Depuis quelque temps, une vidéo du président du Conseil économique et social (Ces) suscite de vives réactions sur le cyberespace. Les réactions traduisent un véritable choc de représentations culturelles. Au-delà de la polémique, il m’a semblé pertinent d’en proposer une analyse à travers le prisme de la culture et de quelques théories de la communication. Voici ce qu’a déclaré Monsieur Conrad Gbaguidi : « Désormais c’est fini au Bénin : il ne sera plus possible de frapper une femme simplement parce qu’elle est allée voir dehors. »
Opinion
Bénin : Quand la loyauté aux partis devient plus forte que le mandat des électeurs
Dans le paysage politique béninois, un phénomène récent soulève une question cruciale : est-ce qu’un élu local peut désormais quitter son parti sans risquer sa destitution ? Les récentes affaires de destitution de chefs d’arrondissement et de conseillers communaux à Banikoara et Kandi, après leur démission pour rejoindre Les Démocrates, éclairent les tensions entre la liberté de choix de l’élu et la discipline de parti. Alors que le mercato politique d’avant 2026 s’anime à plein fouet, les élus qui envisage de se faire recruter par LD ont quelque peu à craindre, surtout s’ils sont en position de maire, premier ou deuxième adjoint au maire ou chef d’arrondissement. L’épisode de la cheffe de l’arrondissement central de Banikoara, Suzanne Elise Tama, a marqué les esprits. Ancienne membre du parti Union Progressiste le Renouveau (UPR), elle a été déchue de ses fonctions par un vote de défiance le 4 août 2025. Son « crime » politique ? Avoir démissionné de l’UPR pour rallier le parti d’opposition Les Démocrates, dirigé par l’ancien président Boni Yayi. Sur les 31 élus communaux, 28 ont voté pour sa destitution. Face à la presse, l’élue a affirmé être libérée et avoir agi en réponse à « la demande de sa base », une justification qui met en lumière le dilemme de l’élu entre la loyauté partisane et la fidélité à ses mandants. Quelques semaines après Banikoara, un scénario similaire s’est joué à Kandi. Le 27 août 2025, le premier adjoint au maire, Séidou Abdouwahabou, et quatre chefs d’arrondissement, Imorou F. Moustapha (Kandi 3), Tamou Bagri Gounou Charles (Dowari), Salifou Raoufou (Angaradébou) et Kora Gounou Idrissou (Sam), ont été destitués après avoir démissionné du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE et UPR) pour rejoindre Les Démocrates. Le parti de l’opposition a rapidement dénoncé la manœuvre, la qualifiant de « démocratie à double-vitesse » et de tentative d’ « écraser l’opposition ». Pour leur part, les démissionnaires ont justifié leur choix par une crise de confiance, le conseiller juridique du parti Prosper Adoukonou ayant déclaré que les élus ne peuvent pas « quitter un parti qui les a fait élire et continuer à jouir des prérogatives liées à cette position ».
Bénin : un parrain démissionnaire conserve- t-il son droit de parrainage?
Alors que les élections générales de 2026 se profilent à l’horizon, le débat sur le parrainage électoral refait surface, soulevant des questions juridiques complexes. La loi du 15 octobre 2019 portant code électoral en République du Bénin a instauré un système de parrainage où les candidatures à la présidence de la République doivent être soutenues par un certain nombre de députés ou de maires. Si la stabilité politique actuelle n’a pas encore vu de démissions majeures dans les rangs des élus, la question de savoir si un député ou un maire démissionnaire de son parti d’origine conserve son droit de parrainage et, le cas échéant, pour quel parti, est cruciale. La réforme du code électoral de 2019 a introduit le parrainage comme un mécanisme visant à rationaliser le paysage politique et à renforcer les grands partis. Ce système oblige les candidats à la présidentielle à obtenir le soutien d’un pourcentage donné de l’ensemble des députés et des maires. La question de la démission d’un élu de son parti d’origine est une hypothèse qui, bien que n’ayant pas encore eu de cas d’école au niveau des députés ou maires, est une possibilité future. En effet, un premier adjoint au maire a déjà démissionné, ouvrant la voie à une réflexion sur les conséquences juridiques d’une telle action sur les droits politiques d’un élu.
