Pourvoi de Bollore : La justice béninoise rétablit Samuel Dossou dans ses droits

Pourvoi de Bollore : La justice béninoise rétablit Samuel Dossou dans ses droits

Sous le régime de Yayi Boni hier comme sous le régime de Patrice Talon aujourd’hui, la justice béninoise a confirmé son indépendance sur l’affaire qui oppose le Pétrolin Goup, Bolloré et l’Etat béninois.

Après le verdict courageux de la Cour d’appel de Cotonou qui déboutait le groupe Bolloré, c’est maintenant la chambre judiciaire de la Cour suprême qui vient de rééditer l’exploit en rejetant le pourvoi introduit par Bolloré. Un objet de fierté pour l’indépendance de la justice et un grand soulagement pour le Groupe Pétrolin.

C’est désormais un grand ouf de soulagement dans le camp de Pétrolin Group depuis le vendredi 29 septembre 2017. C’est ce jour que la chambre judiciaire de la Cour suprême du Bénin a rendu sa décision sur le pourvoi introduit par Bolloré sur le verdict de la Cour d’appel de Cotonou. Cette chambre, après audition des arguments des différentes parties, a rejeté le pourvoi de Bolloré et a rétabli Pétrolin Group dans ses droits. Une décision qui vient mettre un terme à la période d’attente et d’incertitude qu’a endurée. C’est ce qu’a rapporté Paulin Visso, juriste et consultant à Pétrolin Group, lors de son passage hier dimanche 1er octobre 2017 sur l’émission ma part de vérité de Golfe télévision.

Le rappel des faits

En août 2008, le Groupe Pétrolin de l’homme d’affaires béninois, Samuel Dossou Aworet, a répondu à un appel d’offres international lancé par les Etats béninois et nigérien sur la réhabilitation et la modernisation du réseau ferroviaire : Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey. Ayant remporté cet appel d’offre, l’entreprise de Samuel Dossou reçoit en juillet 2010 des deux Etats, une lettre d’adjudication par laquelle les deux Etats reconnaissent le Groupe Pétrolin comme étant l’entreprise qui a remporté l’appel d’offres et qui est censée conduire les travaux.

Dans la foulée, l’Etat béninois en 2010, signe avec le Groupe Pétrolin une convention cadre de partenariat public-privé qui définissait les termes d’exécution du projet. Ensuite, un projet de convention de mise en concession a été élaboré par les deux Etats et amendé par les différentes parties.

La duplicité de Bolloré

Il ne restait plus que la signature du contrat de concession du projet entre les deux Etats et le Groupe Pétrolin, lorsque contre toute attente les deux Etats ont proposé au Groupe Pétrolin un partenaire stratégique. C’était alors une multinationale française, le Groupe Bolloré. Sans rechigner, le Groupe Pétrolin accepte ce partenaire et les conditions de répartition du capital élaborées par les deux Etats. Il signe avec Bolloré un accord secret qui prévoyait de mettre

Lire la suite

Bénin : Les maires de Bonou, Djougou et Dassa menacés de destitution

Le vent de la destitution plane toujours sur certaines communes au Bénin. Après Léhady Soglo qui a été délogé de force de la tête de la municipalité de Cotonou il y a bientôt deux mois, les maires de Djougou, Bonou et Dassa-Zoumè ont aussi des soucis à se faire, parce que leurs fauteuils sont en danger.

Décidément à l’ère de la rupture, la destitution des maires est devenue une mode, un moyen par excellence de règlement de comptes. A la moindre erreur, les conseillers municipaux ou communaux brandissent la menace de destitution de leur maire.

Avec la révocation du maire de la ville de Cotonou il y a plus d’un mois, beaucoup de Béninois avaient pensé que c’en était fini de ce phénomène qui consiste à chasser les maires de la tête des communes au détour de votes de défiance. Malheureusement, le phénomène se poursuit sans grand bruit et toujours avec les mêmes motifs : gestion opaque, clanique et calamiteuse.

