Concours au Bénin : Togbonon dans la peau de l’avocat du gouvernement

Concours au Bénin : Togbonon dans la peau de l’avocat du gouvernement

Le Procureur de la République Gilbert Ulrich Togbonon, a échangé avec la presse ce vendredi 09 mars 2018 au sujet des concours à polémique de l’année 2015 sous le régime Yayi. Bien qu’étant dans ses prérogatives, la manière par laquelle le procureur donne des explications sur les affaires amène à penser qu’il se rapproche du rôle d’avocat du gouvernement.

Le point de presse sur la procédure judiciaire entreprise par le procureur, n’a pris en compte que les dénonciations sur les cas de concours de 2015. Mieux, les mis en cause ne bénéficient presque plus de la présomption d’innocence comme le prévoit les dispositions constitutionnelles, puisque le procureur a tiré la conclusion avant leur jugement : « les enquêtes ont révélé des indices graves et concordants de nature à motiver leur inculpation pour abus de fonction, fraude dans les examens et concours publics, et corruption passive d’agent public national aggravé. Toutes des infractions prévues et punies par la loi n°2011-20 du 12 Octobre 2011, portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin », a-t-il affirmé.

C’est qu’en fait bien qu’étant dans ses droits, les points de presse du procureur ressemblent plus à des prononciations de verdict qu’à la présentation de l’avancée de l’enquête. Toute chose qui contraste avec

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Grogne sociale au Bénin: Le dossier brûlant qui attend Talon

Grogne sociale au Bénin: Le dossier brûlant qui attend Talon

Depuis le mois de janvier 2018, les travailleurs de certains secteurs importants du pays sont en mouvement de débrayage. Ils exigent du gouvernement la satisfaction d’un certain nombre de revendications, mais ce dernier refuse de céder et le bras de fer ne fait qu’envenimer la crise sociale. Le Président Talon dès son retour de Paris, aura fort à faire pour éviter d’entraîner tout le pays dans cette crise persistante.

En quittant Cotonou pour une visite officielle en France, le Président Patrice Talon a laissé le Bénin dans une situation délétère. Les travailleurs de plusieurs secteurs sont en cessation de travail. La santé, l’éducation et la justice sont en grève. Les patients des hôpitaux et des centres de santé n’arrivent plus à se faire soigner correctement, les écoles, universités publiques et tribunaux sont fermés. Les enfants sont livrés à eux-mêmes dans la rue, les parents sont soucieux de leur avenir…

Le chef de l’Etat en déplacement en France ne doit pas avoir le sommeil tranquille. Le pays qu’il dirige est en ébullition. D’ailleurs, aucun dirigeant au monde ne le pourrait. Le Président de la république a fait semblant de banaliser la tension sociale qui règne actuellement au Bénin, lors de son point de presse conjoint avec Le Président Emmanuel Macron à Paris. Mais dans son for intérieur, il sait que le dénouement ne dépend que de lui, car la fronde sociale est un épineux dont il est le seul à déterminer le dénouement.

Le dialogue de sourds fait perdurer la crise

La crise sociale qui prévaut actuellement au Bénin, en inquiète plus d’un au regard de sa durée, de son intensité et ses conséquences. Les deux parties n’arrivent pas à accorder leurs violons. Le débrayage a été déclenché par les travailleurs, suite au vote par le parlement de la loi portant le retrait du droit de grève. Etant donné le caractère sensible de la question, les députés pouvaient retirer cette loi pour calmer les mécontentements.

Les travailleurs dans l’attente d’une solution à leur première exigence, en ont profité pour ressusciter toutes les vielles revendications qui dormaient dans les tiroirs. Il a fallu la décision de la cour constitutionnelle invalidant cette loi pour rassurer les grévistes. Ainsi, les travailleurs des secteurs de la santé et de la justice avaient aussitôt mis fin à leur débrayage en demandant au gouvernement de veiller à la satisfaction des autres revendications dans les négociations. Mais grande a été la surprise des travailleurs de constater des défalcations sur leurs salaires du mois de février 2018. Ils ont perçu ce comportement du gouvernement comme un acte de provocation. Les agents de l’Etat mécontents ont donc

