Le Bénin vient de marquer un tournant économique majeur avec la levée tant attendue de l’interdiction d’exportation de plusieurs produits vivriers. Annoncée avec une certaine fanfare, cette décision est présentée par le gouvernement comme une mesure clé, visant à accroître les revenus des agriculteurs et à stimuler l’économie rurale. Si l’enthousiasme est palpable parmi les producteurs de maïs, d’igname et de manioc, une question persiste et monte en puissance : à quand le tour des filières du soja et de la noix de cajou, qui, malgré leur potentiel exportateur immense, restent soumises à des restrictions ? L’interdiction d’exportation des produits vivriers avait été mise en place avec l’intention louable de garantir la sécurité alimentaire nationale et de stabiliser les prix sur le marché local. Cependant, cette mesure a parfois eu des conséquences imprévues. Elle a limité la capacité des agriculteurs à bénéficier des prix plus élevés du marché international. Les excédents de production, loin d’être une bénédiction, devenaient parfois un fardeau pour les producteurs. La décision de lever cette interdiction est donc un vent frais pour des milliers d’agriculteurs. Selon le porte-parole du gouvernement, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de prospérité agricole. « Nous voulons que nos agriculteurs s’enrichissent. La libre exportation leur permettra d’accéder à des marchés plus rémunérateurs, d’investir davantage dans leurs exploitations et d’améliorer leurs conditions de vie », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement du gouvernement à soutenir le secteur. Cette mesure est censée encourager une production accrue, moderniser les techniques agricoles et, à terme, renforcer la position du Bénin sur le marché régional et international des produits vivriers. Les producteurs peuvent désormais anticiper des retours sur investissement plus intéressants, ce qui pourrait également inciter les jeunes à s’engager davantage dans l’agriculture.
Opinion
L’Union Africaine : Une intégration en quête de véritable indépendance et de progrès
Le rêve des pères fondateurs d’une Afrique unie et prospère semble s’éloigner chaque jour un peu plus de la réalité. Malgré l’existence d’une pléthore d’organisations régionales et sous-régionales, ainsi que d’une Union Africaine (UA) censée incarner l’unité continentale, le continent peine à décoller et à offrir à ses populations les conditions de vie dignes qu’elles méritent. Le sévère réquisitoire de Fatoumata Sidibé Diara, une analyste des dynamiques africaines, met en lumière cette incapacité flagrante des institutions africaines à propulser le continent vers un développement réel.
France : la diplomatie en chute libre
Pendant longtemps, la diplomatie française a été considérée comme l’un des piliers de la scène internationale, capable de dialoguer avec toutes les parties, de négocier des cessez-le-feu et de proposer des voies de sortie aux conflits. Mais les récents bouleversements géopolitiques révèlent une réalité plus amère : la France n’est plus au centre du jeu. Ni moteur, ni arbitre, elle apparaît de plus en plus souvent reléguée à l’arrière-plan. Ce recul s’observe à travers plusieurs crises majeures où sa voix a perdu en portée.
Bénin : L'énigme silencieuse de Boni Yayi
À l’approche des échéances électorales cruciales de 2026, la scène politique béninoise, habituellement très animée, est le théâtre d’une nouvelle stratégie de la part d’un de ses acteurs les plus emblématiques : l’ancien Président Thomas Boni Yayi. Loin des déclarations à la presse, des micros tendus et des caméras omniprésentes qui ont jadis marqué son style politique, Boni Yayi semble-t-il, opter pour un activisme silencieux. Il n’émet plus de critiques ouvertes de l’action gouvernementale, mais dans l’ombre, les pions bougent. Depuis plusieurs mois, Boni Yayi se fait rare dans les médias. Aucune interview, aucun communiqué public, aucun commentaire sur les grandes questions nationales. Lui qui, encore récemment, n’hésitait pas à dénoncer ce qu’il qualifiait de dérives, semble avoir tourné la page de la confrontation directe. Pourtant, les observateurs les plus attentifs notent que l’ancien chef de l’État n’est pas en retrait. Bien au contraire. Cette discrétion contraste fortement avec l’image publique de Boni Yayi, dont le verbe haut et les prises de position parfois virulentes ont longtemps rythmé le paysage politique béninois. L’ancien chef d’État, qui a dirigé le Bénin de 2006 à 2016, est connu pour son charisme et sa capacité à mobiliser une foule. Sa relative absence médiatique actuelle soulève des questions et alimente les spéculations quant à la nature de son influence sur la préparation des élections générales de 2026.