Actuellement, trois (03) maires sont sur la sellette. Dans le septentrion, plus précisément à Djougou, 28 sur les 29 conseillers que compte cette commune exigent de leur maire la convocation d’une saison extraordinaire, afin de lui retirer leur confiance. Comme ça a été le cas dans les autres communes où les maires ont été renvoyés comme des malpropres, il est reproché à Alassane Zoumarou une mauvaise gestion et le non-respect des décisions du conseil communal. Au centre, ça chauffe également dans la commune aux 41 collines. Les conseillers de ce côté sont aussi très mécontents de leur maire, Nicaise Fagnon.

Selon nos sources, certains d’entre eux n’auraient même pas

Lire la suite

BMP au Bénin : Une incongruité qui consacre le recul de la démocratie

BMP au Bénin : Une incongruité qui consacre le recul de la démocratie

L’honorable Louis Vlavonou lors de son passage sur l’émission « Sans langue de bois » de Soleil Fm, le dimanche 17 septembre 2017, avait fait des déclarations étonnantes. Il expliquait sans gêne aucune que les députés du bloc de la majorité parlementaire soutiennent non seulement les actions du gouvernement, mais consultent en plus le chef de l’Etat pour recevoir de lui des directives sur des propositions de lois à faire, et des consignes sur l’attitude à adopter face aux projets de lois du gouvernement. Des propos d’un membre du pouvoir législatif qui sonnent comme une dévalorisation de la démocratie.

Le bloc de soutien aux actions du gouvernement est né au lendemain du rejet de la prise en considération du projet de révision de la constitution. Il a reçu comme nom de baptême : «le Bloc de la majorité parlementaire. Il est composé à ce jour de 60 députés sur les 83 que compte le parlement. Ce regroupement de députés s’est constitué à partir des députés qui avaient voté pour l’adoption du projet de révision de la constitution. Ce groupe de députés, selon les explications de l’honorable Vlavonou, est engagé à soutenir les actions du gouvernement. Notamment le programme d’actions du gouvernement, PAG. Au-delà, ces députés selon les mêmes explications de Vlavonou, accompagnent aussi le pouvoir à travers l’adoption des projets de lois qu’il soumet au parlement.

La nature de la collaboration

Etant donné que l’effectif des députés qui constituent le Bloc de la majorité parlementaire est de 60, soit les ¾ de l’ensemble, tous les projets de lois du gouvernement peuvent être votés puisque l’adoption des textes se fait dès l’obtention de la majorité simple. L’honorable Vlavonou ajoutait aussi que ce Bloc de la majorité parlementaire est dirigé par le collège des anciens présidents de l’Assemblée nationale. Que ces députés, pour s’assurer de la cohérence de leurs actions avec le pouvoir, vont consulter le chef de l’Etat pour obtenir de lui des directives sur l’élaboration de leurs propositions de lois et des consignes par rapport à l’adoption des projets de lois du gouvernement. Ces déclarations de l’He Vlavonou, à défaut de susciter l’étonnement, peuvent tout au moins inspirer quelques réflexions.

Un soutien curieux et intéressé

D’abord sur la création d’un regroupement de députés qui déclarent soutenir les actions du gouvernement. Cela a été une grande surprise dans l’opinion. Selon le principe de la séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, le pouvoir législatif conserve le rôle de «contre-pouvoir». Ce qui suppose qu’il ne peut

Lire la suite

Partis du septentrion soutenant Talon: Curieuses absences de Bio Tchané et de Sacca Lafia

Le forum de partis politiques et cadres du septentrion créé le samedi dernier à Cotonou, semble mal parti. L’alliance Abt et l’Uds, deux grosses cylindrées du septentrion -et dont les responsables sont membres du gouvernement-, ont manqué à l’appel. Ces leaders se montrent réticents au projet de l’union porté par la coalition. Une attitude qui paraît justifiée au regard de leurs profils et de leurs ambitions.

Va-t-il survivre aux aléas du calendrier et à la concurrence politique ? Porté sur les fonts baptismaux le samedi 23 septembre dernier, le forum des cadres et partis politiques du septentrion semble être né avec un gros handicap. En consultant la liste des partis qui constituent cette coalition, on est bien surpris de ne pouvoir y retrouver deux noms : Uds et Alliance Abt. Le premier est le parti de Sacca Lafia le ministre de l’intérieur, et le second est une alliance de partis et mouvements politiques créée par Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du plan et du développement, numéro deux du gouvernement. On pourrait bien se demander pourquoi, bien qu’ils soient au gouvernement, leurs groupes politiques ne sont pas membres de cette coalition.

