Police républicaine : Le gouvernement opte encore pour le piétinement de la constitution

Privilégiant les passages en force et la violation des procédures dans ses actes, le gouvernement pourrait voir une fois encore la Cour constitutionnelle lui taper sur les doigts.

Dans la procédure de vote par l’Assemblée nationale du Projet de loi portant statut spécial des personnels de la police républicaine, le gouvernement a sauté l’étape importante de la Cour suprême dont l’avis motivé est nécessaire pour un tel projet de loi.

Lors de sa séance du Conseil des ministres en date du 18 octobre 2017, le gouvernement a pris le décret N° 2017-502 du 24 Octobre, portant transmission à l’Assemblée nationale du projet de loi portant statut spécial des personnels de la police républicaine. Celle-ci devrait désormais régir les corps de la police et de la gendarmerie, appelés à fusionner pour devenir un seul corps qui s’appellera « police républicaine ». Selon les projections du gouvernement, ce nouveau corps paramilitaire devrait naître en janvier  2018, afin de conjuguer les efforts des deux corps pour mieux sécuriser le pays et rationnaliser les dépenses de l’Etat dans ce domaine. Seulement voilà, la charpente juridique de ce futur corps, telle que bâtie par le gouvernement, risque d’être démolie par la Cour constitutionnelle.

En effet, selon l’alinéa 2 de l’article 105 de la constitution du 11 décembre 1990, « les projets de loi sont délibérés en Conseil des ministres, après avis motivé de la Cour suprême saisie, conformément à l’article 132 de la présente constitution, et déposés sur le bureau de l’Assemblée nationale ». Ceci dit, les projets de loi émanant du Chef de l’Etat doivent recevoir l’avis motivé de

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Bénin : Une preuve de plus que certaines personnalités sont au dessus des ministres

Tout est parti de l’arrêté du ministre des Infrastructures et des Transports, portant création d’un comité chargé de conclure le processus de négociation avec la société « Port of Antwerp international SA », en vue de la conclusion d’un mandat de gestion du port autonome de Cotonou.

Un arrêté signé le 12 décembre 2017 par le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koti. La lecture de l’article 2 de cet arrêté révèle que le conseiller spécial du président de la République, est nommé par le ministre lui-même, président dudit comité composé de 4 membres parmi lesquels 2 ministres.

Le comité constitué par le ministre des Infrastructures et des Transports est composé : du président du comité, du conseiller spécial du président de la République, du rapporteur, du secrétaire général du ministère des Infrastructures et des Transports, et des membres (le ministre des Infrastructures et des Transports ou son représentant, le ministre de l’Economie et des Finances ou son représentant, le conseiller technique juridique du ministre des Infrastructures et des Transports, et la directrice générale du Port autonome de Cotonou). Impensable que le ministre Koty ait signé en toute lucidité un arrêté pour la mise sur pieds d’un comité dont lui-même et son collègue des finances sont membres, alors que le conseiller spécial du président de la République, Johannes Dagnon, en est le président.

Difficile de comprendre la logique qui a dicté cet arrêté du ministre des Infrastructures et des Transports. Selon les règles de hiérarchie administrative, le conseiller spécial du chef de l’Etat n’est pas ministre. Il peut dans certains cas avoir rang de ministre, ponctuellement. Par conséquent, ce conseiller ne saurait présider un comité dont les ministres sont des simples membres. C’est pour résoudre ce problème que le président de la République a pris le soin, au cours de la formation de son deuxième gouvernement, de signer un décret de nomination du secrétaire général de la présidence de la République, qui précise qu’il est par ailleurs ministre d’Etat. Nous faisons donc face à une preuve de plus qui confirme les allégations de l’opinion, affirmant que certaines personnalités de l’Etat sont au dessus des ministres. C’est aussi la preuve que les actes et décisions des ministres leur sont dictés depuis le palais de la Marina.

Gré à gré…

Mais pour en venir au texte lui-même, s’agit-il de nouveau d’un autre marché de gré à gré ? Par ailleurs, aucun article de l’arrêté du ministre ne prévoit de rendre compte aux citoyens après le Conseil des ministres, du contenu de

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Bénin : La désignation du port d’Anvers comme délégataire du port est maintenant consommée

Agité au sein de l’opinion avec grand bruit, le choix d’un délégataire pour la gestion du Port Autonome de Cotonou (Pac) se précise.

A travers un arrêté ministériel en date du 12 décembre 2017, le ministre des Infrastructures et des transports a créé le comité devant négocier avec ce dernier. Cet acte intervient dans un contexte de contestation et de mécontentement des travailleurs.

L’acte qui consacre la gestion déléguée du Port Autonome de Cotonou se précise. En effet, l’arrêté n°2017-048/MIT /DC/SGM /CTJ/SA/ 056SGG17 portant création du comité chargé de conduire les négociations avec la Société « Port of Antwerp international Sa » (PAI), en vue de la conclusion d’un mandat de gestion du Port Autonome de Cotonou, signé par le ministre des Infrastructures et des transports Cyr Koty, en date du 12 décembre 2017, définit la mission assignée au comité.

L’article 3 dudit arrêté stipule : « Le comité a pour mission de mener les négociations avec la société « Port of Antwerp international Sa », filiale du Port d’Anvers, en vue d’aboutir à la conclusion d’un mandat de gestion du port de Cotonou. Le comité est chargé de discuter et de fixer, ensemble avec la société Port of Antwerp international Sa, les termes et les conditions du mandat de gestion devant lier ce dernier à la partie béninoise, rendre compte des résultats des négociations en conseil des ministres, accomplir toutes autres formalités visant l’atteinte des objectifs de cette mission.

Le comité ainsi créé est présidé par le conseiller spécial du président de la République, Johannes Dagnon. Le rapporteur est le secrétaire général du ministère des Infrastructures et des transports, personne responsable des marchés publics. Il a pour membres le ministre des Infrastructures et des transports ou son représentant, le ministre de l’Economie et des finances ou son représentant, le conseiller technique juridique du ministre des Infrastructures et des transports, la directrice générale du Port autonome de Cotonou.

