Depuis quelques semaines, la scène politique béninoise est animée par une nouvelle dynamique qui fait couler beaucoup d’encre : un rapprochement stratégique entre le président Adrien Houngbédji et Les Démocrates, considéré comme le principal parti d’opposition. On se demande si c’est le présage d’une coalition future pour les élections de 2026. Le rapprochement entre le président Adrien Houngbédji et Les Démocrates de l’ancien président Boni Yayi a surpris plus d’un. Les deux camps ont souvent évolué sur des lignes opposées. Le Prd, qui avait fusionné avec l’Union progressiste pour devenir l’Union progressiste le Renouveau (UpR) de la la majorité présidentielle, a longtemps entretenu une posture de soutien aux actions de Patrice Talon. De son côté, Les Démocrates ont incarné une opposition frontale, voire radicale, au régime de la Rupture. Le vice-président du parti LD, Nouréni Atchadé, à la faveur de l’audience accordée, il y a quelques jours par le président Adrien Houngbédji, a déclaré que le combat est commun, les idéaux aussi. Par conséquent, en lisant entre les lignes, et puisque selon Bertin Koovi, il n’existe aucun document qui atteste de la dissolution du Prd, on se demande si un accord de gouvernance n’est pas en préparation.
Opinion
Critiques répétées de Me Adrien Houngbédji : Un malaise dans le camp Talon ?
Depuis le 1er février dernier, après la visite de l’ancien Président Boni Yayi à son domicile pour la présentation des vœux du nouvel an, l’ancien Président de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Adrien Houngbédji, multiplie les critiques à l’encontre du régime de la Rupture. Ces prises de position, souvent acerbes, ont suscité des réactions au sein de la classe politique béninoise. Certains y voient le signe d’un malaise grandissant au sein du camp présidentiel, voire le prélude à une rupture définitive. Jusqu’à présent allié du président Talon, Me Adrien Houngbédji qui a longtemps soutenu les réformes entreprises par le régime de la Rupture n’est plus tout à fait d’accord avec le mode de gouvernance. Depuis début 2025 en effet, il a amorcé un virage politique en critiquant ouvertement la gouvernance actuelle. Lors de la présentation de ses vœux du nouvel an aux militants du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), il a appelé à la réconciliation nationale, à la libération des prisonniers politiques et au retour des exilés, soulignant la nécessité d’une approche inclusive pour garantir la stabilité du pays. Quelques jours plus tard, l’homme reviendra encore à la charge à l’occasion d’une sortie médiatique pour demander la mise en œuvre d’une démocratie inclusive. Et comme pour rester fidèle à sa nouvelle logique, Adrien Houngbédji a encore saisi l’occasion du sommet de la jeunesse béninoise, pour demander une relecture du code électoral qu’il juge exclusif, la libération des prisonniers politiques, le retour au pays des exilés et la possibilité pour tous les Béninois désireux de se présenter aux prochaines élections sans aucune contrainte. Ce changement de position a été perçu par certains observateurs comme une remise en cause des fondements du régime de la Rupture. Pourtant, Me Houngbédji avait été un fervent défenseur de ces réformes, les ayant même portées et votées lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale. Ce retournement suscite des interrogations sur ses motivations réelles.
Absence de candidats déclarés aux élections de 2026 au Bénin : un fait inédit à moins d'un an du scrutin
À moins d’un an des élections générales prévues pour avril 2026, le Bénin se trouve dans une situation inédite : l’absence quasi totale de candidats déclarés. Cette situation, une première depuis l’adoption du régime du renouveau démocratique, soulève des interrogations sur les raisons d’un tel silence politique.
