon lors de la dernière élection présidentielle. Golou et Houdé ont roulé pour Sébastien Ajavon, alors que Azatassou et Léhady Soglo étaient du coté de Lionel Zinsou. Lorsqu’on voit aujourd’hui le point de chute des rebelles de la Rb, on peut bien se demander si tous ces contestataires subites ne sont pas manipulés par la même personne.

La domestication des « grands électeurs » et la bataille de 2021

En mars 2016, alors en campagne pour la présidentielle et sur l’émission « Moi président », Patrice Talon avait fait une curieuse déclaration qu’on pourrait bien, avec le recul, prendre comme une de ses maximes politiques. « Ce qui permet à un président d’être réélu avec assurance, ce n’est pas son mandat, ce n’est pas son résultat. C’est la manière dont il tient les grands électeurs, c’est la manière dont il tient tout le monde. C’est la manière dont

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Paiement de factures de Soglo et Kérékou : Le gouvernement veut corriger le double octroi d’indemnité

Paiement de factures de Soglo et Kérékou : Le gouvernement veut corriger le double octroi d’indemnité

(Le Sgg a adressé une correspondance à ces anciens dirigeants à cet effet) Le secrétaire général du gouvernement (Sgg), Edouard Ouin-Ouro, a adressé en fin de semaine une lettre à l’ancien président de la République Nicéphore Soglo, et à la famille de feu Général Mathieu Kérékou, également ancien dirigeant du Bénin.

La correspondance écrite à ces deux personnalités les informe que par erreur, l’intendance du palais de la présidence continuait de leur verser les indemnités de factures d’électricité, d’eau et de téléphone. Cette erreur sera donc corrigée pour rester conforme à la loi N°2009-18 du 15 juillet 2009, portant pension et autres avantages aux anciens présidents de la République.

Cette dernière stipule en son article 1er, que : « les présidents de la République élus conformément à la Constitution du 11 décembre 1990, lorsqu’ils cessent leurs fonctions, perçoivent conformément aux dispositions de l’article 48 alinéa 2 et 3 de ladite Constitution, une pension avec jouissance immédiate ». Le chapitre II de la même loi précise plus loin en ce qui concerne les avantages accordés aux anciens dirigeants, qu’ils bénéficient d’une indemnité pour les frais de consommation d’eau, d’électricité et de téléphone, égale à celle accordée au président de la Cour Constitutionnelle.

Malgré que cette indemnité soit déjà prise en compte dans cette loi, l’intendance de la présidence de la République continuait de la payer à Nicéphore Soglo et à feu Mathieu Kérékou par erreur.

Mais beaucoup de Béninois se demandent pourquoi cette erreur n’a pas été détectée sous les autres présidences. Et pourquoi c’est

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Instabilité à la tête des communes: Des maîtres chanteurs sèment le foutoir à Bonou

Instabilité à la tête des communes: Des maîtres chanteurs sèment le foutoir à Bonou

Il se passe actuellement à la tête de la commune de Bonou, département de l’Ouémé, une situation inédite qui mérite réflexions. A peine rétabli dans ses fonctions, de maire de cette commune de la vallée, Emmanuel Zounmènou, est encore menacé de révocation.

La commune de Bonou aura-t-elle finalement un maire ? Difficile pour l’instant de répondre à cette interrogation. En 2 ans, cette localité de la vallée de l’Ouémé a connu 3 maires pour des mandats de courtes durées. Preuve de l’instabilité qui règne à sa tête. Pour des querelles politiques et les intérêts personnels, des élus ont mis de côté les grandes préoccupations, notamment le développement de la commune, et se mangent le nez. Des maîtres chanteurs qui sèment le foutoir à la tête d’une cité très pauvre, et aux ressources modestes.

En effet, tout a commencé en 2015 quand à l’issue des élections communales et municipales, Alexandre Zannou a pris la tête de la mairie de Bonou, pour la troisième mandature à l’ère de la décentralisation. Très tôt, des conseillers rebelles ont commencé à se chamailler entre eux, et finalement pour des raisons politiques, le nouveau maire élu a été destitué. En octobre 2016, Emmanuel Zoumènou est porté à la tête de  Bonou. Mais il sera contesté et décrié. En mars 2017, des protestations ont abouti à sa déchéance.