Un comité sans les travailleurs

C’est une surprise désagréable de constater que dans un contexte de réforme visant à déléguer la gestion du Port Autonome de Cotonou à un privé, aucun syndicat de la plateforme portuaire n’est représenté. On se rappelle que les travailleurs du port avaient contesté toute idée de gestion déléguée du Pac, et qu’ils avaient

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Affaire Mètongnon au Bénin: La défense dénonce la sortie médiatique du procureur

En réaction à la sortie médiatique du procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Cotonou, le 4 décembre 2017, le collectif des avocats de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés a tenu à faire un point de presse pour dénoncer le fait. Le collectif a aussi relevé des omissions volontaires du procureur dans sa déclaration à la presse. C’était hier mardi 12 décembre 2017, à la Bourse du travail de Cotonou.

Me Aboubacar Baparapé qui servait de modérateur, a expliqué aux professionnels des médias que le point de presse que le collectif des avocats tenait ainsi, est un droit de réponse face aux propos du procureur. Il trouve qu’au cours de sa sortie, le procureur de la République a semblé préparer l’opinion à accepter une éventuelle condamnation de Mètongnon et des ses co-accusés, en faisant économie de vérité et en ne relatant que des aspects du dossier qui sont de nature à démontrer la culpabilité des mis en causes. Il estime par ailleurs que cette sortie du procureur avait comme but inavoué de livrer les mis en cause à la vindicte populaire.

Me Arnaud Vignilé Agbodjo qui a lu la déclaration au nom du collectif des avocats, est parti des déclarations du procureur de la République. Mais avant, il a fait remarquer que selon l’article 12 du code de procédure pénale : « toute personne qui concourt à une procédure, est tenue par le secret professionnel ». Estimant donc que sur ce point le procureur ne devrait pas faire ces déclarations. Le collectif trouve qu’en dehors du désir de conditionner l’opinion sur ce dossier, il y avait chez le procureur l’objectif d’accomplir une mission de lynchage médiatique. Lequel lynchage a été poursuivi à travers

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Bénin : Le gouvernement dans la logique de l’« Etat spectacle »

Le concept d’« Etat spectacle » est repris du titre du beau livre du socio-politiste allemand Schwarzenberg, « l’Etat spectacle ». Dans cet ouvrage, l’auteur décrit la situation des Etats qui instaurent une forme de communication à outrance de leurs actions, dans le but de dissimuler leurs nombreuses tares.

C’est aussi la caractéristique des gouvernements qui sombrent dans la tyrannie, l’autoritarisme et le dirigisme. Un modèle de gouvernement qui s’installe peu à peu dans le pays, selon les constats de certaines organisations politiques à l’instar du Fsp.

Opération de lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics, pour l’assainissement des finances publiques. C’est sous ce couvert que le gouvernement de la rupture a habitué les béninois depuis près de deux mois, à assister physiquement ou par voie de médias à des arrestations de personnalités ou à des perquisitions spectaculaires. C’est la police qui est commise pour exécuter ladite tâche dans le cadre de ses enquêtes. On n’y aurait rien trouvé à redire si ces actions se passaient en toute discrétion. Mais on est plutôt étonné de l’arsenal de véhicules et d’éléments de la police déployés. Que ce soit pour des interpellations ou des perquisitions, le dispositif sécuritaire semble ostentatoire.

C’est ce qui a fait dire aux cadres du Front pour le sursaut patriotique que ces opérations, même lorsqu’elles sont effectuées dans le cadre des enquêtes de police, recèlent certains aspects critiques. Notamment parce qu’elles prennent souvent l’allure d’

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Me Bocovo sur les perquisitions chez Atao Hinnouho : « Les policiers ne nous ont pas permis d’y assister »

Après l’échec du jeudi 7 décembre 2017, la police nationale a finalement pu perquisitionner le domicile de l’honorable Mohammed Atao Hinnouho, le week-end dernier.

C’est ce que nous a rapporté Me Alfred Bocovo, hier dimanche 10 décembre 2017, en indiquant que tout cela s’est fait en l’absence du député, et avec le refus par la police de laisser les avocats et l’huissier de l’honorable Atao prendre part aux différentes perquisitions.

Selon Me Bocovo, la police a procédé à la perquisition du domicile de l’honorable Atao Hinnouho au quartier Midombo à Akpakpa, le vendredi 8 décembre 2017. Il témoigne avoir fait le déplacement pour représenter son client à cette opération :

« Arrivé sur les lieux en compagnie d’un huissier, il y avait visiblement la tension dans l’air. Les policiers ne nous ont pas permis d’assister, c’est ainsi que nous nous sommes vus dans l’obligation de quitter les lieux. Nous avons appris plus tard que la police a perquisitionné le domicile en présence d’aucun représentant de l’honorable Atao ».

Me Bocovo relate aussi la perquisition d’un des magasins de l’honorable Atao dans la journée du samedi 9 décembre 2017. Aux termes de l’opération, il rapporte que des cartons de produits ont été emportés par la police.

Pour cette seconde perquisition, Me Bocovo a encore tenté vainement de représenter son client : « je suis arrivé sur les lieux, j’ai trouvé des éléments de la police qui m’ont fait savoir que ma présence n’était pas désirée. Leur posture se fondait sur

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Escouade de policiers au domicile d'Atao Hinnouho : On a frôlé le pire !

Ce que les populations du quartier Akpakpa Midombô ont vécu hier jeudi après-midi jusqu’à la nuit tombée, restera longtemps gravé dans leur mémoire. La descente d’une équipe de policiers accompagnés d’un camion anti-émeute au domicile de l’honorable Atao Hinnouho, a suscité la colère des riverains et plus particulièrement des jeunes. Entre les pneus brûlés accompagnés de chants hostiles au régime, et l’usage à profusion de gaz lacrymogène par la police, on n’était qu’à un pas d’une situation incontrôlable. Fort heureusement, le pire a été évité mais il faut en tirer des leçons.

Lire Bénin : Les avocats d’Atao Hinnouho dénoncent une procédure viciée (version des autorités)

L’information sur la présence d’une équipe de policiers au domicile de l’honorable Atao, a circulé sur les réseaux sociaux hier en début d’après midi, et a été confirmée. Sur les lieux aux environs de 16h et 30 minutes, la longue rue du quartier Akpakpa Midombô est pleine de jeunes, branchages en main, qui scandent des chansons hostiles au régime. Ils disent que pendant qu’ils ont faim et sont sans emplois, le gouvernement lui ne procède qu’à des arrestations des personnalités, un peu comme si cela allait résoudre leurs problèmes. Au fur et à mesure qu’on progresse vers le domicile de l’honorable Atao, on rencontre des pneus brûlés au niveau des carrefours avec des jeunes déterminés à affronter la police. Mais ce spectacle des jeunes sera perturbé par les jets de gaz lacrymogène qui créent la panique et la débandade totale.

