Gestion de l’hygiène menstruelle dans les lycées du Bénin : Une situation qui mérite une attention particulière

Tous les mois, des dizaines de jeunes filles béninoises doivent faire face à une réalité intime qui a de profondes répercussions sur leur vie scolaire : la gestion de leurs menstruations. Si ce phénomène est biologique et naturel, dans de nombreux collèges et lycées publics du pays, il reste entouré de tabous, de précarité matérielle … Continuer la lecture

Grandes tendances des Élections couplées au Bénin : Le suspense continue ...

Au Bénin, les attentes autour de la publication des résultats des élections législatives et communales du 11 janvier 2026 restent vives. Quatre jours après le double scrutin organisé dans tout le pays, la population, les partis politiques et les observateurs demeurent dans l’expectative. À ce jour, même si les délais légaux ne sont pas encore échus, ni les grandes tendances du vote ni les résultats officiels n’ont été rendus publics par les autorités compétentes. Organisé selon les nouvelles réformes du calendrier électoral et avant la présidentielle d’avril prochain, il était considéré comme un test majeur de la stabilité démocratique et des débats autour de l’inclusion des formations politiques.

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Le féminisme en Afrique : Une opportunité ou un obstacle pour les femmes ?

Le mot « féminisme » suscite encore de vifs débats en Afrique. Pour certains, il représente une opportunité historique d’émancipation et de justice sociale pour les femmes. Pour d’autres, il est perçu comme une idéologie importée, en décalage avec les réalités culturelles africaines, voire comme une menace pour les valeurs traditionnelles et la cohésion sociale. Entre espoir de progrès et craintes de rupture, le féminisme africain se trouve à la croisée des chemins. Contrairement à une idée largement répandue, la lutte des femmes africaines pour leurs droits n’est pas récente. Bien avant l’apparition du terme « féminisme » dans le débat public africain, des femmes ont résisté à l’oppression, revendiqué une place dans la société et exercé le pouvoir. Des figures historiques comme la reine Nzinga en Angola, Yaa Asantewaa au Ghana ou encore les agodjiés du Dahomey témoignent d’un leadership féminin affirmé. Cependant, le féminisme contemporain, souvent associé aux mouvements occidentaux, a introduit un vocabulaire et des revendications plus structurées : égalité juridique, autonomie économique, droits sexuels et reproductifs, lutte contre les violences basées sur le genre. C’est précisément cette association avec l’Occident qui alimente la controverse.

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Elections couplées du 11 janvier 2026 au Bénin : Un scrutin décisif dans un contexte politique intense

Le Bénin a vécu ce dimanche 11 janvier une journée électorale d’une importance capitale avec la tenue des élections législatives et communales couplées, une première dans l’histoire politique du pays. En mobilisant près de 7,8 millions d’électeurs répartis dans plus de 17 000 bureaux de vote, ce double scrutin marque l’ouverture officielle de l’année électorale avant l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026. Organisées sous l’égide de la Commission électorale nationale autonome (Cena), ces élections couplées avaient pour objet, d’élire 109 députés à l’Assemblée nationale ainsi que plus de 1 800 conseillers communaux dans les 77 communes du pays. C’est la première fois que le Bénin organise simultanément ces deux scrutins, reflet d’une réforme du calendrier électoral visant à renforcer la cohérence entre les niveaux de gouvernance nationale et locale. Plus de 8 006 centres de vote ont été déployés à travers les 12 départements du pays, avec l’appui de 571 coordonnateurs d’arrondissements chargés de la supervision des opérations.

