Depuis le mercredi 27 septembre 2017, les députés de la minorité parlementaire ont fait une déclaration au sein de l’hémicycle. Cette déclaration qui s’adressait à tous les parlementaires d’une part et à l’ensemble des citoyens béninois d’autre part, constitue un plaidoyer à l’endroit du régime.
Elle met en lumière des griefs portés à l’endroit du gouvernement. Lesquels résument la perception que l’opinion en général se fait du pouvoir actuel. Nous nous proposons ci-dessous d’en ressortir la pertinence.
Parmi les griefs que les députés du bloc de la minorité parlementaire ont formulés à l’endroit du régime au pouvoir, figure en bonne place ce qu’ils ont appelé : « les conflits d’intérêts au sommet de l’Etat ». Ils ont illustré ce conflit d’intérêtspar différentes manifestations dont le retour du Pvi dit de nouvelle génération. Leretour du programme de vérification des importations, annoncé à la suite d’un conseil des ministres, a suscité l’émoi et l’indignation auprès d’une partie de l’opinion. Ceux qui s’en offusquaient, trouvaient que cette structure qui a comme bras séculier ‘’Benin control’’, appartient à l’homme d’affaires Patrice Talon devenu chef de l’Etat.
Mais le gouvernement avait justifié le retour du Pvi comme étant simplement l’application des décisions de justice. Lesdéputés du bloc de la minorité parlementaire reprochent particulièrement au Pvi de bénéficier d’exonérations fiscales et douanières, au moment où le gouvernement soumet certains opérateurs économiques à des redressements fiscauxexorbitants. Une pression fiscale à leur endroit que ces députés considèrent comme étant «un plan de destruction des opérateurs économiques ».
Le développement de l’affairisme d’Etat
Les députés ont aussi décrié « l’achat des domaines de l’Etat non mis en vente ». Ils font certainement allusion à la parcelle achetée par le chef de l’Etat après autorisation de la Cour constitutionnelle. Les personnes qui trouvent à redire sur cette vente, allèguent que la loi prévoit que la Cour constitutionnelle se réfère à une loi spécifique qui selon ces derniers n’existe pas jusqu’ici. Sur un autre plan, cet achat du domaine de l’Etatpar l’actuel président de la République, risquerait de constituer un mauvais exemple pour les dirigeants du pays.
Les députés ont aussi déploré le monopole exercé par les entreprises appartenant au chef de l’Etat ou à ses proches sur le coton et l’anacarde. Certains politiciens n’hésitent pas à affirmer sans ambages que tous les secteurs liés à la production du coton se rapportent à une seule personne. Ils allèguent que c’est cette même personne à travers ces prête-noms, qui contrôle la filière anacarde.
La filière des marchés de gré à gré
Les députés du bloc de la minorité parlementaire accusent aussi le régime d’avoir fait prospérer les marchés de gré à gré. En effet, la note du président de la république à l’endroit du ministre des finances au mois d’août dernier, dans laquelle il demandant à ce ministre de mettre fin aux marchés de gré à gré dans l’administration, ressemblait pour certains à un discours de diversion. Puisque le gouvernement avait auparavant transformé le Conseil des ministres en direction de passation des marchés publics. C’est ce Conseil qui a attribué de nombreux marchés rentables à des entreprises proches du pouvoir, sans appel d’offre.
Et l’affaire Ofmas, considérée comme l’un des plus grands scandales politico-financiers du régime de la rupture, est venu mettre à nu cette pratique récurrente des marchés de gré à gré. Etle processus ayant abouti à la mise en concession des parcs de la Pendjari et du W à l’Ong sud-africaine Apn, demeure un mystère.
Les travers de la politique de la rage
La déclaration de ces députés a aussi relevé la traque des
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