2026 au Bénin : des annonces de micro-candidatures malgré la fermeté des textes électoraux
Alors que le mandat du Président Patrice Talon approche de son terme, la scène politique voit émerger un phénomène paradoxal : des individus affichent ouvertement leurs ambitions de candidature à la magistrature suprême, et ce, en dépit des réformes électorales rigoristes mises en place ces dernières années. Ces « micro-candidatures » posent la question de l’effectivité des verrous législatifs censés rationaliser le paysage politique et interrogent sur la persistance des aspirations individuelles face à un cadre institutionnel toujours plus contraignant. La fermeté des lois électorales au Bénin ne freine pas l’ardeur de certains individus qui, au lieu de se faire valoir au sein des formations politiques, annoncent à qui veut l’entendre, leur intention de candidature. En effet, depuis 2018, le Bénin a entrepris une série de réformes politiques et électorales majeures, voulues par le régime du président Patrice Talon. L’objectif affiché était de moraliser la vie publique, de renforcer les partis politiques en tant que véritables piliers de la démocratie, et de mettre fin à la prolifération de candidatures « fantaisistes » ou opportunistes qui caractérisaient les scrutins passés. Ces réformes ont notamment abouti à introduire le parrainage des candidats, la caution électorale plus élevée, l’appartenance partisane obligatoire. Ces mesures ont eu un impact immédiat et visible. Lors de l’élection présidentielle de 2021, le nombre de candidatures validées a été drastiquement réduit, ne laissant que très peu de choix aux électeurs et suscitant des débats. L’intention était de s’assurer que seuls les partis robustes et représentatifs puissent présenter des candidats crédibles et porteurs d’un véritable projet de société, soutenu par une formation politique régulièrement constituée. D’ailleurs, après l’expérience de 2021, la réforme a été davantage corsée avec le code électoral en vigueur actuellement et qui visiblement, n’admettra pas plus de trois voir maximum quatre candidats à la prochaine présidentielle de 2026.
Edito : 3 ans après… et demain ?
Trois années. Ce n’est pas encore l’âge de raison, mais dans la vie d’un journal, c’est déjà une victoire. Une victoire sur l’oubli, sur l’incertitude, sur le doute. Une victoire arrachée, parfois à la douleur, souvent à la solitude. Une victoire que nous devons à la mémoire de feu Vincent FOLY, fondateur de La Nouvelle Tribune, et à tous ceux qui ont refusé que son rêve s’éteigne après lui.
Décès de deux Béninois au Togo: Que font les autorités de Cotonou pour clarifier la situation ?
La situation politique et sociale tendue qui secoue le Togo a pris une tournure tragique pour le Bénin. Au milieu des incidents récents survenus à Lomé, la capitale togolaise, deux ressortissants béninois ont perdu la vie selon des informations livrées par la Société civile togolaise. Face à ce drame, les regards se tournent désormais vers les autorités de Cotonou. Deux jeunes béninois seraient morts dans les incidents survenus dernièrement à Lomé dans les manifestations de rue. Mais du côté de Cotonou, silence radio jusqu’à ce jour. Les informations disponibles concernant les circonstances exactes de ces décès restent encore floues, mais la nouvelle a rapidement traversé la frontière, plongeant les Béninois et la diaspora béninoise au Togo dans l’émoi. Si la nature précise des incidents à Lomé n’a pas été détaillée publiquement par les autorités béninoises, la mention d’une situation tendue dans le pays voisin laisse supposer que ces pertes tragiques sont survenues dans un contexte de troubles ou d’affrontements. Mais selon les premières informations rendues disponibles à Lomé on parle de noyade. Pour un pays comme le Bénin, qui partage une longue frontière et des liens humains, culturels et économiques profonds avec le Togo, une telle nouvelle est non seulement une tragédie humaine, mais aussi une affaire d’État.
