À l’approche des élections générales de 2026 au Bénin, le paysage politique s’anime, mais l’opposition maintient un suspense. Alors que la majorité présidentielle, avec la désignation du duo de candidats, tente d’imposer son tempo, l’opposition, et notamment le parti Les Démocrates, préfère prendre son temps avant d’annoncer ses prétendants. Cette stratégie, loin d’être un signe de faiblesse, selon certains observateurs, pourrait avoir un impact décisif. La désignation du candidat de la mouvance comme figure de proue de la majorité présidentielle pour 2026, a été accueillie par un déploiement médiatique et politique considérable. Cette stratégie de la majorité présidentielle s’inscrit dans une logique : anticiper, occuper le terrain médiatique tout en observant minutieusement la réaction de l’opposition. Mais depuis l’annonce de cette information, l’opposition maintient son timing et fonctionne selon son calendrier.
Opinion
Manœuvres du camp Hounkpè pour présenter un duo candidat: Une illusion pour la FCBE et un piège pour la mouvance
À l’approche de la présidentielle de 2026, la scène politique béninoise est le théâtre d’un ballet de tractations. Au cœur de cette effervescence, la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), autrefois parti d’opposition, semble avoir choisi une nouvelle voie. Dirigée par Paul Hounkpè, la formation politique s’affiche désormais comme membre de la mouvance présidentielle, n’hésitant pas à envisager de présenter son propre candidat à la succession du Président Patrice Talon en accord avec l’UPR. Cette stratégie, soulève bien des questions et révèle une complexité qui pourrait se révéler fatale tant pour la FCBE que pour le camp Talon. La FCBE, qui a longtemps lutté dans l’opposition, semble avoir un désir ardent de retrouver une place au sein de l’échiquier politique. Les déclarations de ses responsables, tels que l’ancien député Idrissou Bako et le maire de Bembéréké, Yaya Garba, confirment une volonté de rompre avec l’opposition. Le retrait du formulaire de parrainage de Yaya Garba, avec la déclaration « Je n’utiliserai pas mon parrainage pour quelqu’un qui ne sera pas président de la République », témoigne de cette nouvelle orientation. Et la confirmation de tout ceci viendra de la signature d’un accord avec l’union progressiste le renouveau dont le contenu n’est pas encore exactement connu. Cependant, les ambitions du camp Hounkpè se heurtent à une réalité brute : l’absence de parrains suffisants. Avec seulement six parrains à son actif, le parti est bien en deçà des vingt-huit nécessaires pour présenter un duo présidentiel. C’est dans ce contexte que la FCBE se tourne vers les autres formations politiques disposant de parrains : le Bloc Républicain (BR) et surtout l’UPR avec qui un accord de gouvernance semble en bonne voie, s’il n’est pas déjà signé. Mais une question cruciale se pose : comment l’UPR, en pleine alliance avec le BR, pourrait-elle accorder ses parrainages à un candidat « cauris » tout en soutenant la candidature de l’actuel ministre des finances, Romuald Wadagni, pressenti comme le dauphin du Président Talon ? L’idée que l’UPR puisse porter deux candidatures distinctes est une chimère. Il est fort probable que les « cauris » devront se contenter d’un rôle de seconds couteaux, leurs parrainages servant à renforcer le ticket de la mouvance présidentielle, plutôt que de propulser un des leurs. Cette main tendue de l’UPR, loin d’être un geste de générosité, apparaît comme une stratégie pour récupérer les derniers bastions de la FCBE et l’intégrer pleinement dans la majorité présidentielle, vidant ainsi le parti de sa substance.
Désignation du duo candidat au Bénin : L'opposition face à un gros défi
Après des mois de spéculation, la désignation par la majorité présidentielle de Romuald Wadagni comme candidat pour l’élection de 2026 a rebattu les cartes. Le camp Talon a choisi un profil, posant un défi de taille à une opposition qui doit maintenant s’organiser et choisir son propre champion. La balle est désormais dans le camp de l’opposition, qui devra non seulement trouver le bon candidat, mais aussi bâtir une stratégie capable de rivaliser avec la machine bien huilée du pouvoir en place. Le choix de Romuald Wadagni, un technocrate de 49 ans, est une manœuvre politique audacieuse de la part de la mouvance présidentielle. Son profil, loin des habituels politiciens, est un atout de poids. Ministre de l’Économie et des Finances depuis 9 ans, il est crédité des réformes économiques, plats de résistance de la gouvernance Talon. Son image de gestionnaire rigoureux a suscité une vague de réactions. Le camp Talon a mis l’accent sur la continuité et l’efficacité, et l’opposition doit désormais trouver une réponse à ce discours. Face à cette candidature, le parti Les Démocrates se retrouve en position délicate. Il doit non seulement choisir un candidat, mais ce dernier doit être à la hauteur du défi. La jeunesse de Wadagni est un argument de poids, et l’opposition pourrait être tentée de lui opposer un candidat d’une génération similaire. Des noms circulent déjà dans les coulisses, mais aucun n’a encore été officiellement annoncé.
Franc CFA : quand Tidjane Thiam relance le débat sur la monnaie
En qualifiant le franc CFA de « vestige infantilisant du passé », Tidjane Thiam a ravivé un débat déjà ancien. L’ancien patron du Crédit Suisse a souligné qu’« une nation qui n’a pas le contrôle de sa monnaie n’est pas vraiment souveraine », donnant une portée inédite à un sujet jusque-là surtout porté par des activistes, des intellectuels et des artistes engagés. Si la stabilité économique du CFA est reconnue, son poids symbolique reste au cœur des contestations.
Histoire du Bénin : Des faits glorieux importants, pourtant peu enseignés
(Les écrivains béninois devraient davantage s’intéresser à l’histoire du pays). L’histoire du Bénin est une tapisserie riche et complexe, tissée de faits glorieux qui, hélas, sont souvent relégués aux oubliettes de l’enseignement. À l’ère où le monde moderne nous pousse à regarder uniquement vers l’avenir, il est pourtant crucial de se retourner sur le passé pour comprendre notre identité. Car si les jeunes générations connaissent l’histoire des grands empires occidentaux, peu savent que leur propre sol a été le théâtre d’une résistance farouche, d’une organisation sociale remarquable et d’un courage à toute épreuve. Il est grand temps de réhabiliter ces faits et de rendre justice à ces héros oubliés.
Conrad Gbaguidi, la violence et l'infidélité : Entre simplification culturelle et gaffe communicationnelle
Depuis quelque temps, une vidéo du président du Conseil économique et social (Ces) suscite de vives réactions sur le cyberespace. Les réactions traduisent un véritable choc de représentations culturelles. Au-delà de la polémique, il m’a semblé pertinent d’en proposer une analyse à travers le prisme de la culture et de quelques théories de la communication. Voici ce qu’a déclaré Monsieur Conrad Gbaguidi : « Désormais c’est fini au Bénin : il ne sera plus possible de frapper une femme simplement parce qu’elle est allée voir dehors. »
Bénin : Quand la loyauté aux partis devient plus forte que le mandat des électeurs
Dans le paysage politique béninois, un phénomène récent soulève une question cruciale : est-ce qu’un élu local peut désormais quitter son parti sans risquer sa destitution ? Les récentes affaires de destitution de chefs d’arrondissement et de conseillers communaux à Banikoara et Kandi, après leur démission pour rejoindre Les Démocrates, éclairent les tensions entre la liberté de choix de l’élu et la discipline de parti. Alors que le mercato politique d’avant 2026 s’anime à plein fouet, les élus qui envisage de se faire recruter par LD ont quelque peu à craindre, surtout s’ils sont en position de maire, premier ou deuxième adjoint au maire ou chef d’arrondissement. L’épisode de la cheffe de l’arrondissement central de Banikoara, Suzanne Elise Tama, a marqué les esprits. Ancienne membre du parti Union Progressiste le Renouveau (UPR), elle a été déchue de ses fonctions par un vote de défiance le 4 août 2025. Son « crime » politique ? Avoir démissionné de l’UPR pour rallier le parti d’opposition Les Démocrates, dirigé par l’ancien président Boni Yayi. Sur les 31 élus communaux, 28 ont voté pour sa destitution. Face à la presse, l’élue a affirmé être libérée et avoir agi en réponse à « la demande de sa base », une justification qui met en lumière le dilemme de l’élu entre la loyauté partisane et la fidélité à ses mandants. Quelques semaines après Banikoara, un scénario similaire s’est joué à Kandi. Le 27 août 2025, le premier adjoint au maire, Séidou Abdouwahabou, et quatre chefs d’arrondissement, Imorou F. Moustapha (Kandi 3), Tamou Bagri Gounou Charles (Dowari), Salifou Raoufou (Angaradébou) et Kora Gounou Idrissou (Sam), ont été destitués après avoir démissionné du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE et UPR) pour rejoindre Les Démocrates. Le parti de l’opposition a rapidement dénoncé la manœuvre, la qualifiant de « démocratie à double-vitesse » et de tentative d’ « écraser l’opposition ». Pour leur part, les démissionnaires ont justifié leur choix par une crise de confiance, le conseiller juridique du parti Prosper Adoukonou ayant déclaré que les élus ne peuvent pas « quitter un parti qui les a fait élire et continuer à jouir des prérogatives liées à cette position ».
Bénin : un parrain démissionnaire conserve- t-il son droit de parrainage?
Alors que les élections générales de 2026 se profilent à l’horizon, le débat sur le parrainage électoral refait surface, soulevant des questions juridiques complexes. La loi du 15 octobre 2019 portant code électoral en République du Bénin a instauré un système de parrainage où les candidatures à la présidence de la République doivent être soutenues par un certain nombre de députés ou de maires. Si la stabilité politique actuelle n’a pas encore vu de démissions majeures dans les rangs des élus, la question de savoir si un député ou un maire démissionnaire de son parti d’origine conserve son droit de parrainage et, le cas échéant, pour quel parti, est cruciale. La réforme du code électoral de 2019 a introduit le parrainage comme un mécanisme visant à rationaliser le paysage politique et à renforcer les grands partis. Ce système oblige les candidats à la présidentielle à obtenir le soutien d’un pourcentage donné de l’ensemble des députés et des maires. La question de la démission d’un élu de son parti d’origine est une hypothèse qui, bien que n’ayant pas encore eu de cas d’école au niveau des députés ou maires, est une possibilité future. En effet, un premier adjoint au maire a déjà démissionné, ouvrant la voie à une réflexion sur les conséquences juridiques d’une telle action sur les droits politiques d’un élu.
Transport interurbain au Bénin : Quand le corridor Glazoué–Dassa devient un piège mortel
Du drame de Baobab Express à Dassa-Zoumè, le 29 janvier 2023, aux tragédies en série de juin, juillet et août 2025 sur l’axe Glazoué–Dassa, les mêmes questions reviennent inlassablement. À chaque accident, elles ressurgissent. Les routes sont-elles adaptées et suffisamment sécurisées ? Les dispositifs de secours sont-ils réellement efficaces ? Les contrôles sont-ils menés avec rigueur ? Les entreprises de transport sont-elles pleinement responsables ? Et les conducteurs, respectueux du code de la route ? Autant d’interrogations qui renvoient à des responsabilités partagées.