Transport interurbain au Bénin : Quand le corridor Glazoué–Dassa devient un piège mortel
Du drame de Baobab Express à Dassa-Zoumè, le 29 janvier 2023, aux tragédies en série de juin, juillet et août 2025 sur l’axe Glazoué–Dassa, les mêmes questions reviennent inlassablement. À chaque accident, elles ressurgissent. Les routes sont-elles adaptées et suffisamment sécurisées ? Les dispositifs de secours sont-ils réellement efficaces ? Les contrôles sont-ils menés avec rigueur ? Les entreprises de transport sont-elles pleinement responsables ? Et les conducteurs, respectueux du code de la route ? Autant d’interrogations qui renvoient à des responsabilités partagées.
Bénin : Le camp Talon face au défi de la réforme du système partisan
Les réformes politiques au Bénin, portées par le président Patrice Talon, avaient pour ambition de rationaliser et d’assainir un paysage partisan jugé trop fragmenté. L’objectif était de créer de grands blocs politiques structurés, capables de dépasser les querelles personnelles et les transhumances, au profit d’une vision politique cohérente pour le pays. Pourtant, les événements récents semblent mettre à l’épreuve la solidité de cette construction, révélant au grand jour des fractures profondes au sein même du camp présidentiel. Le jeudi 14 août 2025, au siège national de Moele-Bénin à Cotonou, Jacques Ayadji a choisi de rompre le silence pour dénoncer publiquement des pratiques qu’il qualifie de débauchage et de « basses manœuvres ». L’accusation est directe et cible des responsables politiques de premier plan au sein de la majorité présidentielle à laquelle appartient pourtant le parti de l’ancien syndicaliste. Il a cité nommément le député Agoua Edmond, le maire de Tori-Bossito Rogatien Akwaku, ainsi que l’acteur politique Alain Gnancadja, les accusant de cibler spécifiquement son parti. Une telle sortie médiatique, d’une rare franchise, illustre la gravité de la situation et la perte de confiance dans les canaux de résolution internes. « Moele-Bénin est plus attaqué dans la mouvance présidentielle que dans l’opposition », a-t-il regretté, une phrase lourde de sens qui souligne la violence des rivalités à l’intérieur du camp au pouvoir. Les mots choisis par M. Ayadji ne laissent aucune place au doute quant à sa frustration. Il a fustigé le « passé honteux » et la « transhumance politique » de certains leaders, des maux que les réformes du chef de l’État étaient censées éradiquer. Cette situation met en lumière la difficulté de transcender les vieilles pratiques. Malgré la mise en place de deux grandes formations politiques au sein de la majorité présidentielle (le Bloc Républicain et l’Union Progressiste le Renouveau), les réflexes d’anciennes guerres de position subsistent. Pour Jacques Ayadji, le député Edmond Agoua incarne parfaitement ces « manœuvres contraires à l’esprit de la réforme du système partisan ».
Présidentielle de 2026 au Bénin: les partis politiques face aux pièges du parrainage
À mesure que le Bénin se rapproche des élections générales de 2026, l’attention se tourne de plus en plus vers le système de parrainage, une mécanique électorale qui, loin de n’être qu’une formalité, recèle de nombreux pièges. Si le parrainage a été introduit pour structurer le paysage politique et donner plus de poids aux partis, il est devenu le nœud de toutes les tractations et le point de toutes les incertitudes. Les partis politiques, qu’ils soient de la majorité présidentielle ou de l’opposition, doivent faire preuve de vigilance pour éviter les écueils d’un système qui met à l’épreuve leur cohésion interne et leur éthique. L’un des premiers pièges, et non des moindres, est de nature purement juridique. Un élu, qu’il soit député ou maire, peut-il se parrainer lui-même ? Le verbe parrainer signifie donner sa caution ou accorder son parrainage à autrui. Or, on ne peut pas se donner une caution à soi-même. Ce point, qui peut paraître anodin, est lourd de conséquences. Pour les élus qui aspirent à la magistrature suprême et qui sont certains d’obtenir la confiance de leur parti, la prudence commanderait de démissionner de leur mandat parlementaire ou de maire. Même si la loi est restée muette sur le sujet, ils laisseraient ainsi leur place à leurs suppléants qui, à leur tour, pourraient les parrainer. Ce geste, bien que radical, permettrait d’éviter toute interprétation ultérieure du Code électoral qui pourrait conduire à l’invalidation de leur candidature et, par ricochet, à celle de leur duo. Ce scénario, qui pourrait survenir une fois la liste provisoire des candidats publiée, mettrait simplement en lumière certaines limites des dispositions en vigueur.