Candidature commune Talon-Yayi: la difficile équation
Depuis que le président Patrice Talon a lancé l’hypothèse d’une candidature commune avec son ancien alter ego Boni Yayi pour la présidentielle de 2026, l’idée a fait son petit bout de chemin dans l’esprit de certains Béninois. Puis, d’autres se sont mis à en douter, tant ces deux personnalités ont été cordialement en mésintelligence. Patrice Talon en veste et cravate assis, dans une salle du Palais de la Marina, en face de Boni Yayi dans une ambiance feutrée. Ou encore les deux hommes en tête-à-tête dans un salon privé de l’un d’eux, en tenue décontractée, un verre de champagne en main devant une cuisine du terroir ou des saveurs d’ailleurs. Que font-ils ? Ils devisent tranquillement du sort de leur pays pour les années à venir. Objectif : choisir un seul et même candidat pour l’élection présidentielle de 2026. Qui pourrait envisager une telle scène à l’heure actuelle dans notre pays, tant les tensions entre ces deux hommes politiques se sont crispées et même exacerbées ces deux dernières décennies ? C’est pourtant un tel scénario qui pourrait surprendre et advenir dans les prochaines semaines. En effet, cette idée qui a vu le jour lorsque dans une interview récente accordée à un magazine panafricain, le président Patrice Talon a laissé croire à une candidature entre lui et son ancien « meilleur ami » Boni Yayi avec qui, il s’est farouchement brouillé entre-temps, commence à se propager au sein de l’opinion. A regarder de près, cette idée n’est pas saugrenue. Au contraire, elle est plutôt très intéressante. Tout le monde le sais, même ses pires ennemis : Patrice Talon ne prononce aucune phrase sans l’avoir longuement pensée, minutieusement réfléchie et sérieusement mûrie. Par conséquent, cette hypothèse de désignation d’une candidature commune vaut son pesant d’or. Sauf que depuis le 14 mars dernier, date de la publication de ces déclarations jusqu’à ce jour, personne n’en a fait écho. Elles n’ont suscité aucune réaction ou commentaire, aucune confirmation ou rejet, ni du côté du principal intéressé Boni Yayi et les responsables de son parti Les Démocrates, ni de ceux de la majorité présidentielle. De plus, aucune oreille indiscrète n’a fait état de quelconques tractations sous-jacentes qui seraient en train d’être menée. Alors, des interrogations tournent en boucle dans la tête de plusieurs personnes.
Elections générales de 2026 : Quelles chances pour les accords de gouvernance entre partis
À moins d’un an des élections générales prévues en 2026 au Bénin, le paysage politique est en pleine effervescence. Les récentes réformes électorales et leurs exigences laissent entrevoir la possibilité d’accords de gouvernance entre partis, tant du côté de la majorité que de l’opposition pour affronter les différents scrutins de cette échéance. Cependant, ces alliances potentielles sont confrontées à de nombreux défis. La modification du code électoral en mars 2024 a introduit des conditions plus strictes pour les partis politiques. Désormais, pour obtenir des sièges à l’Assemblée nationale, un parti doit recueillir au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales. Mais en cas d’accord de gouvernance, il ne sera exigé que 10% de suffrage au plan national pour les parties à l’accord. Avec ces réformes, les partis politiques sont contraints à des accords de gouvernance comme souhaité par la loi pour se faciliter la tâche. Dans le schéma actuel et sauf cataclysme de dernière minute, deux alternatives sont probables. Il s’agit d’un accord entre les partis de la majorité présidentielle et un autre accord entre partis se réclamant de l’opposition. Si ces accords arrivaient à se conclure, quelles chances ont-ils de prospérer ? C’est la question que se posent aujourd’hui les Béninois.
Bénin: Adrien Houngbédji prône une démocratie inclusive
Après les critiques ouvertes à l’encontre du pouvoir dont il est pourtant partisan en février dernier, le président de l’ex-parti du renouveau démocratique Prd est revenu à la charge ce 15 avril. Profitant de la tribune du sommet des jeunes, l’ancien président de l’Assemblée nationale a lancé un appel solennel à l’unité nationale et à la réconciliation politique au Bénin. Cet appel s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions politiques internes, des divisions au sein de la classe politique. Ces propos, au-delà de leur caractère de simple plaidoyer, sonnent comme un avertissement à toute entreprise « d’exclusion » aux élections de 2026. Dans son intervention de février dernier, Me Adrien Houngbédji avait souligné que la situation politique actuelle du Bénin est le résultat de « l’exclusion politique ». Dans la même logique, le partisan de Patrice Talon est revenu cette fois sur la nécessité d’ouvrir le jeu électoral afin de permettre à tous ceux qui désirent d’y participer. « Laissez tout le monde être candidat. En 2019, nous avons fait des élections wahala. Prônons pour des mesures applicables à tout le monde pour éviter des crises. Il faut forcément que l’opposition aille aux élections. Il n’y a pas de démocratie sans opposition ». Adrien Houngbédji insiste ainsi sur la nécessité d’un dialogue inclusif pour restaurer la paix sociale et politique dans le pays. Ces propos viennent en complément de la déclaration de février 2025. « Ce qui me préoccupe, c’est qu’il ne faut pas que quelqu’un entre par la droite et que l’autre sorte par la gauche. Nous devons rester toujours rassemblés pour construire ensemble le pays», disait Houngbédji. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait également plaidé pour la libération des « prisonniers politiques » et le retour des exilés, affirmant que l’avenir du pays ne pouvait se construire dans la division.