Bénin : Le camp Talon face au défi de la réforme du système partisan
Les réformes politiques au Bénin, portées par le président Patrice Talon, avaient pour ambition de rationaliser et d’assainir un paysage partisan jugé trop fragmenté. L’objectif était de créer de grands blocs politiques structurés, capables de dépasser les querelles personnelles et les transhumances, au profit d’une vision politique cohérente pour le pays. Pourtant, les événements récents semblent mettre à l’épreuve la solidité de cette construction, révélant au grand jour des fractures profondes au sein même du camp présidentiel. Le jeudi 14 août 2025, au siège national de Moele-Bénin à Cotonou, Jacques Ayadji a choisi de rompre le silence pour dénoncer publiquement des pratiques qu’il qualifie de débauchage et de « basses manœuvres ». L’accusation est directe et cible des responsables politiques de premier plan au sein de la majorité présidentielle à laquelle appartient pourtant le parti de l’ancien syndicaliste. Il a cité nommément le député Agoua Edmond, le maire de Tori-Bossito Rogatien Akwaku, ainsi que l’acteur politique Alain Gnancadja, les accusant de cibler spécifiquement son parti. Une telle sortie médiatique, d’une rare franchise, illustre la gravité de la situation et la perte de confiance dans les canaux de résolution internes. « Moele-Bénin est plus attaqué dans la mouvance présidentielle que dans l’opposition », a-t-il regretté, une phrase lourde de sens qui souligne la violence des rivalités à l’intérieur du camp au pouvoir. Les mots choisis par M. Ayadji ne laissent aucune place au doute quant à sa frustration. Il a fustigé le « passé honteux » et la « transhumance politique » de certains leaders, des maux que les réformes du chef de l’État étaient censées éradiquer. Cette situation met en lumière la difficulté de transcender les vieilles pratiques. Malgré la mise en place de deux grandes formations politiques au sein de la majorité présidentielle (le Bloc Républicain et l’Union Progressiste le Renouveau), les réflexes d’anciennes guerres de position subsistent. Pour Jacques Ayadji, le député Edmond Agoua incarne parfaitement ces « manœuvres contraires à l’esprit de la réforme du système partisan ».
Présidentielle de 2026 au Bénin: les partis politiques face aux pièges du parrainage
À mesure que le Bénin se rapproche des élections générales de 2026, l’attention se tourne de plus en plus vers le système de parrainage, une mécanique électorale qui, loin de n’être qu’une formalité, recèle de nombreux pièges. Si le parrainage a été introduit pour structurer le paysage politique et donner plus de poids aux partis, il est devenu le nœud de toutes les tractations et le point de toutes les incertitudes. Les partis politiques, qu’ils soient de la majorité présidentielle ou de l’opposition, doivent faire preuve de vigilance pour éviter les écueils d’un système qui met à l’épreuve leur cohésion interne et leur éthique. L’un des premiers pièges, et non des moindres, est de nature purement juridique. Un élu, qu’il soit député ou maire, peut-il se parrainer lui-même ? Le verbe parrainer signifie donner sa caution ou accorder son parrainage à autrui. Or, on ne peut pas se donner une caution à soi-même. Ce point, qui peut paraître anodin, est lourd de conséquences. Pour les élus qui aspirent à la magistrature suprême et qui sont certains d’obtenir la confiance de leur parti, la prudence commanderait de démissionner de leur mandat parlementaire ou de maire. Même si la loi est restée muette sur le sujet, ils laisseraient ainsi leur place à leurs suppléants qui, à leur tour, pourraient les parrainer. Ce geste, bien que radical, permettrait d’éviter toute interprétation ultérieure du Code électoral qui pourrait conduire à l’invalidation de leur candidature et, par ricochet, à celle de leur duo. Ce scénario, qui pourrait survenir une fois la liste provisoire des candidats publiée, mettrait simplement en lumière certaines limites des dispositions en vigueur.
Talon - Yayi : un dialogue difficile
La relation entre l’ancien président Boni Yayi et l’actuel chef de l’État Patrice Talon, deux figures majeures de la vie politique béninoise, reste marquée par une certaine distance. La rencontre symbolique de 2021 avait laissé espérer un apaisement durable, mais les échanges intervenus depuis ont montré que des divergences persistent. La perception de leurs relations continue de faire l’objet de déclarations contrastées, témoignant d’un dialogue sincère encore difficile à établir pleinement. Qui pour favoriser une médiation entre Patrice Talon et Boni Yayi, dans l’espoir d’une entente durable ? La question reste posée, alors que les deux figures politiques continuent de livrer des messages contrastés sur la nature de leurs échanges. Le président Patrice Talon a récemment affirmé, dans une déclaration publique, entretenir un dialogue régulier avec son prédécesseur. Une version aussitôt contestée par Boni Yayi, qui a tenu à démentir ces propos, soulignant notamment que « mentir est un péché ». Ces prises de position divergentes entretiennent une certaine confusion dans l’opinion sur l’état réel de leurs relations. Cet épisode met en lumière la persistance des tensions entre les deux hommes, reflet d’un clivage plus large au sein de la classe politique béninoise. Depuis 2012, les relations entre Boni Yayi et Patrice Talon ont connu une dégradation progressive, marquée par une rupture de leur alliance initiale et l’émergence d’une opposition politique affirmée.
Inde : Trump sabote-t-il la relation avec un partenaire privilégié ?
Alors que les tensions internationales liées à la guerre en Ukraine persistent, la relation entre les États-Unis et l’Inde connaît un tournant inattendu. Le président Donald Trump, déterminé à sanctionner les pays continuant d’importer du pétrole russe, a choisi de cibler un partenaire pourtant stratégique en imposant de nouveaux droits de douane. Une décision qui interroge sur la vision américaine de ses alliances en Asie.
Législatives 2026 au Bénin : Le seuil des 20 % continue de diviser la classe politique
À l’approche des élections législatives de 2026, une disposition du nouveau code électoral continue de cristalliser les craintes et les débats : la règle des 20% des suffrages valablement exprimés dans chaque circonscription pour participer au partage des sièges. Face aux inquiétudes de l’opposition et des observateurs, le président Patrice Talon a levé le voile sur sa vision de la solution en cas d’impasse, lors de sa récente rencontre avec la jeunesse béninoise. Une proposition qui soulève de nouvelles interrogations et qui ne rencontre pas le consentement du principal parti d’opposition. L’opposition pose une question avec insistance : que se passera-t-il si aucun des partis en lice n’atteint le seuil minimal de 20% ? L’opposition, notamment par la voix de Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti Les Démocrates, redoute un scénario de blocage institutionnel qui pourrait conduire à un parlement monocolore, ou pire. Pour le Président Talon, la situation est tout autre. Il défend la réforme électorale comme un moyen de « forcer les Béninois à travailler ensemble ». « Je veux laisser un héritage différent », a-t-il martelé. « Je veux vous forcer à travailler ensemble. Vous voulez faire la politique? Travaillez ensemble. C’est tout ». Selon lui, cette disposition est un garde-fou qui oblige les partis à s’unir, à former des coalitions pour survivre. Il a même affirmé que la survie de grands partis comme l’UPR, le BR et Les Démocrates dépend de ce code. « Si on touche à ça, les partis vont exploser », a-t-il prévenu, « vous vous divisez, vous êtes morts ». Toutefois, la solution qu’il propose pour surmonter le seuil des 20% est jugée « dure ». La loi prévoit en effet que les partis n’atteignant pas individuellement les 20% peuvent s’unir dans une coalition parlementaire déposée au préalable à la CENA. Si l’ensemble des partis de la coalition atteint un seuil de 10% au niveau national, alors le calcul des 20% peut se faire en additionnant leurs suffrages.
1er Août au Bénin : Boycott de l’opposition et des pays de l’AES invités
La célébration du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin, qui s’est déroulée vendredi dernier, a été un événement en demi-teinte. Alors que le défilé militaire et la cérémonie officielle se sont tenus à Cotonou, la fête nationale a été marquée par un double boycott : celui de l’opposition politique et, fait notable, celui des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui avaient pourtant été invités et dont les troupes devraient défiler. Cette double absence laisse croire que les divisions internes et les tensions diplomatiques du pays sont encore vivaces. Sur le plan intérieur, le boycott de la fête par les principaux partis de l’opposition politique n’est pas passé inaperçu. En l’absence de personnalités telles que celles du parti Les Démocrates, c’est un message clair de désapprobation qui a été adressé au régime en place. Ce geste s’inscrit dans un contexte marqué par de récentes tentatives de dialogue entreprises par le pouvoir Talon. Pour l’opposition, les revendications restent inchangées : la libération des prisonniers politiques, le retour sécurisé des exilés et une réforme en profondeur du code électoral, jugé trop restrictif.
65 ans d'indépendance du Bénin : Patrice Talon entre fierté et mea culpa
Le Bénin a célébré vendredi son 65ᵉ anniversaire d’indépendance dans un climat contrasté. La cérémonie officielle, présidée par le chef de l’État, Patrice Talon, a été l’occasion d’une interview qui a mêlé avec habileté l’autosatisfaction sur les réalisations de la décennie écoulée à un mea culpa sur ce que le président de la République appelle les éventuelles erreurs. Un exercice d’équilibre périlleux pour un président à quelques mois de la fin de son second et dernier mandat.
Gaz en Europe : de la dépendance russe à la dépendance américaine ?
L’Union européenne a annoncé un accord énergétique majeur avec les États-Unis, portant sur 750 milliards de dollars d’achats d’énergie américaine sur trois ans. Ce tournant stratégique, officialisé fin juillet 2025, intervient dans un contexte marqué par la volonté européenne de sécuriser son approvisionnement après la rupture progressive avec la Russie depuis 2022.
Report du retrait des fiches de parrainage au Bénin : Les explications de la Cena attendues
Un vent de confusion souffle sur le calendrier électoral béninois. Alors que l’année 2025 est cruciale pour la préparation des élections générales de 2026, la Commission Électorale nationale autonome (Cena) a annoncé il y a quelques jours un report inattendu du retrait des fiches de parrainage pour la présidentielle. Cette décision, dont les motifs restent officiellement inconnus, suscite incompréhension et critiques, notamment au sein de l’opposition. Le peuple béninois, déjà attentif aux enjeux de cette période pré-électorale, attend aussi des explications claires de la part de l’institution en charge de la transparence du scrutin. Le calendrier électoral pour les élections de 2026 est un sujet de haute importance au Bénin. La présidentielle, en particulier, attire l’attention de tous les acteurs politiques et de la population. Le processus de parrainage, instauré pour rationaliser les candidatures, est une étape clé qui exige rigueur et précision. C’est pourquoi l’annonce du report du retrait des fiches de parrainage par la Cena a provoqué des inquiétudes. Jusqu’à présent, aucune explication détaillée n’a été fournie par la Cena quant aux raisons de ce report. Le silence de l’institution est d’autant plus préoccupant que la préparation des élections de 2026, qui incluront des scrutins législatifs, locaux et présidentiels, est déjà perçue comme un défi logistique et organisationnel majeur. Le 14 juillet dernier, l’Agence nationale d’Identification des petrsonnes (Anip) avait pourtant remis officiellement les statistiques électorales provisoires à la Cena, conformément au calendrier. Ce jalon semblait indiquer une progression normale des préparatifs.
