Hélicoptère Ty-Abc de la Sobeh : Une enquête qui piétine toujours (partie 3)

Après 293 heures de vol dont la majorité consacrée aux déplacements du président Yayi à l’intérieur du pays, l’hélicoptère TY-ABC finit dans un crash le 26 décembre 2015 avec à bord l’ex-premier ministre Lionel Zinsou. Dix sept mois après, l’enquête piétine.

Le samedi 26 décembre 2015, l’hélicoptère TY-ABC transportait le premier ministre d’alors Lionel Zinsou et trois autres personnes de sa délégation à Djougou où ils devraient participer aux festivités de la fête de la Gaani.

Tout s’est bien passé jusqu’à hauteur du stade Atchoukouma, lieu supposé de l’atterrissage. Embarrassé par le choix d’un lieu précis où poser alors que des travaux de réfection se faisaient sur le stade, le pilote a décidé alors de poser sur un espace situé entre la clôture du stade et l’aire de jeu.

« A quelques mètres du sol, le soulèvement d’un amas de poussière envahit l’hélicoptère et rend la visibilité difficile pour le pilote. C’est en ce moment que, voulant faire des manipulations nécessaires pour un atterrissage sécurisé, la pale de l’hélicoptère cogne le mur et se brise. L’engin devient incontrôlé dans les airs et vient s’affaisser au sol », confie un membre de la délégation du premier ministre qui a requis l’anonymat.

Le mur dans sa chute blesse  quelques riverains. Tous blessés par l’affaissement du mur. Dans le procès verbal de l’audition de la procédure d’enquête préliminaire par le maréchal des logis Charles S. Dansou, procès verbal N° 003/2015 de la compagnie de gendarmerie de Djougou, le pilote Eric Duprez confirme les faits et explique comment l’accident est survenu.

« Avant l’atterrissage, j’ai demandé au premier ministre là où je vais atterrir; il a répondu que l’atterrissage est prévu sur le stade de Djougou. J’ai préparé mon approche pour me poser face au vent, et comme le stade était en réfection, j’ai décidé de poser l’appareil entre l’aire de jeu et le portail. Au moment du posé, j’ai été surpris par la quantité de poussière qui s’est soulevée. Je tiens à noter que cette quantité est nettement supérieure à ce que j’observe d’habitude. Ensuite, il semble que les pales ont touché un obstacle et l’appareil est devenu incontrôlable au sol », a dit le pilote.

Comme on peut le comprendre à travers ces explications, le soulèvement de la poussière a réduit la visibilité du pilote. C’est ainsi que les pales ont cogné la clôture et l’appareil a perdu son équilibre. Le pilote l’a d’ailleurs dit en affirmant que « c’est le nuage de poussière intense qui l’a surpris et le mur de la clôture a amplifié le phénomène ». Si l’appareil est totalement irrécupérable, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

En dehors de quelques écorchures, les six passagers à bord sont sortis indemnes de cet accident. Un cas de perte tout de moins, le pilote se plaint de n’avoir pas retrouvé son téléphone portable Samsung S5. Le 27 décembre une délégation du gouvernement conduite par le ministre des transports Gustave Depo Sonon se rend sur place pour visiter l’épave et veiller à sa sécurisation. Le 29 décembre, une commission d’enquête est mise sur pied et est dirigée par Abdoulaye Assoudo, alors Directeur de cabinet du Ministre des transports.

Manque de moyen

Si les causes de l’accident sont plus ou moins connues, il reste à l’enquête officielle de les confirmer et aussi de situer si possible les responsabilités. C’est cela qui fait défaut depuis que l’accident s’est produit. Car, l’enquête a peu évolué et il n’existe pas de rapport officiel pouvant permettre de savoir réellement ce qu’il s’est passé. Si la majorité des membres reconnaissent que l’enquête n’a pas trop évolué et qu’il n’existe pas encore de rapport officiel, le colonel Soulé Abou, directeur du cabinet militaire du Chef de l’Etat Boni Yayi affirme quant à lui qu’il existe un hypothétique rapport dans lequel il aurait répondu à toutes les accusations qui pèsent sur sa personne et nous invite à y recourir pour avoir les réponses à nos préoccupations.

