Réforme du système partisan : Lancer le débat public avant une étude au parlement

Réforme du système partisan : Lancer le débat public avant une étude au parlement

L’unanimité s’observe de plus en plus autour de la réforme du système partisan.  Adrien Houngbédji l’a évoqué lors de son discours d’investiture comme président de l’Assemblée nationale 7e législature en 2015.

A sa suite, Patrice Talon dans son programme de campagne lors de la présidentielle de 2016. Sur  cette question, le Pr Akindès Adékpédjou a fait quelques propositions pertinentes comme d’autres leaders et observateurs politiques. Toutes ces réflexions doivent être versées dans l’opinion pour susciter un grand débat public avant qu’un jour, le texte ne soit examiné au parlement.

« Je veux proclamer ici, l’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie de notre système partisan. Aboutir à un nombre très réduit de partis politiques au lieu des deux cents actuellement et les construire autour des projets de société. Instaurer en leur sein des règles efficaces d’alternance », c’est en ces termes que s’exprimait Me Adrien Houngbédji lors de son discours d’investiture comme président de l’Assemblée nationale le 15 juin 2015. Pour remédier à cette situation, le président de l’Assemblée nationale a fait quelques suggestions : « Assurer un financement public conséquent de leurs activités assorti d’un contrôle non moins public. Interdire la transhumance. Le tout pour permettre aux partis politiques d’être de vrais socles qui jouent efficacement leur rôle dans l’animation de la vie publique et dans la conquête du pouvoir d’Etat ».

Le faire, apparaît pour Adrien Houngbédji comme un impératif : « sans une réforme d’envergure, le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais ». Plus de deux ans après, soit le 7 octobre 2017 lors des universités d’été du Prd, Me Adrien Houngbédji fait les mêmes constats : « 30 ans après la Conférence nationale, aucun parti politique n’a encore réussi à faire élire l’un des siens à la tête de l’Etat (…), nos concitoyens et militants ont besoin de s’identifier à des formations politiques qui portent un projet de société dans lequel ils se reconnaissent ».

Pour l’actuel président de l’Assemblée nationale, se pencher sérieusement sur la réforme du système partisan est nécessaire pour la nation ; « réfléchir à l’avenir du système partisan béninois nécessite du recul pour envisager la classe politique telle que nous la souhaitons, ses valeurs et ses capacités à changer le quotidien des populations ».

Le candidat Patrice Talon dans son projet de société de la présidentielle de 2016, a aussi abordé la question de la réforme du système partisan. Il prévoyait comme Me Adrien Houngbédji le financement public des partis politiques. L’obtention de ce financement serait soumise à la

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Bénin : Ces dossiers opaques du gouvernement du nouveau départ

Bénin : Ces dossiers opaques du gouvernement du nouveau départ

L’opacité sera décidément la caractéristique principale du gouvernement du nouveau départ. Sur bien de projets annoncés à grand renfort de publicité et qui ont essuyé une vive réaction des acteurs concernés, le gouvernement entretient un curieux silence. Nul ne sait s’il s’est rétracté ou s’il poursuit silencieusement les tractations.

L’annonce de la mise en concession du Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, avait suscité l’émoi et un sentiment de révolte de la part du personnel et des syndicats. Cette annonce fait partie de l’une des causes de la crise que connaît jusqu’à présent le secteur de la santé. Le gouvernement réagissant aux mouvements d’humeur organisés par les syndicats, a répondu par un silence troublant. Aucune démarche n’a été entreprise pendant des mois pour échanger avec ces syndicats. Les mouvements de grève se sont multipliés passant des mouvements de grève d’avertissement de 48h à ceux de 72h avec tacite reconduction, sans que cela n’émeuve le gouvernement. C’est à force de dénonciation de la presse et des centrales syndicales en appui aux syndicats du secteur de la santé que le ministre d’Etat Bio Tchané, a accepté de recevoir ces syndicats. Mais sans suite satisfaisante. A ce jour, nul ne sait ce qu’est devenu ce projet de mise en concession du Cnhu.

C’est également l’absence d’information au sujet de l’ambition du gouvernement de placer le Port Autonome de Cotonou sous la gestion d’un

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Bénin: L’opposition au régime, une nécessité pour vitaliser la démocratie

Bénin: L’opposition au régime, une nécessité pour vitaliser la démocratie

Le sujet fait partie des questions les plus évoquées dans l’opinion ces derniers jours. La décision du parti de Candide Azannaï d’évoluer dans l’opposition divise l’opinion.