La démocratie aura bien lieu (À propos du récent livre d'Eric Aguénounon)
Malgré la montée de l’autoritarisme dans bien des pays, la force de contestation démocratique ne faiblit pas. C’est ce que j’ai pu constater lors de ma participation (en duplex depuis Paris) à la présentation (qui se déroulait à Cotonou) du nouveau livre d’Éric Aguénounon publié récemment aux éditions L’Harmattan. Ce livre, qui a pour titre Le procès « démocratie et bureaucratie » dans le jury Lefort et Weber. Généalogie conceptuelle et analyse de terrain, porte d’une part sur la question des rapports entre démocratie et bureaucratie à partir de Claude Lefort et Max Weber, d’autre part sur l’analyse de la situation politique au Bénin.
Désignation des candidats aux prochaines élections au Bénin: Les pièges à éviter par les différents camps
À l’approche des prochaines échéances électorales au Bénin, la question de la désignation des candidats s’impose comme un enjeu crucial, capable de déterminer l’issue du scrutin. Dans l’arène politique béninoise, qu’il s’agisse de l’opposition ou de la majorité la désignation des candidats se heurte au flou qui laisse pour le moment perplexe. Une analyse approfondie … Lire la suite
Contrats en Afrique : l’heure des renégociations a sonné
Les pays africains entament un virage décisif dans leur rapport aux entreprises étrangères opérant sur leur sol. De Bamako à Dakar, de Kinshasa à Bangui, une nouvelle dynamique est en marche : celle de la renégociation des contrats jugés déséquilibrés. Ce mouvement, à la fois économique et politique, vise à rééquilibrer des accords anciens ou inadaptés aux ambitions actuelles des États du continent.
Guerre commerciale : l'Europe entre le marteau et l'enclume
L’Union européenne se retrouve une fois encore projetée au cœur d’un bras de fer commercial mondial. Entre les surtaxes décidées par les États-Unis de Donald Trump et les restrictions imposées par la Chine de Xi Jinping, Bruxelles navigue dans un espace économique devenu de plus en plus contraint. Mais au-delà des rapports de force immédiats, ce sont les fondements mêmes de la puissance commerciale européenne qui sont mis à l’épreuve.
La vie d'artiste au Bénin: Entre passion et précarité, plus d'amertume que de joie
Derrière les lumières éphémères des scènes et les mélodies entraînantes des studios, la réalité de la vie des artistes béninois est souvent bien moins glorieuse que l’image qu’elle projette. Pour beaucoup, la carrière artistique au Bénin ne nourrit pas son homme, et les témoignages de figures emblématiques en disent long sur une précarité criante. Certains décès misérables d’artistes viennent tristement étayer cette observation, et soulèvent des questions pressantes sur le soutien apporté à ces piliers de notre culture.
Emmanuel Great Okugun : Une voix pour le retour du patrimoine africain
Au British Museum, où sont conservées des centaines de bronzes du Bénin, pillés au XIXe siècle, le rappeur et activiste nigérian Emmanuel Great Okugun, connu sous les noms de Gee Baller et Yaya Bandé, a conduit une action audacieuse. Brandissant un drapeau nigérian sur lequel était inscrit « Ceci a été volé à l’Afrique. Réparations ! », il a attiré l’attention du monde entier sur l’injustice liée à la rétention d’artefacts africains dans les musées occidentaux. Les vidéos et photos de cette action, publiées sur Instagram, ont provoqué une vague de réactions, devenant un symbole de la lutte pour la restitution du patrimoine culturel africain.
Guerre de leadership au sein de la majorité présidentielle : Le feu couve sous la cendre
(Talon réussira – t – il le pari de la cohésion au sein de sa troupe ?). À moins d’un an des élections générales de 2026, la majorité présidentielle au Bénin, pourtant unie en façade derrière le président Patrice Talon, connaît des fissures. Des tensions latentes et des batailles d’influence entre figures clés menacent la cohésion interne, et interroge la capacité du chef de l’État à maintenir l’harmonie au sein de sa troupe à l’approche de ces échéances cruciales. Tout n’est pas rose au sein de la majorité présidentielle. Même si apparemment tous les acteurs semblent soudés derrière le leadership de Patrice Talon, des frustrations émergent et finiront probablement par se faire voir. En effet, la réforme du système partisan, initiée sous le premier mandat du président Talon, avait pour objectif de rationaliser le paysage politique béninois en regroupant la multitude de formations existantes en de grands blocs. Cette démarche a abouti à la création de plusieurs entités au sein de la majorité : l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR), Moelle-Bénin et le Rassemblement National. Si cette polarisation a permis une meilleure lisibilité politique, elle a aussi, inévitablement, cristallisé les ambitions et les rivalités de leadership en interne.
Résurrection annoncée du parti la Renaissance du Bénin: Une mission complexe aux multiples inconnus
Le paysage politique béninois est en effervescence. Tandis que le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji mène une bataille acharnée pour affirmer sa survie face à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R), une nouvelle annonce vient bouleverser les cartes : la volonté de Ganiou Soglo de ressusciter le parti la Renaissance du Bénin (Rb), parti historique fondé par sa mère, Feue Rosine Vieyra Soglo. Cette ambition, nourrie par une dernière volonté de l’ancienne Première Dame, ouvre la voie à une mission complexe et semée d’embûches, dont l’issue dépendra de multiples facteurs. Après le Prd de Me Adrien Houngbédji, c’est le parti la Renaissance du Bénin qui promet de faire son grand come-back. En effet, au lendemain de la Conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990, le Bénin a vu naître une floraison de partis politiques. Parmi eux, le Prd et la RB se sont imposés comme des acteurs majeurs, dominant la scène, particulièrement dans la partie méridionale du pays, entre 1991 et 2006. Sous le leadership charismatique de Me Adrien Houngbédji pour le Prd et de Feue Rosine Vieyra Soglo pour la RB, ces formations ont connu leur période de gloire, incarnant des forces politiques structurées et influentes. Cependant, les années passant, des guerres internes de leadership et un multipartisme effréné (le Bénin a compté plus de 278 partis enregistrés en 2018) ont progressivement miné leur influence. Entre 2006 et 2016, ces géants politiques ont perdu des plumes, affaiblis par des divisions internes et une concurrence exacerbée. L’avènement du régime de Patrice Talon en 2016 et la réforme drastique du système partisan, exigeant le regroupement des partis politiques pour assainir le paysage politique, ont sonné le glas de leur autonomie historique. La RB, déchirée entre l’aile Soglo et l’aile Bada, s’est vue contrainte de se fondre dans l’Union Progressiste (Up) aux premières heures de la réforme. Le Prd, quant à lui, après une tentative infructueuse aux élections législatives de 2019 et une fusion avortée avec le Bloc Républicain (deuxième grand parti issu de la réforme), a finalement fusionné avec l’Up en 2022, donnant naissance à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R).
Affaire Comlan Hugues Sossoukpè : Une arrestation qui soulève plus de questions que de certitudes
L’interpellation du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè, survenue à Abidjan le jeudi 10 juillet 2025, continue d’alimenter l’actualité et suscite une série d’interrogations. Ce journaliste et activiste, connu pour ses publications critiques sur les réseaux sociaux, aurait été arrêté en marge d’une activité officielle organisée par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation. Depuis, les informations se sont enchaînées, sans qu’aucune autorité ivoirienne encore moins béninoise, ne confirme ou ne clarifie les circonstances exactes de cette interpellation. L’Union des journalistes de la presse libre africaine (Ujpla) a réagi deux jours plus tard, dans un communiqué en date du 12 juillet, exprimant sa préoccupation face à cette arrestation dont les contours restent flous. Selon cette organisation panafricaine, Hugues Sossoukpè aurait été remis aux autorités béninoises puis écroué, sans que les motifs de cette procédure ne soient clairement exposés. L’Ujpla indique n’avoir eu connaissance d’aucun éventuel mandat d’arrêt délivré par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), mais précise que cette information émane de sources non officielles. L’organisation a appelé les autorités ivoiriennes et béninoises à « confirmer ou infirmer » l’arrestation et l’éventuelle extradition du journaliste. Une requête qui reste, à ce jour, sans réponse officielle.
Bénin : Les partis politiques doivent retrousser les manches pour 2026
Le compte à rebours est lancé pour les élections générales de 2026 au Bénin. Dès ce vendredi 11 juillet 2025, le Code électoral est juridiquement « gelé », marquant le début de la période d’intangibilité électorale. Cette règle, ancrée dans les protocoles de la Cedeao et de l’Uemoa, stipule qu’aucune modification des textes organisant les élections ne peut intervenir dans les six mois précédant le scrutin, sauf consensus unanime et exceptionnel des acteurs politiques. Avec les élections législatives et communales prévues pour le 11 janvier 2026, l’heure est désormais à la préparation et à l’adaptation pour l’ensemble des partis. Il est désormais impossible de réviser le Code électoral du Bénin, sauf consensus unanime et exceptionnel. Cette mesure vise à préserver la stabilité et l’équité des processus électoraux. Elle est conçue pour empêcher des ajustements de dernière minute qui pourraient manipuler le jeu démocratique ou favoriser une partie prenante. Pour le Bénin, membre de ces organisations sous-régionales, le respect de cette disposition est un engagement contraignant. En théorie, cette intangibilité doit rassurer les acteurs politiques et l’électorat sur la constance des règles du jeu, réduisant ainsi les risques de changements unilatéraux. Pour les partenaires internationaux, c’est également un gage de crédibilité essentiel pour des élections apaisées. Cependant, la date butoir du 11 juillet 2025 suscite de vives interrogations au sein de la classe politique et de la Société civile béninoise. Des appels à la réforme du Code électoral ont fusé ces derniers mois et jours. En juin 2024, l’Église catholique s’était notamment élevée pour demander une relecture du texte, pointant du doigt le seuil d’éligibilité et le nombre jugé restrictif de parrainages requis pour les duos présidentiels (28 députés ou maires élus). Ces dispositions excluent de facto les candidatures indépendantes et limitent drastiquement la capacité de l’opposition à présenter des candidats. Il y a quelques jours, l’ancien Garde des Sceaux en exil Valentin Djènontin a de nouveau appelé à la modification de ce code. Et l’opposant Sabi Sira Korogoné de s’exclamer dans une interview, « il faut changer les règles avant 2026 ! (…) ».
