Le paysage institutionnel béninois est en pleine ébullition. Alors que la 10e législature prend ses marques au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, la mise en place des organes de l’Assemblée nationale pourrait avoir des implications sur la configuration de l’exécutif. L’élection des présidents des commissions permanentes, étape structurante du fonctionnement parlementaire, pose notamment la question d’éventuels réaménagements gouvernementaux. L’événement déclencheur de cette probable mutation gouvernementale est sans conteste la promotion parlementaire de Mme Eléonore Yayi Ladékan. Figure de proue de l’enseignement supérieur sous le régime de la Rupture, celle qui tenait fermement les rênes du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS) vient d’être portée à la tête de l’une des prestigieuses commissions permanentes de l’Assemblée nationale, notamment la commission de l’Éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales. En vertu du principe d’incompatibilité entre les fonctions de membre du gouvernement et celles de député, qui plus est, exerçant une responsabilité majeure au sein du bureau ou des commissions, son départ du gouvernement apparaît probable. S’il devait se concrétiser, il poserait la question de la continuité des réformes engagées dans le secteur de l’enseignement supérieur. Qui pour lui succéder et maintenir le cap ? La question anime toutes les conversations dans les couloirs de l’administration.
Opinion
Suicide dans le monde : Briser le silence face à une tragédie évitable
C’est un cri de détresse qui s’étouffe dans le silence, une douleur invisible qui finit par briser des vies. Selon les données les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le suicide représente aujourd’hui un décès sur centà l’échelle planétaire. Chaque année, près de 727 000 personnesmettent fin à leurs jours. Si ce fléau est mondial, il prend une résonance particulièrement inquiétante au Bénin, où les cas signalés ces dernières années révèlent une crise profonde de la santé mentale au sein d’une société en pleine mutation.
Pétrole russe : comment les USA ont fait plier l’Inde
La levée des droits de douane américains visant les produits indiens ne relève ni du hasard ni d’un simple ajustement technique. Elle sanctionne l’issue d’un bras de fer stratégique autour du pétrole russe, dans lequel Washington a fini par obtenir un engagement central de New Delhi : cesser l’achat, direct ou indirect, de pétrole russe. Dans ce dossier, les États-Unis n’ont pas infléchi leur position ; ils ont obtenu une concession majeure.
Désordre dans le culte Egungun au Bénin : Qu'attendent les dignitaires pour imposer la discipline ?
Le Bénin, terre de traditions et berceau du vodun, s’est engagé dans une course effrénée vers le rayonnement international. Entre la construction de musées monumentaux et la promotion de la « Destination Bénin », le pays veut offrir au monde la splendeur de son patrimoine immatériel. Pourtant, au milieu de cette fresque culturelle ambitieuse, l’organisation de certaines … Lire la suite
Nucléaire : après la fin du New START, à quoi s’attendre pour l’équilibre stratégique mondial ?
L’expiration du traité New START marque la fin d’un cadre juridique qui, pendant plus d’une décennie, a contribué à structurer la relation nucléaire entre les États-Unis et la Russie. Si l’événement n’a pas provoqué de rupture spectaculaire ni de crise immédiate, il n’en constitue pas moins un tournant significatif pour l’architecture de la sécurité internationale. La question centrale n’est donc pas de savoir si le monde est entré dans une phase de chaos nucléaire, mais plutôt de comprendre comment l’équilibre stratégique mondial pourrait évoluer dans un contexte désormais dépourvu de règles contraignantes entre les deux principales puissances nucléaires.
De la Syrie d'Obama à l'Iran de Trump : les "lignes rouges" américaines ne sont-elles que du bluff ?
En 2013, Barack Obama menaçait de frapper la Syrie si Bachar al-Assad utilisait des armes chimiques. Aujourd’hui, Donald Trump promet d’intervenir en Iran si le régime massacre les manifestants. Dans les deux cas, les menaces américaines se heurtent aux mêmes réalités géopolitiques. La répression iranienne a déjà fait des milliers de morts sans réponse militaire de Washington. Cette récurrence soulève une question fondamentale : la parole américaine sur la scène internationale conserve-t-elle encore sa crédibilité ?