Mais au-delà des arguments avancés par chaque camp, il y a le fait que dans toute république moderne, l’existence d’un mouvement dit de l’opposition est nécessaire pour faire prospérer la démocratie. La polémique enfle depuis que le parti Restaurer l’Espoir, RE, au cours de son 3e congrès à Abomey, a annoncé son intention d’être de l’opposition. Certains trouvent que cette option du parti de Candide Azannaï est une espèce de trahison de ce dernier envers Patrice Talon. Les tenants de cette thèse font partie certainement de ceux qui n’ont pas écouté les explications du secrétaire général de ce parti, l’He Guy Mitokpè, sur la Radio Soleil Fm, à propos de quelques raisons qui ont motivé la démission de l’ancien ministre.

En somme, il a évoqué des points de divergences entre l’ancien ministre et le président de la République sur certaines questions. Le cas des casses sauvages des populations ou encore le projet de révision de la constitution. Selon le Sg de Restaurer l’Espoir, Candide Azannai s’est rendu compte que Patrice Talon s’écartait du plan de gouvernance qu’ils avaient élaboré. C’est pour cela qu’il s’est vu dans l’obligation de démissionner parce qu’il n’était pas écouté.

Le choix de l’opposition

Une fois sorti du gouvernement, Candide Azannaï en tant que leader politique devrait situer politiquement l’opinion, ses militants et ses sympathisants. Cela devait se faire depuis le jour de sa démission le 27 mars 2017, pour indiquer sa nouvelle posture politique. C’est cette nouvelle posture qui a été annoncée au cours du congrès d’Abomey du 6 octobre dernier. Celle de se ranger dans le camp de l’opposition au régime, et cela ne devrait pas être un scandale. Pendant que Candide Azannaï opte pour l’opposition, nombreux sont les leaders de l’opposition qui font le trajet inverse. C’est-à-dire quitter l’opposition pour rallier le pouvoir. C’est d’ailleurs ce mouvement qui est le plus observé depuis l’échec du projet de révision de la constitution le 2 avril 2017. C’est la ruée des leaders politiques vers la mouvance. Certains par opportunisme, d’autres pour s’assurer une protection par rapport à leur passé critique.

Une troisième catégorie encore est en quête de

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Arrêt de rigueur de Patrice Trèkpo : Au-delà de la sanction, les récriminations demeurent

Le capitaine Patrice Trèkpo, secrétaire général par intérim du syndicat des eaux, forêts et chasse (Syna-Efc), a écopé d’un arrêt de rigueur de 45 jours qui a été prolongé à 60 jours, pour manquement à la discipline militaire, à cause de son passage sur Golfe télévision pour dénoncer certains faits liés à sa corporation. Mais jusqu’à ce jour, le gouvernement après la sanction n’a encore rien dit sur les récriminations du SgSyna-Efc.

Le secrétaire général par intérim du syndicat des eaux, forêts et chasse (Syna-Efc), Patrice Trèkpo, est mis aux arrêts de rigueur depuis le 05 septembre 2017. Cet agent forestier a écopé de cette sanction pour manquement à la discipline militaire dans ses révélations lors de son passage sur Golfe Tv. Un passage au cours duquel le disciple de saint Hubert a dénoncé les mauvaises conditions de travail et de vie du personnel de l’administration forestière, l’attribution de la gestion des Parcs W et Pendjari à une Ong étrangère, le manque de moyens roulants pour effectuer les missions de patrouille et de sécurisation des forêts, la vétusté des locaux des services déconcentrés de l’administration des eaux, forêts et chasse, le retard de la mise en application de la loi n°2015-20 du 19 juin 2015, portant statut spécial des forces de sécurité publiques et assimilés, ses décrets d’application, etc.