De décembre 2016 à mars 2017, la commune de Bonou est restée sans maire. Sous l’impulsion de l’actuel préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, le conseil communal a été convoqué par arrêté 2017 N° 10-084/SG/STCCD/SA, en vue de choisir un nouveau maire. C’est ainsi que Julien Affohounha est élu 3e maire de Bonou en mois de deux ans.

Saisie pour se prononcer sur la conformité ou non de cette élection, la chambre administrative de la Cour Suprême a invalidé le fauteuil de Julien Affohounha, en juillet dernier. Emmanuel Zounmènou a été donc rétabli dans ses fonctions et a retrouvé officiellement son fauteuil de maire de la commune, le mercredi 23 août 2017.

Mais telle

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Bénin : Le groupe Petrolin victime d'une campagne de désinformation

Bénin : Le groupe Petrolin victime d'une campagne de désinformation

Ils reviennent à la charge. Les adversaires du Groupe Petrolin dans le cadre du projet de réhabilitation et d’extension du corridor ferroviaire Bénin-Niger, ont trouvé un nouveau motif pour déverser leur bile. Selon un hebdomadaire panafricain, «Il est reproché à Petrolin de n’avoir ni l’expertise, ni les moyens », de mettre en œuvre un volet important du projet « Epine dorsale ».

Dans cette campagne d’intoxication de l’opinion publique nationale et internationale, c’est donc des affabulations mensongères qui sont distillées de temps à autre, pour nuire à l’image d’un homme qui n’a commis d’autre faute que de

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Plainte d’Ajavon dans l’affaire cocaïne au Bénin: Comment le parquet bloque la procédure

Plainte d’Ajavon dans l’affaire cocaïne au Bénin: Comment le parquet bloque la procédure

Après son arrestation et sa relaxe « au bénéficie du doute », dans l’affaire des 18kg de cocaïne pure, Sébastien Ajavon a décidé de contre-attaquer. C’est pourquoi le 17 février 2017, il a porté plainte contre X au tribunal. Et ce, avec constitution de partie civile, pour savoir qui a brisé les scellés de son conteneur. Mais depuis, c’est la croix et la bannière pour lui et ses avocats. Le ministère public tente par tous les moyens de torpiller la procédure, et d’empêcher la manifestation de la vérité.

Arrêté le 28 octobre 2016 par la gendarmerie Nationale après la découverte d’un sachet de 18kg de cocaïne dans l’un de ses conteneurs, Sébastien Ajavon avait été gardé à vue pendant huit jours, avant d’être présenté au procureur de la république, puis à une cour spéciale de flagrant, délit le 04 novembre. Ecouté, il a été relaxé au bénéfice du doute. On croyait que le gouvernement allait faire appel de cette décision… Erreur. Dans les quinze jours qui ont suivi cette décision, c’est le statu quo. C’est pourquoi le 15 février 2017, afin de laver définitivement son honneur en faisant connaître la vérité, Sébastien Ajavon introduit une plainte contre X, auprès du président du tribunal de première instance de Cotonou, avec constitution de partie civile, pour savoir qui a brisé les scellés du conteneur de Comon Sa, et introduit le sachet de cocaïne dans le conteneur. Sa démarche vise deux objectifs. D’abord, de faire connaître la vérité à l’opinion nationale et internationale sur cette affaire, et lui permettre après de demander une révision de son procès, afin que le mot « au bénéfice du doute » en soit retiré. Pour une telle plainte, la procédure recommande que le président du tribunal désigne un juge à qui il confie le dossier. Ce dernier informe le procureur qui prend une réquisition, et autorise le juge à enquêter sur le dossier avant de passer au procès.

Mais dans le cas d’espèce, lorsque le juge a saisi le procureur pour avoir ses réquisitions, ce dernier a traîné les pas avant de répondre par un refus d’informer. Cela voudrait dire qu’il n’autorise pas le juge à informer. Pour le contourner, le juge utilise une autre possibilité des textes, passe outre ce refus et prend l’ordonnance lui permettant de commencer ses investigations. Surprise ! Le procureur de la république fait

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Bénin - Fnm: 260 millions engloutis dans un marché d’archivage électronique passé sans ligne budgétaire

Bénin - Fnm: 260 millions engloutis dans un marché d’archivage électronique passé sans ligne budgétaire

Le Fonds national de microfinance est-il une institution maudite ? A peine est-il sorti d’un travers qu’il tombe dans un autre. Denise Atioukpé la nouvelle directrice, semble se préoccuper plus de la dilapidation des fonds que d’autre chose.