La foule de curieux agglutinée le long de la voie constituée en majorité de jeunes gens et enfants qui revenaient des classes, se disperse à chaque coup. C’était des courses folles en direction des maisons, au cours desquelles les jeunes élèves tombaient et se relevaient, pour aller constater des blessures plus loin. C’est le quartier entier qui a ressenti et vécu ces scènes inhabituelles de panique. Mais la question que tout le monde se posait sur les lieux était de savoir pourquoi les policiers en si grand nombre campaient au domicile du député. C’est bien tard dans la nuit qu’à travers la déclaration de presse du collectif des avocats de l’honorable Atao, puis du chef de la sous brigade des affaires économiques et financières, Sbaef, que quelques explications ont été produites sur les causes de ce scénario qui aurait pu entraîner l’irréparable.

La version de la police

Selon la déclaration de presse de monsieur Brice Allowanou, chef de la sous-brigade des affaires économiques et financières et diffusée largement sur les réseaux sociaux, (lire la déclaration ci contre), il appert que pour la police c’est l’interpellation du sieur Toviessi Sourou Rock, agent de santé à l’hôpital de Sakété en possession de 40 kg de faux médicaments, qui a suscité la curiosité des enquêteurs. Le chef de la Sbaef rapporte qu’après audition, le mis en cause est passé aux aveux et déclare qu’il se ravitaille auprès de son délégué médical à Cotonou.

Il précise qu’au cours du second interrogatoire, le sieur Toviessi a accepté de collaborer en les conduisant auprès de dame Akinocho Karim, sa fournisseuse, que la police sur le terrain découvre être la conjointe de l’honorable Atao. Selon Brice Allowanou, le député fera irruption à la maison et s’opposera à la perquisition du domicile. Il dit aussi que c’est pour avoir du renfort que le député a alerté les jeunes du quartier. La police aurait été informée que ledit domicile est plein de faux médicaments et que c’est ce qui justifiait la volonté de perquisition. L’officier de police conclut que la police a agi dans le respect des textes et de la procédure, arguant que l’immunité parlementaire n’interdit pas l’accomplissement des actes de police.

Les explications des avocats

Au cours de sa déclaration, le collectif des avocats de l’honorable à travers son porte-parole, Me Alfred Bocovo, a expliqué aux professionnels des médias une présence injustifiée des policiers au domicile de l’honorable Atao Hinnouho. Ils rapportent que ces policiers en dehors de leur volonté de perquisitionner le domicile, étaient aussi porteurs d’une convocation à l’endroit du député qui portait la mention : « se présenter dès réception ». Toutes choses que le collectif des avocats trouvent curieuses, vu qu’il s’agit d’un député jouissant intégralement de son immunité. Le collectif des avocats prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur cette violation des textes de la république, et surtout à l’endroit d’un député qui est en pleine session du budget à l’Assemblée nationale.

Les risques de dérapage malencontreux

La nouvelle de la présence des policiers au domicile d’Atao Hinnouho a entraîné

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La relance économique du Bénin otage des humeurs politiques de Talon

Les secteurs économiques du Bénin sont à l’épreuve de la politique de la ruse du gouvernement de la rupture. Les opérateurs économiques du Bénin vivent des moments particulièrement difficiles sous le régime de la rupture. Une situation qui hypothèque les possibilités de relance des activités économiques.

La relance des secteurs d’activité économique du Bénin, évolue au gré des humeurs du chef de l’Etat Patrice Talon, avec sa flopée de réformes économiques. Il fait subir aux opérateurs économiques des mesures contraignantes qui ne favorisent plus le développement de leurs activités. Plusieurs faits montrent combien la relance économique est otage des humeurs politiques du président de la République. Au regard des informations recueillies çà et là auprès des acteurs du secteur privé, des opérateurs économiques de différents secteurs d’activité, on peut conclure que l’environnement des affaires au Bénin traverse une zone de turbulences. L’espoir se mue en désespoir chez certains opérateurs économiques, par le fait d’être proches du chef de l’Etat, auraient quadrillé presque tous les domaines d’affaires qu’ils gèrent à leur guise. C’est-à-dire que les hommes d’affaires proches du régime ont jeté leur dévolu sur les différentes activités économiques rentables du pays, dans un contexte de concurrence déloyale avec les autres opérateurs économiques. Le hic, c’est que les opérateurs économiques qui ne sont pas favorables au régime subissent des redressements fiscaux, qui restent un moyen de pression des régimes successifs pour ‘’intimider’’. Les cas sont légions. Mais les derniers qui sont encore frais dans la mémoire, c’est le calvaire que le chef de l’Etat fait subir à certains opposants dont un député à l’assemblée nationale, membre de la minorité parlementaire ; un ancien député président de parti politique natif du plateau d’Abomey ; un homme d’affaires candidat aux dernières élections présidentielles, membre influent de la coalition de la rupture ; un autre homme d’affaires spécialisé dans le coton etc.

Du redressement à la pression fiscale

Selon nos sources, le Pdg de la société B. A., président de parti politique, a réussi à s’acquitter des montants fixés par les services des impôts, après le redressement de ses sociétés. Mais il a été surpris de constater que les services des impôts ont exprimé leur intention de passer une seconde fois, sous prétexte qu’il y a eu erreur lors de leur premier passage.

Qu’il vous souvienne que ce dernier a fait une

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Esclavage en Libye : Les diplomates libyens au Bénin dénoncent un montage

L’ampleur du phénomène de l’immigration clandestine en Libye, a fait réagir les autorités de ce pays. Au cours d’une sortie médiatique ce mardi 05 décembre 2017 à Cotonou, les diplomates libyens au Bénin ont dénoncé un montage visant à salir l’image d’un pays non hostile aux étrangers.

La désolation des autorités libyennes est grande face à l’ampleur du phénomène de l’immigration clandestine sur leur territoire. L’évolution de ce phénomène et ses corollaires a sorti les autorités de la Libye au Bénin de leur gong. En effet, les diplomates libyens face à la presse ont donné leur position sur la situation qui, depuis lors, fait de la Libye la plaque tournante de l’immigration clandestine en Afrique.  Busheha Busheha, chargé d’affaires à l’ambassade de Libye au Bénin, a indiqué dans sa déclaration que le dimanche 19 novembre 2017, le directeur Afrique du ministère des affaires étrangères de Libye a tenu une réunion avec les membres du Corps diplomatique africain, accrédités auprès du Gouvernement de l’entente nationale à Tripoli.