Quelques jours après, le gouvernement par l’intermédiaire du directeur général des eaux, forêts et chasse et le directeur administratif et financier (Daf) du ministère du cadre de vie et du développement durable, ont tenté de dire leur part de vérité dans cette affaire sans convaincre. Le capitaine Patrice Trèkpo a certainement fait preuve de manquement à la discipline militaire. Mais il faut reconnaître que les récriminations faites ne sont pas sans fondement. A l’issue de l’Assemblée générale extraordinaire du dimanche dernier, Alain Komlan Cakpo Alain, secrétaire général du Synforb et ses camarades, ont réitéré l’intégralité des préoccupations abordées par leur collègue, pour lesquelles aucun démenti sérieux n’est apporté jusqu’à ce jour par les autorités, à en croire leur communiqué final de l’Ag extraordinaire.

Mieux, ils ont fustigé les mauvaises conditions de

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Fiasco de la visite officielle de Talon à Paris : Une grosse humiliation pour le Bénin et sa diplomatie

Fiasco de la visite officielle de Talon à Paris : Une grosse humiliation pour le Bénin et sa diplomatie

Patrice Talon devrait attendre longtemps encore avant de rencontrer le président français Emmanuel Macron. Alors qu’il était annoncé pour avoir un tête à tête avec son homologue français, Patrice Talon se fait désirer à l’Elysée. L’agenda du président Macron ne marque nullement un tel entretien. Et à entendre le président Talon lui-même, on comprend que c’est une visite privée qu’on a tenté de transformer en visite de travail.

L’Elysée ne semble pas trop marcher au président Patrice Talon. Entre le chef de l’Etat béninois et le palais présidentiel français, une petite histoire de poisse et de contrariété commence à naître. Pour la première fois qu’il se rend à paris en visite officielle, Patrice Talon parle un peu trop. Disons qu’il parle mal. « Le Bénin est un désert de compétences », avait-il lancé imprudemment. Une petite phrase déshonorante pour son pays et mal accueillie à Cotonou. Pour une deuxième fois où il doit s’y rendre, Patrice Talon est bloqué.

La visite officielle de travail annoncée à cors et à cris par le Ministère des affaires étrangères se mue en une désillusion pour le président béninois. En effet, le 1er octobre dernier, le secrétaire général du Ministère, l’ambassadeur Marc Hermann Araba officiant en lieu et place du ministre, affirmait blanc sur noir qu’« à l’invitation de son excellence Monsieur Emmanuel Macron, Président de la république française, Monsieur Patrice Talon Président de la République, chef d’Etat, chef du Gouvernement, effectuera du 02 au 09 octobre 2017 une visite de travail en France ».

Le communiqué va plus loin et donne même le contenu de cette rencontre. « Cette visite de travail sera l’occasion pour les deux chefs d’Etat de faire un point de la coopération bilatérale et d’explorer ses nouvelles orientations dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement », précise le communiqué (lire ici le communiqué). Il n’était donc pas possible d’imaginer l’affront subi par la délégation béninoise une fois à Paris. Le Chef de l’Etat quitte effectivement Cotonou le 02 octobre et se rend à Paris. Et c’est sûrement sur place qu’il se rend compte qu’il a été dupé. En fait, aucune invitation officielle n’a été adressée au président béninois par son homologue français. Les contacts ont été pris avec l’ambassade de France qui a dû, par ses câbles diplomatiques, rendre compte aux autorités françaises du séjour et du souhait du président béninois. Mais la partie béninoise sûrement pressée n’a pas

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Bénin : Modeste Kérékou parle de son père, de Yayi et de Talon

Bénin : Modeste Kérékou parle de son père, de Yayi et de Talon

Invité jeudi 28 septembre 2017 par l’Organe consultatif de la jeunesse (Ocj) à animer un débat inclusif sur la participation des jeunes aux instances de prise de décision, Modeste Kérékou a fait des confidences surprenantes et émouvantes sur les différents postes qu’il a occupés, sur son feu père, sur Yayi et aussi sur Talon.

Destiné à une carrière de fonctionnaire dans une institution bancaire sous régionale, Modeste Kérékou rejette le choix de son géniteur et se retrouve en politique. Accidentellement dira-on, puisqu’il ambitionnait lui-même de devenir chef d’entreprise. Le voilà devenu Député à 27 ans, ministre à 33 ans, et aujourd’hui Dg d’un grand programme qui appuie les jeunes en quête d’insertion professionnelle. Un parcours exceptionnel pour une jeune de son âge.

