Bénin : Qu’est-ce qui oppose réellement Talon et Madougou?

L’une des grandes conclusions de la rencontre entre le parti politique Les Démocrates et le président Patrice Talon est le refus catégorique du chef de l’Etat d’œuvrer à la libération de l’opposante Reckya Madougou. Même si on s’y attendait déjà, certains observateurs béninois se demandent finalement ce qui oppose réellement l’ancienne candidate à la présidentielle de 2021 et l’actuel locataire de la Marina, surtout au regard du passé qu’on connaît aux deux personnages. Les chances de sortie de Reckya Madougou de la prison avant 2026 se sont envolées après la rencontre du lundi 27 novembre entre Patrice Talon et les responsables du parti d’opposition Les Démocrates. Le refus du président Talon qui lui-même est revenu au pays après le pardon de son prédécesseur Boni Yayi en 2015 puis a gagné l’élection présidentielle un an plus tard, a été très catégorique.

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Bénin: face à face CEDEAO et partis politiques

Le représentant résident de la CEDEAO au Bénin a entamé des échanges avec certaines formations politiques. Il a d’abord rencontré le parti Les Démocrates, puis le parti UP-R. Si pour l’ambassadeur, il s’agit de rencontres régulières de l’organisation, pour d’autres observateurs, c’est une réponse à la lettre adressée à la communauté internationale par l’ancien président Boni Yayi.

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Bénin: qu’est ce qui justifie les yeux doux de Talon aux Béninois ?

S’il est reconnu que la fin des mandats a souvent été tumultueuse en République du Bénin, celle de Patrice Talon annonce les couleurs d’un retour aux amours avec le peuple. A environ deux ans de la fin de mandat de l’actuel chef de l’Etat béninois, la pression du régime de la Rupture a baissé d’un cran. Mieux, les Béninois ont leur langue de plus en plus déliée et prennent des initiatives qu’ils ne pouvaient oser il y a quelques années.

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Bénin : la proposition de loi d’amnistie de l’opposition sort enfin des tiroirs

La proposition de loi d’amnistie du parti d’opposition Les Démocrates sera étudiée au cours de la session qui s’est ouverte depuis quelques jours au Parlement. C’est du moins ce qu’on peut retenir du point de presse animé mercredi par le porte-parole du président de l’Assemblée nationale. Cette programmation vient comme en réponse à un article paru dans les colonnes de notre journal le vendredi 10 novembre 2023. Seulement on se demande s’il s’agit d’une programmation de forme ou d’une réelle volonté de régler la situation politique dans le pays. Le sort de la loi d’amnistie sera décidé dans les jours à venir. L’initiative, du groupe parlementaire Les Démocrates sort ainsi des tiroirs de la commission des lois. L’accord des parlementaires sur cette proposition permettra la libération et le retour sur la scène politique des personnalités comme Reckya Madougou, Joël Aivo, Komi Koutché, Sébastien Ajavon, Valentin Djènontin Agossou, Léhady Soglo et bien d’autres.

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Bénin: Talon sanctionné par les producteurs de coton ?

La campagne cotonnière 2023-2024 n’aura pas tenu les engagements. La moisson n’est pas aussi abondante que le gouvernement l’aurait espérée. Même si les raisons existent selon le ministre de l’agriculture pour justifier cette baisse de performance, il n’est pas à négliger la mise en exécution de la menace des producteurs de coton à l’endroit du régime de la Rupture.  550 000 tonnes environ, voilà ce qui est issu de la production cotonnière pour le compte de la campagne en cours. L’information est rendue publique, le vendredi 10 novembre dernier à Nikki. C’était à l’occasion du lancement, par le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui, de la campagne de commercialisation du coton-graine pour l’année 2023-2024. Avec ces prévisions, il ressort que le Bénin ne réussit pas à remonter la pente après la chute de sa production lors de la campagne précédente. En effet,  la campagne précédente avait été marquée par une chute considérable de la production, passant de 766 273 tonnes en 2021-2022 à 588 105 tonnes en 2022- 2023. 