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Bénin : Comment Patrice Talon s’invite devant la justice

Bénin : Comment Patrice Talon s’invite devant la justice

Par deux fois, le président de la République a fait le même aveu. C’était d’abord face aux membres de l’épiscopat qu’il recevait au Palais de la marina il y a de cela quelques semaines, puis lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron à l’Elysée. Patrice Talon y a reconnu sa part de responsabilité dans la mauvaise gestion des affaires publiques au Bénin depuis des décennies. Il a avoué publiquement avoir contribué à l’adoption de la mal gouvernance, et faire partie de la minorité qui en profité. Par ces aveux, le chef de l’Etat entend se compter parmi ceux qui doivent rendre gorge de leurs actes préjudiciables au mieux-être de tous.

Le Bénin est un petit pays pauvre d’Afrique de l’Ouest aux ressources limitées, et qui a connu de nombreux soubresauts sociopolitiques et économiques depuis son accession à la souveraineté internationale le 1er août 1960. L’instabilité du pays était toujours liée à la mal gouvernance, au choix des dirigeants et à l’option politique et idéologique du pays. Mais à la Conférence Nationale des Forces vives de février 1990, les béninois ont unanimement opté pour la démocratie et le libéralisme économique. Ils ont accepté de combattre toutes les pratiques malsaines pouvant entraver le bien-être de chacun et le développement harmonieux de tous les secteurs vitaux du pays. Depuis près de 30 ans, le Bénin n’a plus jamais connu de crise financière, économique ou de conflit meurtrier, pouvant empêcher son essor comme cela se remarque sous d’autres cieux. Le pays est ainsi un modèle de démocratie et de stabilité sociopolitique envié partout en Afrique et le monde.

Mais de manière générale, les Béninois ne sont pas fiers de l’état de développement économique de leur pays. Le Bénin n’enregistre pas de grandes réalisations socio économiques pouvant le propulser à l’échelle des nations phares du continent africain. Les secteurs de l’éducation, la santé, l’énergie, les transports, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la culture et les sports, se retrouvent dans un état de délabrement total. Les jérémiades des citoyens et les grèves des travailleurs du secteur public n’y ont rien changé. La prévarication, le pillage des ressources de l’Etat, la corruption, l’impunité etc., sont autant de cancers, instaurés en règle au sommet de l’Etat. C’est l’œuvre d’une minorité qui s’accapare toutes les richesses de l’Etat au détriment de la majorité pauvre. Ainsi, des individus sont devenus plus riches que l’Etat, et ils sont même prêts à narguer tout un peuple lorsque leurs contrats lugubres sont menacés.

Prendre au sérieux ces aveux du chefs de l’Etat

Lorsque le Président Patrice Talon faisait savoir récemment devant le clergé béninois qu’il a contribué à la déconfiture de son pays et qu’il en a assez profité, les Béninois prenaient ces propos comme une boutade. Mais, le chef de l’Etat a réitéré ces aveux à Paris lors du point de presse conjoint avec le président français Emmanuel Macron. Avouer à la face du monde des agissements malveillants contre son propre pays, dans le seul dessein d’engranger des avantages juteux, est un acte de bravoure inégalable. Surtout, lorsque l’auteur est un chef d’Etat en exercice. Mais c’est un acte qui pose un problème de crédibilité et choque la morale. Si le chef de l’Etat est sincère dans ses déclarations, il doit à présent se présenter devant les tribunaux pour expliquer à ses compatriotes comment il a contribué à la régression de son pays : le mode opératoire, les personnes mises à contribution, la nature des avantages et leur destination. C’est le moment pour la justice béninoise de se mettre en branle pour

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Affaire Zinsou – Ebomaf au Bénin: Gbadamassi en mission commandée

Affaire Zinsou – Ebomaf au Bénin: Gbadamassi en mission commandée

Le député Rachidi Gbadamassi a animé hier mardi 6 mars 2016, une conférence de presse à l’Hôtel Azalai de Cotonou. Il a été question de la supposée créance de l’ancien candidat des Fcbeà la présidentielle de 2016.