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Campagne en vue des communales au Bénin : La difficile différenciation des messages des partis en lice

À l’approche des élections communales au Bénin, la campagne électorale ne mobilise pas encore fortement l’opinion publique. Dans un scrutin pourtant de proximité, où les électeurs sont traditionnellement sensibles aux profils des candidats et à leurs actions concrètes au niveau local, les discours actuels semblent se confondre, laissant planer une certaine confusion dans l’esprit des citoyens. Les messages de campagne des partis soutenant la majorité présidentielle, l’Union progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR), apparaissent largement similaires. Tous deux mettent en avant la continuité des réformes engagées depuis 2016 sous l’impulsion du président Patrice Talon. Gouvernance locale renforcée, modernisation des infrastructures, assainissement des finances publiques communales, professionnalisation de l’administration locale : les arguments sont presque identiques, au point que de nombreux électeurs peinent à saisir ce qui distingue réellement l’UPR du BR sur le fond. Dans les meetings, sur les affiches et dans les médias, le langage est le même : appel à la stabilité, à la poursuite du « chantier de développement » et à la consolidation des acquis. Chaque parti invite les électeurs à lui faire confiance pour assurer cette continuité, sans toujours préciser ce qu’il entend faire de différent, de spécifique ou d’innovant à l’échelle des communes. Cette proximité idéologique alimente l’impression d’une offre politique uniforme, où le choix électoral devient davantage une question d’étiquette que de projet distinct. Face à cette majorité, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) tentent de se repositionner dans un rôle plus critique. Leur principal message de campagne repose sur la défense des acquis démocratiques, la promotion du pluralisme politique et la nécessité de rééquilibrer les pouvoirs. Toutefois, cette posture suscite elle aussi des interrogations. Parti, longtemps perçu comme ayant accompagné, voire soutenu certaines réformes du régime actuel, la FCBE fait aujourd’hui face à des interrogations au sein de l’opinion quant à la lisibilité et à la constance de leur positionnement. Au-delà du plaidoyer pour les libertés publiques et la démocratie locale, les citoyens attendent des réponses précises à leurs préoccupations quotidiennes : gestion des marchés, accès à l’eau potable, entretien des routes communales, emploi des jeunes, salubrité urbaine. Or, ces thématiques sont souvent reléguées au second plan, noyées dans un discours plus général sur le contexte politique national.

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Engagement associatif: Ce que les jeunes peuvent changer dans leur communauté

Des jeunes africains

Dans de nombreuses sociétés africaines, et particulièrement au Bénin, la jeunesse est souvent décrite comme l’avenir du pays. Pourtant, cet avenir semble parfois lointain lorsque l’on observe les difficultés sociales, économiques et citoyennes qui minent les communautés locales. Face à l’insuffisance des politiques publiques et à la lenteur des changements institutionnels, l’engagement associatif des jeunes doit s’imposer. Chômage, précarité, insécurité, accès limité aux services sociaux de base, dégradation de l’environnement, montée des comportements à risque. Les défis auxquels font face les communautés africaines sont nombreux. Les jeunes en sont à la fois les premières victimes et les principaux témoins. Souvent exclus des cercles de décision, ils développent néanmoins une conscience aiguë des problèmes locaux. Cette proximité avec les réalités du terrain constitue l’un des moteurs essentiels de leur engagement associatif. Dans plusieurs villes et villages, des jeunes décident ainsi de ne plus attendre l’intervention de l’État ou des autorités locales. Ils s’organisent pour agir, parfois avec peu de moyens, mais avec une forte volonté de changement. Nettoyage des quartiers, sensibilisation à la santé, soutien scolaire, promotion de la paix ou de la citoyenneté : les initiatives se multiplient et témoignent d’une prise de responsabilité progressive de la jeunesse.

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Bénin : 2025, une année pré-électorale marquée par des tensions partielles

L’année 2025 s’inscrit au Bénin comme une période charnière sur l’échiquier politique national. À quelques semaines des élections générales de 2026, le climat politique se densifie progressivement, laissant apparaître des tensions partielles, à la fois contenues et révélatrices des enjeux à venir. Sans basculer dans une crise ouverte, le pays traverse une phase pré-électorale où s’entremêlent calculs stratégiques, repositionnements d’acteurs et interrogations citoyennes sur l’avenir démocratique.

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Entre urnes, fêtes et traditions: Une fin d’année 2025 bien chargée pour le peuple béninois

De décembre 2025 à janvier 2026, le Bénin vit une période d’intense animation sociale, politique et culturelle. Rarement le calendrier national aura été aussi chargé. Campagnes électorales pour les législatives et communales, fêtes de fin d’année, célébration des Vodun Days et multiplication de festivals locaux se télescopent, offrant au peuple béninois une fin d’année dense et rythmée.