Limogeage du ministre Akponna : L'ironie d'une dénonciation aux lourdes conséquences
Le 21 juin 2025 à Parakou, le ministre Akponna exprimait publiquement son « véritablement triste » constat face aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité dans la ville. Sa désolation s’était rapidement muée en une diatribe féroce contre les « siphonneurs du budget national », accusés d’avoir détourné des fonds destinés à améliorer les conditions de vie des populations. Une semaine plus tard, l’ironie du sort frappe : c’est Akponna lui-même qui est limogé de ses fonctions et mis à la disposition de la justice, non pas pour corruption, mais pour justifier les déclarations mêmes qui avaient secoué la sphère politique. Akponna n’est plus ministre de l’énergie, de l’eau et des mines. Ainsi en a décidé le gouvernement de Patrice Talon qui lui a également demandé de se tenir à la disposition de la justice pour justifier ses déclarations. En effet, lors de sa visite à Parakou, le ministre Akponna n’avait pas mâché ses mots. Avec une véhémence peu commune pour un membre de la majorité présidentielle, il avait évoqué les « ressources publiquement mobilisées » pour le Programme d’actions du gouvernement (Pag), fustigeant ceux qui, selon lui, les avaient détournées. Sa référence explicite à « des fils de cette localité, Parakou, qui ont été mis devant la gouvernance en matière d’eau et d’électricité » avait clairement désigné l’ancien ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Samou Seïdou Adambi, originaire de la région. Les qualificatifs de « aventuriers politiques avec des ambitions démesurées, incapables d’honorer leurs petits mandats » résonnaient comme une attaque directe contre des figures passées du secteur. Akponna avait alors promis que les auteurs présumés de ces détournements « répondront de leur gestion », brandissant même la menace d’une ère nouvelle, où « plus jamais aucun individu ne détournera massivement le fonds public pour venir donner des miettes aux populations et aller se réfugier à l’Assemblée nationale ». Il avait même crédité le ministre conseiller Gbadamassi et son équipe d’avoir « mis au jour ces dysfonctionnements », affirmant que « ce que ces délinquants de la République avaient caché au président Patrice Talon est désormais connu ». Sa sortie s’inscrivait dans la droite ligne des réformes du système partisan voulues par le chef de l’État, censées moraliser la vie publique et empêcher les élus de se soustraire à la justice. Pourtant, la déflagration inattendue n’est pas venue des cibles d’Akponna, mais de lui-même. Son limogeage et sa mise à la disposition de la justice pour justifier ses propres déclarations marquent un tournant dramatique.
Gestion de l'eau au Bénin: Les droits des consommateurs bafoués
La Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), garante de la distribution de l’eau potable à des millions de foyers, est de plus en plus sous le feu des critiques. Des coupures prolongées sur plusieurs jours dans certaines zones, des communiqués intempestifs invitant les abonnés à faire de la rétention d’eau sont devenues fréquents pour de nombreux consommateurs. À cela s’ajoutent parfois des problèmes récurrents de non-distribution des factures. Face à cette série de faits, une question légitime se pose : où se trouve le droit des consommateurs à la Soneb ? On l’appelle source de vie. Mais, s’en procurer dans certaines villes du Bénin requiert un parcours de combattant. Le cœur du problème réside dans la fiabilité de l’approvisionnement. Dans plusieurs localités, les coupures d’eau ne sont plus des incidents isolés, mais des réalités fréquentes qui peuvent durer des jours, voire des semaines. Cette situation est inacceptable dans un pays qui aspire à l’émergence et où l’accès à l’eau potable est un droit fondamental. Les ménages, les entreprises et les institutions publiques sont directement impactés, ce qui entraîne des perturbations majeures dans la vie économique et sociale. Face à ces pénuries, la Soneb a parfois eu recours à des communiqués, suggérant aux abonnés, d’investir dans des citernes de rétention d’eau, à l’instar des détenteurs de forages. Une recommandation qui sonne comme un aveu d’impuissance et un transfert de responsabilité. Comment exiger d’un consommateur, dont la facture inclut déjà le service de distribution, un investissement supplémentaire et conséquent pour pallier les défaillances du distributeur ? C’est une charge additionnelle et injuste pour des budgets familiaux souvent serrés. Au-delà de la quantité, la qualité de l’eau distribuée est également remise en question. Des témoignages font état d’une eau de mauvaise qualité servie directement au robinet. Même si plusieurs fois les responsables de la Soneb ont rassuré les clients sur la qualité de l’eau, cette situation soulève de sérieuses préoccupations sanitaires. Les consommateurs paient pour de l’eau potable, non pour un liquide qui nécessite une filtration ou une ébullition préalable, engageant des coûts supplémentaires et des risques pour la santé.