Métier de serveuse dans les bars au Bénin : L'autre visage de la prostitution et de la traite humaine
Le secteur de l’hôtellerie, des bars, des buvettes et des débits de boisson est florissant au Bénin, un pays d’Afrique de l’Ouest qui attire de nombreux visiteurs, notamment pour ses lieux de détente et de loisirs. Le métier de serveuse, dans ces établissements, est souvent perçu comme une activité légère, où les femmes, généralement jeunes, sont employées pour offrir un service de qualité aux clients. Cependant, sous cette apparence de convivialité, se cache une réalité sombre, marquée par l’exploitation, la traite humaine, et dans certains cas, des liens directs avec la prostitution. Cette réalité souvent invisible soulève des questions cruciales sur la dignité humaine, les droits des travailleuses, et la régulation du secteur.
Après la sortie d’Azannaï, pourquoi ce silence de Yayi, Hounkpè et Djogbénou?
Le 27 mars 2025, Candide Azannaï, ancien ministre et leader du parti Restaurer l’Espoir, a fait une sortie médiatique qui a secoué la scène politique béninoise. Dans une déclaration directe et sans équivoque, il a accablé certains poids lourds de la politique béninoise, notamment l’ex-président Thomas Boni Yayi, le leader de l’opposition, l’ancien ministre et président du parti Fcbe Paul Hounkpè, et l’actuel N°1 du parti UP-R Joseph Djogbénou. En les désignant nommément, Azannaï a soulevé des pratiques politiques qu’il considère comme nuisibles à la démocratie et à la bonne gouvernance au Bénin. Mais depuis lors, silence radio. Le silence de Boni Yayi, Paul Hounkpè et Joseph Djogbénou, loin d’être anodin, suscite de nombreuses interrogations sur les dynamiques de la vie politique au Bénin. Candide Azannaï n’est pas un novice dans le jeu politique béninois. Ancien ministre et député, il a longtemps été considéré comme un adversaire féroce de l’ex-président Yayi et des autres figures de l’opposition. Il a occupé des fonctions importantes, mais sa carrière politique a été marquée par des ruptures brutales avec des anciens alliés, notamment après la fin de son rôle au sein du gouvernement Yayi puis celui de l’actuel Président Patrice Talon. Dans son intervention médiatique du 27 mars, Azannaï n’a pas fait dans la demi-mesure. Reprenant les écrits de Jeune Afrique lors de l’interview accordée par Patrice Talon à ce média, Candide Azannaï a interpellé l’ancien président Boni Yayi et fustigé son silence après une déclaration de l’actuel locataire de la Marina qui dit qu’il n’est pas impossible qu’il ait le même candidat que Boni Yayi à la prochaine élection présidentielle. Il a même déclaré que le parti Les Démocrates n’est pas vraiment en opposition au régime de Talon. De plus, il a pointé du doigt Paul Hounkpè et Joseph Djogbénou. Du premier, il a déploré le fait que son parti soit obligé de demander la permission à Patrice Talon pour participer aux élections. Il tire cette conclusion d’une déclaration de Paul Hounkpè lui même lors d’une sortie médiatique. Quant à Joseph Djogbénou, Candide Azannaï a déclaré qu’il ne pouvait pas levé le petit doigt pour parler de sa candidature aux prochaines élections sans la permission de Patrice Talon. Mais pourquoi, alors, ces derniers restent-ils si discrets, voire absents dans le débat public depuis cette sortie ?
Recrudescence des braquages au Bénin: Retour des « vieux démons » ?