Face à la presse, le député de la 8e circonscription électorale soutient que le débiteur d’Ebomaf doit rembourser sa dette, et doit aussi être frappé avec ses complices de déchéance électorale pour avoir utilisé un montant supérieur à celui prévu par la loi pour la campagne présidentielle. En lisant entre les lignes ces propos du député, on s’aperçoit que la personne visée par cette sortie médiatique n’est autre que Boni Yayi.

Le député de la 8e circonscription électorale a expliqué à la presse que sa sortie médiatique portait sur la créance supposée de 15 milliards Fcfa, que Lionel Zinsou a contractée auprès de l’entreprise Ebomaf. Il fonde ses allégations sur l’article du périodique français « la Lettre du continent », qui dans sa parution du 21 février 2018, titrait : « Lionel Zinsou déstabilisé par une lourde créance ». Ce sont donc les faits rapportés par cet hebdomadaire spécialisé dans les informations confidentielles que Rachidi Gbadamassi a rappelés à l’assistance. Il est revenu sur les 15 milliards Fcfa de dette que l’ancien premier ministre aurait contractés auprès du président fondateur de l’entreprise Ebomaf, le Burkinabé, Mamadou Bonkougou. Il a établi que cette somme qui lui aurait été prêtée entre janvier et mars 2016, correspondant à la période de la campagne électorale de la présidentielle de 2016. Il aboutit donc à la conclusion que le bénéficiaire de ladite créance aurait utilisé ces fonds à des fins de campagne électorale.

Intrigues politiques

Dès lors, il invoque le code électoral notamment l’article 10, qui dispose que le budget de campagne électorale pour la présidentielle ne saurait excéder 2.5 milliards Fcfa. Pour Rachidi Gbadamassi, le budget de campagne de Lionel Zinsou aurait donc dépassé le montant fixé, et par conséquent la chambre des comptes de la Cour suprême devrait s’autosaisir et faire payer l’amende comprise entre 5 et 50 millions Fcfa à ce dernier, en plus d’une année de déchéance électorale. Il postule que Lionel Zinsou soit sanctionné autant que son complice qui l’a imposé comme candidat, ainsi que les partis politiques qui l’ont soutenu.

Il dit par ailleurs que tout doit être fait pour que le supposé débiteur d’Ebomaf paie ses créances. Pour se faire Rachidi Gbadamassi annonce entamer une tournée sous-régionale pour rencontrer les parlements de la sous-région, ainsi que les chefs d’Etat dans le but de les amener à plaider pour le paiement de cette créance. Seulement, même avec toute la volonté de prendre au sérieux ces allégations du député de la 8e circonscription électorale, quelques faits suscitent des interrogations.

Probable diffamation

C’est par exemple savoir à quel titre Rachidi Gbadamassi s’emploie à suivre cette affaire. Est-ce comme un mandaté d’Ebomaf ou comme actionnaire de cette structure ? Surtout que depuis la publication de cet article par le journal français, aucun officiel d’Ebomaf ne s’est

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A l’Elysée, les aveux de Talon sur la mauvaise gouvernance au Bénin

A l’Elysée, les aveux de Talon sur la mauvaise gouvernance au Bénin

Talon a-t-il le « mal de l’Elysée » ? Chaque fois qu’il s’y rend, l’actuel chef de l’Etat Béninois sort du registre classique de la communication recommandé en ces occasions. Un mot de trop ou parfois une allusion maladroite discrédite ainsi son speech. Avec Hollande, on l’a vu humilier l’intelligentsia béninoise en parlant de « désert de compétence ». Hier, il a reconnu sa responsabilité dans la souffrance des Béninois.

Patrice Talon est depuis quelques jours dans une opération de rédemption. Sûrement perturbé par sa conscience, il n’hésite plus à dire publiquement sa responsabilité dans la situation critique du pays. Déjà face au clergé catholique, puis une seconde fois hier à l’Elysée en présence du président français Emmanuel Macron. Morceau choisi : « Vous savez à mon âge et pour le parcours qui a été le mien au Bénin, il ne serait pas sincère de dire que je n’ai pas une responsabilité dans la situation dans laquelle se trouve mon pays. Il faut le dire, la responsabilité est partagée par beaucoup de béninois dont moi-même. Et l’état dans lequel se trouve le pays (…) autant de choses qui ont profité à une minorité dont moi-même. Et, être dans mes fonctions actuelles, avoir cette opportunité de réparer et m’abstenir de le faire, ce serait louper l’occasion de rentrer dans l’histoire, ce serait louper l’occasion à la fin de votre vie de vous regarder dans le miroir et dire j’ai accompli ma mission sur terre, même si par moment on n’a pas été à la hauteur des attentes de nos concitoyens et que nos intérêts personnels ont pu peut être nous aveugler ».