Bouleversements annoncés dans le secteur de l'Etfp : Une réforme qui interroge
Dans les couloirs du pouvoir béninois, une nouvelle réforme a été annoncée, promettant de remodeler le paysage de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle (Etfp). Le Décret n°2025-197 du 23 avril 2025, portant statuts-types des établissements publics d’enseignement et de formation techniques et professionnels, est censé marquer un tournant. Pourtant, à peine publié, il soulève déjà une tempête de critiques. La première flèche décochée par les critiques, et non des moindres, vient du syndicaliste Anselme Coovi Amoussou, Secrétaire général de la CSA-Bénin. Dans une tribune sans concession, il dénonce un « défaut fondamental de méthode » dans l’élaboration de ce décret. Selon lui, cette réforme, bien que « ambitieuse sur le papier », a été concoctée dans un « cercle fermé », sans aucune consultation significative des enseignants, des chefs d’établissements, ou des syndicats. « On ne réforme pas un secteur aussi stratégique en excluant ceux qui le portent au quotidien », martèle Amoussou. Il estime qu’une réforme d’une telle ampleur gagnerait en efficacité si elle reposait sur un dialogue ouvert avec ceux qui vivent les réalités du terrain au quotidien. Pour lui, le manque d’inclusivité pourrait compromettre la mise en œuvre de ce décret, malgré les intentions affichées.
Bénin: Nourou Dine Saka Saley un talent incompris ou une mauvaise stratégie ?
Dans l’arène politique béninoise, où les alliances et les rejets se font et se défont avec une déconcertante fluidité, le nom de Nourou Dine Saka Saley résonne avec une persistance intrigante. Juriste de formation, intellectuel respecté et figure montante pour certains, il semble pourtant naviguer à contre-courant, pris entre le marteau de la majorité présidentielle qui l’a rejeté et l’enclume d’une opposition qui le regarde avec suspicion, surtout depuis qu’il a osé afficher ses ambitions présidentielles. Est-ce le destin d’un talent incompris, un idéaliste trop en avance sur son temps, ou celui d’un insoumis dont l’ambition démesurée le coupe de ses potentiels alliés ? La question mérite d’être posée. Dès les premières analyses, il est indéniable que Nourou Dine Saka Saley est un homme d’idées. Ses prises de position, ses analyses sur les questions de gouvernance, de développement et de justice, sont souvent d’une profondeur et d’une pertinence remarquables. Il incarne une certaine éthique en politique, un désir de rigueur et de transparence qui tranche parfois avec les pratiques courantes. Ses interventions publiques, ses écrits, témoignent d’une vision claire pour le Bénin, d’une aspiration à une société plus juste, plus équitable et plus prospère. Cette stature intellectuelle, cette intégrité perçue, devraient en faire un atout majeur pour n’importe quel camp politique. Pourtant, le constat est là : la majorité présidentielle lui a fermé ses portes. Ce rejet de la majorité présidentielle est d’autant plus énigmatique que Nourou Dine Saka Saley n’a jamais été un opposant farouche ou un pourfendeur systématique du régime. Il a souvent exprimé des points de vue nuancés, critiques certes, mais toujours constructifs. Certains y voient une incapacité du système en place à intégrer des voix trop indépendantes, trop critiques, même si ces critiques sont formulées dans l’intérêt supérieur de la nation. La logique du « tout ou rien », de l’allégeance inconditionnelle, pourrait expliquer cette mise à l’écart. Un homme d’idées, surtout s’il est pétri d’éthique, peut devenir gênant s’il ne rentre pas dans les rangs. Mais le paradoxe s’épaissit lorsque l’on observe la réaction de l’opposition. Depuis quelques temps, le propre « camp » de Nourou Dine Saka Saley – l’opposition – lui donne également du fil à retordre. Loin d’être accueilli à bras ouverts comme un potentiel leader capable de fédérer, il est confronté à des résistances, voire des hostilités. Cette situation soulève des questions fondamentales sur la dynamique de l’opposition béninoise. Est-elle capable de dépasser les querelles intestines et les ambitions personnelles pour s’unir autour de figures de proue ? Ou bien Nourou Dine Saka Saley, par son profil atypique et son ambition affichée, bouscule-t-il trop les équilibres établis au sein de cette opposition ?