Au Bénin, la question de la sécurité suscite une attention croissante, notamment face à la recrudescence des braquages observée ces derniers mois. Si le pays a été ces dernières années à l’abri de ce phénomène, l’escalade des actes criminels depuis quelques mois inquiète. Les braquages, qui affectent tant les particuliers que les entreprises, deviennent de plus en plus fréquents et audacieux, et appellent un renforcement des interventions des forces de l’ordre. Deux braquages en une semaine dans la commune de Tchaourou avec mort d’homme et de l’argent emporté, un homme tué par des coupeurs de route dans la commune de N’dali selon la radio locale Su tii déra, un conducteur de taxi moto dépouillé de sa moto dans la commune d’Abomey-Calavi… Depuis quelques mois, les nouvelles liées aux braquages se multiplient au Bénin. Plusieurs villes du pays ont été témoins d’actes criminels avec de l’argent et des autres biens matériels emportés et parfois des pertes en vies humaines. Les braqueurs, opèrent et disparaissent, ce qui témoigne de l’audace et de la détermination de ces criminels. Les attaques ciblent aussi bien des commerces que des particuliers, souvent en présence de leurs proches. Le mode opératoire est bien rodé : prise d’otages, tirs en l’air pour effrayer les témoins, et disparition dans la nature. Les victimes, souvent traumatisées par ces événements, ont exprimé leur détresse et leur insécurité croissante. Il est difficile de ne pas y voir une résurgence des « vieux démons » du passé, ces actes criminels qui ont longtemps frappé le pays avant les efforts de modernisation et de structuration des forces de sécurité depuis quelques années.
La Libye accuse des ONG de trafic de migrants, une blague?
Les autorités libyennes viennent de lancer des accusations spectaculaires contre plusieurs organisations humanitaires internationales. Le 2 avril, elles ont annoncé la fermeture des sièges de dix ONG et la suspension de leurs activités, les accusant de participer à un prétendu « complot international » visant à « installer des migrants d’origine africaine en Libye ».
Bénin : Azannaï appelle à un dialogue national inclusif
Le 27 mars dernier marquait le huitième anniversaire de la démission de Candide Azannaï du gouvernement du président Patrice Talon. À cette occasion, l’ex-ministre et ancien allié du président actuel, a fait une sortie médiatique pour rappeler ses positions sur la situation politique du Bénin. Cette interview, marquée par des critiques acerbes à l’égard du … Continuer la lecture
Bénin : Candide Azannaï, un intouchable de la République ?
Le 27 mars 2017, Candide Azannaï annonçait officiellement sa démission du gouvernement de Patrice Talon via un message publié sur Facebook. Il devenait ainsi le premier cadre du régime à claquer la porte, ce qui marquait le début d’une période de tensions entre l’ex-ministre de la Défense et son ancien allié politique. Huit ans après cette rupture fracassante, il demeure une figure politique atypique, insaisissable, dont les prises de position tranchées alimentent le débat public.
Mutisme des aspirants à la candidature aux élections de 2026 dans le camp Talon : Peur ou stratégie politique ?
À l’approche des élections présidentielles de 2026 au Bénin, un phénomène intrigant se fait observer au sein de la majorité présidentielle. Alors que le pays se prépare pour un scrutin décisif, les aspirations politiques des leaders au sein du camp présidentiel semblent se manifester dans une forme de silence inexplicable, un mutisme presque palpable. Ce silence est-il une manifestation de peur face aux enjeux politiques croissants ou bien s’agit-il d’une stratégie délibérée visant à mieux se positionner pour la compétition électorale ? Depuis l’accession au pouvoir du président Patrice Talon en 2016, le Bénin a connu une réorganisation de son paysage politique. La réforme du système partisan, la mise en place d’un code électoral plus strict ont bouleversé la dynamique politique du pays. Ce changement a entraîné une réduction du nombre de partis politiques. À l’approche des élections de 2026, les spéculations vont bon train concernant la succession de Patrice Talon, et plusieurs acteurs de la majorité présidentielle semblent hésiter à se positionner ouvertement, laissant place à un mutisme qui intrigue et suscite des interrogations.
Mariage inter-religieux au Bénin: Obligation de cultiver la tolérance pour la cohésion sociale
Les mariages inter-religieux, bien que de plus en plus fréquents à travers le monde, suscitent encore des résistances dans certaines sociétés où les pratiques religieuses sont profondément enracinées. Au Bénin, un pays réputé pour sa diversité culturelle et religieuse, les unions entre personnes de religions différentes peuvent parfois être source de tensions et de conflits, posant des obstacles à la cohésion sociale. Si le mariage inter-religieux est souvent perçu comme un signe de tolérance et de modernité, il rencontre parfois une opposition importante.
