Le rideau tombe. À quelques semaines de l’élection présidentielle d’avril 2026, le constat est sans équivoque : l’opposition n’est plus qu’un champ de ruines. Entre démissions successives, tensions internes et les contraintes liées au cadre électoral, le parti « Les Démocrates » (LD), principale formation d’opposition, apparaît aujourd’hui fragilisé.
Opinion
Cybercriminalité en Afrique et au Bénin : Un bilan de la lutte contre le phénomène s'impose
(Pourquoi cette résistance de la jeunesse ?)Le week-end dernier, le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) du Bénin a encore frappé : 56 jeunes interpellés, des ordinateurs saisis et des rêves de fortune brisés derrière les barreaux. Ce scénario, devenu tristement routinier, se répète à l’échelle du continent. Malgré les opérations coup de poing d’Interpol — à l’instar de l’opération Africa Cyber Surge — et une coopération accrue avec les services de sécurité étrangers, les statistiques ne fléchissent pas. Pourquoi, alors que la prison n’a jamais été aussi proche, la jeunesse africaine semble-t-elle s’engouffrer avec une détermination suicidaire dans l’arnaque en ligne ?
Déménagement de Dantokpa au Bénin : Quel avenir pour les petits métiers ?
Les autorités béninoises préparent le redéploiement progressif des activités du marché international de Dantokpa vers de nouveaux sites commerciaux dans le Grand Nokoué. Dans les prochaines semaines, une partie des commerçants devra rejoindre le Pôle commercial Général Mathieu Kérékou (GMK), situé à proximité du Stade de l’Amitié à Cotonou, tandis que les grossistes en produits alimentaires seront orientés vers le Pôle agroalimentaire du Grand Nokoué, communément appelé marché de gros d’Akassato. Derrière cette réorganisation urbaine, c’est tout un écosystème de petits métiers qui retient son souffle. Dans les prochaines semaines, les premières enseignes quitteront Dantokpa pour rejoindre le GMK ou Akassato — un départ qui entraîne bien plus que des cartons à déménager. Car derrière cette relocalisation, c’est toute une chaîne de petits métiers qui devra se réinventer. Ce transfert concerne notamment les secteurs du textile, de la maroquinerie, de la cosmétique et de la bijouterie pour le site GMK. Le marché de gros d’Akassato accueillera, pour sa part, les opérateurs spécialisés dans les denrées alimentaires en grande quantité. Cette réorganisation vise à déconcentrer les activités du plus grand marché à ciel ouvert du pays et à les répartir dans des infrastructures dédiées.
Relation parent-enfant au Bénin : Le dialogue, une urgence vitale face au silence qui tue
C’est un fait divers qui revient avec une régularité glaçante dans nos colonnes : un adolescent qui avale du poison après une réprimande, une jeune fille qui se jette dans un puits suite à une mauvaise note ou une dispute familiale. Au Bénin, face à ces tragédies, le réflexe collectif est souvent le même : on invoque le « mauvais sort », la « main invisible » d’un sorcier ou un mystère insondable. Pourtant, derrière le voile du mysticisme se cache une réalité sociologique bien plus concrète et dévastatrice : l’absence quasi totale de dialogue véritable entre parents et enfants.
Liberté d’expression à l’ère numérique: Les limites à ne pas franchir
À l’heure où le smartphone est devenu le prolongement naturel de la main, la parole n’a jamais été aussi libre. Mais cette liberté nouvelle, amplifiée par les réseaux sociaux, se heurte de plus en plus violemment à une réalité juridique stricte. Au Bénin comme ailleurs, l’illusion d’anonymat derrière un écran s’efface devant la portée incontrôlable des contenus et la rigueur des cadres législatifs. Il suffit d’un clic, d’un pouce levé ou d’un commentaire acerbe pour basculer du débat d’idées à l’infraction pénale. Dans le confort de son salon, protégé par une vitre tactile, l’internaute oublie souvent qu’il n’est plus dans une conversation privée, mais sur une place publique planétaire.
Présidentielle 2026 au Bénin : la mobilisation des électeurs, l'autre bataille des candidats
À l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2026, l’attention se porte sur les candidats et les alliances en construction. Mais au-delà des dynamiques partisanes, un autre facteur pourrait peser de manière déterminante dans l’issue du scrutin : la mobilisation des électeurs. Dans un environnement marqué par des niveaux de participation en baisse lors des dernières consultations, la capacité à inciter les citoyens à se rendre aux urnes apparaît comme un enjeu central pour les acteurs politiques. Au cours des dernières années, plusieurs scrutins organisés au Bénin ont suscité des débats sur le niveau de participation électorale. Les dernières élections législatives communales, en particulier, ont été marquées par des taux de mobilisation qui ont alimenté les analyses sur l’engagement citoyen. Ces tendances invitent à s’interroger sur les facteurs susceptibles d’influencer la participation. Si les élections présidentielles mobilisent généralement davantage, la dynamique observée lors des consultations intermédiaires constitue un indicateur que les acteurs politiques ne peuvent ignorer à l’approche de 2026.