Suspension provisoire d’Ahouanmenou de la DEN de l'UPR : un écran de fumée
(Houngbédji intouchable ?) La crise au sein du parti de la majorité présidentielle Union progressiste le Renouveau (UPR) et l’ancien Parti du renouveau démocratique (PRD) vient de connaître un nouveau rebondissement. Il s’agit de la suspension de Gratien-Laurent Ahouanmenou de la Direction exécutive nationale de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR). Si cette sanction est présentée par l’UPR comme la conséquence d’un manquement aux textes du parti, elle s’apparente surtout à un écran de fumée, qui cache un malaise plus profond.
Droit de place dans les marchés modernes du Bénin : la fin des petits commerçants ?
Un an après l’inauguration en grande pompe des marchés urbains modernes de Cotonou, l’euphorie de la gratuité touche à sa fin. À compter du 1er juillet 2025, les commerçants et commerçantes devront s’acquitter de redevances journalières, hebdomadaires ou périodiques. Cette décision soulève de vives inquiétudes quant à son impact sur le quotidien des petits marchands, en particulier ceux dont le capital de départ est dérisoire. De 100 f Cfa ou au plus 200 f Cfa le jour, avant la construction des marchés modernes, la redevance journalière passe désormais à 600f Cfa et 700f Cfa dans les marchés de Cotonou. L’annonce a été faite par Eunice Loisel, directrice de l’Agence Nationale de Gestion des Marchés (AnaGeM), lors de la célébration du premier anniversaire du marché de Cadjèhoun, le 15 juin 2025. « La redevance sera exigée dès juillet », a-t-elle déclaré. La décision de l’ANaGeM de faire payer les places dans ces infrastructures flambant neuves, construites sous l’impulsion du gouvernement du Président Patrice Talon pour moderniser le commerce local, est justifiée par la nécessité de garantir la propreté, la sécurité et l’entretien constant de ces marchés. Un argument recevable en théorie, mais qui se heurte à la dure réalité économique de beaucoup de commerçants béninois. Pour les marchés urbains modernes de Cotonou, cette somme, multipliée sur le mois, s’apparente pour beaucoup à de la « ciguë », un poison lent pour des activités déjà précaires. Pour des activités à plus fort roulement, comme les poissonneries et les boucheries, une redevance mensuelle de 21 000 F CFA est évoquée pour Cotonou. Bien que leurs marges soient potentiellement plus élevées, cette somme représente également une charge significative. L’autre hic de la décision de l’ANaGeM est que la même redevance est exigée aussi bien à la vendeuse de piment qu’à celle de tissu ou de cosmétique alors qu’on sait que leurs chiffres d’affaires respectifs ne sont pas comparables. L’ANaGeM a également détaillé les coûts pour les marchés modernes régionaux. Pour les marchés à animation hebdomadaire, la redevance s’élèvera à 1 600 F CFA, incluant l’eau et l’électricité. Les marchés à animation périodique (tous les 4 ou 5 jours) verront leur coût fixé à 1 200 F CFA, avec les mêmes services inclus. Si ces montants peuvent sembler raisonnables pour des commerçants ayant un capital conséquent, ils deviennent une contrainte majeure pour ceux qui vivent au jour le jour, avec des bénéfices souvent inférieurs à ces droits de place.
Fin de l'appui budgétaire des USA à l'Afrique: un casse-tête aux conséquences multiples
Une nouvelle a secoué les capitales africaines et les chancelleries internationales ces derniers jours. L’annonce récente par les États-Unis de la suspension de leur appui budgétaire direct à plusieurs États africains fait l’effet d’un séisme dans les cercles économiques et politiques du continent. Cette décision marque un tournant majeur dans la politique d’aide au développement américaine et représente un véritable casse-tête pour de nombreux pays du continent qui dépendent encore fortement de ces financements extérieurs. Les conséquences potentielles de cette mesure sont alarmantes et mettent en lumière le résultat d’une gestion souvent non prospective des ressources africaines. L’heure est plus que jamais venue pour l’Afrique d’apprendre à compter sur ses propres forces.