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Vie privée et société : Que comprendre des addictions et comment s’en libérer ?

L’addiction est souvent perçue comme une simple mauvaise habitude : fumer, boire un verre de trop, vérifier compulsivement son téléphone ou grignoter sans fin. Pourtant, réduire la dépendance à un manque de volonté serait, passer à côté de ce qu’elle révèle de plus profond. Au-delà du geste répété, l’addiction parle de nous, de notre rapport à nous-mêmes, et surtout de ce que nous tentons d’éviter. Comprendre ses mécanismes est la première étape vers la libération intérieure. Toutes les dépendances ont un point commun : elles comblent un vide. Elles nous éloignent d’une sensation intérieure souvent inconfortable — le stress, l’ennui, la solitude, la peur ou une tension diffuse — que nous cherchons instinctivement à fuir. Lorsque la réalité devient pesante, la cigarette apaise pour quelques minutes, l’alcool désinhibe, le téléphone distrait, le sucre réconforte. Ce n’est pas tant le produit en lui-même qui attire, mais la promesse d’un soulagement rapide. Ainsi, l’addiction n’est pas seulement un attachement au plaisir. Elle est surtout un évitement. Chaque geste compulsif sert à repousser ce que l’on ne veut pas ressentir. Et, paradoxalement, à mesure que l’on évite, le malaise s’amplifie. Le cycle se renforce.

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Explosifs à la portée des enfants en période de fête : Un danger à éviter à tout prix

Pétard

À l’approche des fêtes de fin d’année et des grandes célébrations populaires, les rues s’animent, les marchés se remplissent et l’ambiance devient plus joyeuse. Mais derrière cette effervescence se cache un danger souvent banalisé : la prolifération des pétards, feux d’artifice artisanaux et autres explosifs légers accessibles aux enfants. Chaque année, ces objets festifs sont à l’origine d’accidents graves, parfois mortels, qui auraient pourtant pu être évités. Dans de nombreuses villes et localités, notamment au Bénin et dans plusieurs pays de la sous-région, la vente de pétards se fait de manière anarchique. Ils sont exposés à ciel ouvert, vendus au détail, parfois même par des enfants à d’autres enfants. Leur apparente inoffensivité, leur faible coût et l’excitation qu’ils procurent contribuent à minimiser les risques réels qu’ils représentent. Pourtant, ces produits contiennent des substances explosives capables de provoquer des brûlures sévères, des amputations, des lésions oculaires irréversibles ou des traumatismes auditifs.

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Législatives et communales de 2026 au Bénin: l’actualité électorale éclipsée

Dans quelques jours, le Bénin s’apprête à entrer dans une phase électorale intense avec l’ouverture officielle de la campagne pour les élections législatives et communales de 2026. Ces scrutins sont cruciaux pour dessiner le paysage politique des prochaines années, mais l’atmosphère pré-électorale a été singulièrement éteinte et morose, éclipsée par des événements d’une gravité exceptionnelle : la récente tentative de coup d’État. Dans quelques jours, le Bénin sera en campagne pour les élections législatives et communales du 11 janvier 2026. L’échiquier politique béninois se présente de manière distincte pour les deux scrutins. Pour les élections législatives, cinq formations politiques ont été validées pour concourir aux 109 sièges de l’Assemblée nationale. Il s’agit de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), le Bloc Républicain (BR), Les Démocrates (LD), la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) et le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (MOELE BÉNIN). Ce scrutin législatif marque un tournant, notamment par la présence de l’opposition radicale Les Démocrates, qui tente de consolider sa position après avoir fait son retour à l’Assemblée lors du précédent cycle électoral.