Sinon, plusieurs sources se rejoignent sur la non existence d’un rapport officiel de l’enquête est répandue. Le président de la commission M. Assoudo nous a confié que « tant qu’on n’a pas procédé à la lecture de la boîte noire, l’enquête ne saurait être bouclé ». Le Dg de l’ANAC Prudencio Behanzin aussi membre de cette commission jusqu’à sa nomination en Juin 2016 confirme cela.

« L’enquête n’a pas été bouclée pour défaut d’autorisation de l’Etat pour financer la mission de lecture et d’analyse des données de la boîte noire jusqu’au changement de régime », a-t-il précisé.

Le Bénin ne disposant pas d’équipements et d’experts pour ce genre de travail, il envoie souvent la boîte noire à l’extérieur pour être décryptée. Le Dg ajoute que c’est maintenant qu’il a relancé le gouvernement pour une levée de fonds. Visiblement, personne ne se presse pour cette enquête. Pourtant, le Règlement 13 de l’aviation béninoise Règlement de l’aviation béninoise (RAB13) en son point 6. 3. 3 (b) affirme, «lorsqu’elle a mené l’enquête, la commission d’enquête doit rendre public le rapport final dans les plus brefs délais et si, possible, dans les 12 mois qui suivent la date d’occurrence. Si le rapport ne peut être rendu public dans les 12 mois, la commission d’enquête doit rendre public un rapport intermédiaire à chaque date anniversaire de l’occurrence, détaillant les progrès de l’enquête et toutes les questions de sécurité qui pourraient avoir été soulevées ».

Pourtant rien n’a bougé et le pilote ne cesse de pointer du doigt les responsables de la SOBEH, de l’ANAC et le ministre Kassa. Pour lui, c’est parce que les gens ont des choses à cacher que l’enquête piétine.

Il a longtemps accusé le manque de professionnalisme qui a entouré la gestion de cet appareil. Dans un rapport adressé au président Boni Yayi le 06 août 2015, il avait parlé de « gestion inadaptée » et dénoncé une batterie d’irrégularités qui entachent le bon fonctionnement de l’appareil. Ce rapport est-il parvenu au Chef de l’Etat d’alors ? Difficile de le savoir puisque le pilote s’est plaint tout le temps des stratagèmes de Barthélemy Kassa et des responsables de la SOBEH pour l’empêcher de rencontrer Boni Yayi.

L’ancien ministre Barthélemy Kassa relancé à maintes reprises pour donner sa version des faits sur ces accusations n’a jamais répondu à nos questions. Pourtant, il est celui sur qui pèsent la majorité des accusations. Tout récemment encore, lorsque l’affaire Petrobas éclate au Brésil, c’est encore le nom de Barthélémy Kassa qui est cité par la justice brésilienne comme l’homme ayant participé du côté béninois à l’évasion des capitaux de la firme pétrolière en lui attribuant sur les côtes béninoises des puits secs après avoir reçu des bonus.

Selon des confidences, il aurait aussi reçu des retro commissions de plusieurs centaines de millions sur l’achat des deux hélicoptères. Eric Duprez l’a souvent cité comme celui qui lui a rendu la tâche difficile. A plusieurs reprises, à travers des courriers adressés à l’ex-DG de la SOBEH ou dans un mémoire adressé au président Boni Yayi, il a dénoncé le manque de congés pour l’équipe de pilotage, l’absence du contrat de maintenance, l’achat de pièces de rechange non certifiées, la négligence des procédures pour l’obtention d’un PEA.

Bref, une gestion non professionnelle de l’appareil. Dans son audition pour le rapport d’enquête préliminaire, il a parlé de manque de « repos hebdomadaires et des congés qui ne sont pas accordés malgré de nombreuses demandes auprès de la SOBEH ». Est-ce pour cacher tout ceci que l’enquête piétine ?

L’assurance payée et pourtant …

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Usine d’égrenage : Comment le gouvernement a floué Africa Agro Industrie Sa

Dans une décision prise le 11 mai 2017, le ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat Lazare Sèhouéto, a décidé d’annuler l’autorisation d’installation industrielle accordée moins d’un mois plus tôt-soit le 13avril 2017, à Africa Agro Industrie Sa pour la construction d’une usine d’égrenage à Djougou.