De ces déclarations, il faut d’abord saluer l’effort d’honnêteté fait par le président de la république pour reconnaître et dire publiquement sa part de responsabilité dans la décadence actuelle du pays. C’est peut être une démangeaison morale, mais qui a toute sa portée puisqu’elle permet de situer les responsabilités des uns et des autres. Et comme il nous offre cette opportunité, pourquoi ne pas amener le chef de l’Etat à faire une confession plus approfondie pour en savoir davantage sur cette responsabilité qu’il n’a plus la pudeur de garder. Dans un pays sérieux, ces déclarations auraient été prises plus au sérieux. Un tribunal spécial pourrait être constitué pour l’écouter, afin qu’il dise tout ce qu’il a fait de mal au pays, afin qu’il dise à combien s’élèvent les actes de prévarication dont il a bénéficié, les auteurs et les circonstances. Le chef de l’Etat nous offre une occasion inouïe d’organiser notre conférence « vérité et réconciliation », en faisant confesser tous ceux qui, comme lui, ont une part de responsabilité dans le malheur qui frappe le grand nombre.

Confessions inachevées

Mais hélas, autant on doit se réjouir de cette volonté du président Talon de se confesser, autant on doit dénoncer sa duplicité de langage. Autant il dénonce l’inégalité, autant il en fait la promotion à travers le paiement d’émoluments colossaux à ses proches collaborateurs. L’exemple qui défraie la chronique est celui de

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Partis politiques au Bénin : Que reste-t-il de l’Union fait la Nation ?

Partis politiques au Bénin : Que reste-t-il de l’Union fait la Nation ?

Entre 2008 et 2011, elle avait faire rêver tout un peuple. En si peu de temps, elle réussit sous l’égide d’un certain Bruno Amoussou, à fédérer les partis et les hommes politiques, même les plus antagonistes, et à devenir une force politique incontournable. Mais l’échec à la présidentielle de mars 2011 fait dévoiler la fébrilité de cet ovni politique. Depuis, l’union se réduit comme peau de chagrin, et les contingences politiques actuelles tournent en sa défaveur.

Sauf cataclysme, l’Union fait la nation (Un) devrait aller en conseil national transitoire dans les jours à venir. Probablement le 10 mars prochain, souffle une source proche du parti. Ce congrès doit permettre à ce conglomérat de partis et de personnalités politiques, de se muer en une vraie union comme son nom l’indique, avec la dissolution des partis qui le composent. Cette fusion avait été choisie comme modèle de réforme pour amener l’union à se dynamiser et à rester conforme à l’air du temps.

Mais s’il arrive à tenir en dépit des réticences internes, ce congrès contribuera plus à l’enlisement qu’à la résurrection de l’union. Et pour cause, depuis l’échec de son candidat à la présidentielle de 2011, l’idéal de l’union n’émeut plus grand monde dans le gotha politique. Beaucoup de grands leaders en doutent, au point où juste après cette élection, les deux plus grosses cylindrées que sont le Prd et la Rb ont quitté la barque, laissant l’union dans la seule main des petits partis. C’est cela qui explique le nombre infime de députés obtenus aux législatives de 2015, avec douze députés contre les 30 obtenus en 2011. Soit une baisse de pourcentage de plus de 50%. Précision de taille : de 13 députés, plusieurs comme Candide Azannai, Claudine Prudencio et Joseph Djogbénou, ont juste emprunté le navire Un pour se retrouver à l’Assemblée nationale. Au total, tout bilan bien fait, l’Un originelle tournera autour de 8 ou 9 députés. Cette comparaison des deux législatives était importante pour montrer le niveau criant du recul connu par cette alliance en moins de quatre ans.

