Personne ne le conteste : les Béninois vivent, en ce moment, le scrutin le plus controversé de leur histoire. La vitalité d’une démocratie, pensent certains, s’apprécie à la tension que celle-ci sait entretenir. Aussi soutiennent-ils que la confrontation des êtres et des choses, au milieu des coups et des cris, est préférable au calme stressant des cimetières.
Opinion
LA LEPI, victime expiatoire de la "béninoiserie"
Par la grâce de Dieu ou par ce génie propre au peuple béninois, nous sommes allés à l’élection présidentielle avec notre LEPI malgré les dysfonctionnements réels dus à la non-mâitrise de cet outil novateur ou aux manœuvres de sabotage d’une partie de la classe politique qui ne veut surtout pas en entendre parler ; malgré l’opiniâtreté du régime YAYI. Les multiples manœuvres tendant à bloquer à un niveau ou à un autre le processus électoral ont toutes échoué, certes ; mais il reste à craindre les violences post-électorales.
Enjeux électoraux : leurre et lueur
Bénin – C’est maintenant formellement établi : les enjeux d’une élection peuvent faire perdre la tête à nombre de personnes. Et dire que ces personnes assument de hautes fonctions, tiennent, en leurs mains, des leviers essentiels dans la direction de leur pays. Qu’on imagine un pilote et son copilote devenir subitement fous. Des dizaines, voire des centaines de passagers qui sont sous leurs responsabilités peuvent entonner, par anticipation, le requiem, cette prière qu’on chante pour les morts dans la liturgie catholique.
La démocratie, la liberté, la loi et Dieu
Où situer ce qui fait la force d’un peuple ? Dans l’acceptation résignée des coups du sort ou dans la capacité volontariste d’agir sur les événements ? Celui qui se résigne est à l’image de quelqu’un qui se tasse sur lui-même. Il est dans une posture défensive. Par contre, celui qui a choisi de faire face à l’adversité, reste debout. Il regarde devant.
Du Niger à la Côte d’Ivoire, par le Bénin
Le Niger s’en sort haut la main. La Côte d’Ivoire n’en finit pas de perdre pied. Et le Bénin ? Gardera-t-il, jusqu’au bout, la tête froide ? La main du Niger, pour signaler la victoire sans bavure de Mouhamadou Issoufou, nouveau Président de la République. Le pied de Laurent Gbagbo que gangrène une crise politique dure et qui dure. Enfin, la tête des Béninois. Ceux-ci attendent dans la fièvre, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.
Les trois torts faits au peuple béninois
Géniale définition : la démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Notre Constitution, en son article 2, la consacre en la reprenant in extenso. On voit mal comment un peuple pourrait refuser de se reconnaître dans une telle définition. Elle a l’avantage de tout faire partir de ce peuple et de tout faire aboutir à ce peuple. Celui qui est ainsi avantageusement positionné est au centre, c’est-à-dire au cœur des choses. Il est comparable au chef d’orchestre d’un ensemble philharmonique. C’est l’alpha et l’oméga d’un système.
Présidentielle 2011 : le Génie béninois
Le génie béninois est de retour. J’irais même jusqu’à dire qu’il n’était pas allé bien loin. Il n’était même allé nulle part. Caché peut-être pour mieux ressurgir, le « génie béninois » vient de récidiver. C’était le 13 mars dernier. A l’occasion du premier tour de la présidentielle 2011. Alors que tout le monde avait déjà désespéré de lui. Et tous les Béninois depuis, respirent.
Récit au passé d’une élection au présent
Que retiendront les historiens de la présidentielle de mars 2011 au Bénin ? Le premier tour de cette élection, après deux reports successifs, a pu se tenir le 13 mars 2011. De mémoire de Béninois, consultation électorale ne s’était révélée aussi difficile, aussi incertaine. Et dire qu’à cette date, les Béninois avaient derrière eux plusieurs décennies d’expérience électorale. Que s’était-il passé pour que le Bénin qui avait ouvert, pour tout un continent, au tournant des années 90, l’ère des démocraties pluralistes, maquât le pas ?
Lépi : moins un échec qu’une expérience
Il n’y a pas d’échecs. Il n’y a que des expériences. Nous n’avons pas inventé une telle idée qui nous tient lieu de boussole. C’est l’école de la pensée positive, que nous fréquentons assidûment, qui nous l’a apprise. Au regard de quoi, nous ne ferons pas estampiller la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) de la mention « Echec ». Malgré les graves insuffisances qu’elle vient d’étaler à la face du Bénin et des Béninois. Malgré que nombre de nos compatriotes en aient fait leur deuil, du moins dans sa version actuelle.