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Exode de la jeunesse africaine: Urgence d'une stratégie de rétention des cerveaux

Des jeunes africains

Le continent africain fait face à un paradoxe déroutant. Alors qu’il détient la population la plus jeune du monde, capable d’être le moteur d’une transformation économique sans précédent, il connaît une tendance prononcée de départ de ses jeunes diplômés et talents. Cet exode massif, alimenté par des facteurs socio-économiques complexes et des aspirations non satisfaites, représente non seulement une perte de capital humain critique, mais aussi un sérieux obstacle à l’atteinte des objectifs de développement durable du continent. La volonté de quitter le continent est observable sous plusieurs facettes, allant de la voie légale et académique à l’émigration clandestine, souvent périlleuse. Un phénomène marquant est la recherche de bourses tous azimuts. Des milliers de jeunes africains, souvent parmi les plus brillants, consacrent une énergie considérable à postuler auprès des universités et institutions occidentales, asiatiques ou même d’autres régions du Sud global. L’objectif initial est l’acquisition de connaissances et de diplômes de haut niveau. Cependant, les statistiques montrent que, pour une grande majorité de ces étudiants, le retour au bercail ne se concrétise jamais. Attirés par de meilleures conditions de vie, des salaires compétitifs, et surtout, des infrastructures de recherche et des environnements de travail plus stimulants, ces diplômés choisissent de s’établir définitivement dans leur pays d’accueil. Ce phénomène vide les universités africaines de leurs futurs enseignants-chercheurs et les entreprises de leurs cadres innovants. L’autre face de cette tendance est l’augmentation de l’immigration clandestine, un choix dicté par la désillusion face au manque d’opportunités locales. Ces jeunes, souvent sans qualifications formelles mais pleins d’espoir, entreprennent des voyages extrêmement dangereux à travers le Sahara et la Méditerranée, motivés par l’idée que tout est mieux ailleurs. Ce risque, pris au péril de leur vie, est le témoignage le plus poignant du désespoir et du sentiment d’impasse économique qui règne sur certaines parties du continent.

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Discours de haine au Bénin: Un sérieux obstacle à la cohésion sociale et à la paix

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Le Bénin n’est malheureusement pas épargné par la montée insidieuse des discours de haine. Ces expressions, qu’elles soient proférées sur les réseaux sociaux, dans les médias traditionnels ou lors de rassemblements publics, constituent une menace grandissante, qui met en péril la cohésion sociale et la paix. Loin d’être de simples paroles en l’air, elles sont le terreau fertile de la division, des tensions intercommunautaires et pire dans les cas les plus extrêmes. Les discours de haine au Bénin se manifestent souvent sous la forme de stigmatisations verbales ciblant des groupes précis, qu’il s’agisse d’ethnies, de régions, ou de groupes sociaux. Tensions intercommunautaires et conflits agriculteurs-éleveurs, rivalités régionales et ethniques, discours de haine dans la sphère politique sont autant d’éléments qui fragilisent le vivre-ensemble des populations béninoises. Bien que les conflits entre agriculteurs et éleveurs aient des racines foncières et économiques, ils sont régulièrement exacerbés par des discours haineux qui polarisent les communautés. Des invectives et des généralisations accusatrices circulent, imputant la totalité des torts à l’un ou l’autre groupe en fonction de l’appartenance ethnique ou de l’activité. Ces paroles transforment un litige en un conflit identitaire, attisant la méfiance et la soif de vengeance entre les parties. Dans l’arène politique ou sur les forums en ligne, il n’est pas rare d’entendre des attaques verbales fondées sur l’origine géographique ou l’ethnie d’un individu ou d’un groupe. Les plaisanteries anodines peuvent rapidement dériver vers des stéréotypes offensants et des jugements péjoratifs sur la prétendue intelligence, la moralité ou les ambitions politiques des ressortissants d’une région donnée. Ces propos, souvent diffusés par des comptes anonymes, créent des clivages artificiels et nourrissent un ethnocentrisme délétère, qui contrevient aux principes d’égalité et de non-discrimination inscrits dans la Constitution. À l’approche des élections ou lors de débats houleux, la rhétorique politique pourrait parfois glisser vers l’incitation à la haine. Des hommes politiques pourraient être dépeints comme des ennemis de la nation ou des traîtres sur la base de leur appartenance régionale, incitant certains militants à l’intimidation. L’usage de la calomnie et de la désinformation ciblant un groupe social ou professionnel participe également à cette atmosphère délétère.