Il a été question selon ses propos, de passer en revue avec les diplomates africains « l’information publiée par l’Agence de presse américaine (CNN), par rapport à l’existence d’un soit disant marché d’esclaves en Libye et des réactions que cela a suscité en Afrique et dans le monde ». C’est ainsi qu’il tient à apporter des clarifications pour situer l’opinion. Il a affirmé que : « le documentaire dont il est question ne reflète ni la position officielle de l’Etat libyen, ni celle de son peuple ». Le chargé d’affaires à l’ambassade de Libye a été clair, sans langue de bois : « Les libyens sont très fâchés contre cet enregistrement qui va à l’encontre des valeurs fondamentales de leur société, et rejettent en bloc la traite des noirs et l’esclavage ».

Dénonçant des histoires inventées par les migrants et CNN, il estime que les Etats concernés par le

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Bénin : La Police républicaine de Talon à l’épreuve de la résistance des flics

L’ère de la réforme a sonné dans tous les secteurs d’activité au Bénin. Le gouvernement de la rupture, dans sa politique de bonne gouvernance et de la réduction du train de vie de l’Etat, s’inscrit dans une dynamique réformatrice.

Il y va avec ruse et stratégie. Ces réformes suscitent de nombreuses réactions et protestations, preuve du point auquel ces réformes sont impopulaires. C’est le cas de la Police où le Syndicat national des gardiens et brigadiers de paix du Bénin (Synagab-Police), a produit un communiqué pour exprimer sa mauvaise humeur.

La réforme de Patrice Talon n’est pas la bienvenue à la Police nationale. Et pour cause, les gardiens et brigadiers de paix de l’institution en charge de la sécurité publique, donnent de la voix et manifestent leur mécontentement. Et ces grincements de dents pourraient se muer en un mouvement d’humeur général, qui va affecter le corps au vue de la pertinence des préoccupations évoquées. Il est dénoncé le traitement peu orthodoxe dont les ‘’petits flics’’ font l’objet de la part de leur hiérarchie. En effet, dans un communiqué n°007-2017/Synagab-Police-Bénin, le Synagab un syndicat qui regroupe les gardiens et brigadiers de la paix, alerte : « Camarades policiers, soyons prêts pour l’action finale qui fera entendre raison à nos dirigeants, qui manifestement n’ont aucun intérêt pour notre évolution professionnelle mais persistent dans la prise des mesures, des décisions bancales et précipitées au sein de la Police nationale ». Les ‘’petits flics’’ murmurent notamment après avoir constaté que leurs démarches et communiqués pour aboutir au projet de réforme ou pour dénoncer des injustices, sont restés sans réaction de la part de la hiérarchie.

Ce qui fâche les flics en plus du projet de création d’une police Républicaine, c’est le processus de

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Création de l’ANESP : Talon veut caporaliser toute la classe politique

Agitée depuis la campagne, la réforme du système partisan est l’une des priorités du gouvernement Talon. Si les objectifs affichés sont d’améliorer la gouvernance des partis et de réduire leur nombre, on peut bien craindre au regard de la proposition de chartes des partis qui circulent actuellement, que cette réforme ne vise qu’à donner à Patrice Talon un instrument de répression des partis « non dociles ».

A l’instar de toutes les réformes engagées par le régime Talon, celle sur le système partisan pêche par défaut de pertinence et d’objectivité. Comme elles, la réforme du système partisan avec en ligne de mire la nouvelle proposition de lois portant charte des partis politiques, se préoccupe d’aider Patrice Talon à renforcer son influence sur la classe politique.

Contrairement à son discours de lancement de candidature fait à Paris, et qui laissait croire qu’il entend œuvrer pour réduire l’hyperpuissance du Chef de l’Etat, Patrice Talon travaille à renforcer son hégémonie sur les différents secteurs de la vie politique et économique du pays. On y voit de plus en plus un président soucieux de tout contrôler, de tout diriger, de tout dompter. On voit l’hyper-président jaloux de sa grande influence et toujours prêt à accumuler pouvoir sur pouvoir. La proposition de loi portant charte des partis politiques en donne le ton. Alors qu’on attendait

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Lutte contre la corruption sous Talon : Ce prétexte pour régler des comptes

L’avènement de Patrice Talon à la magistrature suprême, a suscité espoir et attentes auprès des populations béninoises. Mais au fil du temps, la désolation et la consternation gagnent du terrain au vu de la manière dont la conduite des affaires publiques se fait.

Le cas de la lutte contre la corruption, servie à l’opinion comme devant apporter de la retenue dans la gestion des fonds publics, s’est plutôt révélée comme une arme dirigée contre ceux qui osent dénoncer les travers de la gouvernance du nouveau départ.

Ils sont nombreux ces béninois qui aujourd’hui ruminent leur mécontentement, à propos de la gouvernance Talon. Candidat, l’actuel chef de l’Etat avait pourtant promis l’avènement d’un nouveau mode gestion fondé sur le mérite et l’objectivité. S’il est vrai que la corruption est une gangrène qui ronge la société et qu’il faut la combattre absolument, il reste cependant aussi d’y mettre de la méthode et de la finesse. Le Bénin vit aujourd’hui une situation inédite. Ce qui se passe sous le régime dit de la rupture, nous évoque ces années sombres de la révolution marxiste-léniniste où tout le peuple ou presque était bâillonné. La période de la pensée unique doit-on dire. On parle de rupture mais… Ne prenez pas le risque dans le Bénin d’aujourd’hui de critiquer à visage découvert la gouvernance du régime actuel, si vous avez autrefois géré des fonds publics. La réplique est automatique.