Plus fragilisée

Aujourd’hui plus que jamais, l’union est encore fragilisée. Elle ne pourra plus avoir la chance d’avoir

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Bénin : Le Bmp soutient Patrice Talon et annonce la fin de la récréation

Bénin : Le Bmp soutient Patrice Talon et annonce la fin de la récréation

C’est à la faveur de la conférence de presse que des députés membres du bloc de la majorité parlementaire, ont animée hier mardi 27 février 2018 à l’hôtel Azalaî de Cotonou que les députés du Bmp ont fait leur rentrée politique. Face aux professionnels des médias, le coordonnateur du Bmp Jean-Michel Abimbola et six autres de ces collègues, ont opiné sur quatre sujets d’actualité. Ils n’ont pas manqué d’annoncer la fin de la récréation, ainsi que le soutien indéfectible du Bmp aux actions du président Patrice Talon.

Le coordonnateur du Bmp, Jean-Michel Abimbola, a dans son propos liminaire expliqué la philosophie de gouvernance du président Patrice Talon qui se fondent sur des réformes qui bien que douloureuses à admettre, doivent produire à termes de la joie et le bien-être à tous les citoyens. Mais pour que cette transformation souhaitée de la qualité de vie, des comportements et du pays se produise, il faut de la part des populations, un minimum de sacrifices. Cette mise au point faite, les six autres collègues sur le présidium se sont prononcés sur quatre sujets d’actualités.

De la non-désignation des représentants du parlement au Cos-Lépi

Le député Gérard Gbénonchi a expliqué que la décision de la Cour qui faisait injonction au parlement de désigner ses 9 représentants au Cos-Lépi au plus tard le 21 décembre 2017 est arrivée au moment où le parlement était en pleine session budgétaire. Il relève toutefois que le président de l’Assemblée nationale a transmis cette décision à la commission des lois. Démontrant ainsi que si ces membres ne sont pas encore désignés jusqu’à lors, c’est parce que le président de l’Assemblée veut respecter le règlement intérieur du parlement. Il annonce que le parlement n’étant pas actuellement en session, ces représentants seront certainement désignés lors de la prochaine session d’avril 2018. Par ailleurs, Gérard Gbénonchi fait remarquer que selon la loi, c’est la liste de la Lépi de la dernière année avant les élections qui sera utilisée. Ce qui veut dire techniquement que c’est la liste du Cos qui sera installé en juillet 2018 qui servira pour les élections de 2019. Par conséquent, c’est faire des économies à l’Etat que de se passer de l’installation des Cos-Lépi intermédiaires. Le même Gbénonchi reconnaît en même temps que le parlement ne fait pas la promotion du non-respect des lois de la République.

Sur les demandes de la levée des immunités parlementaires

Orden Alladatin a rappelé qu’au cours d’un séminaire parlementaire qui s’est déroulé à Dassa en 2017, les députés avaient pris l’engagement à l’unanimité devant le garde des sceaux, d’apporter leur caution à la lutte contre la corruption. Promettant d’aller jusqu’à la levée de l’immunité parlementaire d’un des leurs si cela s’avère nécessaire. Alladatin affirme donc que c’est cet engagement qu’il faudra à l’occasion traduire en acte. Il a expliqué la faisabilité de cette procédure au plan juridique et évoquant les dispositions des articles 136 et 137 de la constitution et les articles 70 et 71 de la loi organique de l’Assemblée nationale et l’article 86 de la même loi pour ce qui est des anciens ministres. Pour Orden Alladatin, ces demandes de levée d’immunité et d’autorisation de poursuites ne constituent des actes d’acharnement plutôt le désir du gouvernement de lutter contre la corruption. Relevant au passage qu’un grand soutien au régime se trouve actuellement dans les mailles de la justice.