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Élections générales 2026 au Bénin: Les femmes ont l’obligation de s’affirmer

Les élections générales de 2026 s’annoncent comme un moment charnière pour la démocratie béninoise. Elles représenteront non seulement l’achèvement d’un cycle de réformes institutionnelles, mais aussi une occasion historique pour les femmes de consolider et d’étendre leur influence politique. Si le nouveau Code Électoral a posé une base légale indispensable à une meilleure représentativité, notamment à travers l’instauration de sièges réservés à l’Assemblée Nationale, la bataille pour l’égalité réelle ne fait que commencer. L’enjeu n’est plus seulement d’atteindre le seuil minimal fixé par la loi, mais de forger une véritable dynamique de conquête. Les femmes béninoises doivent mouiller le maillot pour remporter des sièges au-delà des quotas, aussi bien aux prochaines élections communales que législatives.

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Bénin : La Société civile se dit exclue par les acteurs politiques

Au Bénin, le débat sur la qualité de la vie publique et la place accordée aux organisations citoyennes prend une nouvelle ampleur. Lors du Symposium IAJP/CO 2025, un moment censé ouvrir un espace de réflexion pluraliste, la voix de la Société civile s’est élevée avec force pour dénoncer un malaise profond. Le cri d’alarme lancé par Ralmeg Gandaho, panéliste et acteur engagé, illustre une inquiétude désormais partagée par de nombreuses structures citoyennes. « Le chef de l’État doit nous écouter, nous entendre et instaurer un véritable dialogue. Ce pays ne compte que des patriotes, et nous devons œuvrer main dans la main », a plaidé Ralmeg Gandaho devant un public attentif. Cette déclaration, empreinte de patriotisme, survient alors que des acteurs de la Société civile estiment que le cadre juridique actuel réduit leur marge d’action.

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Législatives 2026 au Bénin : Recompositions inattendues, candidats délocalisés, fonctions controversées

À l’approche des élections législatives prévues pour début 2026, la publication progressive des listes de candidatures par les formations politiques révèle un paysage en pleine mutation. Entre délocalisation de candidats, non-reconduction de près de la moitié des députés sortants, et prolifération de titres professionnels ou politiques jugés étranges par l’opinion, le scrutin à venir s’annonce comme l’un des plus atypiques de la période du Renouveau démocratique. La délocalisation des candidats est l’un des phénomènes les plus commentés : de nombreux candidats changent de circonscription électorale, parfois de manière totale et surprenante. Le cas le plus emblématique est celui de Joseph Djogbénou, figure juridique nationale, ancien président de la Cour constitutionnelle et président d’un parti majeur de la mouvance. Il apparaît comme tête de liste dans la 23ᵉ circonscription électorale, un fief où il est rarement présent, où il a très peu d’ancrage social et où ses activités politiques directes sont limitées. Si certains invoquent une « stratégie nationale » et la nécessité d’installer un leadership transversal, des voix s’interrogent sur les raisons d’un « parachutage électoral ». Autre exemple significatif : Loukou Michel Alias Alèkpéhanhou, chef d’un arrondissement de la commune d’Abomey, inscrit non pas dans sa zone d’influence, mais dans la 16ᵉ circonscription électorale. Ce déplacement géopolitique surprend. Dans le même registre, l’actuel député Orden Alladatin, élu de la 16ᵉ circonscription, se retrouve désormais positionné dans la 6ᵉ circonscription. Ces mouvements questionnent profondément le principe de représentation territoriale.

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Révision de la constitution : Les obstacles au développement du Bénin enfin levés ?