Certes la non appartenance à celle-ci ne signifie pas forcément qu’ils ont tourné dos à Patrice Talon, mais elle renforce bien les soupçons sur les relations froides entre le président Patrice Talon et ces deux ministres. Cette réticence à faire partir de cette coalition dénote bien d’une volonté de ces deux acteurs politiques à se démarquer des géniteurs de ce forum, et à afficher une posture politique différente de celle de la majorité des leaders qui le constituent. On note presque deux écoles. Celle des « racoleurs » politiques d’une part et celle des hommes politiques plus ou moins crédibles de l’autre. La première école est celle des Rachidi Gbadamassi, Barthélémy Kassa… Leur mode d’emploi c’est la transhumance politique. Ils n’ont aucune conviction politique en dehors de leur détermination à profiter des avantages qu’offrent leurs positions actuelles. Hier avec Kérékou puis Yayi, aujourd’hui avec Talon, demain avec son successeur.

Rachidi Gbadamassi fut un allié de Kérékou puis de Yayi, avant de se liguer contre lui. Idem pour Barthéméy Kassa et les autres. Tous ont des difficultés diverses dans leurs circonscriptions électorales et ne sont pas trop sûrs de leur gagne. La deuxième école est celle de l’engagement et de la stabilité politique. Sacca Lafia en est l’archétype. Il a combattu pendant dix ans le président Kérékou avant d’être appelé par Boni Yayi au gouvernement. Abdoulaye Bio Tchané, bien que plus jeune en politique, a su gérer avec un peu de dignité sa vie politique. En plus de cela, Bio Tchané et Sacca Lafia sont soucieux de préserver leurs carrières politiques. Ils ne vont pas courir derrière les strapontins et sacrifier leur avenir.

« Le Non » au projet de révision de la constitution

Anciens candidats à des élections présidentielles, ils auront forcément des agendas politiques incompatibles avec ceux des membres du nouveau groupe. En effet, Abdoulaye Bio Tchané et Sacca Lafia, ont forcément l’ambition d’être candidat à la prochaine élection présidentielle. Surtout Bio Tchané, qui a avant de rallier Patrice Talon, fait de la proposition de ce dernier de faire un mandat unique une condition sine qua non de ralliement.

Dans ces conditions, il ne devrait jamais accepter de mourir politiquement en

Lire la suite

Sommets internationaux : Patrice Talon, mauvais élève de l’Union africaine, de la Cedeao et de l’Onu

Sommets internationaux : Patrice Talon, mauvais élève de l’Union africaine, de la Cedeao et de l’Onu

Depuis Avril 2016 qu’il est à la tête du pays, Patrice Talon ne s’est pas rendu une seule fois à Addis-Abeba pour un quelconque sommet de l’Union africaine. Encore moins à Kigali, Monrovia et New York, où se sont tenus ces derniers temps divers sommets internationaux.  En moins de deux ans de pouvoir, il se taille sur le continent une triste réputation de président absentéiste qui intrigue ses collègues et affecte sérieusement le rayonnement international du Bénin.

