Les pays africains entament un virage décisif dans leur rapport aux entreprises étrangères opérant sur leur sol. De Bamako à Dakar, de Kinshasa à Bangui, une nouvelle dynamique est en marche : celle de la renégociation des contrats jugés déséquilibrés. Ce mouvement, à la fois économique et politique, vise à rééquilibrer des accords anciens ou inadaptés aux ambitions actuelles des États du continent.
Opinion
Guerre commerciale : l'Europe entre le marteau et l'enclume
L’Union européenne se retrouve une fois encore projetée au cœur d’un bras de fer commercial mondial. Entre les surtaxes décidées par les États-Unis de Donald Trump et les restrictions imposées par la Chine de Xi Jinping, Bruxelles navigue dans un espace économique devenu de plus en plus contraint. Mais au-delà des rapports de force immédiats, ce sont les fondements mêmes de la puissance commerciale européenne qui sont mis à l’épreuve.
La vie d'artiste au Bénin: Entre passion et précarité, plus d'amertume que de joie
Derrière les lumières éphémères des scènes et les mélodies entraînantes des studios, la réalité de la vie des artistes béninois est souvent bien moins glorieuse que l’image qu’elle projette. Pour beaucoup, la carrière artistique au Bénin ne nourrit pas son homme, et les témoignages de figures emblématiques en disent long sur une précarité criante. Certains décès misérables d’artistes viennent tristement étayer cette observation, et soulèvent des questions pressantes sur le soutien apporté à ces piliers de notre culture.
Emmanuel Great Okugun : Une voix pour le retour du patrimoine africain
Au British Museum, où sont conservées des centaines de bronzes du Bénin, pillés au XIXe siècle, le rappeur et activiste nigérian Emmanuel Great Okugun, connu sous les noms de Gee Baller et Yaya Bandé, a conduit une action audacieuse. Brandissant un drapeau nigérian sur lequel était inscrit « Ceci a été volé à l’Afrique. Réparations ! », il a attiré l’attention du monde entier sur l’injustice liée à la rétention d’artefacts africains dans les musées occidentaux. Les vidéos et photos de cette action, publiées sur Instagram, ont provoqué une vague de réactions, devenant un symbole de la lutte pour la restitution du patrimoine culturel africain.
Guerre de leadership au sein de la majorité présidentielle : Le feu couve sous la cendre
(Talon réussira – t – il le pari de la cohésion au sein de sa troupe ?). À moins d’un an des élections générales de 2026, la majorité présidentielle au Bénin, pourtant unie en façade derrière le président Patrice Talon, connaît des fissures. Des tensions latentes et des batailles d’influence entre figures clés menacent la cohésion interne, et interroge la capacité du chef de l’État à maintenir l’harmonie au sein de sa troupe à l’approche de ces échéances cruciales. Tout n’est pas rose au sein de la majorité présidentielle. Même si apparemment tous les acteurs semblent soudés derrière le leadership de Patrice Talon, des frustrations émergent et finiront probablement par se faire voir. En effet, la réforme du système partisan, initiée sous le premier mandat du président Talon, avait pour objectif de rationaliser le paysage politique béninois en regroupant la multitude de formations existantes en de grands blocs. Cette démarche a abouti à la création de plusieurs entités au sein de la majorité : l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR), Moelle-Bénin et le Rassemblement National. Si cette polarisation a permis une meilleure lisibilité politique, elle a aussi, inévitablement, cristallisé les ambitions et les rivalités de leadership en interne.
