La situation politique au Mali est marquée par une instabilité profonde, conséquence de plusieurs années de crises successives. Depuis 2012, le pays traverse une période de turbulences, accentuée par l’occupation du nord et du centre par des groupes armés, dont certains liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. En août 2020, un coup d’État a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), excité par des frustrations populaires liées à la mauvaise gestion de la crise sécuritaire et à des allégations de corruption. Un groupe de militaires dirigé par le colonel Assimi Goïta a pris le pouvoir et instauré une transition politique, promettant des réformes et un retour à un gouvernement civil. Une charte de transition a été adoptée en septembre 2020, créant un gouvernement de transition dirigé par un président, Bah Ndaw, et un vice-président, Assimi Goïta. Cependant, la transition a été perturbée en mai 2021 lorsque Goïta a renversé le gouvernement de transition, affirmant que Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane n’avaient pas respecté leurs engagements. Assimi Goïta est devenu le président de la transition après ce coup d’État.
AES
Marché UEMOA : le Mali lève 33 milliards FCFA pour renforcer sa trésorerie
Le 22 janvier 2025, l’État malien a réussi une levée de fonds importante sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Cette opération, réalisée par la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, a permis de mobiliser 33 milliards de francs CFA. Pour atteindre cet objectif, le Mali a émis simultanément trois types d’instruments financiers : des bons assimilables du Trésor (BAT) à court terme et deux catégories d’obligations assimilables du Trésor (OAT) à moyen et long termes. Les investisseurs ont ainsi pu choisir entre différentes maturités et taux d’intérêt pour placer leur argent. Le montant mis en adjudication était initialement de 30 milliards de FCFA.
Niger: l'entreprise française Orano lance un autre arbitrage contre l'état
L’entreprise française Orano a engagé un deuxième arbitrage international contre le Niger. Ce recours, annoncé le 21 janvier 2025, fait suite à la perte de contrôle de sa filiale Somaïr, la société qui exploite la dernière mine d’uranium active du pays. Ce contentieux porte sur la commercialisation de la production de cette mine, un dossier sensible dans un contexte déjà tendu entre le groupe français et l’État nigérien. Orano dénonce l’entrave des autorités nigériennes à la bonne marche de son activité, ce qui a aggravé la situation financière de Somaïr, en particulier avec la mise sous séquestre de 1050 tonnes de concentré d’uranium, d’une valeur estimée à 300 millions d’euros.
Burkina : les forces armées multiplient les actions contre les terroristes
Le terrorisme au Burkina Faso est devenu une menace majeure depuis 2015, perturbant profondément la sécurité, la stabilité et le développement du pays. Le Burkina Faso, situé au cœur de la région du Sahel, partage des frontières avec des pays comme le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Togo, qui connaissent, eux aussi, des problèmes liés au terrorisme. Ce phénomène a été alimenté par la montée des groupes djihadistes affiliés à des organisations telles que l’État islamique (EI) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui ont trouvé un terreau fertile dans les régions sahéliennes instables. En réponse, le gouvernement burkinabè a mis en place plusieurs actions pour lutter contre le terrorisme et tenter de restaurer la sécurité dans le pays. Les forces armées ont intensifié leurs opérations contre les groupes armés terroristes (GAT).
Mali : un complexe multisports pour promouvoir le sport et l'unité
Le Mali inaugure une nouvelle ère pour son sport national. Le mercredi 15 janvier 2025, le président de la transition, Assimi Goïta, a posé la première pierre du futur complexe sportif Mali-Arena à Koulikoro. Cette infrastructure moderne, qui prend la forme d’une calebasse, symbole emblématique de la culture malienne, est bien plus qu’un simple stade. Avec ses dix entrées principales, son entrée VIP et sa capacité d’accueillir 10 000 spectateurs répartis sur deux étages, le Mali-Arena promet de devenir le cœur battant du sport malien.
Or au Mali: Goïta remporte une nouvelle bataille contre une société britannique
Le gouvernement malien a récemment signé un protocole d’accord avec la société britannique Hummingbird Resources, portant sur le versement d’une somme de 10 milliards FCFA (environ 16 millions de dollars) à l’État malien. Cet accord vise à résoudre un différend de longue date entre l’État et la compagnie qui exploite la mine d’or de Yanfolila. L’accord stipule que Hummingbird effectuera ce paiement d’ici au 30 juin 2025. En contrepartie, l’entreprise accepte de se conformer au Code minier révisé de 2023, ce qui inclut des concessions importantes telles que la renonciation à une demande de remboursement de TVA s’élevant à 10 milliards FCFA.