Des commissions d‘enquête ou d’audit naîtront pour vérifier votre gestion, même si elle date des années 60. C’est la phobie de se voir convoqué à la Bef, qui a contraint au silence les voix audibles d’hier. Même les partisans du régime affichent cette crainte. Il s’ensuit le développement de la pensée unique. Pourtant, la diversité des opinions constitue une marque de la vitalité démocratique. Ceux qui tiennent tête au pouvoir subissent l’acharnement avec à la clé des procès en sorcellerie, avec pour seul but d’humilier et de traquer le téméraire. Parce que la tête d’un seul individu est mise à prix, on est prêt à faire emprisonner bien d’autres

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Rapport d’enquête de l'Anlc sur le concours Cnss: Les recommandations de sanction ignorées par le gouvernement

(Une preuve patente de partialité du pouvoir dans la lutte contre la corruption) Saisie le 12 avril 2017 pour dénonciation des conditions d’organisation du concours en vue du recrutement de 94 agents au profi t de la Cnss, l’Anlc a décidé d’enquêter sur le dossier. Les structures et acteurs impliqués dans l’organisation dudit concours ont été auditionnés. Après plus d’un mois d’investigation, l’Anlc a produit son rapport signé le 15 mai 2017 par son président. Seulement de mai 2017 où le rapport a été produit et transmis aux institutions de la République à ce jour, seule l’annulation du concours a été suivie.

Pendant que les recommandations de sanctions à l’endroit des dirigeants de la Cnss ont été ostensiblement ignorées. Une preuve tangible que la lutte proclamée contre la corruption reste encore une initiative sélective.

Au cours d’une conférence de presse organisée par l’Anlc en septembre 2017, le président de cette institution, Jean Baptiste Elias avait présenté à la presse ledit rapport, tout en expliquant la méthodologie d’investigation. Il avait conclu cette présentation par les recommandations formulées par l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Anlc. Quatre types de recommandations avaient ainsi été faites.

La première adressée au ministère du travail, proposait l’annulation dudit concours au vudes irrégularités observées et qu’un autre concours soit organisé par ses soins. La seconde recommandation demandait à l’Agence de régulation des marchés publics d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des personnes ayant conduit l’opération de passation du marché d’organisation de ce concours à un cabinet privé. Cette recommandation se fondait sur le fait que cette passation de marché n’avait pas respecté les exigences édictées par le code de passation des marchés publics en République du Bénin. La troisième adressée au gouvernement suggérait que le Dg et le Dga de la Cnss ainsi que le directeur du cabinet qui a géré l’organisation dudit concours procèdent de leurs poches, au remboursement des 29 millions dépensés pour l’organisation de ce concours. Enfin la quatrième recommandation formulée à l’endroit du gouvernement, demandait que des sanctions administratives soient infligées au directeur général et à son adjoint.

Sur les 4 recommandations de l’Anlc, Jean Baptiste Elias a déclaré aux professionnels des médias avant-hier mercredi 29 novembre 2017 au cours d’une conférence de presse qu’il a organisée au siège de l’Anlc au quartier Saint-Michel sis à Cotonou que :

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Bénin : La preuve que Mètongnon n’a pas pris seul la décision du placement

Alors qu’on attend avec impatience le 19 décembre 2017 pour être situé sur le verdict de la justice par rapport à l’affaire Cnss, et la culpabilité ou non de Laurent Mètongnon, des voix favorables au gouvernement continuent de clamer qu’il est le seul à prendre la décision de placer les sous. Mais un document confidentiel du Conseil d’administration à l’époque des faits prouve le contraire.

En détention préventive depuis jeudi dernier, Laurent Mètongnon est toujours la cible des attaques des proches du pouvoir. Dans une récente déclaration, le député Dakpè Sossou avait embouché la même trompette de l’accusation de Laurent Mètongnon que le gouvernement et ses sbires prennent pour le seul et l’unique responsable des placements effectués à la Bibe.

Du ministre de l’économie et des finances au Dg actuel de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), en passant par le député Sossou, la thèse est la même: Laurent Mètongnon a pris seul la décision au sein du Conseil d’administration de placer les sous. Mais un document confidentiel du Conseil d’administration de la société à l’époque des faits contredit ses allégations. Selon le document dont nous avons obtenu copie, tous les membres du Conseil d’administration ont accepté

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Lutte contre la corruption au Bénin : Un combat sélectif et partial

Chaque jour livre son verdict sur le combat contre la corruption mené par le gouvernement de la rupture. Le chef de l’Etat affiche une volonté de faire rendre gorge aux pilleurs de l’économie, en déclenchant une lutte effrénée contre les auteurs de malversations financières.

Ces derniers jours en effet, les responsables de l’Onasa, l’ex ministre de l’agricultre Fatouma Djibril… ont été auditionnés à la Bef. Cependant, à l’analyse la lutte paraît sélective et suscite de nombreuses polémiques au regard des personnes ciblées, ouvrant ainsi le débat sur l’impartialité et la bonne foi du président Talon à traduire les ‘’vrais coupables’’ devant la justice.

Plusieurs dossiers sont en instruction dans le cadre de la lutte contre la corruption au Bénin. La Brigade économique et financière (Bef) est très occupée ces jours-ci, s’affairant à vider les dossiers de malversations financières. Une soixantaine de dossiers à traiter, qui devraient s’enchaîner les uns après les autres selon une source proche de cette sous-direction. Généralement, ils sont soldés par l’audition, la garde à vue et la mise sous mandat de dépôt des ‘’fretins’’ mis en cause.

Les vrais auteurs des crimes économiques devraient rendre gorge selon le degré de leur implication dans les faits de malversation. Mais par quelle alchimie échappent-ils aux mailles des filets de l’actuelle lutte contre la corruption ? Qu’est ce qui explique le fait que le chef de l’Etat fasse l’impasse sur leur cas, et que l’opération soit plutôt concentrée sur des ‘’poids plume’’ dont la culpabilité reste difficile à prouver. Il parait évident que la lutte contre la corruption sous la rupture prend une allure sélective… Suscitant des doutes dans les esprits des citoyens avertis. L’impartialité de Talon est remise en cause, car les plus gros coupables de détournement massifs du denier public demeurent dans l’entourage immédiat du

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Bénin : Après son incarcération, un co-accusé sollicité pour plonger Mètongnon

Mis sous mandat de dépôt après une comparution en flagrant délit jeudi 23 novembre dernier, Laurent Mètongnon fait toujours l’objet d’une inquisition de la part du gouvernement.

En manque cruel de preuves pour démontrer sa culpabilité dans le dossier, Talon et consorts envoient en mission un homme politique pour tenter de manipuler un co-accusé, afin que ce dernier plonge le syndicaliste.