Il a suffi d’un recours gracieux formulé contre cette autorisation par le président de l’Association interprofessionnelle de coton (Aic) Mathieu Adjovi, pour que le ministre Sèhouéto fasse volte face. Les responsables d’Africa Agro Industrie n’ont d’autres choix que d’arrêter les constructions entamées, de rentrer à la maison pleurer sur leur investissement parti en fumée, et peut être de porter l’affaire devant la justice pour demander réparation.

C’est un précédent grave qui risque de compromettre la promotion de l’investissement privé au Bénin. Un privé autorisé dans un premier temps à  construire une usine d’égrenage de coton se voit retirer cette autorisation moins d’un mois après son émission, ans aucune forme de procédure. Les faits remontent à la fin de l’année de 2016. Introduits auprès d’un ministre du gouvernement, les responsables d’Africa Agro Industrie Sa lui font part de leur projet de construction d’une usine d’égrenage de coton de dernière génération en régime de « Zone franche industrielle » à Sérou, dans la commune de Djougou. Le 12 octobre 2016, le Directeur d’Africa Agro Industrie Sa écrit à l’Agence béninoise pour l’environnement  (Abe) pour demander un certificat de conformité environnementale dans le cadre dudit projet. Il a entamé de même les démarches administratives pour bénéficier des exonérations accordées aux entreprises en régime de zone franche industrielle. Le 13 avril 2017 le ministre Sèhouéto a fini par accorder une autorisation d’installation à Africa AGRO Industrie pour la construction de l’usine d’égrenage.

Mais le 04 mai 2017, le président de l’Aic Mathieu Adjovi formule un « recours gracieux » contre l’autorisation d’installation industrielle accordée à la société Africa Agro Industries Sa. Le même jour, ce recours est transmis par voie d’huissier au

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Galvaudage de la démocratie: Bénin, le pays où tout le monde veut être politicien

Au Bénin, s’il y a une activité qui fait florès et attire tout le monde c’est bien la politique. Depuis 1990, la classe politique a reçu par vagues successives des acteurs d’autres corporations qui, attirés par les nombreux avantages qu’elle offre, ont décidé d’en faire carrière.

De Kérékou à Talon, on a vu les opérateurs économiques, les religieux, les communicants, les journalistes, des icônes de la société civile, et tout récemment des syndicalistes, entrer en politique sans forcément en avoir l’étoffe et la conviction. L’un des griots les plus zélés du régime actuel est Aubin Adoukonou. Très enthousiasmé lorsqu’il s’agit de défendre les actions du gouvernement, il est capable de cavaler sur plusieurs émissions dans la journée.

Nommé au début du régime Talon comme Directeur général du Centre national de sécurité routière (Cnsr), il n’y consacre pas grand-temps, visiblement plus occupé à vulgariser le Programme d’action du gouvernement (Pag) et à défendre le gouvernement sur les plateaux de télévision. Aubin Adoukonou est le prototype même de la nouvelle classe d’hommes politiques qui passe brutalement du « tout mauvais » au « tout bon », par une alchimie dont ils sont les seuls à avoir le secret. Son passé professionnel l’aidant -il fut l’un des syndicalistes les plus acerbes contre le régime Yayi-, il a réussi sa mue. Depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, il fait partie des syndicalistes promus à la politique par le régime. C’est d’ailleurs l’une des spécificités de ce régime. Si les acteurs des autres corporations professionnelles ont tous mordu à l’appât de la chose politique, les acteurs du monde syndicaliste se sont gardés jusque là d’y tomber. Certes, certains parmi eux s’adonnent-ils à l’activité politique une fois à la retraite, mais jamais de mémoire de béninois on n’en a vu, qui en pleine carrière professionnelle et syndicale ont viré en politique. Avec l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, plusieurs ont été nommés. Il s’agit de

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Bénin - Lutte contre la corruption: Aller au-delà des poursuites judiciaires sélectives

En rendant public le rapport d’audit sur la gestion de la filière coton des campagnes de 2013 à 2016, contenu dans le compte rendu du Conseil des ministres de mercredi 28 juin 2017 dernier, il appert que le gouvernement s’est finalement  décidé à regarder dans le rétroviseur.