Levée de l'interdiction d'exportation des produits vivriers au Bénin: Quid du soja et de la noix de cajou ?
Le Bénin vient de marquer un tournant économique majeur avec la levée tant attendue de l’interdiction d’exportation de plusieurs produits vivriers. Annoncée avec une certaine fanfare, cette décision est présentée par le gouvernement comme une mesure clé, visant à accroître les revenus des agriculteurs et à stimuler l’économie rurale. Si l’enthousiasme est palpable parmi les producteurs de maïs, d’igname et de manioc, une question persiste et monte en puissance : à quand le tour des filières du soja et de la noix de cajou, qui, malgré leur potentiel exportateur immense, restent soumises à des restrictions ? L’interdiction d’exportation des produits vivriers avait été mise en place avec l’intention louable de garantir la sécurité alimentaire nationale et de stabiliser les prix sur le marché local. Cependant, cette mesure a parfois eu des conséquences imprévues. Elle a limité la capacité des agriculteurs à bénéficier des prix plus élevés du marché international. Les excédents de production, loin d’être une bénédiction, devenaient parfois un fardeau pour les producteurs. La décision de lever cette interdiction est donc un vent frais pour des milliers d’agriculteurs. Selon le porte-parole du gouvernement, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de prospérité agricole. « Nous voulons que nos agriculteurs s’enrichissent. La libre exportation leur permettra d’accéder à des marchés plus rémunérateurs, d’investir davantage dans leurs exploitations et d’améliorer leurs conditions de vie », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement du gouvernement à soutenir le secteur. Cette mesure est censée encourager une production accrue, moderniser les techniques agricoles et, à terme, renforcer la position du Bénin sur le marché régional et international des produits vivriers. Les producteurs peuvent désormais anticiper des retours sur investissement plus intéressants, ce qui pourrait également inciter les jeunes à s’engager davantage dans l’agriculture.
L’Union Africaine : Une intégration en quête de véritable indépendance et de progrès
Le rêve des pères fondateurs d’une Afrique unie et prospère semble s’éloigner chaque jour un peu plus de la réalité. Malgré l’existence d’une pléthore d’organisations régionales et sous-régionales, ainsi que d’une Union Africaine (UA) censée incarner l’unité continentale, le continent peine à décoller et à offrir à ses populations les conditions de vie dignes qu’elles méritent. Le sévère réquisitoire de Fatoumata Sidibé Diara, une analyste des dynamiques africaines, met en lumière cette incapacité flagrante des institutions africaines à propulser le continent vers un développement réel.
France : la diplomatie en chute libre
Pendant longtemps, la diplomatie française a été considérée comme l’un des piliers de la scène internationale, capable de dialoguer avec toutes les parties, de négocier des cessez-le-feu et de proposer des voies de sortie aux conflits. Mais les récents bouleversements géopolitiques révèlent une réalité plus amère : la France n’est plus au centre du jeu. Ni moteur, ni arbitre, elle apparaît de plus en plus souvent reléguée à l’arrière-plan. Ce recul s’observe à travers plusieurs crises majeures où sa voix a perdu en portée.
Bénin : L'énigme silencieuse de Boni Yayi
À l’approche des échéances électorales cruciales de 2026, la scène politique béninoise, habituellement très animée, est le théâtre d’une nouvelle stratégie de la part d’un de ses acteurs les plus emblématiques : l’ancien Président Thomas Boni Yayi. Loin des déclarations à la presse, des micros tendus et des caméras omniprésentes qui ont jadis marqué son style politique, Boni Yayi semble-t-il, opter pour un activisme silencieux. Il n’émet plus de critiques ouvertes de l’action gouvernementale, mais dans l’ombre, les pions bougent. Depuis plusieurs mois, Boni Yayi se fait rare dans les médias. Aucune interview, aucun communiqué public, aucun commentaire sur les grandes questions nationales. Lui qui, encore récemment, n’hésitait pas à dénoncer ce qu’il qualifiait de dérives, semble avoir tourné la page de la confrontation directe. Pourtant, les observateurs les plus attentifs notent que l’ancien chef de l’État n’est pas en retrait. Bien au contraire. Cette discrétion contraste fortement avec l’image publique de Boni Yayi, dont le verbe haut et les prises de position parfois virulentes ont longtemps rythmé le paysage politique béninois. L’ancien chef d’État, qui a dirigé le Bénin de 2006 à 2016, est connu pour son charisme et sa capacité à mobiliser une foule. Sa relative absence médiatique actuelle soulève des questions et alimente les spéculations quant à la nature de son influence sur la préparation des élections générales de 2026.
2026 au Bénin : des annonces de micro-candidatures malgré la fermeté des textes électoraux
Alors que le mandat du Président Patrice Talon approche de son terme, la scène politique voit émerger un phénomène paradoxal : des individus affichent ouvertement leurs ambitions de candidature à la magistrature suprême, et ce, en dépit des réformes électorales rigoristes mises en place ces dernières années. Ces « micro-candidatures » posent la question de l’effectivité des verrous législatifs censés rationaliser le paysage politique et interrogent sur la persistance des aspirations individuelles face à un cadre institutionnel toujours plus contraignant. La fermeté des lois électorales au Bénin ne freine pas l’ardeur de certains individus qui, au lieu de se faire valoir au sein des formations politiques, annoncent à qui veut l’entendre, leur intention de candidature. En effet, depuis 2018, le Bénin a entrepris une série de réformes politiques et électorales majeures, voulues par le régime du président Patrice Talon. L’objectif affiché était de moraliser la vie publique, de renforcer les partis politiques en tant que véritables piliers de la démocratie, et de mettre fin à la prolifération de candidatures « fantaisistes » ou opportunistes qui caractérisaient les scrutins passés. Ces réformes ont notamment abouti à introduire le parrainage des candidats, la caution électorale plus élevée, l’appartenance partisane obligatoire. Ces mesures ont eu un impact immédiat et visible. Lors de l’élection présidentielle de 2021, le nombre de candidatures validées a été drastiquement réduit, ne laissant que très peu de choix aux électeurs et suscitant des débats. L’intention était de s’assurer que seuls les partis robustes et représentatifs puissent présenter des candidats crédibles et porteurs d’un véritable projet de société, soutenu par une formation politique régulièrement constituée. D’ailleurs, après l’expérience de 2021, la réforme a été davantage corsée avec le code électoral en vigueur actuellement et qui visiblement, n’admettra pas plus de trois voir maximum quatre candidats à la prochaine présidentielle de 2026.
Edito : 3 ans après… et demain ?
Trois années. Ce n’est pas encore l’âge de raison, mais dans la vie d’un journal, c’est déjà une victoire. Une victoire sur l’oubli, sur l’incertitude, sur le doute. Une victoire arrachée, parfois à la douleur, souvent à la solitude. Une victoire que nous devons à la mémoire de feu Vincent FOLY, fondateur de La Nouvelle Tribune, et à tous ceux qui ont refusé que son rêve s’éteigne après lui.
Décès de deux Béninois au Togo: Que font les autorités de Cotonou pour clarifier la situation ?
La situation politique et sociale tendue qui secoue le Togo a pris une tournure tragique pour le Bénin. Au milieu des incidents récents survenus à Lomé, la capitale togolaise, deux ressortissants béninois ont perdu la vie selon des informations livrées par la Société civile togolaise. Face à ce drame, les regards se tournent désormais vers les autorités de Cotonou. Deux jeunes béninois seraient morts dans les incidents survenus dernièrement à Lomé dans les manifestations de rue. Mais du côté de Cotonou, silence radio jusqu’à ce jour. Les informations disponibles concernant les circonstances exactes de ces décès restent encore floues, mais la nouvelle a rapidement traversé la frontière, plongeant les Béninois et la diaspora béninoise au Togo dans l’émoi. Si la nature précise des incidents à Lomé n’a pas été détaillée publiquement par les autorités béninoises, la mention d’une situation tendue dans le pays voisin laisse supposer que ces pertes tragiques sont survenues dans un contexte de troubles ou d’affrontements. Mais selon les premières informations rendues disponibles à Lomé on parle de noyade. Pour un pays comme le Bénin, qui partage une longue frontière et des liens humains, culturels et économiques profonds avec le Togo, une telle nouvelle est non seulement une tragédie humaine, mais aussi une affaire d’État.
Limogeage du ministre Akponna : L'ironie d'une dénonciation aux lourdes conséquences
Le 21 juin 2025 à Parakou, le ministre Akponna exprimait publiquement son « véritablement triste » constat face aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité dans la ville. Sa désolation s’était rapidement muée en une diatribe féroce contre les « siphonneurs du budget national », accusés d’avoir détourné des fonds destinés à améliorer les conditions de vie des populations. Une semaine plus tard, l’ironie du sort frappe : c’est Akponna lui-même qui est limogé de ses fonctions et mis à la disposition de la justice, non pas pour corruption, mais pour justifier les déclarations mêmes qui avaient secoué la sphère politique. Akponna n’est plus ministre de l’énergie, de l’eau et des mines. Ainsi en a décidé le gouvernement de Patrice Talon qui lui a également demandé de se tenir à la disposition de la justice pour justifier ses déclarations. En effet, lors de sa visite à Parakou, le ministre Akponna n’avait pas mâché ses mots. Avec une véhémence peu commune pour un membre de la majorité présidentielle, il avait évoqué les « ressources publiquement mobilisées » pour le Programme d’actions du gouvernement (Pag), fustigeant ceux qui, selon lui, les avaient détournées. Sa référence explicite à « des fils de cette localité, Parakou, qui ont été mis devant la gouvernance en matière d’eau et d’électricité » avait clairement désigné l’ancien ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Samou Seïdou Adambi, originaire de la région. Les qualificatifs de « aventuriers politiques avec des ambitions démesurées, incapables d’honorer leurs petits mandats » résonnaient comme une attaque directe contre des figures passées du secteur. Akponna avait alors promis que les auteurs présumés de ces détournements « répondront de leur gestion », brandissant même la menace d’une ère nouvelle, où « plus jamais aucun individu ne détournera massivement le fonds public pour venir donner des miettes aux populations et aller se réfugier à l’Assemblée nationale ». Il avait même crédité le ministre conseiller Gbadamassi et son équipe d’avoir « mis au jour ces dysfonctionnements », affirmant que « ce que ces délinquants de la République avaient caché au président Patrice Talon est désormais connu ». Sa sortie s’inscrivait dans la droite ligne des réformes du système partisan voulues par le chef de l’État, censées moraliser la vie publique et empêcher les élus de se soustraire à la justice. Pourtant, la déflagration inattendue n’est pas venue des cibles d’Akponna, mais de lui-même. Son limogeage et sa mise à la disposition de la justice pour justifier ses propres déclarations marquent un tournant dramatique.