Un morceau important du puzzle que constitue cette affaire de commissions occultes à la Cnss, vient d’être découvert. Quelques heures après l’arrestation de Laurent Mètongnon, l’accusateur ne semble pas trop tranquille. Les enquêtes continuent toujours pour essayer de trouver une charge contre le syndicaliste.

A défaut de preuves, on recherche les témoignages de personnes impliquées dans le dossier et qui sont capables de faire des dépositions pour plonger le secrétaire général de la Fesyntra-Finances. Selon des informations confirmées par des sources confidentielles après nos enquêtes, un homme politique du septentrion reconnu pour son caractère intriguant est entré en

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Affaire Laurent Mètongnon : Ils sont allés jusqu’au bout de leur logique

Le syndicaliste Laurent Mètongnon a été mis hier sous mandat de dépôt par le procureur de la république Gilles Togbonon. Cette issue, peu surprenante d’ailleurs, est l’aboutissement du plan du gouvernement. Au fil des jours, on a vu les accusations du gouvernement tomber une à une, mais une seule logique est restée : celle de coffrer coûte que coûte Laurent Mètongnon.

« Abus de fonction et corruption », c’est sous ce chef d’accusation que le procureur de la république Gilles Togbonon a pris la décision de maintenir Laurent Mètongnon dans les liens de la détention. Cette décision inattendue semble répondre à la seule logique qui a prévalu du début jusqu’à la fin. La logique de la vengeance, de l’emprisonnement à tout prix d’un homme, Laurent Mètongnon, devenu subitement la risée du gouvernement. Partie d’un simple communiqué du Conseil des ministres, l’affaire Cnss du nom de cette société où les supposés crimes économiques ont été commis, a pris une autre allure dès le lendemain.

Certains journaux inféodés au pouvoir avaient, dès le lendemain, doigté Laurent Mètongnon comme le principale accusé. Il aurait placé des milliards de la Cnss dans une banque en faillite et aurait perçu des commissions occultes. Les réseaux sociaux ont fait le reste du travail de sabotage en distillant partout qu’il est corrompu. Lorsqu’il est convoqué le vendredi 17 novembre à la Brigade économique et financière, on croyait qu’il allait être écouté et relaxé. Mais erreur. Il sera gardé

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Prorogation de la garde à vue de Metongnon: tracasseries pour les avocats

La torture morale continue pour le détenu politique Laurent Mètongnon. Après une détention arbitraire dénoncée par les membres du Front pour le sursaut patriotique (Fsp) ce samedi, au lendemain de son audition à la Brigade économique et financière, ses avocats ont été éconduits hier à la direction de l’Ocertide, où il est gardé.

Un nouvel épisode dans l’affaire Laurent Mètongnon, un détenu politique selon le Front pour le sursaut patriotique, qui a exigé au cours d’un point de presse sa libération sans conditions. Hier, les avocats de Laurent Mètongnon dont la garde à vue a été prorogée de façon ‘’illégale’’, n’ont pas pu voir leur client. Me Lionel Agbo et Me Aboubacar Baparapé ont été interdits d’accès à l’Ocertid, lieu de la détention arbitraire de Laurent Mètongnon, membre influent du Fsp, un regroupement d’acteurs politiques et de la société civile opposé au régime de Talon.

Me Aboubacar Baparapé éconduit, a appelé le directeur de la Brigade économique et financière (Bef) pour connaître les raisons qui motivent sa décision illégale de les empêcher d’accéder à Laurent Mètongnon. L’avocat a commis un huissier de justice pour faire

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Ennuis judiciaires de Laurent Mètongnon : Le film de l’audition les nombreux points d’interrogations

C’est ce vendredi 17 novembre 2017 que Laurent Métongnon a été auditionné à la Bef, puis gardé à vue à l’Ocertid. Une succession de faits qui soulève auprès de l’opinion une avalanche d’interrogations. C’était en présence sur les lieux des camarades syndicalistes, de sympathisants, du parti communiste et du Front pour le sursaut patriotique.

Une escouade de policiers est disposée dans la Cour et devant le portail de l’ex Bef. Ils gardent l’œil sur les militants du Front pour le sursaut patriotique qui sont regroupés par vagues le long de la ruelle de l’institution policière, sise au quartier Agblangandan à l’entrée des villas dites Censad (Cotonou/Akpakpa). On y aperçoit : le coordonnateur du Fsp, Jean Kokou Zounon, Eugène Azatassou Vice-coordonnateur, les autres membres de la coordination : Léonce Houngbadji, Kassa Mampo etc. Etaient aussi de la partie, Dieudonné Lokossou, le secrétaire général du syndicat du personnel des Finances et des professionnels des médias.

La visite des députés de la minorité parlementaire

Vers 11h 45mn, la foule est attirée par le son de sirènes. A l’arrêt des véhicules devant le portail du Bef, c’est environ une douzaine de députés de la minorité parlementaire qui fait son entrée. Les honorables Djènontin et Idrissou Bako en font partie. Une trentaine de minutes à l’intérieur, puis le grand portail s’ouvre et l’attroupement se fait autour de ces députés « défenseurs du peuple ». Bref compte rendu de leur séjour à l’intérieur et surtout la recommandation faite aux militants de ne pas poser d’actes répréhensibles. Echanges avec les leaders politiques présents, puis retour des députés sous les ovations de l’assistance.

Le suspens

Les militants traversent toute l’après midi en faisant des va et vient le long de la rue, les yeux tournés vers le portail espérant la sortie de leur camarade. Ce sont plutôt les avocats dont Me Bocovo ; Me Agbodo, Me Akondè, Me Agbo et Me Ninko, qui sortent de temps en temps et la foule s’oriente vers eux. Mais à chaque fois, la réponse est : « nous sommes toujours là et les choses se poursuivent ». On apprend par un militant que Laurent Mètongnon a signé sa déposition vers 11h 30mn. Mais qu’on lui demandait d’attendre la suite. Certains parlent de confrontation avec l’ancien directeur de la Bibe. La nuit tombe dans la ville et à la Bef, mais les militants sont toujours là. Vers 21h, un groupe de policiers armés de matériel anti émeute sort de l’enceinte de la Bef. Ils demandent à la foule sans distinction de libérer les lieux et de se placer à près de 300m, des deux côtés du portail. Après quelques résistances, les manifestants s’exécutent. Seulement 30 mn plus tard, c’est le véhicule avec canon à eau de la police qui arrive sur les lieux. Et là, les directives changent : « libérer toute la rue de la Bef ». Là encore, les militants qui ont reçu l’ordre de ne pas céder aux provocations, s’exécutent. Mêmes les journalistes subissent impuissants.