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Essence frelatée au Bénin: ce pain qui tue toujours malgré les réformes de Talon

L’essence de contrebande a fait de nouvelles victimes dans le Nord du Bénin. Cette situation relance le débat sur le niveau d’avancement des réformes qui ont été annoncées par le gouvernement de Patrice Talon suite au drame de Sèmè-KrakéL’essence frelatée communément appelée « Kpayo » a fait de nouvelles victimes il y a quelques jours dans la commune de Gogounou, département de l’Alibori située dans le Nord du Bénin. En effet, ce mercredi 8 novembre, au total, 3 personnes ont perdu la vie dans un incendie. Elles seraient décédées à la suite de brûlures. Ce drame intervient après celui de Sèmè-Kraké qui a tristement marqué les esprits au Bénin. Le bilan avait fait état de 36 personnes décédées et d’une vingtaine de blessés.

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Bénin: Que cache la médiation de Patrice Talon ?

Les protagonistes de la crise qui secouait la mosquée de Cadjèhoun ont fumé le calumet de la paix la semaine écoulée, sous l’égide du président de la République Patrice Talon. Sans rien enlever  au succès et au mérite de cette démarche, le chef de l’État devrait mieux s’employer  à exercer ses talents de réconciliateur et de pacificateur, là où l’attendent de nombreux Béninois.  

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Retour en politique: Boni Yayi attendu de pied ferme

Le 15 octobre dernier à Parakou, l’ancien président de la République béninoise Boni Yayi prenait les rênes de la plus grande formation politique de l’opposition Les Démocrates, indiquant clairement par la même occasion, ses intentions de jouer un rôle primordial dans l’avenir politique du pays en 2026. Mais, cette ambition ouvertement affichée, ne sera pas du tout une sinécure. Le camp presidentiel lui prépare de nombreuses surprises.

Le nouveau président du parti Les Démocrates et partant, chef de file de l’opposition béninoise Boni Yayi, n’aura pas un temps d’observation. Depuis qu’il est revenu dans l’arène politique à l’issue du congrès de Parakou des 14 et 15 octobre dernier, le camp présidentiel fournit les armes et lui réserve un accueil digne de son rang dans la bataille politique notamment pour les enjeux de 2026. L’homme lui-même avait lancé les couleurs dans son premier discours ce jour- là de la clôture des travaux de ce congrès. Il avait affirmé qu’il s’attèlera en premier ressort, à la libération des prisonniers politiques notamment l’ancien ministre Reckya Madougou, le constitutionaliste Joël Aivo et le retour des exilés politiques Valentin Djénontin, Komi Kountché et consorts.

A ce sujet, les députés du camp présidentiel l’attendent de pied ferme. Sachant qu’ils ont la majorité à l’Assemblée nationale pour voter une loi en faveur des intéressés, ceux-ci attendent de voir comment l’ancien président compte s’y prendre. Selon certaines indiscrétions, ce sera la première patate chaude du tout nouveau président du parti Les Démocrates. Ils ne comptent pas lui donner facilement leur quitus pour ce projet avant la fin du second quinquennat du président Patrice Talon déclarent-ils. Autrement dit, il y a des risques que ces prisonniers politiques ne recouvre pas la liberté et que les exilés politiques ne foule pas le sol de leur pays avant 2026.

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Affrontement avec la police à Bassila: les clarifications du préfet de la Donga

Dans le département de la Donga, un affrontement a eu lieu entre certains individus et les forces de l’ordre et de défense le samedi 14 octobre 2023, non loin de Balanka, une localité du Togo. Cette situation s’est présentée lors de l’installation des moellons sur la piste de Bassila conduisant à Balanka.

En effet, pour des raisons liées à la sécurisation de son territoire, le gouvernement du Bénin a pris la décision de fermer les pistes secondaires non autorisées. C’est en application de cette décision que le gouvernement a recouru aux services d’une société pour mettre des moellons sur ces pistes non autorisées.

Au cours de ce travail, ‹‹ des citoyens d’un pays voisin se sont pris aux éléments de la Police béninoise. Contrairement aux informations partagées ou distillées sur les réseaux sociaux, ce ne sont ni les populations de Manigri ni celles de Pénélan et encore moins celles de Bassila qui ont eu une altercation avec la Police Républicaine ››, informe le préfet du département de la Donga à travers un communiqué.

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Le «come-back» politique de Boni Yayi: mauvaise nouvelle pour le président Talon

En se déclarant prêt à prendre la tête du plus grand parti de l’opposition béninoise, c’est un coup de projecteur, un retour fracassant que s’est offert l’ancien président de la République Boni Yayi. Une très mauvaise nouvelle pour l’actuel locataire de la Marina Patrice Talon. Il était jusque-là, une sorte de statue du Commandeur (grade honorifique) au sein du plus grand parti de l’opposition béninoise. Le voici revenu au devant de la scène politique avec fracas, levant l’étendard du parti qu’il a créé lui-même en toute discrétion, Les Démocrates.

