L’aspiration du président Talon à être porté en triomphe à la fin de son mandat obéit à des exigences sans lesquelles son souhait risquerait de devenir un simple vœu pieux.
Y a-t-il vraiment quelqu’un qui souhaite l’échec du président Patrice Talon ? Sans recourir à un quelconque sondage,on répondra avec certitude par la négative. Puisque tout citoyen béninois consciencieux ne peut souhaiter l’échec du président en fonction. Parce que cet échec ne sera pas seulement l’échec de l’équipe gouvernementale actuelle, mais celui de tout le peuple béninois qui attend depuis le retour de la démocratie en 1990, une transformation qualitative de l’économie. Ce qui aura pour conséquence l’amélioration des conditions de vie des populations tant espérée et appelée de tous les vœux.
Patrice Talon ne peut pas oublier la ferveur avec laquelle le peuple lors du second tour de la présidentielle de 2016, a infligé un vote sanction au candidat de la continuité pour installer celui de la rupture. C’était sans conteste dans l’espoir que l’avènement d’un nouveau dirigeant apportera le bonheur, la liberté, la prospérité que tout le monde espère. La présidentielle de 2016, était l’une des rares échéances de conquête de pouvoir au cours de laquelle, acteurs politiques en grande majorité, y compris ceux du parti communiste, mouvements syndicaux se sont accordés à l’avènement au pouvoir d’un candidat dit de la rupture quel qu’il soit sauf celui présenté par le parti au pouvoir.
Faire le bon diagnostic
Tout cela prouve bien que le peuple qui a souhaité et œuvré pour l’avènement au pouvoir de Patrice Talon, ne peut pas en même temps se retourner contre lui. Il s’agit plutôt de comprendre que c’est le contrat politique tacitement établi entre le candidat élu et les populations qui l’ont porté aux affaires, qui n’a pas été respecté. Au lieu donc que d’ériger toutes les voix discordantes, tous ceux qui émettent des sons qui proclament la déception entre ce qui avait été promis et ce qui se fait, entre l’espoir suscité et le désenchantement constaté, en ennemi du pouvoir, il faut plutôt prêter une oreille attentive à leurs discours, à leurs cris, à toutes leurs formes d’expression de la mauvaise humeur, les mouvements de grève en faisant partie. Le chef de l’Etatdoit se rappeler qu’il a bénéficié d’une période d’état de grâce. Et que pendant cette période, ceux qui sont devenus aujourd’hui des critiques acerbes du régime, en étaient hier ses fervents défenseurs. Pour mémoire, à la sortie de la rencontre du chef de l’Etat avec les secrétaires généraux de 6 centrales syndicales en 2016, ces derniers avaient fait un point de presse au cours duquel, ils avaient tenu des propos aimables à l’endroit de Patrice Talon.Ils disaient à l’époque que le Bénin venait de trouver l’homme qu’il fallait pour le conduire à la prospérité. Mais si ces derniers ont changé de fusil d’épaule pour dire qu’ils se sont trompés, cela devrait interpeler le chef de l’Etat.
Le possible rattrapage
Patrice Talon peut encore se réconcilier avec le peuple et pour y arriver, la première chose consiste à abandonner la démarche actuelle qui consiste à faire de l’acharnement médiatique sur tous ceux qui trouvent à dire sur le régime. La seconde chose consistera à capitaliser toutes les critiques qui sont faites sur la gouvernance Talon. Au lieu de considérer ces critiques comme des « propos de méchanceté », il faut plutôt y rechercher la pertinence. Le chef de l’Etat ne doit pas négliger la