Lorsqu’il se rendait le 15 octobre 2016 à Lomé pour le sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité maritime, Patrice Talon a fait fort. Parti à bord d’une voiture de luxe, son attitude avait tranché avec la prodigalité légendaire des Chefs de l’Etat africains habitués à faire des dépenses somptuaires et à voyager souvent en avion. Il a donné l’impression d’être un président engagé pour les bonnes causes. On était donc à mille lieues d’imaginer que ce serait sa seule apparition à une rencontre continentale depuis avril 2016 qu’il est pouvoir. En moins de deux ans, il n’a été présent qu’à ce seul sommet sur les quatre derniers organisés sur le continent. Taux de participation, 25%. A Kigali en juillet 2016, il avait boycotté son premier sommet de l’Union africaine en tant que président, privilégiant le mariage de sa fille à Paris. Le Chef de l’Etat s’était fait représenter par son ministre des affaires étrangères. On avait cru à une absence passagère liée à un évènement majeur dans sa vie. Mais en vérité, Patrice Talon déposait sa marque, celle d’un président égocentrique qui privilégie ses affaires familiales et personnelles aux grandes préoccupations continentales. On ne le verra donc pas en Janvier 2017 à Addis-Abeba, ni à la dernière Assemblée générale des Nations unies à New York, qui vient à peine de s’achever. Et ce n’est pas tout, Patrice Talon va aussi boycotter la majorité des autres réunions de la Cedeao et de l’Uémoa. Il se fera souvent représenter par Pascal Irénée Koupaki et Aurélien Agbénonci. Si pour la plupart des rencontres le gouvernement n’a rien dit sur ses absences, il a au moins informé l’opinion sur son absence au sommet de juillet 2017, dans un communiqué rendu public par la Direction de communication de la présidence de la république. « La Présidence de la République du Bénin informe que le Président de la République, Chef de l’État et Chef du gouvernement, M. Patrice Talon, a donné mandat au Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence, M. Pascal Irénée Koupaki, pour conduire la délégation béninoise au sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, du 2 au 4 juillet 2017 », précise ce communiqué. Même si ce dernier pêche pour n’avoir pas donné les raisons officielles de cette absence, on peut se réjouir de cette avancée. Sinon, pour le reste on ne saura jamais les vraies causes de ces absences répétées.

Diplomatie moribonde

Lorsqu’on cherche à comprendre cet absentéisme, on se rend compte que c’est fait exprès. Patrice Talon n’a pas un

Lire la suite

Bénin - Affaire Ofmas : Une escroquerie à grande échelle éclabousse la Rupture

Bénin - Affaire Ofmas : Une escroquerie à grande échelle éclabousse la Rupture

(Un contrat purement politique, le mode de préfinancement un prétexte pour spolier l’Etat) S’il y a une affaire qui défraie la chronique actuellement, c’est l’affaire Ofmas du nom de cette entreprise retenue par le gouvernement pour réaliser les travaux de construction de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété, longue de 12,6 km en 2×2 voies, l’aménagement et le bitumage de la route Pobè-Adja Ouèrè-Ouinhi (22,4 km). Avec le limogeage du ministre Hervé Hêhomey, ce dossier se revèle comme un vrai scandale de la république.

Le gouvernement Talon est pris au piège de la gouvernance de l’opacité. Cette fois-ci, il aura du mal à s’en laver définitivement. Il s’agit d’un crime économique qui ne dit par son nom. 164,5 milliards sur le point d’être dilapidés. 20 milliards déjà partis en fumée. Pourtant, l’entourage de Patrice Talon se plaît à ne pas reconnaître la faute.  «Il n’y a rien d’illégal, il n’y a rien d’immoral», réagit l’entourage immédiat du président de la République. C’est évidemment l’axe de défense du régime, qui n’empêche pas les citoyens de réclamer l’ouverture d’une enquête. L’acte est suffisamment grave pour passer inaperçu. «La manière dont les 20 milliards ont été mis sur le compte de l’entreprise Ofmas alors qu’il est bel et bien question d’un préfinancement, est synonyme de détournement de fonds publics. On pourrait aller plus loin et parler d’un arrangement illégal entre des personnalités politiques (le gouvernement), et l’entreprise Ofmas », affirme un député du Bloc de la majorité parlementaire sous le couvert de l’anonymat.

C’est un secret de polichinelle… ce chantier routier est un préfinancement. Or, dès son arrivée au pouvoir, le président Patrice Talon et ses collaborateurs ont exprimé leur antipathie au préfinancement des chantiers routiers. Sur la question, ils n’avaient raté aucune occasion pour faire la mauvaise publicité à l’ancien régime. Lors du conseil des ministres du 28 avril 2016, le ministre des Finances avait été même instruit de « privilégier la recherche de nouveaux modes de financement du programme d’extension et de modernisation du réseau routier national ». Plus tard, le gouvernement est revenu sur sa décision. Et dans l’utilisation du mode de préfinancement, il fait pire. Bien qu’étant en mode de préfinancement par un privé, il lui accorde encore

Lire la suite

Financement Porto-Novo - Akpro-Missérété sur le budget national : Jacques Ayadji dément

Le directeur général des Infrastructures, Jacques Ayadji, a donné une conférence de presse hier 20 septembre 2017 pour apporter un démenti sur le supposé financement de la construction de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété, sur le budget national.