Talon - Yayi : un dialogue difficile
La relation entre l’ancien président Boni Yayi et l’actuel chef de l’État Patrice Talon, deux figures majeures de la vie politique béninoise, reste marquée par une certaine distance. La rencontre symbolique de 2021 avait laissé espérer un apaisement durable, mais les échanges intervenus depuis ont montré que des divergences persistent. La perception de leurs relations continue de faire l’objet de déclarations contrastées, témoignant d’un dialogue sincère encore difficile à établir pleinement. Qui pour favoriser une médiation entre Patrice Talon et Boni Yayi, dans l’espoir d’une entente durable ? La question reste posée, alors que les deux figures politiques continuent de livrer des messages contrastés sur la nature de leurs échanges. Le président Patrice Talon a récemment affirmé, dans une déclaration publique, entretenir un dialogue régulier avec son prédécesseur. Une version aussitôt contestée par Boni Yayi, qui a tenu à démentir ces propos, soulignant notamment que « mentir est un péché ». Ces prises de position divergentes entretiennent une certaine confusion dans l’opinion sur l’état réel de leurs relations. Cet épisode met en lumière la persistance des tensions entre les deux hommes, reflet d’un clivage plus large au sein de la classe politique béninoise. Depuis 2012, les relations entre Boni Yayi et Patrice Talon ont connu une dégradation progressive, marquée par une rupture de leur alliance initiale et l’émergence d’une opposition politique affirmée.
Inde : Trump sabote-t-il la relation avec un partenaire privilégié ?
Alors que les tensions internationales liées à la guerre en Ukraine persistent, la relation entre les États-Unis et l’Inde connaît un tournant inattendu. Le président Donald Trump, déterminé à sanctionner les pays continuant d’importer du pétrole russe, a choisi de cibler un partenaire pourtant stratégique en imposant de nouveaux droits de douane. Une décision qui interroge sur la vision américaine de ses alliances en Asie.
Législatives 2026 au Bénin : Le seuil des 20 % continue de diviser la classe politique
À l’approche des élections législatives de 2026, une disposition du nouveau code électoral continue de cristalliser les craintes et les débats : la règle des 20% des suffrages valablement exprimés dans chaque circonscription pour participer au partage des sièges. Face aux inquiétudes de l’opposition et des observateurs, le président Patrice Talon a levé le voile sur sa vision de la solution en cas d’impasse, lors de sa récente rencontre avec la jeunesse béninoise. Une proposition qui soulève de nouvelles interrogations et qui ne rencontre pas le consentement du principal parti d’opposition. L’opposition pose une question avec insistance : que se passera-t-il si aucun des partis en lice n’atteint le seuil minimal de 20% ? L’opposition, notamment par la voix de Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti Les Démocrates, redoute un scénario de blocage institutionnel qui pourrait conduire à un parlement monocolore, ou pire. Pour le Président Talon, la situation est tout autre. Il défend la réforme électorale comme un moyen de « forcer les Béninois à travailler ensemble ». « Je veux laisser un héritage différent », a-t-il martelé. « Je veux vous forcer à travailler ensemble. Vous voulez faire la politique? Travaillez ensemble. C’est tout ». Selon lui, cette disposition est un garde-fou qui oblige les partis à s’unir, à former des coalitions pour survivre. Il a même affirmé que la survie de grands partis comme l’UPR, le BR et Les Démocrates dépend de ce code. « Si on touche à ça, les partis vont exploser », a-t-il prévenu, « vous vous divisez, vous êtes morts ». Toutefois, la solution qu’il propose pour surmonter le seuil des 20% est jugée « dure ». La loi prévoit en effet que les partis n’atteignant pas individuellement les 20% peuvent s’unir dans une coalition parlementaire déposée au préalable à la CENA. Si l’ensemble des partis de la coalition atteint un seuil de 10% au niveau national, alors le calcul des 20% peut se faire en additionnant leurs suffrages.
1er Août au Bénin : Boycott de l’opposition et des pays de l’AES invités
La célébration du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Bénin, qui s’est déroulée vendredi dernier, a été un événement en demi-teinte. Alors que le défilé militaire et la cérémonie officielle se sont tenus à Cotonou, la fête nationale a été marquée par un double boycott : celui de l’opposition politique et, fait notable, celui des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui avaient pourtant été invités et dont les troupes devraient défiler. Cette double absence laisse croire que les divisions internes et les tensions diplomatiques du pays sont encore vivaces. Sur le plan intérieur, le boycott de la fête par les principaux partis de l’opposition politique n’est pas passé inaperçu. En l’absence de personnalités telles que celles du parti Les Démocrates, c’est un message clair de désapprobation qui a été adressé au régime en place. Ce geste s’inscrit dans un contexte marqué par de récentes tentatives de dialogue entreprises par le pouvoir Talon. Pour l’opposition, les revendications restent inchangées : la libération des prisonniers politiques, le retour sécurisé des exilés et une réforme en profondeur du code électoral, jugé trop restrictif.