Du retrait du droit de grève et la reprise des mouvements de grève

L’honorable Louis Vlavlonou trouve que même si la grève peut être un moyen de revendication d’un droit, en abuser est un problème. Il a expliqué que ce sont les abus constatés dans l’expression du droit de grève qui a amené certains députés en collaboration avec le gouvernement à penser à une loi de retrait de ce droit de grève. Il a exprimé sa déception vis-à-vis des magistrats qu’il désigne comme des « sachants du droit », le fait d’avoir opté d’aller en grève juste après que ladite loi ait été votée au parlement. Il soutient que ces magistrats auraient attendu que

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Bénin : Après Ajavon, Léhady, Mètongnon, la traque continue…

Bénin : Après Ajavon, Léhady, Mètongnon, la traque continue…

Le gouvernement de la rupture déroule son plan, du moins sa stratégie de lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics depuis quelques temps. Mais l’opinion perçoit beaucoup plus cette initiative comme un prétexte pour réduire à néant les opposants politiques les plus en vue. On assisterait donc à un déploiement de la politique de ruse et de la rage.

La lutte contre la corruption officiellement déclenchée au Bénin par le gouvernement Talon, passe pour un acharnement contre les concurrents politiques. Ce combat est avant tout noble, mais la manière dont il est mené, laisse le peuple perplexe. Elle suscite des interrogations et appelle à comprendre l’esprit qui guide cette opération dite « mains propres ». Tout part des audits, une étape préliminaire des enquêtes qui se termine bien souvent sans l’audition des futurs mis en cause. En effet, plusieurs personnes incriminées par des audits, se plaignent de n’avoir jamais été écoutées par les auditeurs. Et la persistance de ces différents audits visant la plupart du temps des hommes politiques membres de l’opposition, fait naitre des doutes. Des audits sélectifs et parcellaires, des actes qui ignorent le principe du contradictoire… sont tant de moyens dont les autorités abusent pour discréditer des leaders politiques qui ne partagent pas les idéaux de la rupture.

Ajavon, la risée de la rupture

Le président du patronat Sébastien Germain Ajavon, a pris ses distances d’avec le pouvoir suite à l’affaire de découverte de 18 kg de cocaïne, pour laquelle cet homme d’affaires béninois était à deux doigts d’aller en prison. Depuis cet événement, Sébastien Ajavon devra travailler à refaire son image. La rupture crée le branle-bas au sein des opposants avec des audits ciblés sur la gestion de certains leaders politiques, potentiels concurrents du régime de la rupture. Komi Koutché, Léhady Soglo font ainsi les frais de leur opposition au gouvernement de la rupture. Les deux derniers, chefs de partis, sont contraints à l’exile face à la persistance de la stratégie mise en place aux fins de les écrouer. On se souvient de l’arrestation manquée de

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Affaire Atao Hinnouho au Bénin : Comment l’Etat a failli

Affaire Atao Hinnouho au Bénin : Comment l’Etat a failli

L’affaire dite de « faux médicaments » qui défraye la chronique depuis quelques jours avec la mise sous mandat de dépôt des responsables des sociétés grossistes, est loin de livrer tous ses secrets.

Selon une investigation conduite par notre rédaction, ces grossistes répartiteurs présentés comme des faussaires, sont au contraire les victimes d’un système pharmaceutique laxiste entretenu par l’Etat, à travers la Direction des pharmacies, des médicaments et des explorations diagnostiques (Dpmed), la douane et les autres corps de contrôle de l’Etat.

Dans une dernière conférence de presse, le procureur de la république s’est fait plus précis dans les charges retenues contre les grossistes répartiteurs qu’il a décidé de mettre sous mandat de dépôt depuis quelques jours. Il les poursuit pour violation de l’article 32 de la loi N°2007-21 du 16 Octobre 2007, portant protection du consommateur en république du Bénin. Cet article stipule :

« il est interdit à toute personne de falsifier des denrées servant à l’alimentation humaine ou animale, des substances médicamenteuses, des boissons et des produits agricoles naturels ou transformés destinés à la vente (…) d’exposer, de détenir en vue de la vente, de mettre en vente ou de vendre des substances médicamenteuses falsifiées, corrompues ou toxiques… ».