Gestion de l'eau au Bénin: Les droits des consommateurs bafoués
La Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), garante de la distribution de l’eau potable à des millions de foyers, est de plus en plus sous le feu des critiques. Des coupures prolongées sur plusieurs jours dans certaines zones, des communiqués intempestifs invitant les abonnés à faire de la rétention d’eau sont devenues fréquents pour de nombreux consommateurs. À cela s’ajoutent parfois des problèmes récurrents de non-distribution des factures. Face à cette série de faits, une question légitime se pose : où se trouve le droit des consommateurs à la Soneb ? On l’appelle source de vie. Mais, s’en procurer dans certaines villes du Bénin requiert un parcours de combattant. Le cœur du problème réside dans la fiabilité de l’approvisionnement. Dans plusieurs localités, les coupures d’eau ne sont plus des incidents isolés, mais des réalités fréquentes qui peuvent durer des jours, voire des semaines. Cette situation est inacceptable dans un pays qui aspire à l’émergence et où l’accès à l’eau potable est un droit fondamental. Les ménages, les entreprises et les institutions publiques sont directement impactés, ce qui entraîne des perturbations majeures dans la vie économique et sociale. Face à ces pénuries, la Soneb a parfois eu recours à des communiqués, suggérant aux abonnés, d’investir dans des citernes de rétention d’eau, à l’instar des détenteurs de forages. Une recommandation qui sonne comme un aveu d’impuissance et un transfert de responsabilité. Comment exiger d’un consommateur, dont la facture inclut déjà le service de distribution, un investissement supplémentaire et conséquent pour pallier les défaillances du distributeur ? C’est une charge additionnelle et injuste pour des budgets familiaux souvent serrés. Au-delà de la quantité, la qualité de l’eau distribuée est également remise en question. Des témoignages font état d’une eau de mauvaise qualité servie directement au robinet. Même si plusieurs fois les responsables de la Soneb ont rassuré les clients sur la qualité de l’eau, cette situation soulève de sérieuses préoccupations sanitaires. Les consommateurs paient pour de l’eau potable, non pour un liquide qui nécessite une filtration ou une ébullition préalable, engageant des coûts supplémentaires et des risques pour la santé.
Bouleversements annoncés dans le secteur de l'Etfp : Une réforme qui interroge
Dans les couloirs du pouvoir béninois, une nouvelle réforme a été annoncée, promettant de remodeler le paysage de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle (Etfp). Le Décret n°2025-197 du 23 avril 2025, portant statuts-types des établissements publics d’enseignement et de formation techniques et professionnels, est censé marquer un tournant. Pourtant, à peine publié, il soulève déjà une tempête de critiques. La première flèche décochée par les critiques, et non des moindres, vient du syndicaliste Anselme Coovi Amoussou, Secrétaire général de la CSA-Bénin. Dans une tribune sans concession, il dénonce un « défaut fondamental de méthode » dans l’élaboration de ce décret. Selon lui, cette réforme, bien que « ambitieuse sur le papier », a été concoctée dans un « cercle fermé », sans aucune consultation significative des enseignants, des chefs d’établissements, ou des syndicats. « On ne réforme pas un secteur aussi stratégique en excluant ceux qui le portent au quotidien », martèle Amoussou. Il estime qu’une réforme d’une telle ampleur gagnerait en efficacité si elle reposait sur un dialogue ouvert avec ceux qui vivent les réalités du terrain au quotidien. Pour lui, le manque d’inclusivité pourrait compromettre la mise en œuvre de ce décret, malgré les intentions affichées.
Bénin: Nourou Dine Saka Saley un talent incompris ou une mauvaise stratégie ?
Dans l’arène politique béninoise, où les alliances et les rejets se font et se défont avec une déconcertante fluidité, le nom de Nourou Dine Saka Saley résonne avec une persistance intrigante. Juriste de formation, intellectuel respecté et figure montante pour certains, il semble pourtant naviguer à contre-courant, pris entre le marteau de la majorité présidentielle qui l’a rejeté et l’enclume d’une opposition qui le regarde avec suspicion, surtout depuis qu’il a osé afficher ses ambitions présidentielles. Est-ce le destin d’un talent incompris, un idéaliste trop en avance sur son temps, ou celui d’un insoumis dont l’ambition démesurée le coupe de ses potentiels alliés ? La question mérite d’être posée. Dès les premières analyses, il est indéniable que Nourou Dine Saka Saley est un homme d’idées. Ses prises de position, ses analyses sur les questions de gouvernance, de développement et de justice, sont souvent d’une profondeur et d’une pertinence remarquables. Il incarne une certaine éthique en politique, un désir de rigueur et de transparence qui tranche parfois avec les pratiques courantes. Ses interventions publiques, ses écrits, témoignent d’une vision claire pour le Bénin, d’une aspiration à une société plus juste, plus équitable et plus prospère. Cette stature intellectuelle, cette intégrité perçue, devraient en faire un atout majeur pour n’importe quel camp politique. Pourtant, le constat est là : la majorité présidentielle lui a fermé ses portes. Ce rejet de la majorité présidentielle est d’autant plus énigmatique que Nourou Dine Saka Saley n’a jamais été un opposant farouche ou un pourfendeur systématique du régime. Il a souvent exprimé des points de vue nuancés, critiques certes, mais toujours constructifs. Certains y voient une incapacité du système en place à intégrer des voix trop indépendantes, trop critiques, même si ces critiques sont formulées dans l’intérêt supérieur de la nation. La logique du « tout ou rien », de l’allégeance inconditionnelle, pourrait expliquer cette mise à l’écart. Un homme d’idées, surtout s’il est pétri d’éthique, peut devenir gênant s’il ne rentre pas dans les rangs. Mais le paradoxe s’épaissit lorsque l’on observe la réaction de l’opposition. Depuis quelques temps, le propre « camp » de Nourou Dine Saka Saley – l’opposition – lui donne également du fil à retordre. Loin d’être accueilli à bras ouverts comme un potentiel leader capable de fédérer, il est confronté à des résistances, voire des hostilités. Cette situation soulève des questions fondamentales sur la dynamique de l’opposition béninoise. Est-elle capable de dépasser les querelles intestines et les ambitions personnelles pour s’unir autour de figures de proue ? Ou bien Nourou Dine Saka Saley, par son profil atypique et son ambition affichée, bouscule-t-il trop les équilibres établis au sein de cette opposition ?
Suspension provisoire d’Ahouanmenou de la DEN de l'UPR : un écran de fumée
(Houngbédji intouchable ?) La crise au sein du parti de la majorité présidentielle Union progressiste le Renouveau (UPR) et l’ancien Parti du renouveau démocratique (PRD) vient de connaître un nouveau rebondissement. Il s’agit de la suspension de Gratien-Laurent Ahouanmenou de la Direction exécutive nationale de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR). Si cette sanction est présentée par l’UPR comme la conséquence d’un manquement aux textes du parti, elle s’apparente surtout à un écran de fumée, qui cache un malaise plus profond.
Droit de place dans les marchés modernes du Bénin : la fin des petits commerçants ?
Un an après l’inauguration en grande pompe des marchés urbains modernes de Cotonou, l’euphorie de la gratuité touche à sa fin. À compter du 1er juillet 2025, les commerçants et commerçantes devront s’acquitter de redevances journalières, hebdomadaires ou périodiques. Cette décision soulève de vives inquiétudes quant à son impact sur le quotidien des petits marchands, en particulier ceux dont le capital de départ est dérisoire. De 100 f Cfa ou au plus 200 f Cfa le jour, avant la construction des marchés modernes, la redevance journalière passe désormais à 600f Cfa et 700f Cfa dans les marchés de Cotonou. L’annonce a été faite par Eunice Loisel, directrice de l’Agence Nationale de Gestion des Marchés (AnaGeM), lors de la célébration du premier anniversaire du marché de Cadjèhoun, le 15 juin 2025. « La redevance sera exigée dès juillet », a-t-elle déclaré. La décision de l’ANaGeM de faire payer les places dans ces infrastructures flambant neuves, construites sous l’impulsion du gouvernement du Président Patrice Talon pour moderniser le commerce local, est justifiée par la nécessité de garantir la propreté, la sécurité et l’entretien constant de ces marchés. Un argument recevable en théorie, mais qui se heurte à la dure réalité économique de beaucoup de commerçants béninois. Pour les marchés urbains modernes de Cotonou, cette somme, multipliée sur le mois, s’apparente pour beaucoup à de la « ciguë », un poison lent pour des activités déjà précaires. Pour des activités à plus fort roulement, comme les poissonneries et les boucheries, une redevance mensuelle de 21 000 F CFA est évoquée pour Cotonou. Bien que leurs marges soient potentiellement plus élevées, cette somme représente également une charge significative. L’autre hic de la décision de l’ANaGeM est que la même redevance est exigée aussi bien à la vendeuse de piment qu’à celle de tissu ou de cosmétique alors qu’on sait que leurs chiffres d’affaires respectifs ne sont pas comparables. L’ANaGeM a également détaillé les coûts pour les marchés modernes régionaux. Pour les marchés à animation hebdomadaire, la redevance s’élèvera à 1 600 F CFA, incluant l’eau et l’électricité. Les marchés à animation périodique (tous les 4 ou 5 jours) verront leur coût fixé à 1 200 F CFA, avec les mêmes services inclus. Si ces montants peuvent sembler raisonnables pour des commerçants ayant un capital conséquent, ils deviennent une contrainte majeure pour ceux qui vivent au jour le jour, avec des bénéfices souvent inférieurs à ces droits de place.
Fin de l'appui budgétaire des USA à l'Afrique: un casse-tête aux conséquences multiples
Une nouvelle a secoué les capitales africaines et les chancelleries internationales ces derniers jours. L’annonce récente par les États-Unis de la suspension de leur appui budgétaire direct à plusieurs États africains fait l’effet d’un séisme dans les cercles économiques et politiques du continent. Cette décision marque un tournant majeur dans la politique d’aide au développement américaine et représente un véritable casse-tête pour de nombreux pays du continent qui dépendent encore fortement de ces financements extérieurs. Les conséquences potentielles de cette mesure sont alarmantes et mettent en lumière le résultat d’une gestion souvent non prospective des ressources africaines. L’heure est plus que jamais venue pour l’Afrique d’apprendre à compter sur ses propres forces.