Garde à vue

C’est la témérité des militants à ne pas quitter les lieux jusqu’à minuit passé, qui leur a permis de comprendre que la police se préparait à garder Laurent Mètongnon à vue. C’est en poursuivant le convoi de la police que les militants ont découvert que Mètongnon est gardé à l’Ocertid. C’était après la séance de confrontation avec l’ancien directeur de la Bibe. Il ressort de cette confrontation et selon des informations diffusées par les réseaux sociaux depuis avant-hier samedi, que l’ancien directeur de la Bibe ne reconnait pas avoir remis 71 millions de commissions, ni à Laurent Mètongon ni à l’ensemble des administrateurs. Il aurait plutôt selon les mêmes sources, reconnu lui avoir fait parvenir par personne interposée, 2 millions 500 mille francs en tranches : 1 million une fois et 500 mille trois fois, en plus d’un carton de champagne. Toute chose que ne reconnait pas Laurent Mètongnon qui souhaite que ledit commissionnaire vienne expliquer à quelle occasion il lui a remis lesdites sommes et un pack de bouteilles de champagne d’une valeur chiffrée par lui à 130.000F (cent trente mille francs).

Des interrogations

Il y a des points en suspens dans cette affaire Cnss où est cité Laurent Mètongnon, et que seul le dénouement en justice permettra d’éclaircir. Surtout qu’il est annoncé que le mis en cause sera présenté devant le procureur ce jour. On peut se demander par exemple, pourquoi l’option de la garde à vue a été préférée à celle de la mise sous convocation ? En d’autres termes, si le mis en cause ne pouvait pas se présenter librement devant le procureur comme il l’a fait avec la Bef ? En considérant les déclarations de l’ancien directeur du Bibe sur 2.500.000 frs jusque-là rejetées par Mètongnon, que deviennent dès lors les allégations du Conseil des ministres de 71 millions de commissions occultes, qui sont à l’origine des poursuites judiciaires enclenchées ? Pourquoi le gouvernement ne s’est-il pas fait représenter physiquement pour confronter Laurent Mètongnon preuves à l’appui, sur le montant  de 71 millions frs avancé ? Quelle pourront être l’objet et la pertinence du procès si le grief du gouvernement déclencheur de la procédure n’est pas confirmé par l’ancien directeur de la Bibe ?

CES CONVOCATIONS DES VENDREDIS: Une véritable torture morale !

Tous ceux qui ont eu maille à partir avec les forces de police et de gendarmerie de notre pays savent ce que c’est que d’être convoqué un vendredi au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. C’est le passeport direct pour un week-end de garde à vue, loin du cocon familial. Quelle que soit la nature de l’affaire objet de la convocation, vous pouvez être sûr que si vous êtes convoqué un vendredi, vous n’êtes pas certain de rentrer à domicile avant la fin du week-end. Et si d’aventure vous n’aviez pas pris les dispositions appropriées pour les deux nuits dans les locaux infestés de

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Bénin : Mtn menacé de perdre sa licence (son Dg sommé de quitter le pays)

C’est un gros poignard du gouvernement dans le dos de Mtn-Bénin. Dans un arrêté pris le 14 novembre par le ministre de l’intérieur Sacca Lafia, le Dg de Mtn Bénin est sommé de quitter le territoire national au plus tard le 24 novembre.

Il est accusé d’avoir mené sur le territoire nationale « des activités attentatoires à la sécurité et à l’ordre public ». Accusations aussitôt démenties dans un communiqué de la Direction de cette société, persécutée depuis des mois par l’Arcep pour non paiement de 135 milliards de redevance.

Mtn Bénin -filiale béninoise du géant de la téléphonie Sud-africain- est dans la tourmente. Dans l’après midi d’hier, un arrêté du ministre de l’intérieur Sacca Lafia et abondamment diffusé sur les réseaux sociaux, somme le Dg de Mtn Bénin Stephen Blewett de quitter le territoire nationale au plus tard le 24 novembre prochain. L’article 1er qui donne les raisons de cette expulsion nous informe que l’intéressé a mené sur le territoire national des « activités attentatoires à la sécurité et à l’ordre public ».

Cette accusation est aussitôt démentie par communiqué rendu public hier sur la Direction de la société (lire ici). « Ces allégations sont sans fondement. M. Stephen Blewett est un membre très respecté de la communauté et du secteur des télécommunications. Il a toujours manifesté son respect pour les lois de la république du Bénin, ainsi que pour les autorités du pays », lit-on dans le communiqué. Ce communiqué de la direction de la société vient ainsi atténuer la gravité des accusations portées contre le Dg, et qui font croire à certains qu’il serait imbibé dans des activités peu orthodoxes. Cet arrêté est la lie du calice.

Depuis plusieurs mois déjà, Mtn est régulièrement sermonné par l’autorité de régulation des communications électroniques (Arcep), pour la qualité de ses services et pour n’avoir pas payé 135 milliards de redevance annuelle de gestion et d’utilisation des fréquences. Selon des sources proches de l’Arcep, une nouvelle procédure de sanction a été ouverte contre la société. Elle avait jusqu’au 14 novembre pour lui envoyer ses observations.

Entre autres, elle devrait verser la rondelette somme de 134,435 milliards du franc Cfa, correspondant au montant des redevances annuelles de gestion et d’utilisation des fréquences au titre des années 2016 et 2017. Selon nos recoupements, Mtn trouve ce montant élevé mais n’a jamais fermé la porte de la discussion avec le gouvernement. Ainsi se résume le malheur

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Amos Elègbè : « Yayi Boni en 10 ans a recouru à 4 emprunts obligataires, contre 7 pour Talon en un an »

En marge du point de presse du Fsp hier mercredi 15 novembre à la Bourse du travail, l’ancien conseiller spécial de Boni Yayi, Amos Elègbè, a levé un coin de voile sur plusieurs sujets de mal gouvernance sous la rupture. (Lire l’intégralité de ses propos)

« Au début, c’était les audits ciblés des directeurs généraux et autres, maintenant c’est les audits ciblés des hommes politiques. Et ça ne va pas s’arrêter maintenant.