65 ans d'indépendance du Bénin : Patrice Talon entre fierté et mea culpa
Le Bénin a célébré vendredi son 65ᵉ anniversaire d’indépendance dans un climat contrasté. La cérémonie officielle, présidée par le chef de l’État, Patrice Talon, a été l’occasion d’une interview qui a mêlé avec habileté l’autosatisfaction sur les réalisations de la décennie écoulée à un mea culpa sur ce que le président de la République appelle les éventuelles erreurs. Un exercice d’équilibre périlleux pour un président à quelques mois de la fin de son second et dernier mandat.
Gaz en Europe : de la dépendance russe à la dépendance américaine ?
L’Union européenne a annoncé un accord énergétique majeur avec les États-Unis, portant sur 750 milliards de dollars d’achats d’énergie américaine sur trois ans. Ce tournant stratégique, officialisé fin juillet 2025, intervient dans un contexte marqué par la volonté européenne de sécuriser son approvisionnement après la rupture progressive avec la Russie depuis 2022.
Report du retrait des fiches de parrainage au Bénin : Les explications de la Cena attendues
Un vent de confusion souffle sur le calendrier électoral béninois. Alors que l’année 2025 est cruciale pour la préparation des élections générales de 2026, la Commission Électorale nationale autonome (Cena) a annoncé il y a quelques jours un report inattendu du retrait des fiches de parrainage pour la présidentielle. Cette décision, dont les motifs restent officiellement inconnus, suscite incompréhension et critiques, notamment au sein de l’opposition. Le peuple béninois, déjà attentif aux enjeux de cette période pré-électorale, attend aussi des explications claires de la part de l’institution en charge de la transparence du scrutin. Le calendrier électoral pour les élections de 2026 est un sujet de haute importance au Bénin. La présidentielle, en particulier, attire l’attention de tous les acteurs politiques et de la population. Le processus de parrainage, instauré pour rationaliser les candidatures, est une étape clé qui exige rigueur et précision. C’est pourquoi l’annonce du report du retrait des fiches de parrainage par la Cena a provoqué des inquiétudes. Jusqu’à présent, aucune explication détaillée n’a été fournie par la Cena quant aux raisons de ce report. Le silence de l’institution est d’autant plus préoccupant que la préparation des élections de 2026, qui incluront des scrutins législatifs, locaux et présidentiels, est déjà perçue comme un défi logistique et organisationnel majeur. Le 14 juillet dernier, l’Agence nationale d’Identification des petrsonnes (Anip) avait pourtant remis officiellement les statistiques électorales provisoires à la Cena, conformément au calendrier. Ce jalon semblait indiquer une progression normale des préparatifs.
La démocratie aura bien lieu (À propos du récent livre d'Eric Aguénounon)
Malgré la montée de l’autoritarisme dans bien des pays, la force de contestation démocratique ne faiblit pas. C’est ce que j’ai pu constater lors de ma participation (en duplex depuis Paris) à la présentation (qui se déroulait à Cotonou) du nouveau livre d’Éric Aguénounon publié récemment aux éditions L’Harmattan. Ce livre, qui a pour titre Le procès « démocratie et bureaucratie » dans le jury Lefort et Weber. Généalogie conceptuelle et analyse de terrain, porte d’une part sur la question des rapports entre démocratie et bureaucratie à partir de Claude Lefort et Max Weber, d’autre part sur l’analyse de la situation politique au Bénin.
Désignation des candidats aux prochaines élections au Bénin: Les pièges à éviter par les différents camps
À l’approche des prochaines échéances électorales au Bénin, la question de la désignation des candidats s’impose comme un enjeu crucial, capable de déterminer l’issue du scrutin. Dans l’arène politique béninoise, qu’il s’agisse de l’opposition ou de la majorité la désignation des candidats se heurte au flou qui laisse pour le moment perplexe. Une analyse approfondie … Continuer la lecture
Contrats en Afrique : l’heure des renégociations a sonné
Les pays africains entament un virage décisif dans leur rapport aux entreprises étrangères opérant sur leur sol. De Bamako à Dakar, de Kinshasa à Bangui, une nouvelle dynamique est en marche : celle de la renégociation des contrats jugés déséquilibrés. Ce mouvement, à la fois économique et politique, vise à rééquilibrer des accords anciens ou inadaptés aux ambitions actuelles des États du continent.