Bénin : après le départ de Luc Atrokpo pour le Parlement, la bataille pour le contrôle de l’Ancb ouverte
Le départ de Luc Atrokpo pour le Parlement, à la faveur de son élection à l’Assemblée nationale, rebat les cartes au sein de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). À peine les nouveaux maires installés dans leurs fonctions, ils doivent s’armer pour le contrôle de cette faîtière stratégique des collectivités locales. Depuis plusieurs années, l’Ancb joue un rôle central dans la coordination des communes, la défense de leurs intérêts auprès de l’État central et des partenaires techniques et financiers, ainsi que dans le renforcement des capacités des exécutifs locaux. Sous la présidence de Luc Atrokpo, également maire de Cotonou, l’organisation a consolidé sa visibilité institutionnelle et son influence dans les discussions relatives à la décentralisation.
Promotion des jeunes dans les mairies : La jeunesse béninoise face à ses responsabilités
Au Bénin, un vent nouveau semble souffler sur la gouvernance locale. À l’occasion de l’installation des exécutifs communaux de la cinquième mandature de la décentralisation, plusieurs jeunes figures ont été propulsées à la tête de mairies à travers le pays. Ce renouvellement générationnel, salué par certains comme un signal fort d’ouverture et de modernisation, place désormais la jeunesse béninoise face à ses responsabilités historiques. Depuis les dernières élections communales, l’on observe une percée notable de jeunes cadres dans les conseils communaux. Mieux, dans certaines localités, ces jeunes élus ont réussi à s’imposer comme maires ou adjoints au maire, marquant ainsi une rupture avec une tradition dominée par des figures plus expérimentées, parfois installées depuis plusieurs mandats. Ce changement intervient dans un contexte politique marqué par les réformes engagées sous le régime du président Patrice Talon, notamment en matière de gouvernance locale et de rationalisation de l’action publique. La décentralisation, amorcée depuis les années 2000, semble entrer dans une phase de consolidation où compétence, performance et redevabilité deviennent des exigences centrales.
Politique en Afrique : L’éthique, une illusion ou un rêve lointain ?
Le spectacle est devenu presque banal sur les écrans de télévision et les fils d’actualité du continent noir. En Afrique, la politique semble souvent être un théâtre d’ombres où les convictions se négocient au plus offrant et où l’éthique, cette boussole morale censée guider l’action publique, paraît reléguée au rang de mythe antique. Le mal le plus visible de cette érosion morale porte un nom bien connu : la transhumance politique. À l’image des troupeaux cherchant des pâturages plus verts selon les saisons, une partie de la classe politique africaine migre sans vergogne vers les cercles du pouvoir dès que le vent tourne. Ce phénomène n’est pas qu’une simple anecdote de carrière. Il révèle une absence structurelle d’idéologie. Dans de nombreuses démocraties du continent, les partis politiques ne se forment pas autour d’un projet de société ou d’une vision économique claire, mais autour d’une personnalité ou d’une appartenance ethnique. Résultat : lorsque le chef change de camp ou que le parti au pouvoir propose un ralliement, les militants et les cadres suivent, souvent pour garantir leur survie matérielle ou leur impunité. « La politique en Afrique est devenue un investissement à court terme, pas un engagement pour la cité », déplore un analyste politique basé à Nairobi. « On n’entre plus en politique pour servir, mais pour se servir et se protéger. »
Développement communautaire au Bénin: Et si on ressuscitait « l’Initiative de Dogbo » ?
Dans l’histoire du développement local au Bénin, certaines époques résonnent comme des promesses de souveraineté. Entre 2012 et 2013, une action salutaire avait émergé et propulser une approche nouvelle dans le développement communautaire. Il s’agit de « l’Initiative de Dogbo ». Treize ans plus tard, alors que le pays s’engage dans des réformes structurelles majeures, une question s’impose : ce modèle de solidarité agissante ne détient-il pas la clé d’un développement communautaire, durable et authentique ? « L’Initiative de Dogbo » n’était pas une simple stratégie administrative, mais une véritable philosophie de l’action publique. Elle n’était pas un programme mais , une approche réaliste et réalisable pour construire les infrastructures sociocommunautaires. Un responsable du développement rural (RDR) de l’époque, décrivait cette approche comme un « nouvel élan de solidarité ». L’idée était de consacrer un jour par semaine, soit 52 jours par an, au travail communautaire. Ce n’était plus l’État central qui « apportait » le développement comme un colis scellé, mais la communauté qui le bâtissait de ses propres mains, brique après brique. Son principe ? Impliquer directement les cadres, les fils et les filles d’une localité dans la construction d’infrastructures sociocommunautaires de base. De Dogbo à Savè et même ailleurs, l’objectif était ambitieux : ériger des modules de classes à partir de l’engagement et de l’investissement de la communauté. La stratégie consistait à mobiliser l’expertise et la main d’œuvre locale pour l’exécution des travaux comme contribution à l’action publique. En face, ceux qui ne sont pas qualifiés pour les travaux concernés et toute la communauté mobilise le matériel nécessaire à l’atteinte de l’objectif. La participation de l’Etat intervient dans la mise en place de personnels qualifiés pour la fonctionnalité des infrastructures réalisées.