Rencontre de Talon et les maires et SE : L'occasion manquée
Il y a quelques jours, le chef de l’État Patrice Talon tendait la perche aux maires et Secrétaires exécutifs des communes pour crever l’abcès et panser la plaie des nouvelles réformes de la gouvernance locale. Mais, ils n’ont pas su la saisir afin de tirer les leçons, d’y apporter des corrections nécessaires pour éviter l’échec. Après plus de deux ans de mise en œuvre des nouvelles réformes structurelles du secteur de la décentralisation au Bénin, les leçons ont-elles été tirées ? Pas vraiment ! Née de la volonté du Président Patrice Talon de de renforcer la séparation des pouvoirs politiques de celle des pouvoirs techniques, cette réforme qui consiste en partie, à désigner les Secrétaires exécutifs poursuit son petit bout de chemin. Ceux-ci avaient été tirés au sort par les maires en avril 2022 avec à la clé, 34% de femmes et 66% d’hommes. Le Secrétaire exécutif a un mandat de 06 ans et est l’ordonnateur du budget de la mairie. Pour de nombreux Béninois, cette réforme avait sonné comme une lueur d’espoir au cœur de la gouvernance locale. Les populations, étouffées par des cas de mauvaise gestion financières répétées, avait accueilli cette initiative avec enthousiasme en y voyant, une issue durable à leurs problèmes quotidiens. Et une véritable ferveur populaire s’était emparée du pays traduisant l’attente d’un changement profond. Mais, au fil des mois, la désillusion s’est installée. Les Béninois ont commencé à observer l’initiative avec de moins en moins d’espoir, laissant place à une forme de résignation, voire de méfiance. Dès le départ, le maire de Kpomassé Kenam Mensah avait tiré la sonnette d’alarme. » Il faut nous remettre notre budget « , s’était-il exclamé avec un ton impératif à l’endroit du chef de l’État Patrice Talon, lors d’une rencontre avec les autres maires au Palais des Congrès en avril 2022. Puis, un peu plus calmement et réconciliant, il avait ajouté : « si vous voulez qu’il y ait la paix au niveau des communes, au niveau des conseils et du cabinet des maires, je pense qu’il faut nous retourner notre budget« . Il ne savait pas s’y bien dire. Ironie du sort, sa commune sera l’une des dizaines de victimes de cette réforme de la gouvernance locale.
La jeunesse béninoise face aux psychotropes: une menace grandissante qui exige une riposte urgente
Le Bénin fait face à une crise silencieuse mais dévastatrice : la consommation abusive de produits psychotropes, notamment des médicaments détournés de leur usage thérapeutique, par une frange croissante de sa jeunesse. Ce phénomène, aux ramifications complexes, menace gravement la santé publique, la sécurité et l’avenir même de la nation. Au-delà des constats alarmants, il est crucial de comprendre les mécanismes qui alimentent ce circuit noir, d’où proviennent ces substances, quelles en sont les conséquences et, surtout, comment enrayer cette spirale infernale.
Père Arnaud Éric AGUENOUNON face à Claude LEFORT et Max WEBER
Un dialogue constructif sur l’économie politique de la décision publique au Bénin
- L’heure de la vérité entre philosophie politique et économie politique
L’économie politique se voulant le champ de convergence entre la politique et l’économie pour éradiquer la misère des peuples, il y va de soi que le pouvoir du peuple, le pouvoir des forces politiques et le pouvoir technocratique s’invitent dans cet essai intitulé : « Le couple démocratie et bureaucratie en procès chez Lefort et WEBER, phylogénie conceptuelle et analyse de terrain » du Père Arnaud Éric AGUENOUNON.
Déclarations d'Alladatin sur la loi d’amnistie: Pourquoi attendre d’être supplié avant d’agir ?
Le débat sur une amnistie pour Joël Aïvo, Reckya Madougou et d’autres figures de l’opposition refait surface au Bénin, soulevant des questions fondamentales sur la responsabilité politique et l’intérêt supérieur de la nation. Dimanche 15 juin 2025, le député Orden Alladatin, président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale et membre de la majorité présidentielle, était l’invité d’Eden TV. Il a répondu aux appels de l’opposition, en particulier du parti Les Démocrates, qui souhaite voir « dépoussiérer » leur proposition de loi spéciale portant sur l’amnistie. Si Alladatin dénonce une « stratégie de communication » et une « manœuvre » visant à « embrouiller l’opinion« , la question demeure : pourquoi la majorité parlementaire attendrait-elle d’être suppliée pour agir ? L’honorable Alladatin, membre du parti Union progressiste le renouveau (Upr), reproche aux initiateurs de la proposition de loi, un manque de concertation préalable avec les groupes parlementaires de la majorité présidentielle. « L’opposition aujourd’hui n’a pas la majorité à l’Assemblée nationale. Alors vous demandez, parce qu’il y a la caméra, au président de l’Assemblée, d’appeler une loi, alors qu’il n’y a aucune discussion préalable, ni avec nos groupes parlementaires, ni avec personne », a-t-il fustigé. Selon lui, l’opposition cherche un « effet d’annonce » pour faire croire que les partis progouvernementaux refusent de voter une loi d’amnistie, transformant ainsi le débat en une simple opération de « communication« .
Déclarations de proches du pouvoir : Et si Talon disciplinait sa troupe ?
Le débat sur la santé démocratique du Bénin est de plus en plus vif, et les récentes déclarations de certains proches du pouvoir pourraient accentuer les débats. Au cœur de la polémique, l’affaire de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) qui révèle un imbroglio juridique et alimente les discussions bien au-delà des cercles politiques. La question se pose : le président Patrice Talon devrait-il rappeler à l’ordre ses troupes ? Des figures de la majorité présidentielle, par leurs prises de position qu’on pourraient qualifier d’hâtives sur des sujets aussi sensibles, laissent transparaître un manque de retenue sur un sujet que la justice pourrait connaître très prochainement. L’exemple le plus frappant est celui d’Irénée Agossa, une personnalité visible de la majorité qui s’exprimait sur « actu soir » d’E-télé dimanche dernier. Concernant la confusion autour de la fusion entre l’Upr et du Prd (où le Prd, censé avoir fusionné, détiendrait toujours un récépissé du ministère de l’Intérieur), Irénée Agossa aurait affirmé que « même si Houngbédji amenait des avocats de New York, il ne pourrait pas gagner la bataille juridique de la confusion entre UPR et PRD ». Cette déclaration, pour le moins péremptoire, est problématique à plusieurs égards.
Affaire UP-R et PRD au Bénin : la révélation d'un imbroglio politico-administratif
Le paysage politique béninois, déjà complexe, est secoué par une nouvelle situation qui met en lumière de sérieuses incohérences dans le circuit de la délivrance des récépissés aux partis politiques. Au cœur de cette tempête, l’union progressiste le renouveau (Upr), fruit de la fusion entre l’Union progressiste (UP) et le Parti du renouveau démocratique (Prd), … Lire la suite
Afrique : l’aide au développement est-elle vraiment utile ?
Chaque année, les promesses d’aide au développement se répètent, tout comme les constats d’échec. Les chiffres sont là : malgré des décennies de transferts financiers, l’Afrique reste confrontée à des défis structurels majeurs – gouvernance fragile, dépendance économique, inégalités persistantes. L’édition 2025 de l’Ibrahim Governance Weekend, organisée à Marrakech, a mis en lumière cette dissonance. Pour Mo Ibrahim, philanthrope anglo-soudanais et fondateur de la fondation du même nom, il est devenu urgent de rompre avec une logique d’assistanat dépassée qui freine l’appropriation du développement par les acteurs africains eux-mêmes.
Armement : le pari risqué de Renault en Ukraine, quel impact sur l'entreprise ?
Depuis février 2022, la guerre entre la Russie et l’Ukraine a profondément bouleversé les équilibres géopolitiques en Europe. Ce conflit prolongé a mis en évidence le rôle central des technologies émergentes, notamment les drones, dans les affrontements militaires contemporains. Utilisés massivement par l’armée ukrainienne, ces engins pilotés à distance sont devenus un atout stratégique majeur, capables de frapper en profondeur les lignes ennemies tout en réduisant l’exposition humaine. Dans ce contexte, le partenariat annoncé entre la France et l’Ukraine autour de la production de drones soulève des enjeux qui dépassent la simple coopération industrielle.
Macky Sall SG de l'ONU : un mauvais signal pour l'institution ?
À peine sorti du pouvoir, Macky Sall fait déjà l’objet de graves accusations au Sénégal. Depuis la passation de relais à Bassirou Diomaye Faye en avril 2024, plusieurs enquêtes officielles et rapports indépendants ont mis en lumière des zones d’ombre dans sa gestion. L’ancien président est pointé du doigt pour des irrégularités budgétaires importantes, des soupçons de corruption à grande échelle et des décisions politiques controversées, notamment le report de l’élection présidentielle. Cette séquence trouble laisse une empreinte tenace sur son image, à un moment où circulent des rumeurs persistantes sur ses ambitions internationales.
Candidature de Daniel Edah à la présidentielle de 2026 au Bénin : Des incohérences à régler
(et des obstacles à surmonter) Le compte à rebours pour la présidentielle de 2026 au Bénin est officiellement lancé. Alors que le paysage politique se dessine progressivement, une première déclaration de candidature vient d’agiter les sphères : celle de Daniel Edah. Fonctionnaire international, consultant en partenariat, président de l’organisation « Il fera beau », et surtout membre du Cadre de concertation des partis politiques de l’opposition, Daniel Edah a annoncé, le jeudi 29 mai 2025, sa volonté de briguer la magistrature suprême, se positionnant comme porteur d’une vision pour le Bénin.Dans une vidéo postée sur sa page Facebook, Daniel Edah a exposé sa vision : « Je suis candidat avec une vision, celle d’un Bénin économiquement prospère et socialement stable dans une Afrique bien intégrée et en plein essor ». Une déclaration qui, si elle est saluée par certains, soulève néanmoins de nombreuses interrogations et met en lumière les réalités complexes du processus électoral béninois, notamment la question épineuse du parrainage.
Résolution de la crise Bénin-Niger: L'espoir douché de Soglo et Yayi?
Mauvaise nouvelle pour les anciens présidents de la République du Bénin Nicephore Soglo et Boni Yayi. Alors qu’ils s’apprêtent à effectuer un second voyage à Niamey, dans la résolution de la crise qui secoue le Bénin et le Niger, le Général Tiani pose une fois encore, ses conditions: le départ des troupes françaises qui seraient presentes sur le sol béninois. Une façon de mettre une nouvelle fois, la pression sur les négociations. L’espoir d’une résolution rapide des tensions politiques et diplomatiques entre le Bénin et le Niger avec les bons offices des anciens chefs d’État béninois Nicéphore Soglo et Boni Yayi était mince. S’est-il définitivement envolé? Bien malin celui qui peut l’affirmer la main sur le cœur. En tout cas, le président du Niger le Général Abdourahmane Tiani, a encore ajouté une pièce dans son narratif récurent depuis que cette crise entre les deux pays a débuté, il y a près de deux ans. « Nous avons gardé la frontière avec le Bénin fermée et la frontière avec le Bénin restera fermée tant que le Bénin ne comprendra pas que le combat que nous faisons, ce n’est pas contre le Bénin que nous faisons, c’est contre les troupes françaises de déstabilisation qui sont sur le territoire béninois qui peuvent nous nuire. » Ainsi parlait le samedi dernier, celui qui dirige de facto, son pays depuis le coup d’État militaire intervenu le 23 juillet 2023 et qui a rebattu les cartes des relations entre les pays de la Cedeao. Cette déclaration intervient à quelques jours d’une rencontre entre le Général Abdourahmane Tiani et les anciens présidents béninois Nicéphore Soglo et Boni Yayi prévu pour ce mois de juin à Niamey.