Religion et foi en Dieu : deux réalités complètement différentes et complémentaires
La question de la foi et de l’institution religieuse, incarnée par les Églises, est un sujet complexe et souvent sujet à débat. Pour de nombreux croyants, la foi en Dieu est une expérience intime, personnelle et spirituelle, alors que l’Église représente une structure sociale, organisationnelle, parfois bureaucratique, qui cherche à guider, encadrer et transmettre la doctrine religieuse. Ces deux réalités – la foi et la religion – peuvent sembler, à première vue, inséparables, mais elles ne le sont pas nécessairement. En fait, elles peuvent parfois diverger profondément dans leurs objectifs, leurs pratiques et leurs perceptions.
Loi sur les chefferies traditionnelles : l'appel à la fermeté
Il y a quelques jours, le parlement béninois a adopté la loi sur les chefferies traditionnelles. Comme on pouvait s’y attendre, des mouvement d’humeur sont déjà observés un peu partout. Comme ce fut le cas dans le choix des langues à enseigner dans les écoles au Bénin, la politique s’empare encore de la question de chefferie. Même s’il y a nécessité de relire cette loi, le gouvernement devrait rester intransigeant sur les principes pour éviter tout enlisement. Le Bénin est une nation plurielle où se mêlent diversité culturelle, ethnique et linguistique. Depuis son indépendance, il a su cultiver une identité nationale forte, tout en préservant un héritage culturel riche, notamment à travers ses chefferies traditionnelles et ses nombreuses langues nationales. Cependant, dans un monde de plus en plus globalisé et moderne, la gestion de ces deux éléments, à savoir les chefferies traditionnelles et les langues nationales, devient une question délicate. Les autorités béninoises doivent prendre des décisions courageuses et audacieuses pour préserver cet héritage tout en répondant aux exigences du développement. Mais, ces décisions ne sont pas sans risques. Elles risquent de provoquer mécontentement et division, surtout quand la politique entre en jeu.
Présidentielle 2026 : La Fcbe, une opposition pas comme les autres
Depuis l’annonce par Paul Hounkpè, Secrétaire Exécutif National du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), de l’entame des négociations avec la majorité présidentielle pour obtenir les parrainages nécessaires à la participation de son parti à l’élection présidentielle de 2026, une véritable onde de choc a secoué la classe politique béninoise. Cette annonce, perçue comme une contradiction flagrante avec les principes d’opposition affichés par la Fcbe, suscite des interrogations quant à l’évocation du chef de l’Etat dans le processus.
Le Bénin et la question de la justice réparatrice : quels enjeux sous la présidence de l'Union africaine ?
Le Bénin, à l’instar de nombreux pays africains, porte encore l’empreinte de son passé colonial, dont certains effets se font toujours ressentir aujourd’hui. Les relations entre l’Afrique et les anciennes puissances coloniales continuent d’être un sujet d’attention, notamment sur la question des réparations historiques. Le sommet de l’Union africaine de février dernier, consacré au thème « Justice pour les Africains et les personnes d’origine africaine par le biais de réparations », a suscité de nombreux espoirs. Cependant, des doutes émergent quant à la capacité ou à la volonté du nouveau président de l’Union africaine, João Lourenço, de se battre pour cela.
Rencontres entre Yayi, Houngbédji, Amoussou : De quoi donner l'insomnie aux partisans de Talon?
Depuis le début de l’année 2025, l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi a entrepris une série de rencontres avec des figures emblématiques de la politique nationale. Ces visites, officiellement motivées par la présentation des vœux du Nouvel An, suscitent des interrogations. Le 1er février 2025, Boni Yayi s’est rendu au domicile de Nicéphore Soglo, premier président de l’ère du renouveau démocratique. Le lendemain, il a rencontré Adrien Houngbédji, ancien président de l’Assemblée nationale, à Porto-Novo. Ces visites ont été suivies, le 11 février, d’une rencontre avec Bruno Amoussou, figure historique de la politique béninoise et ancien président de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR).