Un exemple rare dans un contexte national où les jeunes sont marginalisés. Face aux jeunes de l’Ocj, il a affiché un état d’esprit et un sens d’éthique assez élevés. Devant un auditoire composé de jeunes en quête de modèle en politique, son discours a sûrement fait mouche. En effet, raconte-il, lorsqu’il a fini ses études au Maroc, un poste l’attendait à la Banque ouest africaine de développement (Boad), mais il a refusé car il rêvait d’être un homme libre, de travailler pour lui-même.

« Lorsque Boni Yayi m’a appelé pour demander de venir prendre service, je lui ai dit que je ne voulais pas. Et il m’a demandé : « est ce que tu as informé ton père ? Va lui expliquer. En tout cas ton poste est ici ». ». Il va voir son père et lui dit la même chose. « Je vais voir mon père qui me demande de rejoindre Lomé, mais je refuse car je veux être chef d’entreprise. Il me regarde et me dit, toi tu veux être un voyou ». Et c’est ainsi qu’il s’est engagé dans des activités libérales, puis un jour il décide de s’engager en politique.

Mais au lieu d’entrer dans l’Ubf qui était la grande coalition politique soutenant les actions de son père, il crée avec ses amis Issa Salifou, Eustache Akpovi… Là aussi il rencontre une hostilité de son père.

« Lorsque j’ai décidé de faire de la politique et que je suis allé voir mon père, il m’a aussi découragé en disant que c’est un monde de gens impitoyables et qu’en plus je vais échouer, car personne ne me connaît », puis il continue, « je devais aller sur la liste de l’Upr mais au dernier moment, j’ai été positionné sur la liste Ubf. A 27 ans je deviens député. Ce n’est pas un mérite particulier et un autre que moi pouvait ne pas avoir les mêmes avantages », confie-t-il aux jeunes. A l’Assemblée nationale, il dit découvrir des choses ahurissantes. Des ministres qui sont au gouvernement mais financent l’opposition, paient les syndicalistes pour grever. Des gens qui mentent au Chef de l’Etat et ne lui disent

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Bénin - Ravip : Safran, un cas typique de marché de gré à gré

La propension des marchés de gré à gré accordés aux sociétés sous le régime actuel interpelle la conscience des béninois. Dans la pratique, le code des marchés publics et des délégations de service publics en République du Bénin, prévoit le mode d’attribution des marchés publics.

Mais les actes du gouvernement sont bien en déphasage avec  les dispositions de ce code. « Depuis le 06 avril 2016, beaucoup de béninois comme moi déplorent avec amertume une prolifération sans cesse croissante des marchés de gré à gré dans notre pays. Au  point où ce qui est l’exception est devenu la règle ».

Cet extrait tiré de la question orale avec débat de l’honorable Nourénou Atchadé, adressée au gouvernement, exprime les récriminations des béninois à l’endroit de la gouvernance Talon. Le principe du gré à gré est érigé en règle depuis l’avènement du régime du nouveau départ. Celui-ci a transformé le Conseil des ministres en direction nationale de passation des marchés publics.

C’était encore le cas avec le choix de l’opérateur en vue de la réalisation du Recensement administratif à vocation d’identification de la population, Ravip. Le choix de l’entreprise française, Safran, n’a pas suivi les exigences en la matière. La question est de savoir comment la société Safran a été sélectionnée par le gouvernement de la rupture pour conduire ces opérations de recensement. Sans appel d’offre, Safran s’est vu attribuer ce marché de plusieurs milliards de nos francs.

Un choix opaque

Les responsables de cette société selon nos sources, séjournent au Bénin depuis des mois maintenant, c’est-à-dire bien avant le démarrage des opérations le 1er novembre prochain.  Sur la question des marchés publics, la loi n°2009-02 du 7 août 2009 portant code des marchés publics et des délégations de service public en République du Bénin, loi modifiée et complétée par la loi n°2017-04, précise les conditions de passation marchés publics et les organismes habiletés à passer ces marchés.

A propos du choix de Safran par le gouvernement Talon, aucun appel d’offre international n’a été lancé pour mettre en compétition des entreprises. C’est dire par conséquent, qu’aucune société n’a soumissionné comme le prévoit la loi citée supra. La seule information connue de façon officielle à propos du Ravip, est liée à

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Confidences d’un membre de la Cns/Ravip : Le gouvernement ne voulait associer personne

Confidences d’un membre de la Cns/Ravip : Le gouvernement ne voulait associer personne

A l’instar de la plupart des projets et réformes entrepris par le gouvernement, le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip), est entouré de mystères. Selon un membre de la Commission nationale de supervision, le gouvernement en avait fait son affaire personnelle et ne voulait associer personne à ce projet.