Seulement, son rétroviseur ne semble pas présenter tous les dossiers brûlants du passé. La décision du Conseil des ministres de la semaine dernière (à lire ici) de poursuivre toutes les personnes incriminées par le rapport d’audit de la gestion de la filière coton des campagnes 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016, a remis au jour la question de l’engagement ou de la détermination du gouvernement à lutter contre la corruption. Le gouvernement entend non seulement infliger des sanctions administratives aux mis en cause, mais aussi les poursuivre en justice pour faire rendre gorge tous les coupables de ce dossier de détournement de fonds publics ; et de décourager par l’occasion des actes d’abus de biens publics.

Pour autant que l’opinion veut prendre au sérieux cet engagement du gouvernement, certains observateurs ne perdent pas de vue le fait que cette initiative du gouvernement du nouveau départ recèle quelques aspects critiques. Ce sont les intentions réelles et la sincérité du gouvernement qui sont épluchées. La délimitation de la période de l’audit à ces trois campagnes seulement suscite des interrogations. Parce que le déroulement de la campagne 2013-2014 par exemple, est tributaire des bouleversements qui se sont produits au cours de la campagne 2012-2013. C’est alors qu’il a semblé intéressant pour certains de partir de cette campagne de 2012-2013 pour mieux comprendre la suite.

Au-delà, l’intérêt porté à la gestion de la filière coton de façon tonitruante, alors que d’autres dossiers qui ont connu des cas ostensibles de dilapidation de fonds publics sont depuis longtemps sans procès. C’est le cas du dossier

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Bénin : Les difficultés économiques du gouvernement au grand jour

Lors du dernier débat d’orientation budgétaire, le gouvernement a fini par sortir les chiffres qui révèlent la mauvaise santé financière du pays. Les prévisions budgétaires pour 2018 affichent un budget en régression et un Pip abattu de 50%.

Ce qui signifie que de nombreuses actions annoncées dans le Pag pourraient être hypothéquées. La réalisation du Programme d’action du gouvernement (Pag) à l’horizon 2021, risque d’être fortement perturbée, en dépit de la volonté affichée et de la propagande réalisée.

En effet, lors du dernier débat d’orientation budgétaire le vendredi 30 juin dernier à l’Assemblée nationale, le Ministre du plan Abdoulaye Bio Tchané a levé un coin de voile sur les prévisions budgétaires peu rassurantes pour 2018. On retient que le budget 2018 sera en régression par rapport à celui de l’année 2017, où le gouvernement a lancé une opération de charme budgétaire en annonçant un budget de 2010 milliards.

On devrait s’attendre à l’augmentation du budget 2018, vue la tendance à la hausse de plus de 25% du budget 2017 par rapport à celui de 2016. Cette année contrairement à ce qui est annoncé, le budget est en recul de près de 400 milliards. Le Pip qui permet au gouvernement d’investir est abattu de 50%. Tout ceci montre bien une difficulté à mobiliser les ressources financières et de surcroît des difficultés dans la gestion

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Bénin : Le vrai faux combat de Talon contre la corruption

Depuis le 06 avril 2016, Patrice Talon était attendu sur le chantier de la lutte contre la corruption. Se basant sur un rapport d’audit, le gouvernement a décidé que des poursuites judiciaires soient lancées contre certaines personnes.

Seulement, à y voir de près, cette décision s’apparente plus à une intimidation qu’une volonté sincère de lutte contre la prévarication. Tant le caractère sélectif des dossiers, la période et la nature des mis en cause laissent à désirer.

Les chantres de la lutte implacable contre la corruption avaient commencé à désespérer du Chef de l’Etat lorsque celui-ci envoie un premier signal. Lors du conseil des ministres du mercredi 28 juin, d’importantes décisions ont été prises à l’encontre de certaines personnalités impliquées dans la gestion des campagnes 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016.

En somme, après avoir énuméré de nombreux griefs, le Conseil des ministres a instruit le garde des sceaux à l’effet « d’engager les poursuites judiciaires appropriées et de faire prendre des mesures de saisies conservatoires pour assurer le remboursement » par ces différents mis en cause, dès que leur « responsabilité serait établie ».

Bravo dirait-on en lisant ces extraits du Conseil des ministres. Mais lorsqu’on analyse les choses en profondeur, on se rend compte très vite que l’action du mercredi apparaît plus comme  une opération de charme qu’une lutte réelle contre l’impunité. En effet, on se demande pourquoi c’est uniquement ces trois campagnes qui intéressent le gouvernement ?