Résurrection annoncée du parti la Renaissance du Bénin: Une mission complexe aux multiples inconnus
Le paysage politique béninois est en effervescence. Tandis que le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji mène une bataille acharnée pour affirmer sa survie face à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R), une nouvelle annonce vient bouleverser les cartes : la volonté de Ganiou Soglo de ressusciter le parti la Renaissance du Bénin (Rb), parti historique fondé par sa mère, Feue Rosine Vieyra Soglo. Cette ambition, nourrie par une dernière volonté de l’ancienne Première Dame, ouvre la voie à une mission complexe et semée d’embûches, dont l’issue dépendra de multiples facteurs. Après le Prd de Me Adrien Houngbédji, c’est le parti la Renaissance du Bénin qui promet de faire son grand come-back. En effet, au lendemain de la Conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990, le Bénin a vu naître une floraison de partis politiques. Parmi eux, le Prd et la RB se sont imposés comme des acteurs majeurs, dominant la scène, particulièrement dans la partie méridionale du pays, entre 1991 et 2006. Sous le leadership charismatique de Me Adrien Houngbédji pour le Prd et de Feue Rosine Vieyra Soglo pour la RB, ces formations ont connu leur période de gloire, incarnant des forces politiques structurées et influentes. Cependant, les années passant, des guerres internes de leadership et un multipartisme effréné (le Bénin a compté plus de 278 partis enregistrés en 2018) ont progressivement miné leur influence. Entre 2006 et 2016, ces géants politiques ont perdu des plumes, affaiblis par des divisions internes et une concurrence exacerbée. L’avènement du régime de Patrice Talon en 2016 et la réforme drastique du système partisan, exigeant le regroupement des partis politiques pour assainir le paysage politique, ont sonné le glas de leur autonomie historique. La RB, déchirée entre l’aile Soglo et l’aile Bada, s’est vue contrainte de se fondre dans l’Union Progressiste (Up) aux premières heures de la réforme. Le Prd, quant à lui, après une tentative infructueuse aux élections législatives de 2019 et une fusion avortée avec le Bloc Républicain (deuxième grand parti issu de la réforme), a finalement fusionné avec l’Up en 2022, donnant naissance à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R).
Affaire Comlan Hugues Sossoukpè : Une arrestation qui soulève plus de questions que de certitudes
L’interpellation du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè, survenue à Abidjan le jeudi 10 juillet 2025, continue d’alimenter l’actualité et suscite une série d’interrogations. Ce journaliste et activiste, connu pour ses publications critiques sur les réseaux sociaux, aurait été arrêté en marge d’une activité officielle organisée par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation. Depuis, les informations se sont enchaînées, sans qu’aucune autorité ivoirienne encore moins béninoise, ne confirme ou ne clarifie les circonstances exactes de cette interpellation. L’Union des journalistes de la presse libre africaine (Ujpla) a réagi deux jours plus tard, dans un communiqué en date du 12 juillet, exprimant sa préoccupation face à cette arrestation dont les contours restent flous. Selon cette organisation panafricaine, Hugues Sossoukpè aurait été remis aux autorités béninoises puis écroué, sans que les motifs de cette procédure ne soient clairement exposés. L’Ujpla indique n’avoir eu connaissance d’aucun éventuel mandat d’arrêt délivré par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), mais précise que cette information émane de sources non officielles. L’organisation a appelé les autorités ivoiriennes et béninoises à « confirmer ou infirmer » l’arrestation et l’éventuelle extradition du journaliste. Une requête qui reste, à ce jour, sans réponse officielle.