L’ancien président de la République du Bénin, Boni Yayi que beaucoup de personnes du camp présidentiel, notamment le chef de l’État lui-même Patrice Talon souhaitent oublier, définitivement enfoui dans les tréfonds de l’histoire et ne plus jamais rencontrer dans l’arène politique béninoise, a fait son « come-back » à l’issue du congrès ordinaire de ce parti hier dimanche 15 octobre. En réalité, Boni Yayi a savamment préparé son « affaire » depuis fort longtemps et il est revenu dans un timing parfait. il mijotait son plan depuis belle lurette et le fait de placer le député Éric Houndété aux manettes du parti Les Démocrates lors de sa création, c’était bien pour embrouiller les pistes. En fait, l’envie de l’ancien président de la République de revenir en politique par la grande porte, ne s’est jamais estompée. Bien au contraire ! Il piaffait d’impatience. Les bains de foule dont il rafolle lui manquaient.

Et il ne lui a probablement pas échappé, qu’il jouit encore d’une large popularité au sein des populations que celles -ci lui rendaient bien lors de ses rares sorties. D’ailleurs, des Béninois l’appellaient Papa bonheur », pour lui témoigner leur affection du temps où il était au pouvoir et où l’argent facile circulait, les hommes politiques se mettant pleins les poches balançant de part et d’autre quelques billets à leurs militants et les couches les plus défavorisées bénéficiant de micro crédits. Et il a choisi son heure. Puis, il a « bondi » comme lui-même aime à le dire, pile au moment où le régime du président Patrice Talon est en plein dans la tourmente. A moins de trois ans de la fin de son second et dernier quinquennat constitutionnel, les temps sont en effet difficiles pour le locataire de la Marina.

Ses collaborateurs commencent déjà à prendre leurs distances, et les langues commencent à se délier pour critiquer ouvertement ce que quelques mois plus tôt, personne ne pouvait dénoncer. Bref, c’est…

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Suscitations de candidature au Bénin : le rétropédalage du gouvernement

Lancées à moins de trois ans avant la prochaine élection législative, les opérations de suscitation de candidature ont semblé avoir au début le quitus du gouvernement avant d’apparaître comme une faute après les supposées invectives du chef de l’Etat contre son ex ministre de la jeunesse et des sports Oswald Homeky. Le gouvernement souffle le chaud et le froid sur la question de suscitation des candidatures pour l’élection présidentielle de 2026.

Depuis plusieurs mois que ces opérations ont commencé, personne n’a levé son petit doigt pour fustiger cela. Ministres, députés, Directeurs Généraux… tous sont restés silencieux face à l’armada communicationnelle déployée sur le terrain pour susciter la candidature d’une personnalité connue comme un proche collaborateur du chef de l’Etat. Au contraire, les campagnes ont bénéficié de cette complicité du silence de la part des acteurs influents de la majorité présidentielle.  La seule voix qui en a parlé n’a eu d’autre choix que de l’approuver. 

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Démission en cascades de conseillers municipaux: Que se passe-t-il à Porto Novo ?

A l’image des vagues de la lagune de Porto-Novo très agitée par ces temps de crue, l’hôtel de ville n’affiche guère une sérénité. En moins d’un mois, le Conseil municipal a été secoué par les démissions de trois conseillers de leurs partis d’origine pour rejoindre le mouvement OB qui n’est pourtant pas un parti. Une folle saison de coups bas et de transhumance qui n’a pas encore, selon des confidences, livré tous ses secrets. La météo politique n’annonce pas de bons temps pour la ville en ce début du mois d’Octobre.

A l’horizon, des nuages assombrissent le ciel et amènent maints observateurs à prédire une saison orageuse pour la ville. A moins de trois ans des prochaines élections générales, la capitale se montre singulièrement plus agitée que les autres villes du pays où tout semble être bien calme en attendant peut -être la nuit des longs couteaux. Capitale du Bénin, Porto Novo a la réputation légendaire de ville contestataire où quelques fois naissent des frondes politiques et aussi des projets de candidatures à la plus prestigieuse fonction de l’Etat.  Elle en donne le ton depuis quelques semaines avec les remue-ménages au conseil municipal de la ville.