Pour rappel, ce sont les seules campagnes cotonnières depuis près de deux décennies auxquelles n’ont pas pris part l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), la Sdi, la Sodeco et toutes les autres entreprises de l’empire économique de Patrice Talon. En 2012, le gouvernement du président Yayi avait pris la décision de rompre l’accord cadre qui le lie à l’Aic et a écarté Patrice Talon de la gestion de la filière. La circonscription de l’audit à ces trois campagnes ravive la thèse de ceux qui pensent que le gouvernement a choisi subtilement de se venger contre ceux qui ont pris les choses en main une fois que les entreprises de l’homme d’affaires Patrice Talon ont été évincées par le président Yayi, après la mésentente survenue entre eux. D’autres bizarreries interpellent plus d’un Béninois. Beaucoup n’arrivent pas à comprendre comment et pourquoi on choisit de publier le rapport  d’un audit fait sur des structures qu’on a liquidées à l’avance et qui n’existent plus juridiquement donc. Tout porte à croire que le rapport du cabinet Mazars dont seulement un extrait a été publié en Conseil des ministres, vise d’autres intérêts que la lutte réelle contre la corruption. En effet, on se rend compte que les députés Valentin Djènontin, Idrissou Bako, etc. cités dans le dossier sont tous des députés de l’opposition qui, en plus d’avoir voté contre le projet de révision de la constitution, critiquent fréquemment les actions du gouvernement. Idem pour le ministre Komi Koutché, l’ancien ministre des finances qui n’a pas manqué par le passé de critiquer quelques actions du gouvernement. On se demande alors si la publication n’a pas été faite contre des gens qui prennent trop de liberté à critiquer le pouvoir.

Deux poids, deux mesures

En publiant cette décision dans le communiqué du Conseil des ministres, le gouvernement affiche une véritable volonté de lutter contre la corruption. Or, dans plusieurs dossiers de prévarication précédents, le gouvernement ne s’est pas tant empressé. Au contraire, il a trainé les pas et donné l’impression d’un désintéressement total pour la lutte contre la corruption. L’exemple le plus éloquent est celui du Ppea2. Ce scandale avait failli

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Bénin : Eric Houndété annonce une législation spécifique pour la paix

L’enceinte de l’hémicycle a servi de cadre hier au lancement officiel du Réseau international des parlementaires pour la paix, section béninoise. Plusieurs personnalités nationales et internationales y ont pris part.

Créé le 19 juin dernier, le Réseau béninois des parlementaires pour la paix s’assigne plusieurs missions, indique l’honorable Eric Houndété, président du Réseau des parlementaires Aipp-Bénin et représentant du président de l’Assemblée nationale, lors du discours d’installation de l’Aipp-Bénin.

Ce Réseau s’efforcera entre autres de promouvoir la mise en place d’une législation spécifique qui intègre dans les programmes scolaires l’éducation à la paix, à la tolérance et au dialogue. Il accompagnera aussi la mise en place des politiques publiques, l’appui aux initiatives en faveur de la promotion et de la consolidation de la paix.

L’Aipp-Bénin s’engage également à promouvoir le dialogue entre acteurs culturels autour des défis auxquels notre pays et le continent africain sont confrontés, à mobiliser et sensibiliser les décideurs politiques et leaders d’opinion pour la promotion et la préservation de la paix dans notre pays et sur notre continent, à éduquer les populations à la paix, etc.

« L’objectif est de favoriser le dialogue entre parlementaires, au delà des clivages politiques, culturels et religieux, et de relever les défis complexes qui affectent notre monde » rappelle le président Houndété, avant de préciser qu’en  adhérant à l’Aipp, les parlementaires béninois veulent apporter leur contribution à la recherche de solutions aux défis communs qui sont les leurs.

A la suite du discours de lancement de l’Aipp par Dr Thomas Walsh, président international de la Fédération pour la paix universelle et représentant la fondatrice, le vice-président du Réseau parlementaire Aipp-Bénin, l’honorable Gilbert Bangana, n’a pas manqué de marquer sa reconnaissance au fondateur Rév Dr Sun Myung Moon, et à son épouse  Dr Hak Ja Han Moon, pour toutes les œuvres qu’ils ont entreprises depuis longtemps sur toute l’humanité.