Quelques jours après son lancement, on se rend compte au fil des jours que le Ravip est un autre scandale d’Etat. Il en réunit tous les ingrédients. De la conception du projet à la réalisation, tout a été caché soigneusement au peuple. En dehors de l’opérateur technologique Safran choisi dans des conditions non encore élucidées, le montant du projet n’est pas dévoilé. Même le jour du lancement du projet et de l’installation de la Commission nationale de supervision a été gardé secret.

Le grand monde ne savait pas avant ce vendredi 29 septembre 2017, que le Ravip serait installé ce jour. Ces nombreuses inquiétudes ont été confirmées par un membre de la Cns qui a requis l’anonymat. Rencontré hier pour en savoir un peu sur le projet et le mystère entretenu autour de son exécution, il affirme sans ambages que le gouvernement n’avait, au debut, fait l’option d’associer d’autres institutions à ce projet.

« Le gouvernement voulait faire son recensement sans associer l’Assemblée nationale. Il avait conçu son projet seul, choisit l’opérateur

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Bénin : Les inquiétudes légitimes de l’opposition parlementaire

Bénin : Les inquiétudes légitimes de l’opposition parlementaire

Depuis le mercredi 27 septembre 2017, les députés de la minorité parlementaire ont fait une déclaration au sein de l’hémicycle. Cette déclaration qui s’adressait à tous les parlementaires d’une part et à l’ensemble des citoyens béninois d’autre part, constitue un plaidoyer à l’endroit du régime.

Elle met en lumière des griefs portés à l’endroit du gouvernement. Lesquels résument la perception que l’opinion en général se fait du pouvoir actuel. Nous nous proposons ci-dessous d’en ressortir la pertinence.

Parmi les griefs que les députés du bloc de la minorité parlementaire ont formulés à l’endroit du régime au pouvoir, figure en bonne place ce qu’ils ont appelé : « les conflits d’intérêts au sommet de l’Etat ». Ils ont illustré ce conflit d’intérêtspar différentes manifestations dont le retour du Pvi dit de nouvelle génération. Leretour du programme de vérification des importations, annoncé à la suite d’un conseil des ministres, a suscité l’émoi et l’indignation auprès d’une partie de l’opinion. Ceux qui s’en offusquaient, trouvaient que cette structure qui a comme bras séculier ‘’Benin control’’, appartient à l’homme d’affaires Patrice Talon devenu chef de l’Etat.

Mais le gouvernement avait justifié le retour du Pvi comme étant simplement l’application des décisions de justice. Lesdéputés du bloc de la minorité parlementaire reprochent particulièrement au Pvi de bénéficier d’exonérations fiscales et douanières, au moment où le gouvernement soumet certains opérateurs économiques à des redressements fiscauxexorbitants. Une pression fiscale à leur endroit que ces députés considèrent comme étant «un plan de destruction des opérateurs économiques ».

Le développement de l’affairisme d’Etat

Les députés ont aussi décrié « l’achat des domaines de l’Etat non mis en vente ». Ils font certainement allusion à la parcelle achetée par le chef de l’Etat après autorisation de la Cour constitutionnelle. Les personnes qui trouvent à redire sur cette vente, allèguent que la loi prévoit que la Cour constitutionnelle se réfère à une loi spécifique qui selon ces derniers n’existe pas jusqu’ici. Sur un autre plan, cet achat du domaine de l’Etatpar l’actuel président de la République, risquerait de constituer un mauvais exemple pour les dirigeants du pays.

Les députés ont aussi déploré le monopole exercé par les entreprises appartenant au chef de l’Etat ou à ses proches sur le coton et l’anacarde. Certains politiciens n’hésitent pas à affirmer sans ambages que tous les secteurs liés à la production du coton se rapportent à une seule personne. Ils allèguent que c’est cette même personne à travers ces prête-noms, qui contrôle la filière anacarde.