Maghreb : expulsions records de migrants vers le Niger en 2024
L’Algérie a procédé en 2024 à un nombre record d’expulsions de migrants vers le Niger, selon les données alarmantes de l’ONG Alarme Phone Sahara (APS). Plusieurs milliers de migrants irréguliers nigériens et d’autres pays africains, dont des enfants et des femmes, ont été refoulées à la frontière. « Au moins 31.404 personnes (…) ont été expulsées d’Algérie à la frontière du Niger pendant l’année 2024 » a déclaré Alarme Phone Sahara dans un communiqué. Ce chiffre dépasse largement celui des années précédentes, y compris celui de 2023, où 26 031 expulsions avaient été recensées.
Mali : 3 tonnes d'or saisies chez une société canadienne
Le gouvernement malien a intensifié sa pression sur les sociétés minières opérant sur son territoire. Il a procédé à la saisie de trois tonnes d’or appartenant à la multinationale canadienne Barrick Gold après une mise en demeure adressée par les autorités maliennes au début du mois. Cette action, évaluée à plus de 260 millions de dollars canadiens, s’inscrit dans le cadre d’un différend opposant l’État malien à l’entreprise sur le partage des revenus.
Le Niger réintègre 124 ex-combattants de Boko Haram dans la société
Le Niger a franchi une nouvelle étape dans sa lutte contre l’insurrection de Boko Haram. Après avoir suivi un programme de réadaptation dans la région de Diffa, 124 anciens combattants, dont 44 mineurs, ont été réinsérés dans la société civile. Cette initiative, soutenue par le ministère de l’Intérieur et saluée par les autorités, a pour but de promouvoir la paix et la réconciliation dans une région longtemps secouée par la violence. « C’est avec une grande fierté et un grand espoir que nous nous réunissons aujourd’hui pour célébrer cette avancée vers la paix et la réconciliation », a affirmé le gouverneur de la région de Diffa dans le sud-est, le général Mahamadou Ibrahim Bagadoma.
Lithium : le Mali sollicite les ports ivoiriens pour ses exportations
La récente inauguration de la mine de Goulamina au Mali le 15 décembre 2024 marque une étape décisive pour l’Afrique dans la production de lithium, un métal essentiel pour les batteries des véhicules électriques. Ce projet d’envergure, l’un des plus importants gisements de lithium non exploités au monde, promet de transformer le paysage économique du Mali. Pour écouler cette production massive, le Groupe Lithium du Mali SA (LM SA), par le biais de sa filiale Goulamina Logistique, a jeté son dévolu sur les ports ivoiriens, notamment ceux d’Abidjan et de San Pedro. Ces infrastructures portuaires modernes et efficaces offrent une solution logistique optimale pour exporter le lithium malien vers les marchés mondiaux.
Niger : deux nouvelles déchéances de nationalité annoncées
Le régime militaire du Niger, sous la direction du général Abdourahamane Tiani, a pris une nouvelle mesure de déchéance provisoire de la nationalité à l’encontre de deux individus accusés d’activités mettant en péril la sécurité publique. Un décret signé le 6 janvier 2025 par le chef du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) cible Maman Sani Ali Adam, alias Celon Ali Adam, né en 1992 à Zinder, et Boussada Ben Ali, né en 1972 à N’Gourti.
Mines au Mali : la tension monte encore avec Barrick Gold
La situation se complique pour l’entreprise minière Barrick Gold Corporation au Mali. Son complexe minier de Loulo-Gounkoto est confronté à une impasse majeure. L’entreprise est empêchée d’exporter l’or produit dans le complexe. Une décision de justice a ordonné la saisie du stock d’or présent sur le site, paralysant ainsi les opérations et portant un coup dur à l’économie locale. Barrick conteste fermement cette décision qu’elle juge injustifiée et contraire aux accords passés avec le gouvernement malien. Face à cette impasse, le PDG de Barrick, Mark Bristow, a lancé un ultimatum au gouvernement malien. « Si ce problème n’est pas résolu dans la semaine à venir, Barrick n’aura d’autre choix que de suspendre temporairement les opérations à Loulo-Gounkoto », a déclaré le PDG de l’entreprise Mark Bristow. Une décision difficile, mais nécessaire, selon lui, pour protéger les intérêts de Barrick et de ses employés.