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Bénin : Koovi dénonce l’attitude ambiguë de Oswald Homéky

La démission de Oswald Homéky de la tête du ministère des sports le vendredi 06 octobre 2023 continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. La dernière réaction est celle de Bertin Koovi, membre du parti Bloc Républicain. Dans une déclaration qu’il a rendue publique le samedi 07 octobre 2023 au sujet de la démission du ministre des sports Oswald Homéky, ce membre de la mouvance présidentielle a affirmé que le président Patrice Talon « est déjà réduit à un lion qui n’a plus de crocs ».

Il s’étonne qu’il ait « fallu 7 ans pour que la conviction du peuple prévale sur le devoir de servir sa patrie ». Bertin Koovi va plus loin dans son analyse de la situation et lâche ces mots: « Plus on va s’approcher de 2026 et plus vous allez voir de la tragédie du genre ». Aussi a-t- il fait savoir que «bientôt, vous verrez que ceux qui sont prêts à tuer quiconque ont le courage de dénoncer des décisions de Talon aujourd’hui, prendre la posture de ses opposants pour se donner une légitimité auprès du peuple naïf ». « Mais le verbe est mal choisi «Démissionner» » a estimé Bertin Koovi qui souligne que c’est tout le problème.

Talon affaiblit, selon Koovi

Le militant du parti Bloc Républicain a expliqué que « quand un ministre qui a fait 7 ans dans un gouvernement se lève et démissionne parce que son chef, le président, lui aurait reproché une posture politique, ça affaiblit le président » Patrice Talon. Pour le président de l’Alliance Iroko, il aurait suffit seulement pour l’ex-ministre des sports de dire : «  j’ai demandé au président Patrice Talon de me décharger de la mission républicaine qui est la mienne afin que je puisse aller vers d’autres horizons ». « Quel peuple Patrice Talon empêche d’exprimer aujourd’hui sa conviction », s’est interrogé M Koovi. Puis Bertin Koovi se demande où était le défenseur du peuple lorsque les activistes étaient « pourchassés ».

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Nomination d'expatriés au Bénin : le talon d'Achille du gouvernement

La guigne s’acharne contre les expatriés nommés dans l’administration publique béninoise par le régime de la Rupture. Pour la troisième fois, l’un des soi-disant « experts étrangers« , recrutés pour pallier le « désert de compétences » que serait le Bénin, a quitté le pays sur la pointe des pieds. Démontrant du coup, la faiblesse de la conception du gouvernement selon lequel il faut compter sur la coopération extérieure pour relever les défis économiques qui se posent à notre pays.
« Jamais deux sans trois« , dit le proverbe bien étrange français, dont l’origine reste mystérieuse. Il veut tout simplement dire qu’une chose qui s’est produite deux fois, se produira une troisième fois.

Les bonnes nouvelles s’enchaînent, les malheurs se répètent. En tout cas, cet adage semble se vérifier actuellement avec la valse de départ en catimini des expatriés recrutés par le régime de la Rupture pour remplacer les fiers cadres béninois dans la gestion des structures de l’administration publique de leur pays. Il y a une semaine jour pour jour, le vendredi 29 septembre, celui qu’il faut appeler désormais ex-directeur général du Port autonome de Cotonou, le Belge Joris Albert Thys, annonçait devant son personnel réuni sous le drapeau béninois, qu’il quitte son poste pour valoir ses droits à la retraite. Il occupait ce poste depuis le 1er août 2018 en remplacement de son compatriote Christiaan De Block, en vertu d’une convention qui lie le Port autonome de Cotonou à celui d’Anvers en Belgique depuis décembre 2017.

Avant M. Albert Thys, c’est le Canadien Jacques Paradis ex-directeur de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) qu n’a pas fait long feu à la tête de cette entreprise. Il a pris la poudre d’escampette après avoir été limogé en octobre 2021. M. Gérard Zagrodnik, antérieurement directeur des études, projets et planifications de la même entreprise sous M. Paradis a été ensuite nommé directeur général. Il rend le tablier en août dernier à M. Gabriel Dégbégni précédemment ancien coordonnateur de Mca II, suite à une décision du Conseil d’administration de la Sbee. A qui le tour prochainement, sachant bien que depuis son avènement, le régime de la Rupture a procédé à une cascade de nominations d’expatriés dans l’administration publique béninoise ?

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