(Les grandes leçons du rejet) Après près d’un mois de battage médiatique, le projet de révision de la constitution a été rejeté par une minorité -de blocage- de 22 députés.Ce vote inattendu met fin à une campagne agitée et brutale, une procédure sibylline et un texte à polémique. Et pour Talon, il voit s’envoler le rêve de revendiquer un titre pompeux du « premier président à avoir touché au texte « sacré ».
« Vive la démocratie béninoise », ainsi s’est réjoui l’honorable Guy Dossou Mitokpè sur sa page facebook, après le vote de rejet inattendu hier soir à l’Assemblée nationale, du projet de loi sur la révision constitutionnelle. Le jeune député de Cotonou, suppléant de l’ex ministre de la défense Candide Azannaï, qui a rompu les amarres avec Talon il y a quelques jours, a pourfendu le projet jusqu’à la dernière minute, affirmant partout que ce n’était pas une priorité. Contrairement à ce député, plusieurs autres avaient gardé secrètement leurs positions sur le fameux texte, et ne l’ont exprimé que pendant le vote. Moment de grand suspense où on a vu se déchaîner les passions les plus incontrôlables et les points de vue les plus surprenants. Résultat de tout ceci : rejet du projet de révision de la constitution.
Ce résultat consacre l’échec personnel de Patrice Talon, qui a commis étape par étape des erreurs qui ont concouru au rejet intervenu hier à l’Assemblée nationale. L’une des toutes premières erreurs est d’avoir confié à une commission ad’hoc le travail marginal de donner son avis sur quelques réformes phares qui doivent être contenues dans le projet. Cette démarche a ravivé les premiers soupçons. Personne ne sait jusqu’à ce jour, celui ou ceux qui sont les auteurs de ce texte dans la mesure où, plusieurs membres de la commission dirigée par Joseph Djogbénou le ministre de la justice, ont décliné toute responsabilité dans la rédaction du texte. Ces soupçons ont été aggravés par la demande de vote en procédure d’urgence du texte envoyé à l’Assemblée nationale. Quelle est l’urgence ? Pourquoi tenir à faire adopter une nouvelle constitution dans ce mois de mars, décrété par le ministre de la justice comme « mois de la révision ». La précipitation ainsi affichée, le mystère cultivé autour du texte et le contenu ont fini par convaincre maintes personnes sur le caractère suspect de la réforme. « La révision de la constitution n’est pas le choix des chefs lieux des départements », a ironisé un syndicaliste.
Le résultat de l’obstination
Autoproclamé « compétiteur né », le président Patrice Talon essuie ainsi un revers inattendu, surprenant et historique. C’est l’une des rares fois en Afrique si ce n’est la première, qu’un président au pouvoir échoue dans sa volonté de réviser la loi fondamentale de son pays.
Il s’agit d’un véritable gâchis lorsqu’on sait que Patrice Talon, élu président dans la liesse collective, presque sans opposition politique depuis son arrivée au pouvoir, avait les moyens d’une
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