Election chaotique au Bénin : chronique d’une paix assassinée
Joseph Gnonlonfou, alias « Jo l’Indien », comme l’avait surnommé un Canard, président de la Commission Electorale Nationale Autonome, est un professionnel de la langue de bois. Que la maison soit en train de brûler, que les poutres en tombent, que les murs s’effondrent, que tout soit réduit en cendres, il dira toujours que tout va bien, que le meilleur des mondes est à nos portes et que nous jouons aux aveugles alors que le bonheur nous sollicite pour nous étreindre. Et qu’on ne s’avise pas de lui apporter la contradiction : il rétorquera que – et c’est ce qu’on déteste chez les brasseurs de vent – qu’aucune œuvre humaine n’est jamais parfaite.
Que veut et où va le Bénin ?
La ligne droite, sans espoir de retour, pour une marche précipitée sur la corde raide, par temps de grands vents. Voilà l’image effrayante que nous inspire la non moins effrayante situation dans laquelle nous sommes. Ceci à quelques jours de l’élection présidentielle du 13 mars 2011.Le train électoral entre en gare. Tout le monde est sommé de descendre. Aucune possibilité pour poursuivre le voyage au-delà de la ligne rouge qui marque la limite extrême de notre aventure. Déjà deux reports quant à la date de l’élection. A quoi répond « jamais deux sans trois ».
Soklogbo et Christelle, l’amour grandiose…
Elle est irrésistible dans son « blatta » rose, Christelle Houndonougbo. Sur le velouté de son teint d’ébène, le rose de son « guélé », étagé sur presque deux mètres, n’a d’équivalent que l’allant et la fougue « cauris » dont elle fait montre. Il est vrai que marcher à Soklogbo, dans ses ruelles poussiéreuses, avec des vieillards titubants, des enfants accrochés aux mamelles flasques de leurs mamans, par temps de canicule solaire, marcher donc dans de telles conditions relève d’un exploit. Mais il n’y a pas, raisonnablement, à en faire une pendule.
Emile Derlin Zinsou : la sagesse en action
Bénin – Il estime de son devoir, par les temps qui courent, de sortir de sa retraite. Emile Derlin Zinsou, ancien Président de la République, nonagénaire respecté et respectable, anticipe la crise politique qui risque de malmener son pays. Peut-on s’autoriser de dormir du sommeil du juste, alors que de noirs nuages s’amoncellent à l’horizon ? Le Président Zinsou a jugé nécessaire de prendre les devants. Il a rassemblé autour de lui, pour un dialogue ouvert, les acteurs concernés à divers titres par l’élection présidentielle prochaine. Objectif : éviter à notre pays l’épreuve d’une dérive, avec son cortège de morts et de ruines.
L’Union africaine et la justice internationale
La lutte contre l’impunité figure en bonne place dans l’acte constitutif de l’organisation continentale et les discours officiels ou informels sur la répression des crimes internationaux. Mais en fait, les comportements sont contraires aux déclarations, suscitant ainsi une profonde indignation dans les rangs des défenseurs des droits de l’être humain. Depuis plus d’un an, l’union africaine s’emploie à imposer la non coopération avec la cour pénale internationale aux Etats du continent qui, dans l’exercice de leur souveraineté, ont ratifié le statut de Rome du 17 Juillet 1998.
Lépi : trois questions à nos partenaires
Bénin – La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) est, avant tout, une affaire bénino-béninoise. Ce sont les Béninois qui ont affirmé la volonté de la mettre en place. Ce sont les Béninois qui, ce faisant, entendent résoudre au mieux leurs problèmes électoraux. Et si, avec la Lépi et par la Lépi, le Bénin améliorait son système électoral, ce sont les Béninois qui en seraient les premiers bénéficiaires.
L’Université dans la foire électorale
Telle société, telle Université. C’est le parallélisme de deux entités. Pour dire que toute université est fille de sa société. Ou si l’on veut que toute société mérite l’université qu’elle a. La période électorale porte, au-delà des mots, cette vérité. Parce que cette période a l’inestimable avantage d’illustrer cette vérité par les faits, de nous la faire vivre.
Vive Kékéréké IV
N’ayant pas jusqu’à présent des explications claires, précises et crédibles sur l’absence de Kérékou aux négociations de sortie de crise initiées par le docteur Emile Derlin Zinsou, on se perd en conjectures ; le problème étant qu’au point où les Béninois en sont arrivés, ils ne peuvent plus rien exclure : le Général ne serait-il pas en train de couver l’espoir secret d’un come-back du genre hollywoodien en technicolor ? Pourquoi pas ?