Des dépenses sans étude de marché pour une hypothétique digitalisation des finances. La dernière affaire en date, c’est l’engagement pris d’un marché d’archivage électronique de 260 millions FCFA, en l’absence de toute prévision budgétaire malgré l’opposition des financiers du Fnm. Le Fonds national de microfinance n’est pas sorti de l’auberge. Depuis 2016, l’institution est toujours l’otage de la gabegie.

S’il y a eu des errements de gestion ou une mauvaise utilisation des ressources publiques mises à la disposition de cette Institution du temps du pouvoir Yayi, il parait incompréhensible, plus d’un an après, qu’aucune disposition concrète n’ait été prise dans le sens de l’amélioration de la gouvernance et de l’assainissement du secteur. La nouvelle Directrice Denise Atioukpé, continue donc de « surfer » sur l’existant, multipliant sans audit préalable les refinancements et marchés publics. Les équilibres budgétaires sont menacés.

Ses choix et options de gestion témoignent d’une volonté et d’une propension permanente à des dépenses de commodités, plutôt que l’amélioration de son fonctionnement. La dynamique à créer des produits et vitaliser la structure, est mise aux calendres grecques. On constate un tout autre mode de fonctionnement. Digitalisation des Finances par-ci, achat de plateforme par-là, mise en place d’archives électroniques… Plus d’un Milliard de nos francs, gaspillés en dépenses sans étude de marché, pour une hypothétique digitalisation des finances.

La dernière affaire en date, c’est l’engagement

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Bénin : Les stratégies de la rupture pour contrôler la 8e législature

Bénin : Les stratégies de la rupture pour contrôler la 8e législature

Les élections législatives de 2019 seront très rudes pour les différentes chapelles politiques. Ceci, vue l’ambition du nouveau départ de constituer sa majorité parlementaire propre. Pour réaliser cet objectif cher au régime du nouveau départ, tous les moyens sont mis à contribution.

Les enjeux des élections législatives de 2019 semblent conduire certains acteurs vers un certain réalisme politique. Des lieutenants du nouveau départ à l’instar de Jean-Baptiste Hounguè, initiateur du mouvement politique « Le Bénin en Route », évoquent l’ambition du régime au pouvoir d’obtenir la majorité parlementaire au cours de ce rendez-vous électoral. Cette majorité que le régime au pouvoir ambitionne pour 2019, sera d’une grande importance puisqu’elle devra permettre au système en place de réaliser certaines de ses réformes institutionnelles et politiques. Le cas du projet de révision de la constitution. Il faut rappeler que ce projet de révision introduit au parlement en mars 2017, a connu un échec à l’étape de la prise en considération.

A la conquête de la majorité

Le Chef de l’Etat après avoir déclaré qu’il ne relançait plus ce projet au parlement, s’est contredit une semaine plus tard, en déclarant sur les ondes d’une radio internationale, qu’il entendait détenir une majorité confortable pour reconduire ledit projet au parlement. Ceci entrainant cela… Il y a certainement d’autres projets de lois que le gouvernement entend proposer au parlement, mais dont l’adoption n’est pas certaine. C’est pour cela que le chef de l’Etat en prenant la parole lors de la présentation solennelle du Pag, implorait le président de l’Assemblée nationale présent, de conduire « certains votes de lois les yeux fermés ». Depuis le sort réservé au projet de révision de la constitution, le pouvoir a compris que le parlement actuel est loin d’être docile. D’où la nécessité de préparer ces futurs députés pour la prochaine législature.

Tous les moyens sont bons

Pour atteindre ce but, tous les moyens sont utilisés. Certains analystes semblent lier la rupture observée entre Talon et Ajavon à cette cause. Puisque la

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Mairie de Porto-Novo: Et si le maire Emmanuel Zossou démissionnait de lui-même

Mairie de Porto-Novo: Et si le maire Emmanuel Zossou démissionnait de lui-même

La ville de Porto-Novo est depuis quelques semaines sous les feux de la rampe. La gestion de son maire a révélé plusieurs lacunes. C’est tantôt une malversation financière de plus de 250 millions de nos francs, tantôt le compte administratif rejeté par le préfet. Tout ceci est de trop pour un maire qui aspire à durer à son poste. Et lorsqu’on sait qu’il provient d’un parti où le président n’a pas grand-chose à se reprocher en 27 ans de carrière politique, la démission apparaît comme la seule voie de sagesse.