Rencontre de Talon et les maires et SE : L'occasion manquée
Il y a quelques jours, le chef de l’État Patrice Talon tendait la perche aux maires et Secrétaires exécutifs des communes pour crever l’abcès et panser la plaie des nouvelles réformes de la gouvernance locale. Mais, ils n’ont pas su la saisir afin de tirer les leçons, d’y apporter des corrections nécessaires pour éviter l’échec. Après plus de deux ans de mise en œuvre des nouvelles réformes structurelles du secteur de la décentralisation au Bénin, les leçons ont-elles été tirées ? Pas vraiment ! Née de la volonté du Président Patrice Talon de de renforcer la séparation des pouvoirs politiques de celle des pouvoirs techniques, cette réforme qui consiste en partie, à désigner les Secrétaires exécutifs poursuit son petit bout de chemin. Ceux-ci avaient été tirés au sort par les maires en avril 2022 avec à la clé, 34% de femmes et 66% d’hommes. Le Secrétaire exécutif a un mandat de 06 ans et est l’ordonnateur du budget de la mairie. Pour de nombreux Béninois, cette réforme avait sonné comme une lueur d’espoir au cœur de la gouvernance locale. Les populations, étouffées par des cas de mauvaise gestion financières répétées, avait accueilli cette initiative avec enthousiasme en y voyant, une issue durable à leurs problèmes quotidiens. Et une véritable ferveur populaire s’était emparée du pays traduisant l’attente d’un changement profond. Mais, au fil des mois, la désillusion s’est installée. Les Béninois ont commencé à observer l’initiative avec de moins en moins d’espoir, laissant place à une forme de résignation, voire de méfiance. Dès le départ, le maire de Kpomassé Kenam Mensah avait tiré la sonnette d’alarme. » Il faut nous remettre notre budget « , s’était-il exclamé avec un ton impératif à l’endroit du chef de l’État Patrice Talon, lors d’une rencontre avec les autres maires au Palais des Congrès en avril 2022. Puis, un peu plus calmement et réconciliant, il avait ajouté : « si vous voulez qu’il y ait la paix au niveau des communes, au niveau des conseils et du cabinet des maires, je pense qu’il faut nous retourner notre budget« . Il ne savait pas s’y bien dire. Ironie du sort, sa commune sera l’une des dizaines de victimes de cette réforme de la gouvernance locale.
La jeunesse béninoise face aux psychotropes: une menace grandissante qui exige une riposte urgente
Le Bénin fait face à une crise silencieuse mais dévastatrice : la consommation abusive de produits psychotropes, notamment des médicaments détournés de leur usage thérapeutique, par une frange croissante de sa jeunesse. Ce phénomène, aux ramifications complexes, menace gravement la santé publique, la sécurité et l’avenir même de la nation. Au-delà des constats alarmants, il est crucial de comprendre les mécanismes qui alimentent ce circuit noir, d’où proviennent ces substances, quelles en sont les conséquences et, surtout, comment enrayer cette spirale infernale.
Père Arnaud Éric AGUENOUNON face à Claude LEFORT et Max WEBER
Un dialogue constructif sur l’économie politique de la décision publique au Bénin
- L’heure de la vérité entre philosophie politique et économie politique
L’économie politique se voulant le champ de convergence entre la politique et l’économie pour éradiquer la misère des peuples, il y va de soi que le pouvoir du peuple, le pouvoir des forces politiques et le pouvoir technocratique s’invitent dans cet essai intitulé : « Le couple démocratie et bureaucratie en procès chez Lefort et WEBER, phylogénie conceptuelle et analyse de terrain » du Père Arnaud Éric AGUENOUNON.
Déclarations d'Alladatin sur la loi d’amnistie: Pourquoi attendre d’être supplié avant d’agir ?
Le débat sur une amnistie pour Joël Aïvo, Reckya Madougou et d’autres figures de l’opposition refait surface au Bénin, soulevant des questions fondamentales sur la responsabilité politique et l’intérêt supérieur de la nation. Dimanche 15 juin 2025, le député Orden Alladatin, président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale et membre de la majorité présidentielle, était l’invité d’Eden TV. Il a répondu aux appels de l’opposition, en particulier du parti Les Démocrates, qui souhaite voir « dépoussiérer » leur proposition de loi spéciale portant sur l’amnistie. Si Alladatin dénonce une « stratégie de communication » et une « manœuvre » visant à « embrouiller l’opinion« , la question demeure : pourquoi la majorité parlementaire attendrait-elle d’être suppliée pour agir ? L’honorable Alladatin, membre du parti Union progressiste le renouveau (Upr), reproche aux initiateurs de la proposition de loi, un manque de concertation préalable avec les groupes parlementaires de la majorité présidentielle. « L’opposition aujourd’hui n’a pas la majorité à l’Assemblée nationale. Alors vous demandez, parce qu’il y a la caméra, au président de l’Assemblée, d’appeler une loi, alors qu’il n’y a aucune discussion préalable, ni avec nos groupes parlementaires, ni avec personne », a-t-il fustigé. Selon lui, l’opposition cherche un « effet d’annonce » pour faire croire que les partis progouvernementaux refusent de voter une loi d’amnistie, transformant ainsi le débat en une simple opération de « communication« .
