C’est ce vendredi 17 novembre 2017 que Laurent Métongnon a été auditionné à la Bef, puis gardé à vue à l’Ocertid. Une succession de faits qui soulève auprès de l’opinion une avalanche d’interrogations. C’était en présence sur les lieux des camarades syndicalistes, de sympathisants, du parti communiste et du Front pour le sursaut patriotique.
Une escouade de policiers est disposée dans la Cour et devant le portail de l’ex Bef. Ils gardent l’œil sur les militants du Front pour le sursaut patriotique qui sont regroupés par vagues le long de la ruelle de l’institution policière, sise au quartier Agblangandan à l’entrée des villas dites Censad (Cotonou/Akpakpa). On y aperçoit : le coordonnateur du Fsp, Jean Kokou Zounon, Eugène Azatassou Vice-coordonnateur, les autres membres de la coordination : Léonce Houngbadji, Kassa Mampo etc. Etaient aussi de la partie, Dieudonné Lokossou, le secrétaire général du syndicat du personnel des Finances et des professionnels des médias.
La visite des députés de la minorité parlementaire
Vers 11h 45mn, la foule est attirée par le son de sirènes. A l’arrêt des véhicules devant le portail du Bef, c’est environ une douzaine de députés de la minorité parlementaire qui fait son entrée. Les honorables Djènontin et Idrissou Bako en font partie. Une trentaine de minutes à l’intérieur, puis le grand portail s’ouvre et l’attroupement se fait autour de ces députés « défenseurs du peuple ». Bref compte rendu de leur séjour à l’intérieur et surtout la recommandation faite aux militants de ne pas poser d’actes répréhensibles. Echanges avec les leaders politiques présents, puis retour des députés sous les ovations de l’assistance.
Le suspens
Les militants traversent toute l’après midi en faisant des va et vient le long de la rue, les yeux tournés vers le portail espérant la sortie de leur camarade. Ce sont plutôt les avocats dont Me Bocovo ; Me Agbodo, Me Akondè, Me Agbo et Me Ninko, qui sortent de temps en temps et la foule s’oriente vers eux. Mais à chaque fois, la réponse est : « nous sommes toujours là et les choses se poursuivent ». On apprend par un militant que Laurent Mètongnon a signé sa déposition vers 11h 30mn. Mais qu’on lui demandait d’attendre la suite. Certains parlent de confrontation avec l’ancien directeur de la Bibe. La nuit tombe dans la ville et à la Bef, mais les militants sont toujours là. Vers 21h, un groupe de policiers armés de matériel anti émeute sort de l’enceinte de la Bef. Ils demandent à la foule sans distinction de libérer les lieux et de se placer à près de 300m, des deux côtés du portail. Après quelques résistances, les manifestants s’exécutent. Seulement 30 mn plus tard, c’est le véhicule avec canon à eau de la police qui arrive sur les lieux. Et là, les directives changent : « libérer toute la rue de la Bef ». Là encore, les militants qui ont reçu l’ordre de ne pas céder aux provocations, s’exécutent. Mêmes les journalistes subissent impuissants.
Garde à vue
C’est la témérité des militants à ne pas quitter les lieux jusqu’à minuit passé, qui leur a permis de comprendre que la police se préparait à garder Laurent Mètongnon à vue. C’est en poursuivant le convoi de la police que les militants ont découvert que Mètongnon est gardé à l’Ocertid. C’était après la séance de confrontation avec l’ancien directeur de la Bibe. Il ressort de cette confrontation et selon des informations diffusées par les réseaux sociaux depuis avant-hier samedi, que l’ancien directeur de la Bibe ne reconnait pas avoir remis 71 millions de commissions, ni à Laurent Mètongon ni à l’ensemble des administrateurs. Il aurait plutôt selon les mêmes sources, reconnu lui avoir fait parvenir par personne interposée, 2 millions 500 mille francs en tranches : 1 million une fois et 500 mille trois fois, en plus d’un carton de champagne. Toute chose que ne reconnait pas Laurent Mètongnon qui souhaite que ledit commissionnaire vienne expliquer à quelle occasion il lui a remis lesdites sommes et un pack de bouteilles de champagne d’une valeur chiffrée par lui à 130.000F (cent trente mille francs).
Des interrogations
Il y a des points en suspens dans cette affaire Cnss où est cité Laurent Mètongnon, et que seul le dénouement en justice permettra d’éclaircir. Surtout qu’il est annoncé que le mis en cause sera présenté devant le procureur ce jour. On peut se demander par exemple, pourquoi l’option de la garde à vue a été préférée à celle de la mise sous convocation ? En d’autres termes, si le mis en cause ne pouvait pas se présenter librement devant le procureur comme il l’a fait avec la Bef ? En considérant les déclarations de l’ancien directeur du Bibe sur 2.500.000 frs jusque-là rejetées par Mètongnon, que deviennent dès lors les allégations du Conseil des ministres de 71 millions de commissions occultes, qui sont à l’origine des poursuites judiciaires enclenchées ? Pourquoi le gouvernement ne s’est-il pas fait représenter physiquement pour confronter Laurent Mètongnon preuves à l’appui, sur le montant de 71 millions frs avancé ? Quelle pourront être l’objet et la pertinence du procès si le grief du gouvernement déclencheur de la procédure n’est pas confirmé par l’ancien directeur de la Bibe ?
CES CONVOCATIONS DES VENDREDIS: Une véritable torture morale !
Tous ceux qui ont eu maille à partir avec les forces de police et de gendarmerie de notre pays savent ce que c’est que d’être convoqué un vendredi au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. C’est le passeport direct pour un week-end de garde à vue, loin du cocon familial. Quelle que soit la nature de l’affaire objet de la convocation, vous pouvez être sûr que si vous êtes convoqué un vendredi, vous n’êtes pas certain de rentrer à domicile avant la fin du week-end. Et si d’aventure vous n’aviez pas pris les dispositions appropriées pour les deux nuits dans les locaux infestés de
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