Des travaux qui sont confiés à l’entreprise Ofmas, et qui suscitent des polémiques au sein de l’opinion nationale. Aussi, a-t-il apporté des clarifications par rapport aux deux types de Bot et leurs implications. C’était en présence d’autres cadres du ministère des Infrastructures et des transports.

C’est désormais clair. La construction de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété n’a pas été financée sur le budget national. Face à la presse dans la soirée d’hier pour se prononcer par rapport aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux et sur certains médias internationaux au sujet de cette infrastructure routière, Jacques Ayadji a été on ne peut plus clair. A travers des réponses techniques et précises, documents à l’appui, le directeur général des infrastructures a éclairé la lanterne des Béninois.

En effet, c’est à une entreprise sud-africaine que le gouvernement avait confié les travaux. Cette dernière a traîné les pas pendant plus d’un an, avant de faire constater son incapacité à mobiliser le financement. Préoccupé par l’effectivité des travaux, l’Etat a fait recours à l’entreprise Ofmas pour réaliser l’infrastructure (Porto-Novo-Pobè), dans les mêmes conditions de financement. Elle doit aller chercher le financement, mais l’Etat porte une garantie pour le remboursement à la réception provisoire de l’ouvrage.

Il se fait qu’au nombre des axes qui ont été confiés à Ofmas, il y en a un qui crée énormément de souffrances aux populations. Il s’agit de l’axe Porto-Novo-Akpro-Missérété. La dégradation très avancée de cette route crée non seulement des dommages sur la santé des usagers, mais aussi et surtout sur leurs moyens de déplacement.

Conscient du délai nécessaire accordé à l’entreprise pour la mobilisation du financement et soucieux du règlement diligent des souffrances de ces populations, le gouvernement a décidé de mettre à titre de préfinancement des moyens à la disposition de cette dernière,  pour que dans l’urgence elle réalise les travaux.

Selon le directeur général des infrastructures, les extraits du marché passé avec Ofmas disent clairement que c’est elle qui va mobiliser le financement à 100%. Le contrat précise également que dans le souci de réduire les peines des populations, l’Etat mettra le financement à la disposition de l’entreprise, qu’elle remboursera ensuite.

Cette démarche n’est pas nouvelle

A en croire les explications du conférencier, ce n’est pas une première. La preuve, sous Boni Yayi la même chose avait été faite sur le projet de la route aéroport-place du souvenir. Dans le temps, il avait été financé par la banque d’investissement de la Cedeao (Bidc). « Le délai de mise en place du financement étant long, le gouvernement Yayi à l’époque a décidé de mettre un préfinancement à la disposition de de l’entreprise Adéoti. L’entreprise a encaissé les sous, a exécuté les travaux, et une fois que le financement de la Bidc a été mis en place, le remboursement a été fait. Ça a été également fait par le passé sur le projet Abomey-Bohicon-Kétou, avec une entreprise danoise. Dans certaines conditions, l’Etat pour certaines raisons peut décider pour aller vite en attendant le financement, de préfinancer », a conclu le directeur général des infrastructures.

La notion de ‘’BOT’’

Au cours de la conférence de presse d’hier, Jacques Ayadji a aussi donné des explications par rapport au Bot.Il précise qu’il y a deux types de Bot, à savoir ‘’Construire, exploiter et transférer’’, qui est différent de ‘’Construire, s’approprier l’ouvrage et le transférer à l’Etat’’. Et c’est ce qui est fait avec Ofmas.

En clair, au lieu d’aller chercher directement le financement, l’Etat a utilisé l’entreprise comme intermédiaire pour l’obtention de ce dernier. Il estime alors qu’il y a une confusion qui se fait par les Béninois sur ces deux types de Bot. « Quand on dit Bot dans certains contextes, c’est que l’Etat qui a besoin d’une infrastructure, peut ne pas disposer des moyens lui-même pour réaliser cette infrastructure  et il fait appel à un privé pour que ce privé mette à sa disposition les moyens pour cela », a laissé entendre le Dgi.