Déclarations de proches du pouvoir : Et si Talon disciplinait sa troupe ?
Le débat sur la santé démocratique du Bénin est de plus en plus vif, et les récentes déclarations de certains proches du pouvoir pourraient accentuer les débats. Au cœur de la polémique, l’affaire de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) qui révèle un imbroglio juridique et alimente les discussions bien au-delà des cercles politiques. La question se pose : le président Patrice Talon devrait-il rappeler à l’ordre ses troupes ? Des figures de la majorité présidentielle, par leurs prises de position qu’on pourraient qualifier d’hâtives sur des sujets aussi sensibles, laissent transparaître un manque de retenue sur un sujet que la justice pourrait connaître très prochainement. L’exemple le plus frappant est celui d’Irénée Agossa, une personnalité visible de la majorité qui s’exprimait sur « actu soir » d’E-télé dimanche dernier. Concernant la confusion autour de la fusion entre l’Upr et du Prd (où le Prd, censé avoir fusionné, détiendrait toujours un récépissé du ministère de l’Intérieur), Irénée Agossa aurait affirmé que « même si Houngbédji amenait des avocats de New York, il ne pourrait pas gagner la bataille juridique de la confusion entre UPR et PRD ». Cette déclaration, pour le moins péremptoire, est problématique à plusieurs égards.
Affaire UP-R et PRD au Bénin : la révélation d'un imbroglio politico-administratif
Le paysage politique béninois, déjà complexe, est secoué par une nouvelle situation qui met en lumière de sérieuses incohérences dans le circuit de la délivrance des récépissés aux partis politiques. Au cœur de cette tempête, l’union progressiste le renouveau (Upr), fruit de la fusion entre l’Union progressiste (UP) et le Parti du renouveau démocratique (Prd), … Continuer la lecture
Afrique : l’aide au développement est-elle vraiment utile ?
Chaque année, les promesses d’aide au développement se répètent, tout comme les constats d’échec. Les chiffres sont là : malgré des décennies de transferts financiers, l’Afrique reste confrontée à des défis structurels majeurs – gouvernance fragile, dépendance économique, inégalités persistantes. L’édition 2025 de l’Ibrahim Governance Weekend, organisée à Marrakech, a mis en lumière cette dissonance. Pour Mo Ibrahim, philanthrope anglo-soudanais et fondateur de la fondation du même nom, il est devenu urgent de rompre avec une logique d’assistanat dépassée qui freine l’appropriation du développement par les acteurs africains eux-mêmes.
Armement : le pari risqué de Renault en Ukraine, quel impact sur l'entreprise ?
Depuis février 2022, la guerre entre la Russie et l’Ukraine a profondément bouleversé les équilibres géopolitiques en Europe. Ce conflit prolongé a mis en évidence le rôle central des technologies émergentes, notamment les drones, dans les affrontements militaires contemporains. Utilisés massivement par l’armée ukrainienne, ces engins pilotés à distance sont devenus un atout stratégique majeur, capables de frapper en profondeur les lignes ennemies tout en réduisant l’exposition humaine. Dans ce contexte, le partenariat annoncé entre la France et l’Ukraine autour de la production de drones soulève des enjeux qui dépassent la simple coopération industrielle.
Macky Sall SG de l'ONU : un mauvais signal pour l'institution ?
À peine sorti du pouvoir, Macky Sall fait déjà l’objet de graves accusations au Sénégal. Depuis la passation de relais à Bassirou Diomaye Faye en avril 2024, plusieurs enquêtes officielles et rapports indépendants ont mis en lumière des zones d’ombre dans sa gestion. L’ancien président est pointé du doigt pour des irrégularités budgétaires importantes, des soupçons de corruption à grande échelle et des décisions politiques controversées, notamment le report de l’élection présidentielle. Cette séquence trouble laisse une empreinte tenace sur son image, à un moment où circulent des rumeurs persistantes sur ses ambitions internationales.