Elections de 2026 au Bénin : Nécessité d'impliquer la Société civile dans le processus
À l’approche des élections générales de 2026, le Bénin, reconnu autrefois pour ses avancées démocratiques, semble se retrouver dans un climat de tension, de méfiance et de suspicion. Alors que le pays se prépare à renouveler ses élus, l’atmosphère politique est marquée par une inquiétude croissante, notamment parmi les acteurs de la Société civile et de l’opposition. Les élections au Bénin, souvent perçues comme un symbole de la consolidation démocratique en Afrique de l’Ouest, sont aujourd’hui entourées de craintes surtout dans le camp de l’opposition. La loi sur le Code électoral, qui a modifié les conditions d’éligibilité des élus des partis politiques, a renforcé cette crainte. Les partis d’opposition, qui s’estiment marginalisés, dénoncent des manœuvres politiques visant à assurer la victoire de l’actuel régime. Les réformes successives ont entraîné des interrogations au sein de la population, qui accorde une attention croissante aux prochaines élections. L’introduction de nouvelles pratiques et les débats autour des règles du jeu électoral suscitent des questionnements. Par ailleurs, des appels à la vigilance citoyenne se multiplient, traduisant une volonté d’engagement dans le processus démocratique.
Yayi et Soglo annoncés au Niger : Que sont devenues les conclusions de la 1ère visite ?
Depuis le coup d’État militaire au Niger en juillet 2023, les relations diplomatiques entre le Bénin et le Niger ont été mises à rude épreuve. Les tensions se sont intensifiées, affectant divers secteurs, notamment l’économie et la sécurité. Dans ce contexte délicat, les anciens présidents béninois Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi ont entrepris des missions de médiation pour apaiser les tensions et restaurer les liens historiques entre les deux nations. Les présidents Nicéphore Dieudonné Soglo et Thomas Boni Yayi sont invités à nouveau par le président de la transition du Niger Abdourahamane Tiani dans le cadre du rétablissement des relations entre le Bénin et le Niger. L’annonce a été faite le lundi 10 mars 2025 sur RFI par l’ancien président Nicéphore Soglo en personne. En effet, le 26 juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani a pris le pouvoir au Niger à la suite d’un coup d’État, renversant le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum. Cette prise de pouvoir a été condamnée par la communauté internationale, notamment par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui a imposé des sanctions économiques et diplomatiques au Niger. Le Bénin, membre de la Cedeao, a initialement soutenu ces sanctions, ce qui a conduit à une détérioration des relations avec le Niger. La fermeture des frontières terrestres et le blocage des exportations de pétrole nigérien via le pipeline traversant le Bénin ont exacerbé les tensions.
Bénin : entre avancées notables et critiques sur la gouvernance démocratique
Lorsque Patrice Talon accède à la présidence du Bénin en avril 2016, il se présentait comme l’homme du renouveau, promettant des réformes profondes pour moderniser le pays. Près de dix ans plus tard, son bilan est contrasté : si des avancées notables ont été enregistrées sur le plan économique et infrastructurel, sa gouvernance a souvent été accusée d’être autoritaire. Des rapports internationaux présentent sa gouvernance sous un angle différent de celui qui est vanté par ses partisans. Dès son arrivée au pouvoir, Talon met en place un vaste programme de modernisation des infrastructures. Son plan d’action gouvernemental prévoit notamment l’asphaltage des principales voies urbaines, la construction de nouveaux hôpitaux et de marchés modernes, ainsi que le renforcement du réseau électrique national. L’un des projets phares est la zone industrielle de Glo-Djigbé, destinée à transformer l’économie du pays en favorisant la transformation locale des matières premières. Sur le plan macroéconomique, les finances publiques ont été assainies. Le gouvernement lutte contre la corruption et le détournement des ressources publiques, améliorant ainsi la notation financière du Bénin sur les marchés internationaux. Le climat des affaires s’est également amélioré, de grandes facilités pour les investisseurs. Aujourd’hui, tous les béninois s’accordent sur la bonne qualité des infrastructures et les avancées visibles dans la conduite des procédures administratives. Mais cette belle image ne serait que l’arbre qui cache la forêt.
Guinée Bissau : Emballo, chantre de l'intervention militaire contre le Niger, chasse la CEDEAO
La situation en Guinée-Bissau prend une tournure inattendue. Jadis partisan d’une intervention ferme – comme lors du coup d’État au Niger où il appelait à des mesures militaires pour rétablir l’ordre – le président Umaro Sissoco Emballo oppose aujourd’hui son refus de toute médiation externe. L’expulsion nette d’une délégation de la CEDEAO, venue en collaboration avec l’ONU pour désamorcer la crise électorale, illustre de manière saisissante ce paradoxe.