La filière des marchés de gré à gré

Les députés du bloc de la minorité parlementaire accusent aussi le régime d’avoir fait prospérer les marchés de gré à gré. En effet, la note du président de la république à l’endroit du ministre des finances au mois d’août dernier, dans laquelle il demandant à ce ministre de mettre fin aux marchés de gré à gré dans l’administration, ressemblait pour certains à un discours de diversion. Puisque le gouvernement avait auparavant transformé le Conseil des ministres en direction de passation des marchés publics. C’est ce Conseil qui a attribué de nombreux marchés rentables à des entreprises proches du pouvoir, sans appel d’offre.

Et l’affaire Ofmas, considérée comme l’un des plus grands scandales politico-financiers du régime de la rupture, est venu mettre à nu cette pratique récurrente des marchés de gré à gré. Etle processus ayant abouti à la mise en concession des parcs de la Pendjari et du W à l’Ong sud-africaine Apn, demeure un mystère.

Les travers de la politique de la rage

La déclaration de ces députés a aussi relevé la traque des

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Lancement manu militari du Ravip : Un plan suspect pour contrôler le fichier électoral

Lancement manu militari du Ravip : Un plan suspect pour contrôler le fichier électoral

(La classe politique complice) Annoncé comme une réforme majeure de notre politique de gestion des populations, le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip), a tout l’air d’un cheval de Troie dont les initiateurs cachent habillement les vraies raisons.

La précipitation notée autour de la mise en œuvre de ce projet, la politisation à outrance de sa gestion ainsi que les équivoques entretenues par la loi qui l’encadre, amènent à douter de la sincérité de ses chantres.

Depuis Paris où il a annoncé pour la première fois sa volonté de briguer la magistrature suprême, le chef de l’Etat avait mis un point d’honneur à la réforme du système partisan. Il entendait aussi améliorer la gouvernance politique à travers une réforme constitutionnelle. On l’a rarement entendu, sinon jamais sur les réformes du registre national d’Etat civil ou le fichier électoral. Publiquement, le candidat Patrice Talon n’a rien eu à reprocher au fichier électoral qui lui a permis de battre tous les candidats à cette élection, et celui des grands partis surtout.

Il est donc surprenant de le voir, dix huit mois après, en faire une préoccupation et même une priorité. Priorité au point de consacrer toute une loi au recensement de la population. Le 24 avril, l’Assemblée nationale a voté la loi N°2017-08 du 19 juin 2017, portant identification des personnes physiques en République du Bénin. Cette loi, comme bien d’autres, a été goupillée au cours d’un séminaire parlementaire à Dassa Zoumè, où gouvernement et Assemblée nationale, comme deux époux ont convolé en justes noces.

Puis ce vendredi 29 septembre, à la surprise générale, le gouvernement a lancé le recensement. Tout s’est passé en parfaite intelligence avec l’Assemblée nationale dont le président Me Adrien Houngbédji a assisté, aux côtés du président de la République, au lancement du projet. Le même jour, le gouvernement lance manu militari le recrutement des agents qui vont travailler sur ce projet. Cette précipitation notée dans la mise en œuvre du projet amène à se demander les réelles motivations des chantres dudit projet.

60 milliards pour rien…

Avait-t-on besoin tout de suite et de façon urgente d’un tel projet ? Le Bénin venant à peine de faire l’expérience d’une Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Celle-ci a fini d’être confectionnée en 2010 et n’a servi qu’aux présidentielles de 2011, 2016, et aux législatives de 2011 et 2015. Financée par le consortium des partenaires techniques et financiers représenté en son temps par le Pnud,  la Lépi a été conduite dans la précipitation et la tension. On se rappelle encore des marches de désapprobation de cette liste. On se rappelle également des 45 milliards engloutis pour sa réalisation, avec le Parel comme bras opérationnel.

Sa correction intervenue en 2015 a coûté 15 autres milliards. Au total, près de 60 milliards de nos francs ont été engloutis dans la confection d’un fichier électoral informatisé. Jusqu’à ce jour, le Bénin n’a pas encore fait de bilan exhaustif de ce lourd investissement pour en tirer les différentes leçons. Dans un tel contexte et au regard de la morosité économique ambiante, ne devrait-on pas accorder priorité à d’autres dépenses que de chercher à, de nouveau, investir des dizaines de milliards pour avoir un fichier d’Etat civil ? Au total, tout calcul bien fait, le Bénin investirait (Ravip inclu), plus de 100 milliards fcfa en moins de

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