L’adoption récente de la loi modificative de la constitution béninoise a suscité un débat passionné dans le pays et au-delà. Présentée par ses promoteurs comme un catalyseur nécessaire au développement, notamment en instaurant une trêve politique et en rééquilibrant les pouvoirs avec l’institution du Sénat, cette révision est presque désormais une réalité juridique. La question pressante est de savoir si le Bénin, fort de ce nouveau cadre constitutionnel, peut désormais engager une trajectoire de développement plus sereine et plus rapide. Les arguments avancés en faveur de cette modification visaient principalement à éliminer ce qui était perçu comme des freins structurels au progrès national. La classe dirigeante a souvent pointé du doigt les cycles électoraux polarisés et les crises politiques récurrentes, les décrivant comme des sources de distraction et d’instabilité, empêchant la pleine concentration sur les politiques de développement économique et social. L’un des objectifs affichés était d’instaurer une sorte de trêve politique en apaisant le jeu électoral et institutionnel. En théorie, un environnement politique moins conflictuel permettrait aux décideurs, de se focaliser sur des réformes profondes et des investissements à long terme, plutôt que d’être constamment en mode gestion de crise. Le Bénin a en effet connu une succession de lois électorales modifiées et de tensions politiques qui ont, par moment, monopolisé l’attention publique et institutionnelle. L’idée est que la stabilité institutionnelle, renforcée par des règles du jeu clarifiées, attirera davantage d’investissements, tant nationaux qu’étrangers, en offrant une meilleure prévisibilité. Les porteurs du projet espèrent que la fin des querelles byzantines permettra au gouvernement de mettre en œuvre sans entrave sa vision nationale de développement et les programmes sectoriels ambitieux.

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Vision Bénin 2025: Quel bilan à l'heure du verdict ?

Lancée au début des années 2000, la Vision Bénin 2025, baptisée « Alafia » (paix et prospérité), était l’ambition d’un pays désireux de se hisser au rang de « pays phare, bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social » d’ici à 2025. Alors que 2025 est pratiquement terminé, l’heure est au bilan pour ce vaste exercice de prospective qui a structuré une partie de la planification nationale. Les évaluations menées par les autorités béninoises, notamment dans le cadre de la transition vers la nouvelle Vision Bénin 2060, soulignent un bilan mitigé, marqué par des avancées notables mais aussi par des défis structurels persistants. L’évaluation de la Vision 2025 Bénin Alafia met en lumière plusieurs points positifs. L’existence même de cette vision a permis de consolider un système national de planification et a servi de référence aux stratégies de développement successives, y compris le Plan National de Développement (PND) 2018-2025 et le Programme d’Action du Gouvernement (PAG). Elle a posé les bases d’une gouvernance orientée vers le long terme, échappant à l’improvisation et favorisant une meilleure intégration des agendas régionaux et internationaux. Cependant, les experts s’accordent sur le fait que l’atteinte complète du scénario idéal « Alafia » a été freinée par plusieurs facteurs. Le rapport d’évaluation préliminaire a pointé une faible planification et une discontinuité des interventions publiques dans les premières années, ainsi qu’un retard dans la déclinaison opérationnelle de la vision. Des problèmes endémiques comme la pauvreté, le chômage, la corruption et les défaillances institutionnelles, bien que ciblés, ont continué d’entraver un décollage économique et social spectaculaire.

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Affaire de Parrainage au parti Les Démocrates : La bataille juridique ouverte

L'He Michel Sodjinou

À l’approche de l’élection présidentielle de 2026, le Bénin traverse une nouvelle zone de turbulences politiques, autour du très débattu système de parrainage des candidats. L’opposition, menée par le parti Les Démocrates (LD), joue sa participation sur la position inébranlable d’un seul homme, le député Michel Sodjinou. Alors que l’heure tourne et que la date butoir du vendredi 17 octobre 2025 approche, tous les regards sont braqués sur la Cour Constitutionnelle, seule compétente pour trancher un dossier qui interroge à la fois la solidité du dispositif électoral et la cohérence de sa propre jurisprudence. L’affaire a éclaté le 13 octobre 2025, lorsque le député Michel Sodjinou, élu de la 19ᵉ circonscription électorale, a notifié à son parti par exploit d’huissier son intention de retirer son parrainage. Initialement destiné au duo présidentiel envisagé par Les Démocrates, la volte-face du député a été un coup de massue. Sodjinou a justifié sa décision par un profond désaccord avec le processus interne de désignation du duo Agbodjo–Lodjou. « Je ne reconnais pas le processus actuel de désignation du duo présidentiel, tel qu’il a été conduit. Je ne peux pas me rendre complice d’une mise en scène qui trahit nos principes fondateurs », a-t-il avancé dans une déclaration rendue publique, le concerné lui-même étant introuvable depuis des jours selon une correspondance du vice-président du parti LD Eric Houndété. Ni la pression des tractations internes, ni même la fameuse lettre de son vice-président de parti, Éric Houndété, celui-là même qu’il dit soutenir, le suppliant de rendre son parrainage, n’auront réussi pour l’heure à infléchir sa résolution. Le député tourne la page de la présidentielle pour se projeter vers les prochaines législatives, laissant son parti avec seulement 27 parrainages, soit un de moins que le minimum légal de 28 requis. Cette affaire révèle non seulement les fractures internes du parti de l’ancien Président Boni Yayi, mais surtout le pouvoir de blocage individuel conféré par le juge ayant rendu la décision de restitution du parrainage. L’enjeu est de taille : le parti dispose de 72 heures, soit jusqu’à ce vendredi, pour combler le déficit, faute de quoi il sera écarté de la course présidentielle de 2026. Cependant, la haute juridiction se retrouve devant un cas complexe. Le parrainage appartient –il exclusivement à un élu qui peut en faire ce qu’il veut ? Qui a compétence pour rendre une décision concernant le processus électoral en cours ? Voilà des questions qui méritent d’être élucider.