Le Niger justifie la suspension des services consulaires américains
Les autorités nigériennes ont tenu à rassurer l’opinion publique et les partenaires internationaux en expliquant les raisons de la fermeture temporaire de la section consulaire de l’ambassade américaine à Niamey. Contrairement aux spéculations faisant état de tensions diplomatiques, il s’agit en réalité d’une mesure purement administrative. Selon un communiqué officiel, cette décision a été motivée par le rappel disciplinaire de la chargée des affaires consulaires. Cette dernière sera prochainement remplacée afin de garantir la continuité des services. Les autorités nigériennes ont fermement démenti toute intention d’altérer les relations bilatérales avec les États-Unis, soulignant la solidité de leur partenariat. Elles qualifient ces rumeurs d' »allégations malveillantes » et les dénoncent comme étant des projets de « désinformation et de médisance ».
Mali: l'ex-1er ministre Choguel Maïga accusé dans une affaire grave
Le Bureau du vérificateur général (BVG) du Mali a récemment publié certaines irrégularités graves dans la gestion de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (Agefau) entre 2020 et 2023. Le rapport, qui couvre une période incluant le mandat de l’ancien Premier ministre Choguel Maïga, dénonce des pratiques suspectes. Parmi elles figure un prêt irrégulier de plus de 20 milliards de FCFA accordé en avril 2020, avant l’entrée en fonction de Maïga, pour financer des mesures liées à la pandémie de COVID-19.
Burkina : Ibrahim Traoré annonce de nouveaux bataillons
Bientôt de nouveaux bataillons au Burkina Faso pour la sécurité du territoire. Le capitaine Ibrahim Traoré a présenté les axes stratégiques pour 2025, mettant l’accent sur le renforcement de la sécurité nationale. Ainsi, au moins cinq nouveaux bataillons d’intervention rapide (BIR) seront formés et déployés dans des zones stratégiques. « Au niveau de l’armée de terre, nous procèderons à la création d’un groupement expéditionnaire Sahel. Tout cela dans l’objectif de pouvoir densifier les champs de bataille« , a-t-il déclaré.
Putsch de 2015 au Burkina : une loi d’amnistie adoptée
Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans le traitement de son passé tumultueux. Lundi 30 décembre 2024, l’Assemblée législative de transition a adopté une loi accordant une grâce amnistiante aux militaires impliqués dans la tentative de coup d’État de septembre 2015 contre l’ancien président Blaise Compaoré. Cette mesure, qui vise spécifiquement les événements des 15 et 16 septembre 2015, a pour objectif d’apaiser les tensions et de tourner la page sur cette période trouble de l’histoire du pays. Pour bénéficier de cette amnistie, les intéressés devront adresser une demande au président Ibrahim Traoré. Leur dossier sera examiné au cas par cas et leur loyauté envers le pays, notamment leur engagement dans la lutte contre le terrorisme, sera évaluée.
Niger : un réseau de cybercriminels démantelé
La Direction de la police judiciaire (DPJ) au Niger a mis fin aux activités d’un réseau d’escrocs en ligne. Neuf personnes ont été arrêtées après avoir escroqué 40 millions de francs CFA à 54 victimes. Les malfaiteurs contactaient leurs cibles en se faisant passer pour des amis, leur proposant de fausses affaires commerciales, notamment l’exportation de miel ou de beurre de karité à destination de prétendus partenaires en Turquie ou en Chine. Une fois l’argent envoyé, ils disparaissaient et mettaient fin à tout contact.
Le Mali reprend le contrôle d'une importante banque
Le gouvernement malien a récemment décidé de racheter les parts détenues par la société allemande d’investissement et de développement (DEG) et le crédit coopératif dans la Banque nationale de développement agricole (BNDA). Cette acquisition stratégique, qui porte la participation de l’État à 77,33%, vise à renforcer l’influence de l’État sur cette institution financière clé pour le secteur agricole du pays. Désormais majoritaire au capital de la BNDA, l’État malien pourra orienter plus directement les politiques de la banque pour mieux répondre aux besoins des agriculteurs maliens.
Pipeline Niger-Bénin : Niamey accuse le Nigéria de sabotage
Les relations entre le Niger et le Nigeria se sont considérablement dégradées ces derniers mois. Mercredi 18 décembre, Niamey a convoqué la représentante diplomatique nigériane pour protester contre de présumées tentatives de déstabilisation. Selon les autorités nigériennes, des éléments de l’appareil sécuritaire nigérian seraient impliqués dans des attaques visant le pipeline reliant le Niger au Bénin, notamment dans la région de Dosso. Ces actes de sabotage, orchestrés depuis le territoire nigérian, viseraient à créer le chaos et à renverser le gouvernement en place.