On ne peut pas se cacher trop longtemps derrière son petit doigt… Le maire de Porto-Novo Emmanuel Zossou, l’apprend à ses dépens. Lorsque les premières rumeurs sur les cas de mauvaise gestion à la mairie ont commencé à essaimer les réseaux sociaux, quelques griots du Parti du renouveau démocratique (Prd) -son parti-, se sont précipités pour le défendre, affirmant que rien ne se passe à la mairie de Porto Novo. Certains parmi eux ont poussé leur zèle à l’extrême, en injuriant ceux qui, selon eux, sont au service des « ennemis » et de l’intoxication. Lorsque le maire a été convoqué à la Brigade économique et financière (Bef), présenté au procureur puis contraint de payer 20 millions de caution pour être libre, les mêmes zélateurs ont vite fait de le dédouaner, accusant encore le même receveur percepteur. Et lorsque le compte administratif 2016 de la mairie a été rejeté, ces mêmes personnes ont crié à l’acharnement politique. Le préfet aurait-été manipulé pour rendre cette décision. Il serait au service de leaders politiques qui veulent déstabiliser le parti à travers sa personne. Mais comme les arguments fallacieux ne durent pas, le maire de Sèmè-Kpodji, lui aussi Prd comme Emmanuel Zossou, a vu son compte administratif accepté par le même préfet qui serait aussi du même parti. Comme on peut le voir, les défenseurs du maire manquent d’arguments. Ceci dit, avec ce chapelet de malversations, il est de plus en plus difficile pour les griots de faire croire que le maire est innocent.

La voie de sagesse

Il est donc de plus en plus évident que le maire Emmanuel Zossou

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Scandale financier à Bengaz au Bénin: Une grande responsabilité pour la justice

S’il y a une affaire qui secoue le monde des affaires au Bénin, c’est ce scandale financier à Bengaz, du nom de cette société de droit béninois chargée du transport de gaz. L’un des associés, Edgar Yves Monnou, avait réussi à retirer subrepticement 690 millions de fcfa des caisses de la société, par le truchement de son collaborateur Léopold Somissou. Ce dernier est arrêté et mis sous mandat de dépôt, mais l’affaire piétine au tribunal.

Voici une nouvelle affaire qui pourrait raviver les inimitiés –à peine refroidies–, entre le Bénin et les Pays Bas. En effet, pour lancer ses activités, Bengaz avait consenti un prêt auprès d’une banque néerlandaise, prêt qui devrait être remboursé à cette dernière à partir des fonds que verse la West african pipelin compagny (Wapco), basée à Accra au Ghana. Mais depuis des années, rien n’a été versé à la banque, à cause de la cupidité d’un des administrateurs de la société, en la personne

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Médard Koudébi: « Aucune morgue n'est aux normes au Bénin »

Médard Koudébi: « Aucune morgue n'est aux normes au Bénin »

(Il évoque la porte de sortie) Président de l’Ong Bénin diaspora assistance, Médard Koudébi est spécialiste de l’hygiène funéraire, de prévention des risques et des épidémies formé à Ecole nationale des métiers du funéraire (Enamef) de Paris. Sa nouvelle mission achevée la semaine dernière au Bénin dans le cadre de son combat depuis 2012 pour l’assainissement du secteur mortuaire dans ce pays a remis sur tapis la mafia dans ledit secteur qui est une menace pour la santé publique.

Nous l’avons rencontré mercredi 16 août 2017 dans son hôtel de résidence à quelques jours de la fin de son séjour au pays. A la suite de  son passage sur l’émission ‘’Sans langue de bois’’  de nos confrères de Soleil fm, il nous reprécise le contexte de ses enquêtes, aborde quelques aspects de la triste situation et évoque les perspectives pour à la fois préserver la vie des Béninois et éviter des dépenses illégales de plusieurs milliards au trésor public. Interview.

Lnt : Situez-nous le contexte de vos enquêtes dans le secteur mortuaire.