Il est dit dans l’opinion publique que le gouvernement au cours d’une séance du conseil des ministres a parlé du Ppp (Partenariat public-privé), alors que ce marché est exécuté par le gré à gré. Sur le sujet, Jacques Ayadji confie que le gouvernement peut décider de faire un marché par PPP et lancer un appel d’offre pour susciter la concurrence. Il  n’a pas voulu perdre du temps pour lancer des appels d’offres, parce que le type de financement est compliqué.

Il conclut en déclarant que le Bénin est dans un contexte où la route restera pendant longtemps, une infrastructure sociale.

Au sujet du limogeage de son patron, le ministre Hervé Hêhomey, le directeur général des infrastructures avoue qu’il n’a pas compétence pour se prononcer sur le sujet.

Extraits du contrat signé entre OFMAS et l’Etat Béninois

Ci-dessous les extraits du contrat

Lire la suite

Affaire Bengaz : La genèse et l’évolution des manigances de Me Yves Edgar Monnou

Affaire Bengaz : La genèse et l’évolution des manigances de Me Yves Edgar Monnou

Pour mieux comprendre les faits qui sont reprochés à Me Yves Edgar Monnou dans l’affaire qui l’oppose à ses coactionnaires de Bengaz, il convient de remonter ce dossier depuis la création de Bengaz en 2004, à travers la constitution de l’actionnariat, en passant par la fin de la construction du Gazoduc en 2011, jusqu’à la constatation des malversations financières qui a poussé ses coactionnaires à porter l’affaire devant la justice en 2016.

A la création de la société Bengaz Sa en 2004, spécialisée dans le transport sécurisé de gaz, il était question de réunir les 300 millions Fcfa pour la constitution du capital. Les promoteurs n’ayant pas réuni la totalité du capital, ils se serviront de la loi qui leur permettait de créer l’entreprise avec seulement le quart (¼) du capital. C’est ainsi que s’est constitué le premier groupe d’actionnaires, constitué de 4 structures. La Société civile immobilière (SCI), La Mouette 39 millions, la Communauté électrique du Bénin (CEB) 25 millions, karl Dork international 25 millions, et Corine et Yves investment (Coryve) de Me Yves Edgar Monnou 50 millions. La vente de ces différentes actions s’est faite sous la conduite du notaire instrumentaire, Me Massihou A. Bileoma, en 2004. Procuration a été faite à Me Yves Edgar Monnou, à l’époque le plus grand actionnaire non majoritaire, par le notaire Massihou A. Bileoma, de faire du portage. C’est-à-dire procéder à la vente des 161 parts d’actions restantes.

Le début des manigances

Ni le notaire instrumentaire ni les autres coactionnaires ne pouvaient imaginer que Me Monnou, recevant cette charge de faire du portage au nom de la société Bengaz, planifierait en silence de capitaliser cette fonction à son propre profit. Pour réaliser son dessein, il a d’abord entrepris de prendre attache avec un autre notaire qui lui a établi un document, qui faisait de lui l’actionnaire majoritaire. C’est avec ce statut fabriqué de toutes pièces, que Me Monnou s’impose auprès des autres actionnaires comme président du conseil d’administration de Bengaz, et désigne son secrétaire personnel, Léopold Patient Somissou, comme directeur général de la structure. C’est alors que les autres actionnaires constatent que Me Monnou déclarait n’avoir en fait pas été chargé du portage, mais que ces 161 parts lui appartiennent. Des déclarations qui contrastent avec la procuration de vente qu’il lui a été faite par le notaire instrumentaire, Me Bileoma, en date du 11 octobre 2004.

La découverte des malversations

Lui-même Me Monnou, dans un courrier que son cabinet CABEY a adressé à Me Mujuetan, west Africa pipeline réf : 0109/du 03/02/2005, en sa page 3, présentait les actionnaires de Bengaz, qui à cette date selon ledit document, étaient au nombre de 22, alors qu’il n’y en avait que

Lire la suite

Bénin : Les dessous d’un étrange limogeage

Bénin : Les dessous d’un étrange limogeage

On attendait impatiemment un remaniement, mais c’est un limogeage que nous a servi Patrice Talon. Par un décret laconique de deux articles pris hier, il a en effet limogé son ministre des Infrastructures et des Transports (Mit) Hervé Hêhomey. Ce limogeage dont les raisons officielles sont tues, rappelle bien ceux du temps de Yayi, par son côté insolite et surprenant.

