Monsieur le président, ils sont déçus de vous. J’ai cherché à comprendre et ils m’ont dit : rien à voir ici, circulez ! Je n’y ai pas cru. Le chef de l’Etat de mon pays, fin comme vous, ne peut subir un tel affront. Mais les faits sont têtus. Les organisateurs de cette rencontre, me semble-t-il, n’ont pas pleinement joué leur rôle. Sans comédie intellectuelle, la diplomatie de mon pays a failli et s’est donné une mauvaise réputation au plan national et international. Vous avez certainement voulu faire réparation a travers votre sortie médiatique, mais à mots ouverts votre voyage est un échec (lire ici).
Opinion
Afrique : besoin de chef
Il n’est pas un pot de fleur, le chef. Un prétexte décoratif et esthétique. Il n’est pas non plus une personne destinée à faire de la figuration à la tête d’une organisation, le chef. Un leurre pour distraire et pour divertir. Le chef, c’est la tête, au sens physique du terme, comme siège des fonctions vitales de l’homme. Le chef, c’est la tête, au sens mental du terme, comme siège de la vie psychique et des facultés intellectuelles de l’homme. Le chef résume, à lui tout seul, une organisation dont il est l’âme. Le chef projette la vie, le devenir d’une organisation dont il incarne la vision et les ambitions.
Contradiction, quand tu nous tiens !
Vouloir une chose et son contraire. Le Béninois semble tout entier contenu en cette idée. Une idée qui renvoie à la savoureuse chanson congolaise bien connue : « Tout le monde veut aller au paradis, mais personne ne veut mourir« . Le Béninois déroule sa vie par une voie accidentée, la voie de la contradiction. Une voie semée de plats, de faux plats et de bosses. La contradiction ? Le Béninois la connaît, l’affectionne, la cultive. Il en fait un acte de foi. Sur la voie des contradictions béninoises, observons quelques escales.
Lundi de service : La ponctualité peut être aussi Béninoise
J’avais un rendez-vous confirmé avec un « grand » responsable d’une « grande » institution de notre pays le Vendredi dernier. Arrivée dans son bureau, cinq minutes avant l’heure, je lui envoie un message pour l’informer de ma présence. Devinez quoi ? Je suis restée deux heures dans la salle d’attente sans qu’il ne me reçoive, ni répondre aux trois messages que je lui ai faits. En temps normal, je serais partie au bout de 15 minutes d’attente, mais là j’ai voulu aller jusqu’au bout pour mieux appréhender les choses. Comble de l’histoire, ce « grand » Monsieur n’a toujours pas envoyé de message d’excuse à l’heure où j’écris ces lignes.
Installation de la commission du Ravip: Une mort en douce du Cos-Lepi au Bénin
Patrice Talon a installé officiellement la commission du Ravip qui, au regard des objectifs à elle fixés, prendra légitimement la place du Cos-Lépi. Une nouvelle ruse de la rupture, dans sa quête d’identification et de traque régulière de tout citoyen n’ayant pas la même vision que lui.Le silence curieux du parlement sur la désignation des députés qui doivent représenter le pouvoir législatif au sein du Cos et naturellement la non installation des membres du Cos-lepi, sont tous des faits préoccupants. Il y a surtout que la loi, notamment le code électoral, prévoit l’installation des membres du Cos-Lépi au mois de juillet de chaque année.
Expressions de rue, philosophie de vie
La rue parle. Que dit-elle ? De quoi parle-t-elle ? La rue vibre de tout ce que disent ses usagers qui ne sont que nous-mêmes. Car la rue, c’est l’espace ouvert à Monsieur et à Madame tout le monde. Qu’il nous suffise de tendre l’oreille pour faire moisson d’une foultitude d’expressions. Elles sont loin d’être banales. Elles traduisent des états d’âme. Elles sont teintées d’une vision. Elles portent une pensée. Essayons de les décrypter.
Plaidoyer pour nos génies en herbe
Bachelier à onze ans. Concepteur de logiciels à quinze ans. Inventeur d’applications numériques, à peine la majorité civile. Innovateur dans le domaine de la céramique, la vingtaine non encore entamée. Le Bénin se révèle un océan de talents. Mais attention : dans un environnement culturel comme le nôtre où le droit d’aînesse se pare des attributs du sacré, les plus jeunes n’ont pas toujours droit à la parole. On les rectifie d’autorité quand ils montrent des dispositions jugées « hors normes » ou « anormales ». Que de Mozart n’avons-nous pas ainsi assassinés, ne continuons-nous pas d’assassiner ?
Bénin : Il y a péril en la demeure !
(La méthode Talon : l’opacité avec la ruse et la rage) En l’espace de quelques mois, des textes de lois de grande portée ont été votés à la hussarde, pour ainsi dire, au nez et à la barbe de la minorité parlementaire. Et fait gravissime, tout s’opère dans l’ignorance totale des populations cible, validé de manière expéditive par la cour constitutionnelle et aussitôt promulgué par le président de la République.
Lundi de service : le silence coupable du consommateur béninois
Il y a quelques semaines, j’ai eu une mauvaise expérience client avec un des opérateurs téléphoniques du pays. Comme à l’accoutumée et presque comme par obligation professionnelle, j’ai partagé cette mauvaise expérience sur les réseaux sociaux. Quelques jours plus tard, j’ai été agréablement surprise de recevoir un courrier du PDG de cette société, qui présentait ses excuses et qui s’engageait pour un meilleur service de ses équipes. Remarquez que je ne le connaissais pas personnellement avant cet incident. Fin de l’anecdote une.
Président passif-actif
Je ne suis toujours pas d’accord avec l’injustice, vous avec moi !Pourquoi l’homme doit-il agir ainsi ? La loyauté en politique est une denrée rare, mais elle est possible. A la face du monde, en homme rusé, vous avez dit à l’autre : «on va gérer le pays ensemble, nous sommes des frères». Hélas !Le poète du temps présent sert les mots, du sens il s’en fout. Quelle place pour la fraternité en politique? L’homme dont vous avez soigné l’impuissance le matin, prendra tôt ou tard votre épouse.