Djogbénou chez Houngbédji : Pour le compte du parti ou pour le potentiel candidat ?
La récente visite du président de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Joseph Djogbénou, chez Me Adrien Houngbédji, président-fondateur de l’ancien Parti du Renouveau Démocratique (PRD), continue d’alimenter les spéculations sur la scène politique béninoise. Au-delà de l’acte de courtoisie, cette rencontre, survenue dans un contexte de positionnement en vue de la présidentielle de 2026, interroge les véritables motivations de Joseph Djogbénou. S’agit-il de consolider l’unité de l’UPR ou de paver la voie à ses propres ambitions présidentielles que le Pr Joseph Djogbénou s’est rendu chez Me Adrien Houngbédji? La question se pose avec acuité d’autant plus d’après les rumeurs, Djogbénou ne serait pas le choix privilégié du président Patrice Talon pour le dauphinat. En tout cas, la rencontre, relayée par la presse béninoise le 27 mai 2025, a été perçue comme un geste fort. Me Houngbédji, figure historique de la politique béninoise, et son ancien parti, le Prd, ont fusionné avec l’Union Progressiste (Up) pour former l’Upr, l’une des deux principales formations de la majorité présidentielle. Joseph Djogbénou, ancien président de la Cour constitutionnelle et personnalité clé du régime actuel, se trouve à la tête de cette puissante machine politique.
Bénin: malaise chez Les Démocrates
Alors que les élections générales prévues en 2026 sont dans toutes les têtes, le parti de l’opposition Les Démocrates traverse en ce moment même, sa pire crise de confiance. En cause, l’un des membres influents du parti, Nourou-Dine Saka Saley, qui semble ramer à contre courant. Chez Les Démocrates, le linge sale ne se lave pas toujours en famille. Il se nettoie plutôt dans les médias et sur les réseaux sociaux. C’est en tout cas l’option choisie par l’un des membres les plus influents de ce parti de l’opposition politique béninoise en l’occurrence Nourou-Dine Saka Saley. Depuis un certain temps, ce juriste et figure atypique de la politique béninoise, affiche ouvertement et invariablement, des positions assumées mais, qui sont en totale contradiction et diamétralement opposées aux directives, aux choix et orientations politiques des autres membres de sa famille politique. Il s’est donné une certaine liberté de ton, d’expression et de langage qui ne plaît pas à tout le monde et fait grincer les dents de certains responsables du parti. Nourou-Dine Saka Saley, celui que ses proches considèrent comme une forte tête, ne se laisse pas en effet, marcher sur les pieds. D’ailleurs lui même se définit comme quelqu’un qui n’est pas un suiveur, un béni Oui-Oui. C’est pourquoi, sans que l’on ne sache véritablement les raisons de ce revirement à 180 degré, sa nouvelle posture et ces récentes prises de position, dérangent et agacent même les autres lieutenants du parti Les Démocrates. Personne n’a encore réussi à savoir ses intentions, ses motivations et ses objectifs. Peut-être veut-il secouer le cocotier à l’orée des élections municipales, législatives et présidentielle de 2026 où la problématique des positionnements se pose avec acuité? Peut-être cherche-t-il à affirmer son indépendance vis-à-vis du parti et son président Boni Yayi? Ou peut-être veut-il créer un autre courant au sein du parti ? Toujours est-il que cet acteur politique ne manque plus aucune occasion pour tancer ouvertement son propre parti politique .« Il se prépare une exclusion, mais avec la bénédiction participative de l’opposition », avait-il déclaré récemment sur son mur. Dans une intervention plus tôt, il avait déjà suggéré une démission collective des 28 députés de son parti Les Démocrates afin de créer un précédent et provoquer des élections partielles dans leurs circonscriptions conformément à l’article 150 l, du code électoral qui stipule que si plus d’un cinquième des députés (soit au moins 22 sur les 109) démissionnent, des élections doivent être réorganisées dans les circonscriptions concernées. Il a en outre dénoncé son propre parti, qui pratiquerait une « opposition systématique, peu audible dans les débats parlementaires» et en manque «d’initiatives politiques marquantes ».
Génocides coloniaux en Afrique : une reconnaissance sélective et raciste
L’histoire officielle accorde parfois un traitement différencié aux violences de masse, selon le lieu où elles se sont produites et les populations qui en ont été victimes. En Afrique, plusieurs épisodes de répression brutale et d’extermination systématique ont marqué la période coloniale. Pourtant, ces crimes, bien que documentés, peinent encore à être reconnus à leur juste mesure. Ni pleinement intégrés aux programmes éducatifs, ni traités avec la même rigueur mémorielle que d’autres épisodes de l’histoire contemporaine, ils restent souvent cantonnés à un angle mort du récit collectif. Cette absence de reconnaissance équitable interroge sur les critères implicites qui façonnent la mémoire officielle.
Bénin: Quel bilan pour le leasing ?
En 2017, le gouvernement béninois, sous la houlette du président Patrice Talon, a initié une réforme majeure de la gestion du parc automobile de l’État en adoptant le leasing (location à longue durée) comme mode d’acquisition des véhicules administratifs.Cette décision visait à rationaliser les dépenses publiques et à lutter contre les dérives observées dans la gestion des biens de l’État. Sept ans plus tard, il est pertinent d’évaluer les résultats de cette politique. Avant 2017, la gestion du parc automobile de l’État était caractérisée par des dépenses exorbitantes et une utilisation inefficace des ressources. Entre 2014 et 2016, l’acquisition des véhicules, leur entretien et l’achat de carburant ont coûté respectivement de gros montants à l’État. Face à cette situation, le gouvernement a opté pour le leasing, permettant à l’administration de disposer de véhicules neufs, entretenus aux frais du fournisseur, tout en bénéficiant de la garantie du constructeur pendant la durée du contrat. Cette formule devait induire une réduction substantielle des charges de fonctionnement de l’État. Mais qu’en est-il à l’arrivée ? Difficile pour le moment de répondre à cette question.
Terrorisme en Afrique et au Bénin : Et si les Peulhs étaient les premières victimes ?
Le fléau du terrorisme continue de s’étendre et de se complexifier sur le continent africain, transformant des régions entières en zones de conflit et de détresse humanitaire. Si l’attention médiatique se focalise souvent sur les actions spectaculaires des groupes djihadistes comme Boko Haram, Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) ou l’État Islamique dans le Grand Sahara (EIGS), une réalité plus insidieuse et tragique se dessine : celle des communautés peulh, prises en étau, souvent ciblées et paradoxalement désignées comme les premières victimes de cette escalade de violence.
Bénin: Nourou Dine Sacca Saley dénonce des réformes politiques "assommoirs et abattoirs"
Le paysage politique béninois est secoué par les profondes interrogations soulevées par Nourou Dine Saka Saley. À travers une publication sur les réseaux sociaux, ce dernier a lancé un pavé dans la marre, qualifiant les récentes réformes politiques de « réformes assommoirs et abattoirs ». Une critique virulente qui résonne avec une partie de l’opinion publique, préoccupée par la santé de la démocratie béninoise et l’avenir de sa jeunesse engagée. La charge de Saka Saley s’articule autour d’une série de questions rhétoriques, qui mettent en lumière les paradoxes potentielles du système actuel. Il commence par s’interroger sur la personnification et l’individualisation croissante des partis politiques. « Est-ce que les partis ne sont pas plus dangereusement personnifiés et individualisés que par le passé», se demande-t-il, faisant écho à une perception partagée selon laquelle, la désignation des candidats et les décisions majeures seraient l’apanage d’une ou de quelques personnes influentes, vidant ainsi les structures partisanes de leur essence démocratique interne.
Bénin : Plaidoyer pour un monument en mémoire de l'Abbé Gilbert Dagnon (Ambassadeur Ahouansou)
La propension est grande de nos jours à honorer les anciennes figures pour leurs hauts faits politiques et militaires faisant toutefois, à mal escient , l’impasse sur les contemporaines qui elles, ont utilisé des armes autres que politiques et militaires pour réaliser leurs œuvres .
La Fcbe de Paul Hounkpé en 2026: Exister ou disparaître
Le parti Force Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) de Paul Hounkpé autrefois chef de file de l’opposition béninoise, semble aujourd’hui au bord du précipice. Minée par des luttes intestines, des défections, il traverse une crise profonde qui pourrait bien sonner le glas de son influence sur l’échiquier politique national. Les signes avant-coureurs d’une implosion sont nombreux, et les échéances électorales de 2026, loin d’être une opportunité, apparaissent comme une menace existentielle pour une formation déjà très affaiblie. Les dissensions internes, longtemps étouffées, ont éclaté au grand jour ces derniers temps. Des figures historiques du parti, ont claqué la porte, emportant avec elles une partie de la base militante. Les ambitions personnelles, les luttes de pouvoir et les divergences stratégiques ont créé un climat de suspicion et de division qui paralyse le fonctionnement du parti et compromet sa capacité à se présenter comme une alternative crédible au pouvoir en place. Le dernier évènement en date est la démission ou suspension de l’ancien ministre Alain Adihou et toute la polémique qui s’en est suivie. Paul Hounkpè, malgré son expérience politique, peine à rassembler les différentes sensibilités au sein de la Fcbe et à impulser une nouvelle dynamique. Son discours, souvent perçu dans l’opinion comme ambigu et manquant de fermeté, ne parvient pas à mobiliser les troupes ni à convaincre l’opinion publique. L’absence d’une vision claire pour l’avenir du Bénin et le manque de cohésion au sein de ce parti contribuent à son essoufflement et à la perte de confiance des Béninois. Les résultats aux dernières élections témoignent de cette érosion. Le parti n’a pas su s’adapter aux nouvelles réalités politiques, ni renouveler son message pour séduire une population de plus en plus jeune et exigeante. Son incapacité à se positionner clairement sur les grands enjeux nationaux et son manque de présence sur le terrain ont fini par l’éloigner de ses bases traditionnelles.