Assemblée: la loi dérogatoire votée, le problème pas réglé!
C’est finalement tôt vendredi matin, autour de 3h, que les députés ont procédé au vote de la loi dérogatoire censée permettre la prise en compte des oubliés de la LEPI. Aux termes de cette loi qui donne cinq jours aux structures concernées pour mener l’opération, « La Commission politique de supervision de la LEPI, la Mission indépendante de recensement électoral national approfondi et la Commission électorale nationale autonome sont habilitées à prendre toutes les mesures utiles visant à assurer et à faciliter à tous les citoyens en âge de voter, l’exercice de leur droit constitutionnel de vote ».
A situation exceptionnelle…
Loi dérogatoire ou loi d’habilitation? Quel que nom qu’on puisse lui faire porter, le texte adopté en procédure d’urgence lors de la dernière session extraordinaire de notre parlement a été promulgué par le chef, après la déclaration de conformité de la Cour constitutionnelle. Il ne reste qu’à l’appliquer. Et elle doit être appliquée. C’est l’occasion pour nous de nous rendre compte de l’effectivité de la notion de souveraineté que nous aimons revendiquer pour nos actes à l’échelon de l’Etat. Déjà, nos partenaires techniques et financiers (Ptf) ont reconnu et admis la nécessité de la prise en compte des potentiels électeurs laissés en rade. Ils devraient être en mesure de continuer à appuyer le processus jusqu’à son terme. Il suffit, a notre avis, de leur demander assistance en leur soumettant un plan de financement complémentaire.
A quand un Etat résolument engagé pour l’effectivité du droit des usagers du système de santé au Bénin ?
Le « quartier latin » de l’Afrique vient de commémorer, en grandes pompes, ses cinquante années d’indépendance et se prépare à organiser pour la cinquième fois, depuis l’avènement du multipartisme en 1990, les élections présidentielles. Le Bénin est généralement considéré comme un modèle de réussite de démocratisation en Afrique de l’Ouest et même si le peuple affiche un optimisme inébranlable, il n’en demeure pas moins qu’il faille aujourd’hui, s’interroger sur l’avenir et le sort de celui-ci. Il faut noter que le positionnement géographique du Bénin et ses dynamiques territoriales actuelles (économiques, politiques, culturelles, démographiques) en font l’un des pays en Afrique de l’Ouest qui dispose d’un potentiel pour affronter les défis des cinquante prochaines années.
La Lépi telle que les Béninois en rêvaient
Nous voulons y croire jusqu’au bout. Les Béninois ne sont pas frappés d’une cécité soudaine. Les Béninois ne sont pas subitement devenus sourds. Ils gardent encore leurs yeux pour voir. Ils peuvent encore compter sur leurs oreilles pour entendre. Ils ont leurs têtes en place pour être encore capables d’un minimum de discernement. Au moment où nous écrivions ces lignes, aucune annonce officielle, provenant d’une quelconque autorité, ne s’est formellement et officiellement engagée pour faire bouger les lignes précédemment établies.
Ils l'entendent beaucoup,.. Ils l'écoutent peu...ils ont tort
Le problème que les Béninois ont avec leur docteur-président – président sortant cherchant désespérément à en être un entrant, à nouveau –, c’est qu’ils ont mis cinq douloureuses années à réaliser qu’ils ne l’avaient pas suffisamment écouté à une certaine époque : il leur avait dit en effet qu’il comptait rectifier la démocratie béninoise. Personne ne crut devoir lui demander ce que cela voulait dire. Presque tout le monde sait aujourd’hui ce que cela voulait dire: la démocratie béninoise est hélas !, à présent complètement rectifiée, même si l’opération dernière chance des anciens présidents Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Dieudonné Soglo a semblé sauver quelque peu les meubles. In extrémis.
Controverse autour de la Lépi: une élection contraire aux principes des droits de l’homme
Bénin – Par des arguments, des comparaisons, l’on justifie la non prise en compte de plus d’un million de Béninois ayant l’âge de voter et exprimant ce désir de participer au scrutin devant leur permettre d’élire le prochain Président de la République. A analyser de près, les arguments avancés par ceux qui justifient cette situation, ils évoquent le comportement des politiciens ayant lancé des mots d’ordre en occultant malheureusement les dysfonctionnements qui ont émaillé le processus.