Médard Koudébi : Il est bien vrai que nous sommes une Ong française, partenaire de l’Union Européenne avec qui on travaille depuis des années. Tout le monde m’accuse d’avoir demandé la coupure des subventions dans le cadre de la pétition 1604/2013 déposée au parlement européen, qui a fait l’objet d’une plénière à Bruxelles et a validé un certain nombre de choses où pratiquement ils nous ont confirmé qu’à ce jour les recommandations du pétitionnaire sont très intéressantes sur trois points.

Lesquels ?

Le premier, c’est le recensement des morgues en république du Bénin. Jusqu’en 2012 l’Etat ne connaissait même pas le nombre précis de morgues exerçant sur son territoire. Le ministère de la santé nous faisait comprendre qu’il y avait trois morgues. L’Agence béninoise pour l’environnement (Abe) nous disait 4 parce ce sont les 4 qui ont demandé le certificat de conformité environnementale. L’Union européenne l’avait exigé conformément à notre pétition 1604/2013. Au même moment, on s’est adressé à l’époque à la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) à Genève et on a saisi la direction Afrique de l’Elysée pour évoquer le problème de l’absence de crédibilité de l’Etat civil au Bénin parce que les pensions de retraite indument versé à des morts depuis le temps de l’ancien président coûtaient pratiquement 14 milliards au trésor public. Nous avons fait une recommandation. Malheureusement j’étais parti en avril et la présidence a fait une publicité à grande échelle parlant de payement de pension à vue. J’ai rappelé la Directrice adjointe de cabinet d’alors, Mme Hatchémè, pour lui dire que ce ne sont pas mes recommandations ça. Mes recommandations, c’est la création d’un fichier national des défunts béninois qu’on peut croiser avec celui des morts et radier systématiquement les morts avant le payement des pensions de retraite. J’ai demandé également que ce fichier soit croisé avec celui du fichier électoral la Lépi. Cela permettra de radier systématiquement les morts au plus grand tard 30 jours après leurs décès et cela nous fera l’économie des 22 milliards qu’on décaisse à la veille de chaque élection pour actualiser la Lépi. Après ça, il y a le problème des pensions de veuvage indument versées à des veuves de complaisance.

Quelle est cette catégorie de veuves ?

Quand un fonctionnaire célibataire meurt, on dit « mon enfant va travailler 30 ans et n’aura pas de pension de retraite ? ». On se rapproche des maires des communes à faible revenu qui organisent ces mariages antidatés entre 400 et 500 mille francs Cfa. On fabrique des veuves de complaisance pour aller escroquer le trésor. Les veuves de complaisance coûtent l’équivalant de 7 milliards à l’Etat béninois chaque année. On a recommandé au ministre de la Fonction Publique depuis 2013 de prendre un arrêté obligeant les fonctionnaires à déclarer leur mariage de leur vivant. Cela mettra fin aux mariages antidatés qui s’organisent après le décès de fonctionnaire célibataire ainsi qu’aux mariages antidatés que les familles organisent quand ils ne s’entendent pas avec une veuve légitime pour l’empêcher de garder la totalité de la succession afin de récupérer la moitié au moment des procédures de succession des biens. Cela permettra à notre état civil d’être crédible. Et rien que là l’Etat fera encore 7 milliards d’économie.  En plus des 36 milliards on sera pratiquement à 43 milliards.

A ce jour, l’Etat ne touche pas un centime de Tva sur les ventes de cercueils sur les véhicules funèbres, sur les transferts de conservation alors que les textes sont très clairs. Pour le transport de corps avant la  mise en bière, les pompes funèbres doivent payer 6% de Tva et après mise en bière 19% de Tva. C’est la raison pour laquelle on a décidé de faire cette réforme. C’est à ce moment que j’ai recensé les morgues au Bénin. J’en avais eu au total 39 privées et 8 publiques en 2013 mais malheureusement la situation a évolué. A ce jour on est à 45 morgues privées.

Parmi ces morgues vous avez révélé qu’il n’y a qu’une seule qui ait obtenu l’agrément. Dans quelles conditions s’installent-elles alors?