Dénonciations de fraudes contre plusieurs banques au Bénin : Le gouvernement interpellé
Ces derniers mois, le climat de confiance entre les citoyens béninois et plusieurs institutions bancaires du pays s’est sérieusement détérioré. Au cœur de la tourmente : des accusations persistantes de fraudes bancaires, de pratiques abusives, et d’omissions volontaires dans le traitement des réclamations de clients. Face à cette situation préoccupante, les appels se multiplient pour que le gouvernement béninois prenne ses responsabilités et protège les usagers. Depuis le début de l’année 2025, plusieurs clients ont publiquement partagé leurs mésaventures avec des banques opérant au Bénin, notamment sur les réseaux sociaux, dans les médias locaux, et dans le cadre de recours juridiques. Les témoignages de victimes affluent, dressant un tableau sombre de manipulations financières sophistiquées et de négligences graves au sein de certaines banques. Des retraits non autorisés, des transferts frauduleux, des prélèvements abusifs et des opérations suspectes sur des comptes dormants sont autant de griefs qui reviennent avec une troublante régularité. Des épargnants, parfois modestes, voient leurs économies de toute une vie s’évaporer du jour au lendemain, les laissant dans un désarroi financier et psychologique profond. Dans une institution financière de Cotonou, par exemple, une dame dont la dénonciation est devenue virale sur la toile affirme avoir constaté des retraits non autorisés, atteignant des sommes significatives. Malgré les réclamations formelles, elle n’a pas reçu de satisfaction. « J’ai écrit trois fois au service client, je n’ai jamais reçu de réponse concrète. On me balade depuis janvier », confie – t- elle. Même son de cloche dans une autre banque de Cotonou où des clients dénoncent une “opacité systémique” dans la gestion des comptes. Ici, un client, commerçant béninois, crie son ras-le-bol depuis des années dans une affaire qui aurait pourtant été vidée par les tribunaux sans que jamais la décision de justice ne soit exécutée selon son récit sur les réseaux sociaux. Les clients concernés évoquent des complicités internes qui faciliteraient la manipulation de comptes. Face à la grogne, les réponses officielles des banques concernées se font rares et peu convaincantes.
Élections Générales de 2026 au Bénin : Les Démocrates contre la politique de la chaise vide
(Le duo candidat à la présidentielle bientôt dévoilé). A un peu moins d’un an des élections générales cruciales de 2026, le paysage politique béninois s’anime. La principale formation de l’opposition, le parti Les Démocrates, a clairement signifié son intention de participer activement à tous les niveaux du scrutin, balayant ainsi les spéculations sur une éventuelle politique de la chaise vide. Cette assurance a été donnée par le vice-président du parti, Alassane Tigri, qui a également annoncé que le duo candidat pour l’élection présidentielle serait révélé bientôt, suscitant une attente palpable au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
Parti Le libéral de Richard Boni Ouorou : Des ambitions mort-nées ?
- Des soupçons de corruption dans l’obtention du récépissé
- Des sorties médiatiques complètement ratées
Après l’annonce tambours battant de l’obtention de son récépissé définitif d’existence, le parti Le Libéral de Richard Boni Ouorou n’est pas au bout de ses peines. Les responsables de cette formation politique devront faire face à la justice dans les prochains jours pour fait de corruption présumée. Aux dernières nouvelles, le Président du parti Le Libéral a été arrêté et gardé à vue. Dans ces conditions, on se demande bien quel est l’avenir de ce parti. « C’est à cette étape que j’ai été informé de sources dignes de foi, des faits de corruption avérés mettant en cause deux cadres du Ministère dont l’un de la Direction des Partis politiques et des Affaires électorales, et l’autre de la Direction des Affaires intérieures et des Cultes sur le même dossier. En effet, le cadre en service à la Direction des Affaires intérieures et des Cultes aurait approché le principal responsable du parti en création pour lui proposer des facilitations contre rémunération de sa part en vue de faire aboutir son dossier au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Proposition à laquelle ce dernier aurait adhéré ; le même cadre de la Direction des Affaires intérieures et des Cultes aurait par la suite contacté et convaincu le cadre de la Direction des Partis politiques et des Affaires électorales contre promesse de rétribution. Ainsi les intéressés auraient perçu d’importantes sommes d’argent du principal responsable du parti en création ».
Montée des injures sur la scène politique béninoise: un défi pour la cohésion sociale
La scène politique béninoise, autrefois reconnue pour son débat souvent vif mais généralement respectueux, semble traverser une période de turbulences marquée par une recrudescence inquiétante des injures et de la grossièreté dans les discours et les échanges. Cette évolution, si elle n’est pas contenue, pourrait avoir des conséquences néfastes sur la qualité du débat démocratique. Il est indéniable que la passion et l’engagement sont des moteurs essentiels de la vie politique. Les divergences d’opinions et les confrontations d’idées sont non seulement légitimes, mais nécessaires au bon fonctionnement d’une démocratie. Cependant, franchir la ligne rouge en recourant à des propos injurieux, des attaques personnelles et un langage grossier pollue l’espace public et détourne l’attention des enjeux fondamentaux auxquels la nation est confrontée. La polarisation croissante du paysage politique, exacerbée par les échéances électorales et les débats souvent passionnés sur des questions sensibles, peuvent parfois conduire à une radicalisation des discours et à un recours plus fréquent à des attaques ad hominem plutôt qu’à des arguments de fond. L’absence de mécanismes de régulation efficaces et l’interprétation parfois laxiste des règles d’éthique dans la sphère politique contribuent enfin à normaliser des comportements qui devraient pourtant être fermement condamnés. Les conséquences de cette montée des injures et de la grossièreté sont multiples et préoccupantes.
Bénin : bientôt le clash entre Patrice Talon et Joseph Djogbénou ?
Une récente déclaration de Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’Espoir (RE), a ravivé les spéculations sur une possible rupture entre le président béninois Patrice Talon et son ancien ministre de la Justice et avocat personnel, Joseph Djogbénou. Azannaï a évoqué une rencontre informelle avec Badirou Aguèmon, au cours de laquelle des discussions auraient eu … Lire la suite
Allégations de plan de déstabilisation du Bénin : et si la justice s’occupait du dossier ?
Les allégations de l’existence d’un plan visant à déstabiliser le Bénin, récemment évoqué par le porte-parole du gouvernement, ont suscité une vague de réactions. Alors que les clarifications se font attendre, les spéculations vont bon train et une frange de la classe politique exige des réponses claires et transparentes sur le sujet. L’annonce d’une existence d’officine ayant pour plan de déstabiliser le Bénin en 2025 et disposant de beaucoup de moyens financiers, a eu l’effet d’une bombe. Depuis que le porte-parole du gouvernement a tenu ces propos, les réactions se succèdent. L’absence de détails n’a fait qu’alimenter les rumeurs et les interprétations les plus diverses. L’opposition, notamment, a immédiatement réagi, dénonçant une tentative de diversion et une instrumentalisation de la peur à des fins politiques. Certains observateurs s’interrogent sur le timing de ces révélations, à l’approche des échéances électorales de 2026.
Bénin : Adrien Houngbédji, faiseur de rois pour 2026 ?
Le paysage politique béninois bruisse de rumeurs. Le Parti du renouveau démocratique (Prd), autrefois pilier de la scène nationale, serait en passe de renaître de ses cendres. Après une période d’alliance, puis de distanciation avec les méthodes du pouvoir en place, le Prd, sous la houlette de son emblématique leader, Adrien Houngbédji, semble se positionner comme un acteur clé pour les échéances de 2026. La question brûlante est désormais de savoir si le parti parviendra à reconquérir ses militants et à consolider ses assises, et si Adrien Houngbédji, fort de son expérience et de son influence, deviendra le faiseur de rois de la prochaine présidentielle. Le jeu politique de 2026 ne se fera pas sans le parti de Me Adrien Houngbédji. C’est du moins ce qu’on peut affirmer au regard du développement actuel de l’actualité politique au Bénin. Longtemps considéré comme une force politique majeure au Bénin, Le Prd incarne une tradition de la social-démocratie et de défense des valeurs démocratiques. Sous la direction d’Adrien Houngbédji, figure politique respectée et expérimentée, le parti a joué un rôle crucial dans la transition démocratique du pays et a participé à plusieurs gouvernements. Mais les dernières déclarations du président Houngbédji sur la gouvernance Talon depuis peu, marque un tournant. En effet, durant les premières années du mandat de Talon, le Prd avait adopté une posture de soutien sans condition, participant à certaines initiatives gouvernementales. Cependant, les divergences et les critiques croissantes du président Adrien Houngbédji, à l’égard de certaines politiques mises en œuvre, donnent l’impression d’une certaine distanciation vis – à – vis de la gouvernance de la Rupture. Cette nouvelle posture pourrait s’avérer stratégique et payante pour le Prd, lui permettant de reconquérir les électeurs déçus par le pouvoir en place et de se positionner comme une bouée de sauvetage pour tous les camps au regard des nouveaux enjeux électoraux au Bénin.
Patrice Talon et Boni Yayi : Deux ombres qui planent sur la politique béninoise depuis 2006
Depuis 2006, le Bénin vit au rythme des trajectoires entrelacées puis divergentes de Patrice Talon et Boni Yayi. Ces deux figures dominantes ont façonné le paysage politique du pays, laissant une empreinte indélébile sur les vingt dernières années. À l’approche de 2026, l’ombre de ce duo plane sur les échéances électorales, et nombreux sont ceux qui estiment que la clé de l’avenir politique du Bénin se trouve entre leurs mains. Boni Yayi, président de 2006 à 2016, a marqué son mandat par une politique de grands travaux et une forte présence sur la scène internationale. Son règne a également été marqué par des accusations de dérives autoritaires et des tensions politiques croissantes, notamment avec Patrice Talon, alors homme d’affaires influent. L’arrivée de Patrice Talon au pouvoir en 2016 a signifié une rupture radicale. Promettant une rupture avec les pratiques du passé, il a engagé des réformes économiques ambitieuses et une lutte acharnée contre la corruption. Cependant, de nombreuses voix ont dénoncé « un recul démocratique » tandis que des tensions avec l’opposition, dont Boni Yayi est devenu une figure de proue ont émergé. Les relations entre les deux hommes ont oscillé entre alliances et confrontations. Les élections de 2019, marquées par l’absence de l’opposition, ont exacerbé les tensions, culminant avec l’état de siège autour de la résidence de Boni Yayi. Leur influence, leurs réseaux et leur poids politique en font des acteurs incontournables dans le jeu politique béninois.
OB26 en éclats : le fardeau Boko comme point de rupture ?
L’Assemblée générale extraordinaire tenue du 2 au 3 mai à Cotonou a officialisé ce que beaucoup pressentaient depuis plusieurs mois : le Mouvement Objectif Bénin 2026 (OB26) est entré dans une zone de turbulences dont il pourrait ne pas sortir indemne. Ce qui se voulait une dynamique politique ambitieuse pour l’alternance en 2026 se fracture désormais en clans, règlements de comptes et querelles d’héritage. Le président du mouvement, Jean-Eudes Mitokpè, en a été écarté au terme d’une réunion qualifiée d’historique par ses organisateurs. On lui reproche une dérive solitaire, une orientation politique jugée contraire à l’ADN du mouvement, et surtout une tentative de repositionnement dans l’opposition sans consultation. Une fracture que certains analystes justifient par le contexte judiciaire sulfureux entourant Olivier Boko, figure tutélaire d’OB26, aujourd’hui condamné pour complot contre l’État.