Vision Bénin 2060 : Le défi d'une prospérité à l'épreuve du temps
Alors que le sablier de la Vision 2025 s’ est écoulé, le Bénin tourne officiellement une page de son histoire ce mardi 3 février 2026. Sous l’égide du président Patrice Talon, le pays lance sa nouvelle boussole stratégique : la Vision Bénin 2060 Alafia. Entre promesses de grandeur pour le centenaire de l’indépendance et le contexte politique national, ce nouveau cap interroge autant qu’il ambitionne. Il y a deux décennies, le Bénin se rêvait en « pays phare, bien gouverné et à économie prospère » à l’horizon 2025. Aujourd’hui, l’heure est à l’inventaire. Le bilan de la Vision 2025 Alafia est, de l’aveu même des experts, « mi-figue, mi-raisin ». Si les réformes structurelles du régime de la Rupture ont doté le pays d’infrastructures modernes et d’une gestion publique plus rigoureuse, l’évolution des indicateurs sociaux s’inscrit dans un processus de plus long terme. Le taux de croissance, espéré à 12,4 %, a stagné autour de 6,3 %, dans un contexte où la pauvreté demeure une réalité pour une part significative de la population, estimée à plus d’un tiers. C’est dans ce sillage doux-amer que naît Bénin 2060 Alafia, sous-titrée « Un monde de splendeurs ». Le choix de 2060 n’est pas anodin : il marque le centenaire de l’accès à la souveraineté internationale, une date symbolique pour projeter une transformation radicale sur 35 ans.
Afrobeats : ces collaborations franco-nigérianes qui menacent l'authenticité du genre
Depuis quelques mois, les passerelles entre l’industrie musicale française et la scène nigériane se multiplient. Camps de création, partenariats entre labels, duos artistiques médiatisés : tout semble indiquer une nouvelle ère de coopération fructueuse. Pourtant, derrière l’enthousiasme affiché, une question dérangeante se pose : ces rapprochements vont-ils enrichir l’afrobeats ou précipiter sa banalisation ?
Représentativité des femmes à l’Assemblée nationale : Des efforts toujours attendus du Bénin
La question de la représentativité des femmes dans les sphères de décision demeure un enjeu majeur de la démocratie béninoise. À l’issue de l’installation de la 10e législature de l’Assemblée nationale, la présence féminine au Parlement s’établit à environ 32 %. Un chiffre qui, bien qu’en légère progression par rapport aux décennies passées, reste inchangé par rapport à 2023 et en deçà des attentes en matière d’égalité des sexes. Avec près d’un tiers de femmes parmi les députés, le Bénin confirme une tendance à la hausse amorcée ces dernières années, notamment grâce aux réformes du système partisan et aux mécanismes incitatifs mis en place pour favoriser la participation politique des femmes. Toutefois, cette progression semble marquer le pas. En 2026, le pays n’a pas fait mieux qu’en 2023, révélant les limites des dispositifs actuels. Pour de nombreux observateurs, ce plafond autour de 30 % traduit une avancée timide, encore en deçà de l’objectif d’une représentation paritaire qui permettrait aux femmes de peser pleinement dans les débats et les décisions législatives.
Notre vie ne tient qu’à un fil ! (par Igor Aguénawa)
Alea jacta est ! Le sort en est jeté. Mon ami et frère Judicaël Gbaguidi a passé l’arme à gauche. Au bilan, je puis témoigner qu’il a mené un combat redoutable contre l’insuffisance rénale. En cela, on peut à bon droit l’en féliciter et lui tresser des lauriers, s’il en a encore besoin, bien qu’il ne soit plus de ce monde de vanité où tout demeure vanité. Je lui dois une fière chandelle pour son courage et sa perspicacité à affronter un mal aussi terrifiant.