Déjà il faut savoir dans quelles conditions quelqu’un peut ouvrir une morgue. D’abord, il faut identifier le terrain qui ne doit pas être une zone inondable. Après, il faut l’autorisation du maire de la commune qui veut abriter la morgue. Le promoteur doit ensuite commettre un cabinet d’audit qui va lui faire l’étude  d’impact environnemental puis demander après un certificat de conformité environnement à l’Abe. Il y a un comité de suivi composé du maire de la commune, du directeur départemental de la santé de la commune et d’une troisième personne qu’on choisit lors de l’atelier. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, pour toutes les morgues qui empoisonnent aux Bénin, la responsabilité incombe aux maires de ces communes qui n’ont pas su défendre les intérêts de leurs populations parce que dans la commission, c’était leur rôle. En plus, ils sont encore les premiers à donner l’autorisation. Leur autorisation est préalable avant toute démarche.

Ce n’est qu’après le certificat de conformité environnementale que le promoteur commence la construction. Et la morgue pour qu’elle soit aux normes doit avoir trois zones sanitaires. La première zone qui est la zone ordinaire qui est censée accueillir les familles où ni le cercueil ni le corps ne doit transiter pour réduire les épidémies. Elle doit être équipée d’une vitrine avec une caméra  de rétroprojection pour permettre à la famille de pouvoir suivre tout ce qui se passe dans la zone intermédiaire. Celle-ci est censée accueillir le corps, le cercueil et maintenant conduire au niveau de la zone sensible pour les soins, la conservation, la carboglace, l’embaumement, l’habillement et la conservation de tous les produits qui sont hautement toxiques et cancérigènes. La morgue doit disposer d’une chapelle ardente où après l’habillement les familles qui veulent se recueillir sur place vont transférer leur corps. Malheureusement aucune morgue n’est aux normes en république du Bénin.

Au-delà, la loi cadre de l’environnement en République du Bénin dit, toute entreprise qui a un incinérateur de déchet biomédical doit être au minimum à 150 m des premières habitations et cet incinérateur est une obligation pour la totalité des morgues. La morgue doit aussi planter100 pieds d’arbre à l’intérieur pour que les racines puissent absorber les produits toxiques qui seraient dans le sol, au cas où la fosse ne serait pas étanche et aurait eu des infiltrations. Malheureusement aucune morgue au Bénin n’a les 100 pieds d’arbres imposés et recommandés par l’Abe. Et l’Abe, malheureusement en cas de contrôle ne les sanctionne pas parce qu’il n’y a pas de textes prévus pour.

Après la construction le promoteur achète le laboratoire post mortel, ira au ministère de la santé et demander un certificat de conformité de norme sanitaire. C’est l’ensemble de ces documents qu’il fournit au ministère de l’Intérieur pour demander un agrément , avant de pouvoir démarrer ses activités. Malheureusement en République du Bénin à ce jour, les 85% des morgues n’ont pas l’ensemble de ces documents.

Pourtant ces morgues fonctionnent.

Elles fonctionnent. Je remercie les autorités béninoises qui ont fait une contre enquête qui prouve que 44 morgues sur 45 en république du Bénin n’ont pas d’agrément.

Pourquoi ces autorités n’ordonnent pas leur fermeture ?

Le ministre Saka Lafia a décidé de les fermer immédiatement mais beaucoup de choses se sont passées. D’abord, 31 morgues sur 44 appartiennent déjà aux hommes politiques. Ensuite, le chef de l’Etat lui a demandé, « sur quoi tu veux te baser pour fermer ces morgues». Il n’y a aucune loi ni décret en république du Bénin qui réglemente les morgues et toutes les lois ont été bloquées. Ces décrets ont toujours fait l’objet d’une prise d’otage des chefs d’Etat successifs.

Comment ?

Comment ça se passe ? « Oui si vous appliquez tel décret, nous à l’assemblée, on bloque le budget de telle année ou on empêche le vote de telle loi. De ce chantage, le président qui veut prendre ce décret devient otage.

Les promoteurs ont donc profité de ce vide juridique

Pour des hommes politiques béninois, les populations ne sont que des marchandises. Les mêmes se cachent dernière leur épouse, cousines, … pour être propriétaires de pharmacie. On vous rend malade pour  faire tourner les pharmacies. Quand vous mourez on se sert de vous comme chiffre d’affaire des morgues. Quand vous avez la malchance de faire la Lépi avant votre mort, on peut faire voter vos cadavres par procuration. Et quand vos parents ont des difficultés à vous enterrer, à partir de

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