Hêhomey devrait bien s’en mordre les doigts. Hier encore il était le tout puissant ministre des Infrastructures et des Transports. Et à ce titre, il était en mission républicaine à Gogounou pour visiter les infrastructures routières détruites par les inondations. C’est donc en pleine mission qu’il a appris son limogeage du gouvernement. Cela rappelle les limogeages du temps de Yayi, souvent insolites et surprenants.

Alexandre Dossou Kpèdetin avait été limogé alors qu’il était à la messe et avait éteint son portable. Kessilé Tchalla avait aussi été sauté de son poste de ministre de la santé alors qu’il était en salle d’attente pour introduire auprès du président de la république des partenaires de l’un de ses projets. Sous Yayi, les limogeages étaient faits selon l’humeur du PR. Ceci dit, on ne peut pas ne pas revenir sur le caractère surprenant de ce limogeage. Hervé Hêhomey était l’un des hommes de confiance de Patrice Talon dans ce gouvernement. Il constituait, avec une poignée de ministres triés sur le volet, le premier cercle d’hommes de confiance autour du Chef de l’Etat. Ancien responsable de Benin Control, il a été nommé à la tête du grand ministère des Infrastructures, qui comprend la gestion du port où opère de nouveau la toute puissante société Benin Control, propriété de l’ami intime du président, Olivier Boko. Hêhomey en était si fier et si conscient de son influence, qu’il n’avait guère pensé être le premier des ministres à être jamais limogé sous le régime de la Rupture. On le voyait sur tous les fronts. Tantôt en meeting politique dans le Zou où il louangeait fréquemment le Chef de l’Etat, tantôt en visite de chantiers pour visiter les travaux de route.

Insubordination

L’unique question qui pend sur toutes les lèvres actuellement est bien : « quelles sont les raisons de ce limogeage ? ». Selon nos investigations, le ministre a payé le prix fort pour son insubordination au Chef de l’Etat. En effet, précisent des sources confidentielles, c’est depuis le samedi que le Chef de l’Etat aurait intimé l’ordre à son ministre de

Lire la suite

Sécurité nucléaire au Bénin : L’He Valentin Djènontin menace de saisir la Cour

Sécurité nucléaire au Bénin : L’He Valentin Djènontin menace de saisir la Cour

Les députés étaient en séance plénière le vendredi dernier au palais des gouverneurs. Ils ont examiné et adopté sous la présidence du deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Robert Gbian, le projet de loi portant sûreté radiologique et sécurité nucléaire en République du Bénin.

Mais ce texte de loi a suscité moult polémiques au sein de l’hémicycle, en présence du gouvernement représenté par le ministre de la santé, Alassane Séidou. Le point d’achoppement entre certains députés et le gouvernement est l’article 54 du texte de loi, qui autorise l’enfouissement et le déversement de déchets sur le territoire nationale.

A cet effet, le député Patrice Nombimè s’est opposé en déclarant que la constitution béninoise a interdit l’enfouissement et les déversements de déchets. Pour lui, si la représentation nationale ne fait pas attention, cet article 54 ira en contradiction avec notre constitution. Il a été appuyé dans sa logique par l’honorable Valentin Djènontin, qui a haussé le ton en mettant en garde le parlement et le gouvernement contre cette éventuelle dérive retenue dans la loi. L’honorable Valentin Djènontin est allé même plus loin en menaçant de saisir la Cour constitutionnelle, si les dispositions de l’article 54 étaient restées telles à l’adoption du texte de loi.

Encadré : Extraits des propos du député Valentin Djènontin

« Je salue le gouvernement. Je salue les cadres du ministère qui ont eu à faire un travail de qualité, un travail qui a été approfondi par la commission des lois. J’ai voté tous les titres du projet de loi, mais je me suis abstenu de

Lire la suite