Guerre commerciale : l'Europe entre le marteau et l'enclume
L’Union européenne se retrouve une fois encore projetée au cœur d’un bras de fer commercial mondial. Entre les surtaxes décidées par les États-Unis de Donald Trump et les restrictions imposées par la Chine de Xi Jinping, Bruxelles navigue dans un espace économique devenu de plus en plus contraint. Mais au-delà des rapports de force immédiats, ce sont les fondements mêmes de la puissance commerciale européenne qui sont mis à l’épreuve.
La vie d'artiste au Bénin: Entre passion et précarité, plus d'amertume que de joie
Derrière les lumières éphémères des scènes et les mélodies entraînantes des studios, la réalité de la vie des artistes béninois est souvent bien moins glorieuse que l’image qu’elle projette. Pour beaucoup, la carrière artistique au Bénin ne nourrit pas son homme, et les témoignages de figures emblématiques en disent long sur une précarité criante. Certains décès misérables d’artistes viennent tristement étayer cette observation, et soulèvent des questions pressantes sur le soutien apporté à ces piliers de notre culture.
Emmanuel Great Okugun : Une voix pour le retour du patrimoine africain
Au British Museum, où sont conservées des centaines de bronzes du Bénin, pillés au XIXe siècle, le rappeur et activiste nigérian Emmanuel Great Okugun, connu sous les noms de Gee Baller et Yaya Bandé, a conduit une action audacieuse. Brandissant un drapeau nigérian sur lequel était inscrit « Ceci a été volé à l’Afrique. Réparations ! », il a attiré l’attention du monde entier sur l’injustice liée à la rétention d’artefacts africains dans les musées occidentaux. Les vidéos et photos de cette action, publiées sur Instagram, ont provoqué une vague de réactions, devenant un symbole de la lutte pour la restitution du patrimoine culturel africain.
Guerre de leadership au sein de la majorité présidentielle : Le feu couve sous la cendre
(Talon réussira – t – il le pari de la cohésion au sein de sa troupe ?). À moins d’un an des élections générales de 2026, la majorité présidentielle au Bénin, pourtant unie en façade derrière le président Patrice Talon, connaît des fissures. Des tensions latentes et des batailles d’influence entre figures clés menacent la cohésion interne, et interroge la capacité du chef de l’État à maintenir l’harmonie au sein de sa troupe à l’approche de ces échéances cruciales. Tout n’est pas rose au sein de la majorité présidentielle. Même si apparemment tous les acteurs semblent soudés derrière le leadership de Patrice Talon, des frustrations émergent et finiront probablement par se faire voir. En effet, la réforme du système partisan, initiée sous le premier mandat du président Talon, avait pour objectif de rationaliser le paysage politique béninois en regroupant la multitude de formations existantes en de grands blocs. Cette démarche a abouti à la création de plusieurs entités au sein de la majorité : l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR), Moelle-Bénin et le Rassemblement National. Si cette polarisation a permis une meilleure lisibilité politique, elle a aussi, inévitablement, cristallisé les ambitions et les rivalités de leadership en interne.
Résurrection annoncée du parti la Renaissance du Bénin: Une mission complexe aux multiples inconnus
Le paysage politique béninois est en effervescence. Tandis que le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji mène une bataille acharnée pour affirmer sa survie face à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R), une nouvelle annonce vient bouleverser les cartes : la volonté de Ganiou Soglo de ressusciter le parti la Renaissance du Bénin (Rb), parti historique fondé par sa mère, Feue Rosine Vieyra Soglo. Cette ambition, nourrie par une dernière volonté de l’ancienne Première Dame, ouvre la voie à une mission complexe et semée d’embûches, dont l’issue dépendra de multiples facteurs. Après le Prd de Me Adrien Houngbédji, c’est le parti la Renaissance du Bénin qui promet de faire son grand come-back. En effet, au lendemain de la Conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990, le Bénin a vu naître une floraison de partis politiques. Parmi eux, le Prd et la RB se sont imposés comme des acteurs majeurs, dominant la scène, particulièrement dans la partie méridionale du pays, entre 1991 et 2006. Sous le leadership charismatique de Me Adrien Houngbédji pour le Prd et de Feue Rosine Vieyra Soglo pour la RB, ces formations ont connu leur période de gloire, incarnant des forces politiques structurées et influentes. Cependant, les années passant, des guerres internes de leadership et un multipartisme effréné (le Bénin a compté plus de 278 partis enregistrés en 2018) ont progressivement miné leur influence. Entre 2006 et 2016, ces géants politiques ont perdu des plumes, affaiblis par des divisions internes et une concurrence exacerbée. L’avènement du régime de Patrice Talon en 2016 et la réforme drastique du système partisan, exigeant le regroupement des partis politiques pour assainir le paysage politique, ont sonné le glas de leur autonomie historique. La RB, déchirée entre l’aile Soglo et l’aile Bada, s’est vue contrainte de se fondre dans l’Union Progressiste (Up) aux premières heures de la réforme. Le Prd, quant à lui, après une tentative infructueuse aux élections législatives de 2019 et une fusion avortée avec le Bloc Républicain (deuxième grand parti issu de la réforme), a finalement fusionné avec l’Up en 2022, donnant naissance à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R).