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Bénin : A quoi aspire réellement la Résistance Nationale de Candide Azannaï ?

Au Bénin, la scène politique est dominée par le face-à-face, parfois tendu entre la mouvance présidentielle — incarnée par le régime de la Rupture du Président Patrice Talon — et une opposition institutionnalisée, notamment Les Démocrates. Pourtant, en marge de cette dualité classique émerge une voix dissonante, celle de l’ancien ministre Candide Azannaï, fer de lance de la Résistance nationale du Bénin. Ni simple opposant, ni allié de la majorité, ce mouvement se positionne comme une troisième voie énigmatique, soulevant une question cruciale : à quoi aspire concrètement cette résistance et quelle est sa feuille de route pour le Bénin ? Le parcours de Candide Azannaï est indissociable de sa rupture spectaculaire avec le pouvoir. Ayant été un acteur clé du début de l’ère Talon, il a quitté le navire de la rupture dès mars 2017. Depuis lors, il s’est mué en un critique acerbe, voire l’un des plus farouchement opposés au régime en place. Sa ligne d’opposition, la Résistance nationale, est née d’une volonté affichée de remettre en cause la méthode de gouvernance et les réformes politiques entreprises depuis 2016. Aux premières heures de sa croisade, Azannaï bénéficiait de l’onction d’une large partie de l’opposition. Cependant, avec le temps et l’évolution des stratégies de lutte, il s’est retrouvé de plus en plus isolé. Ce schisme s’est notamment opéré avec le principal parti d’opposition, Les Démocrates, dirigé par Éric Houndété à l’époque, dont l’ancien Président Boni Yayi a repris les rênes lors du congrès d’octobre 2023. Candide Azannaï n’a, semble-t-il, plus l’onction de cette formation qui a fait le choix du terrain électorale. Néanmoins, la Résistance continue de se structurer à la marge. L’annonce de l’adhésion officielle de la Coalition Bénin Debout-Vague orange de Sabi Sira Korogone, marque une étape dans la consolidation de ce mouvement, dont le siège est celui du parti Restaurer l’Espoir (RE). Cet acte d’adhésion, intervenu le 24 septembre 2025, signale que, malgré son « isolement » relatif, la Résistance nationale cherche activement à élargir sa base en ralliant des forces politiques périphériques.

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Bénin : Que devient l’audit du fichier électoral ?

À quelques mois des élections générales de 2026, le Bénin continue de préparer son processus électoral. L’un des points les plus sensibles, le fichier électoral, a été soumis à un audit à la demande de l’opposition. Les conclusions intermédiaires des experts soulèvent à la fois des assurances et des interrogations, au cœur du débat démocratique béninois. Mais depuis la publication du rapport provisoire, plus rien. Alors que les jours passent et que les élections approchent, des béninois se demandent ce qui se passe réellement avec les conclusions de cet audit. Depuis plusieurs mois, le fichier électoral béninois est au centre des préoccupations. L’opposition, notamment le parti Les Démocrates, soupçonnait son manque de fiabilité et exigeait un audit avant les scrutins de 2026. Le président Patrice Talon, dans un geste qualifié d’ « ouverture institutionnelle » par certains observateurs, a accédé à cette demande. Mieux, il a permis que les experts soient désignés par l’opposition, tout en finançant l’opération. Cette décision a ouvert la voie à un processus : un audit consensuel, encadré par un comité de pilotage présidé par Jean-Baptiste Elias, figure emblématique de la société civile. L’objectif était clair : garantir la transparence et renforcer la confiance dans les élections à venir.