Bénin : Les partis politiques doivent retrousser les manches pour 2026
Le compte à rebours est lancé pour les élections générales de 2026 au Bénin. Dès ce vendredi 11 juillet 2025, le Code électoral est juridiquement « gelé », marquant le début de la période d’intangibilité électorale. Cette règle, ancrée dans les protocoles de la Cedeao et de l’Uemoa, stipule qu’aucune modification des textes organisant les élections ne peut intervenir dans les six mois précédant le scrutin, sauf consensus unanime et exceptionnel des acteurs politiques. Avec les élections législatives et communales prévues pour le 11 janvier 2026, l’heure est désormais à la préparation et à l’adaptation pour l’ensemble des partis. Il est désormais impossible de réviser le Code électoral du Bénin, sauf consensus unanime et exceptionnel. Cette mesure vise à préserver la stabilité et l’équité des processus électoraux. Elle est conçue pour empêcher des ajustements de dernière minute qui pourraient manipuler le jeu démocratique ou favoriser une partie prenante. Pour le Bénin, membre de ces organisations sous-régionales, le respect de cette disposition est un engagement contraignant. En théorie, cette intangibilité doit rassurer les acteurs politiques et l’électorat sur la constance des règles du jeu, réduisant ainsi les risques de changements unilatéraux. Pour les partenaires internationaux, c’est également un gage de crédibilité essentiel pour des élections apaisées. Cependant, la date butoir du 11 juillet 2025 suscite de vives interrogations au sein de la classe politique et de la Société civile béninoise. Des appels à la réforme du Code électoral ont fusé ces derniers mois et jours. En juin 2024, l’Église catholique s’était notamment élevée pour demander une relecture du texte, pointant du doigt le seuil d’éligibilité et le nombre jugé restrictif de parrainages requis pour les duos présidentiels (28 députés ou maires élus). Ces dispositions excluent de facto les candidatures indépendantes et limitent drastiquement la capacité de l’opposition à présenter des candidats. Il y a quelques jours, l’ancien Garde des Sceaux en exil Valentin Djènontin a de nouveau appelé à la modification de ce code. Et l’opposant Sabi Sira Korogoné de s’exclamer dans une interview, « il faut changer les règles avant 2026 ! (…) ».
Levée de l'interdiction d'exportation des produits vivriers au Bénin: Quid du soja et de la noix de cajou ?
Le Bénin vient de marquer un tournant économique majeur avec la levée tant attendue de l’interdiction d’exportation de plusieurs produits vivriers. Annoncée avec une certaine fanfare, cette décision est présentée par le gouvernement comme une mesure clé, visant à accroître les revenus des agriculteurs et à stimuler l’économie rurale. Si l’enthousiasme est palpable parmi les producteurs de maïs, d’igname et de manioc, une question persiste et monte en puissance : à quand le tour des filières du soja et de la noix de cajou, qui, malgré leur potentiel exportateur immense, restent soumises à des restrictions ? L’interdiction d’exportation des produits vivriers avait été mise en place avec l’intention louable de garantir la sécurité alimentaire nationale et de stabiliser les prix sur le marché local. Cependant, cette mesure a parfois eu des conséquences imprévues. Elle a limité la capacité des agriculteurs à bénéficier des prix plus élevés du marché international. Les excédents de production, loin d’être une bénédiction, devenaient parfois un fardeau pour les producteurs. La décision de lever cette interdiction est donc un vent frais pour des milliers d’agriculteurs. Selon le porte-parole du gouvernement, cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de prospérité agricole. « Nous voulons que nos agriculteurs s’enrichissent. La libre exportation leur permettra d’accéder à des marchés plus rémunérateurs, d’investir davantage dans leurs exploitations et d’améliorer leurs conditions de vie », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement du gouvernement à soutenir le secteur. Cette mesure est censée encourager une production accrue, moderniser les techniques agricoles et, à terme, renforcer la position du Bénin sur le marché régional et international des produits vivriers. Les producteurs peuvent désormais anticiper des retours sur investissement plus intéressants, ce qui pourrait également inciter les jeunes à s’engager davantage dans l’agriculture.
L’Union Africaine : Une intégration en quête de véritable indépendance et de progrès
Le rêve des pères fondateurs d’une Afrique unie et prospère semble s’éloigner chaque jour un peu plus de la réalité. Malgré l’existence d’une pléthore d’organisations régionales et sous-régionales, ainsi que d’une Union Africaine (UA) censée incarner l’unité continentale, le continent peine à décoller et à offrir à ses populations les conditions de vie dignes qu’elles méritent. Le sévère réquisitoire de Fatoumata Sidibé Diara, une analyste des dynamiques africaines, met en lumière cette incapacité flagrante des institutions africaines à propulser le continent vers un développement réel.