Donc, frère Mètognon, vous avez non seulement notre soutien, mais aussi celui de notre peuple. Le jour où vous serez au tribunal, on ira avec vous. Lorsqu’ils auront le courage de vous convoquer avec des preuves convaincantes, nous serons avec vous au tribunal. L’affaire de Mètongnon n’est pas aussi simple que nous le croyons. Parce que Mètongnon n’est pas n’importe qui. Lorsqu’on parle des affaires concernant les dirigeants de ce pays, c’est grâce à lui qu’on a les meilleures informations qui proviennent du ministère des Finances pour la gestion des fonds publics. Le gouvernement sait bien que Mètongnon a beaucoup d’informations. Et c’est çà qui est le plus important. Ces informations, je vais vous les donner pour que vous sachiez bien sur quoi nous marchons. Et lorsque notre frère Mètognon sera invité, nous allons nous défendre.

La première information, c’est les emprunts obligataires que le gouvernement Talon a eu à faire depuis qu’il est au pouvoir. Très peu de gouvernements au monde, en tout cas très peu de gouvernements dans la zone Uemoa, ont recourt à des emprunts obligataires. Parce que c’est à un taux de remboursement de 7 à 8 %, et vous remboursez à des durées très courtes, maximum 7 ans. Pourquoi ne va-t-on alors pas sur les autres marchés ? C’est-à-dire les marchés où le remboursement est à un taux de 1.5%, et où la durée de remboursement est de 10, 20 à 40 ans. Parce que là bas, les organisations internationales autour du Fmi et de la Banque mondiale demandent des comptes. Vous devez présenter votre cahier de charges et votre gouvernance. Pour éviter cela, beaucoup de chefs d’Etat utilisent les emprunts obligataires. En 10 ans, Yayi Boni les a utilisés 4 fois, aujourd’hui Talon l’a déjà fait 7 fois. Nous sommes à près de 600 milliards et nous devons rembourser en maximum 7 ans. C’est la première information qui gène et c’est important.

La deuxième information qui gène, c’est le produit des nombreuses taxes auxquelles notre peuple a été soumis. Ces nombreuses taxes sur les véhicules, sur tout ce que nous faisons, les petites entreprises, les moyennes entreprises, les petits vendeurs, les impôts que l’on perçoit partout. Nous voulons en connaitre le produit, et Mètongnon si nous lui donnons quelques jours, va nous sortir le montant de toutes ces taxes recouvrées. Aussi, le nombre de marchés de gré à gré et les plus de 150 sociétés qu’il a créées lui-même. Au moment où il crée ces sociétés, il leur donne des exonérations qui ont des coûts. Et ces coûts là, on les connait.

…La privatisation des sociétés d’Etat, les entreprises publiques et même privées. A partir de quoi a-ton privatisé tout çà là ? L’aéroport, la Sonapra et autres. Pourquoi ? Dans ces conditions nous savons combien ça génère. Mais si j’en parle, c’est parce que le chef de l’Etat a tout dernièrement dit quelque chose, et si on ne vous l’explique pas, ce serait grave. Nous manquerons à notre responsabilité. A notre âge, on a déjà fini. On n’a pas besoin de vous mentir. Le chef de l’Etat a dit qu’il paie les salaires sur crédit bancaire. Au total aujourd’hui, ils sont endettés de 1400 milliards de Fcfa. Lorsque vous êtes endettés de 1400 milliards, comment peut-on alors expliquer qu’on paie les salaires sur crédit bancaire. C’est une énigme. Et les réponses sont simples : le président de la République s’est rendu justice. Il a pris

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Bénin : Lazare Sèhouéto dans la posture de loyauté à Talon

A l’issue du premier remaniement du gouvernement du président Patrice Talon, on a enregistré des départs dont celui de Lazare Sèhouéto qui en a surpris plus d’un.

Beaucoup ont alors pensé à une rupture entre les deux hommes, mais l’ancien ministre de l’industrie et du commerce reste apparemment loyal à son ex patron. Sa déclaration du 10 novembre dernier à Zogbodomey en dit long.

« Je n’ai pas quitté le gouvernement, j’y suis. J’ai juste eu une affectation. Talon c’est ma salive et on ne doit pas avoir de dégoût pour sa salive ». Voilà un extrait des propos tenus par l’ancien ministre de l’industrie et du commerce dans le premier gouvernement de Patrice Talon.

C’était lors d’une

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Non audition de Mètongnon par l'IGF au Bénin: Un sérieux obstacle pour la procédure

Depuis le vendredi 10 novembre 2017, la brigade économique et financière a entamé les auditions des personnes impliquées dans l’affaire de placement des dépôts à terme à la Cnss.

Des confrères signalent le passage de l’actuel directeur général de la Cnss Dramane Diatéma, et annoncent que les autres personnes impliquées sont aussi en attente d’être auditionnées. Seulement, le cas Mètongnon constitue une exception. On se demande bien comment lui qui n’a pas été entendu par l’Inspection générale des Finances, sera plutôt auditionné par la Bef. Un vice de procédure qui risquerait d’entacher la suite de l’enquête.

Le communiqué du Conseil des ministres du 1er novembre 2017 faisait état des poursuites judiciaires lancées contre de l’ancien président du conseil d’administration de la Cnss, Laurent Mètongnon, de l’ancien directeur général de cette même institution, et de l’ancien directeur des affaires financières. Le communiqué précisait que cette décision du Conseil des ministres se fondait sur la communication introduite par le ministre des Finances devant le Conseil. Cette communication présentait le rapport de l’Inspection générale des Finances, qui a enquêté sur des placements de dépôt à terme d’environ 17milliards de fcfa, auprès de la Banque internationale du Bénin (Bibe), par l’ancienne direction et l’ancien conseil d’administration de la Cnss. Cette nouvelle s’est répandue au sein de l’opinion à une vitesse fulgurante.

La grande curiosité portait sur la personne de Laurent Mètongnon, syndicaliste membre du parti communiste béninois et qui jouit surtout d’une réputation d’incorruptible et de rigoureux dans la gestion. A côté de ce qui est considéré comme un placement hasardeux de 17 milliards, exposant ainsi l’épargne des retraités, il y a surtout l’information portant sur la perception de commissions occultes d’environ 71 millions de fcfa, par l’ancien conseil d’administration et l’ancienne direction de la Cnss. Laurent Mètongnon de passage sur une chaîne de télévision privée le dimanche 5 novembre 2017, a non seulement apporté sa version des faits, mais surtout expliqué qu’il n’a jamais

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