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Politiciens béninois et incohérence de discours :Une bombe pour l’éducation des générations montantes

La scène politique béninoise est de plus en plus marquée par des volte-face spectaculaires, des alliances improbables et des discours contradictoires. Si ces retournements peuvent paraître banals dans le jeu démocratique, leur accumulation et leur visibilité publique envoient un signal préoccupant aux jeunes générations. Loin de constituer une école de cohérence, les leaders politiques béninois offrent plutôt une leçon de calculs personnels, de stratégies opportunistes et de contradictions assumées. S’il faut parler d’instabilité et d’incohérence dans le discours au Bénin, la première classe à indexer est celle des politiciens. Leur bouche qui dit oui est la même qui dit non l’instant d’après. Presque sans exception, on a l’impression que tous ceux qui s’engagent dans le politique au Bénin vont à une école particulière pour apprendre à se dédire constamment.

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Élections de 2026 au Bénin: L’opposition invisible sur le chantier de l’accord de gouvernance

Alors que les élections générales de 2026 approchent, un grand chantier politique reste encore en friche : celui de l’accord de gouvernance, censé encadrer la compétition électorale et baliser la collaboration entre partis d’opposition pour maximiser les chances pour les scrutins. Sur ce terrain, l’opposition politique béninoise se fait étrangement discrète, au point que certains observateurs parlent d’« invisibilité » inquiétante. Le nouveau code électoral au Bénin a autorisé une pratique qui s’annonce comme la clé de voûte des prochaines élections : les accords de gouvernance. Contrairement aux coalitions, ces accords se signent entre des partis qui ont choisi de faire cavalier seul dans les urnes. L’accord est une feuille de route préélectorale, un pacte de collaboration futur. Il permet à des partis de s’engager à travailler ensemble, soit au sein du parlement, soit au sein du gouvernement, en cas de victoire. Pour être valides, ces accords doivent être formalisés et déposés auprès de la Commission électorale nationale autonome (CENA) avant le scrutin. C’est un changement de paradigme majeur, qui pousse les acteurs politiques à penser au-delà de la simple campagne électorale. L’un des défis les plus redoutables posés par le nouveau Code électoral est en effet, le seuil de 20% des suffrages. Le texte stipule que, pour les élections législatives, seules les listes ayant recueilli au moins 20% des suffrages dans chacune des circonscriptions électorales sont éligibles au partage des sièges. Pour des formations politiques qui peinent à avoir un ancrage national solide et uniforme, cette exigence est un véritable rocher de Sisyphe. Elle est d’autant plus difficile à atteindre que le paysage politique se structure de plus en plus autour de quelques grandes formations, comme l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), le Bloc Républicain (BR) et l’opposition incarnée par Les Démocrates, qui se partagent l’essentiel des suffrages. Face à cette équation, l’accord de gouvernance apparaît comme la seule solution réaliste pour les partis. Le code autorise, en cas de non atteinte des 20% dans chacune des circonscriptions, les partis signataires d’un tel accord à cumuler leurs suffrages pour espérer lever des sièges. La seule condition est que chaque parti ayant signé l’accord ait obtenu, au préalable, au moins 10% des suffrages au plan national. Ce mécanisme est la bouée de sauvetage des formations politiques : il leur permet de mutualiser leurs forces et de garantir une représentation parlementaire qui serait autrement inatteignable. Il force ainsi les partis, qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance, à réfléchir en blocs stratégiques pour ne pas se disperser. Dans cette dynamique, la mouvance présidentielle et ses alliés semblent avoir pris une longueur d’avance, laissant l’opposition sur la touche.

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