Affaire Comlan Hugues Sossoukpè : Une arrestation qui soulève plus de questions que de certitudes
L’interpellation du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè, survenue à Abidjan le jeudi 10 juillet 2025, continue d’alimenter l’actualité et suscite une série d’interrogations. Ce journaliste et activiste, connu pour ses publications critiques sur les réseaux sociaux, aurait été arrêté en marge d’une activité officielle organisée par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation. Depuis, les informations se sont enchaînées, sans qu’aucune autorité ivoirienne encore moins béninoise, ne confirme ou ne clarifie les circonstances exactes de cette interpellation. L’Union des journalistes de la presse libre africaine (Ujpla) a réagi deux jours plus tard, dans un communiqué en date du 12 juillet, exprimant sa préoccupation face à cette arrestation dont les contours restent flous. Selon cette organisation panafricaine, Hugues Sossoukpè aurait été remis aux autorités béninoises puis écroué, sans que les motifs de cette procédure ne soient clairement exposés. L’Ujpla indique n’avoir eu connaissance d’aucun éventuel mandat d’arrêt délivré par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), mais précise que cette information émane de sources non officielles. L’organisation a appelé les autorités ivoiriennes et béninoises à « confirmer ou infirmer » l’arrestation et l’éventuelle extradition du journaliste. Une requête qui reste, à ce jour, sans réponse officielle.
Bénin : Les partis politiques doivent retrousser les manches pour 2026
Le compte à rebours est lancé pour les élections générales de 2026 au Bénin. Dès ce vendredi 11 juillet 2025, le Code électoral est juridiquement « gelé », marquant le début de la période d’intangibilité électorale. Cette règle, ancrée dans les protocoles de la Cedeao et de l’Uemoa, stipule qu’aucune modification des textes organisant les élections ne peut intervenir dans les six mois précédant le scrutin, sauf consensus unanime et exceptionnel des acteurs politiques. Avec les élections législatives et communales prévues pour le 11 janvier 2026, l’heure est désormais à la préparation et à l’adaptation pour l’ensemble des partis. Il est désormais impossible de réviser le Code électoral du Bénin, sauf consensus unanime et exceptionnel. Cette mesure vise à préserver la stabilité et l’équité des processus électoraux. Elle est conçue pour empêcher des ajustements de dernière minute qui pourraient manipuler le jeu démocratique ou favoriser une partie prenante. Pour le Bénin, membre de ces organisations sous-régionales, le respect de cette disposition est un engagement contraignant. En théorie, cette intangibilité doit rassurer les acteurs politiques et l’électorat sur la constance des règles du jeu, réduisant ainsi les risques de changements unilatéraux. Pour les partenaires internationaux, c’est également un gage de crédibilité essentiel pour des élections apaisées. Cependant, la date butoir du 11 juillet 2025 suscite de vives interrogations au sein de la classe politique et de la Société civile béninoise. Des appels à la réforme du Code électoral ont fusé ces derniers mois et jours. En juin 2024, l’Église catholique s’était notamment élevée pour demander une relecture du texte, pointant du doigt le seuil d’éligibilité et le nombre jugé restrictif de parrainages requis pour les duos présidentiels (28 députés ou maires élus). Ces dispositions excluent de facto les candidatures indépendantes et limitent drastiquement la capacité de l’opposition à présenter des candidats. Il y a quelques jours, l’ancien Garde des Sceaux en exil Valentin Djènontin a de nouveau appelé à la modification de ce code. Et l’opposant Sabi Sira Korogoné de s’exclamer dans une interview, « il faut changer les règles avant 2026 ! (…) ».