Le procureur raconte que ces grossistes répartiteurs ont consciemment acheté des médicaments auprès de plusieurs sociétés fictives appartenant à l’honorable Ataou Hinnouho, principal accusé dans cette affaire. Selon les recoupements faits, les choses ne se sont pas passées exactement ainsi. Plusieurs sources proches des responsables de ces sociétés affirment qu’elles ne se sont jamais approvisionnées auprès de Atao Hinnouho, ni aucune de ses sociétés. « Vous ne trouverez nulle part dans documents, aucune facture au nom de l’une des sociétés de Atao. Mes factures sont au nom de New Cesamex qui exerce légalement au Bénin », précise un responsable de l’une des sociétés grossistes actuellement en cause. New Cesamex est une firme pharmaceutique basée en Inde et ayant une succursale à Kinshassa en République démocratique du Congo.

Cette firme a une autorisation de mise sur le marché (Amm), délivrée par le ministère de la santé pour 17 molécules sur les 4000 autorisées au Bénin. Atao Hinnouho n’est plus le représentant au Bénin, mais chose curieuse, le représentant indien de cette firme loge chez le député en cavale.

Les grossistes se sont à maintes reprises étonnés de la rapidité de cette société dans la livraison de produits, chaque fois qu’ils font des commandes. En vingt quatre ou quarante huit heures au plus, les commandes sont livrées. Ayant adopté la formule de livraison « franco domicilié » avec elle, New Cesamex devrait leur livrer dans leurs magasins les produits commandés.

Un Etat complice et responsable

La révélation de cette affaire montre à la face du monde l’incapacité et l’irresponsabilité du gouvernement dans sa prérogative constitutionnelle de protéger ses citoyens.

Comment donc Atao Hinnouho et Salimatou Karimou ont pu échapper à tous les corps de contrôle de l’Etat, pour

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Corruption au Bénin: Les têtes qui doivent tomber

Corruption au Bénin:  Les têtes qui doivent tomber

Engagé dans une lutte encourageante contre la corruption, Patrice Talon n’a pourtant jusque là pas convaincu la majorité de ses compatriotes de la sincérité de son combat. Et pour cause, aussi bien le timing de la lutte que les cibles choisies laissent à désirer. Ils font croire que cette lutte, au lieu d’être une mission républicaine de salubrité, prend le visage d’une campagne de répression et d’intimidation des pourfendeurs de sa politique.

L’un des grands chantiers sur lequel les Béninois attendent leur président est celui de la lutte contre la corruption. Car, si beaucoup d’entres eux lui ont accordé leur suffrage en 2016, c’est en grande partie à cause de son discours de campagne sur la lutte impitoyable contre la corruption. Le 06 avril 2016, dans son discours d’investiture, Talon a déclaré solennellement que « la lutte contre la corruption est un combat de tous les jours ».

Mais une fois au pouvoir, sa détermination affichée pendant la campagne s’est progressivement émoussée. Ce qui était naguère une priorité a commencé à devenir le dernier des soucis. Le chef de l’Etat a mis le coude sur les nombreux rapports d’audits qu’il a commandités dans plusieurs sociétés et offices d’Etat, et dans certains ministères. Cette attitude est venue aggraver les premiers soupçons qui font dire à certains que le chef d’Etat a décidé de protéger les prévaricateurs, au lieu de les livrer à la justice. Il suffit de voir ses premières nominations pour s’en convaincre. Un prévaricateur condamné par la justice comme préfet du Littoral, et un ministre de la décentralisation à casseroles. D’autres attitudes peu rassurantes ont suivi. Il s’agit du retour en force des conflits d’intérêt et des marchés gré à gré au sommet de l’Etat. A l’Assemblée nationale, il s’est accoquiné avec des députés corrompus pour constituer sa majorité. Pendant près de deux ans, rien n’a bougé sur le terrain de la lutte contre la corruption. Puis, un jour au cours d’un Conseil des ministres, le gouvernement publie un extrait du rapport d’audit à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), et dénonce des placements illégaux de fonds de la caisse auprès de la Bibe, une banque alors en faillite. Il fallu attendre le 14 février dernier pour voir les premières actions de lutte contre la corruption… a travers la demande de levée d’immunité de six personnalités politiques impliquées dans divers dossiers de malversations financières.

Lutte-spectacle

En dépit de la communication organisée depuis quelques jours pour démontrer le caractère impartial et sincère de la lutte actuelle contre la corruption, bon nombre de Béninois ont du mal à y croire. Hormis l’arrestation

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