(Histoire d’une mission difficile et complexe) Les frondeurs qui ont pris la grave décision d’exclure leur président du parti ont bien calculé leur affaire.
Pour parfaire leur acte que le président Soglo et son épouse ont tour à tour qualifié de forfaiture et d’injure à leur égard, ils ont porté leur choix sur un homme proche du président Soglo dont la fidélité aux idéaux du parti ne fait l’ombre d’aucun doute.
Me Abraham Zinzindohoué, Joint au téléphone dans l’après- midi d’hier jeudi, pour une interview en bonne et due forme sur la crise qui secoue la Rb, Abraham Zinzindohoué a aussitôt décliné l’offre mais, en presque quinze minutes de conversation, il en a suffisamment dit, pour qu’on comprenne la délicatesse de sa position et la complexité de la tâche à lui confiée.
Juriste aux compétences reconnues, militant de la première heure de la Rb, Abraham Zinzindohoué, 69 ans, est un pur produit de la Renaissance du Bénin.Il a en effet assumé de très hautes charges dans l’appareil d’Etat grâce à sa fidélité au parti et à un homme, Nicéphore Soglo dont il est toujours l’ami et son épouse un conseiller juridique avisé.
Tour à tour député, président de la cour suprême, ministre dans le premier gouvernement Yayi, il ira siéger cinq ans durant au titre du Bénin en qualité de président de la cour justice de l’Uemoa à Ouaga. Avocat rompu aux questions de procédures judiciaires, c’est lui qui a assuré avec succès la défense du parti à la Cour Suprême au plus fort de ce qu’on appelé à l’époque « la guerre des logos ».
C’était du temps où l’ex- secrétaire général Nathanaël Bah en avait alors réclamé la paternité. Zinzindohoué n’a jamais été un va-t-en guerre à la manière d’un Candide Azannaï,ni un militant zélé. Au contraire, c’est un homme plutôt calme, discret et discipliné qui n’a jamais joué les premiers rôles dans le parti et qui ne s’en est jamais plaint à haute voix, même au cours de la vague des départs successifs de ceux qu’on appelait alors les « barons » du parti. Son nom avait fortement circulé, lorsque la question de succession de la présidente du parti s’était posée mais lui s’est sagement rangé sans murmurer après le choix porté sur « le fils de la mère », en continuant de servir le parti qu’il n’a jamais quitté.
Depuis son retour au pays après son « exil » ouagalais, il s’est plutôt investi dans les questions liées au système partisanet à la gouvernance. Récemment encore, il a participé avec la passion de ceux qui sont convaincus d’une cause, à presque tous les débats sur la révision de la Constitution. C’est cet homme de consensus qui n’élève cette voix fine qui est la sienne que pour défendre ses convictions que les frondeurs ont choisi pour organiser le futur congrès.
Logique du rassemblement
Il ne pipe pas un seul mot pour accuser qui que ce soit. NI sur les frondeurs, ni sur « les géniteurs du parti » et leur « légataire » naturel. Il confirme qu’il n’a pas été présent aux assises d’Abomey qui ont exclu le président du parti. Sur la réunion tenue à son domicile et rapportée par les journaux parus hier jeudi où la date du 23 juin aurait été retenue pour la tenue du congrès du parti, il dira simplement que ce n’était qu’une proposition. Comme tout le monde est d’accord sur l’urgence et la nécessité de la tenue d’un congrès, il entend rencontrer toutes les parties pour retenir, semble- t-il, une date consensuelle.
Tant pis pour ceux qui s’attendent à la cassure du parti. Pour lui, la Rb va mal mais le parti doit rester uni. Pour jouer son rôle dans l’arène politique.Il n’est pas question d’en créer un autre. Il rappelle à l’occasion la thèse qu’il a soutenue dans son opuscule sur le statut à conférer en démocratie au chef de l’opposition, qui doit avoir rang de ministre et des attributs à même de lui faire jouer son rôle de force de proposition alternative.Il prévient les deux camps qu’il n’est pas nécessaire de porter le différend devant les tribunaux.Lui qui a défendu la cause du parti par le passé devant les tribunaux sait de quoi il parle.
Car, « celui qui va perdre ira créer son parti, ce qui n’est pas bon », martèle –t-il. Il n’exclut pas que le pouvoir actuel puisse avoir une