Il a profité de l’opportunité pour présenter le bureau du Réseau (07 membres) présidé par l’honorable Eric Houndété, et faire la lecture de la Déclaration de lancement de l’Aipp-Bénin. Tout ceci sera suivi de

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Affaire Icc-services au Bénin : Les accusés nient les chefs d’accusation

L’audience relative à l’affaire Icc-services a repris ce jeudi 29 juin, après la suspension mardi dernier par la présidente de la cour, Célestine Bakpé. Les débats à proprement dire ont démarré avec le défilé des accusés à la barre. Aucun des accusés n’a reconnu les faits mis à sa charge.

A l’ouverture des débats, Célestine Bakpé le président de la cour a rappelé les faits. Après avoir été interdit d’activités en Côte d’Ivoire pour exercice illégal de sa structure ICI Com, Guy Athanase Sètondji Akplogan avait créé courant 2006, au Bénin,  avec Ludovic Pamphile Dohou et autres, la structure E-Business qui est devenu une Ong dénommée Investment Consultancy and Computering Services (Icc-services). C’est une structure de placement  illégal d’argent ayant pour activités l’épargne, la tontine et les placements de fonds générant des taux d’intérêts variés et attractifs de 160% l’an, soit 40% par trimestre ou plus pour les déposants.

Elle a créé sans autorisation préalable jusqu’en 2007, des agences dirigées par les employés qui s’étaient montrés actifs lors de la mobilisation de la clientèle tels que : Kouton Murielle, Kouton Brice alias « Louba », Singbo Mèhouènou Simon, Akplogan Jean-Marc, Bodjrènou Ezéchiel, Hounye Eric, Kouakanou Carlos Jean-Baptiste, Lachimi Florence, Saïzonou Fifamè Carine, Boko Bonaventure, Hougbèmè Nicolas et Togbé Pascal.

D’autres agents d’Icc-services comme Agbonon Michel et Sohounou Clément ont pour leur part créé des structures de placement parallèle, fonctionnant en réseau avec Icc-services et d’autres structures illégales. Les responsables de l’Ong Icc-services faisaient croire aux déposants que les fonds collectés étaient placés en ligne sur le net, alors qu’ils s’en servaient plutôt pour acquérir des biens au nom de la structure ou en leurs noms propres. Emile Comlan Tégbénou en aurait profité pour créer la société Nouvelle Alliance du Bénin (Snab). Une partie des fonds collectés aurait été versée dans diverses banques à savoir : Bank of Africa (Boa) Bénin, Diamond Bank, Continental Bank et à la Sgbbe de Porto-Novo. Les fonds collectés auprès des derniers déposants auraient servi à payer les intérêts des premiers sur instruction du Président Directeur Général. Le caractère illégal des activités de Icc-services a été révélé par Ahizimè Kokou Grégoire, alors coordonnateur de la cellule de surveillance des services financiers décentralisés au Ministère de l’économie et des finances, qui aurait fini par recevoir, contre la promesse de l’obtention de l’agrément pour Icc-services, la somme de deux cent vingt trois millions Francs Cfa, des mains d’Emile Tégbénou, outre les trois millions remis par l’entremise de Houngbémè Nicolas en décembre 2009. N’ayant pas obtenu l’agrément, Emile Tégbénou et ses associés en vue de couvrir leurs activités illégales, se seraient mis à la recherche de personnes censées leur octroyer privilèges et protections. A cet effet, Emile Tégbénou aurait remis trois cent millions francs Cfa à Abou Yayi, Salomon Abel, quinze millions et une voiture au pasteur Justin Dimon, trente huit millions et deux voitures au pasteur André Tinkpon, cinq millions à Albéric Léandre Agoli-Agbo, courant février 2010, cinq millions à Irène Houansou épouse Dossou pour sponsoriser la fête des femmes du palais de la République. Mais à un moment, Icc-services s’est retrouvé dans l’impossibilité de restituer aux épargnants les fonds placés.

Emile Tégbénou à la barre !

Appelé à la barre, Emile Comlan Tégbénou n’a pas reconnu les faits. Comme tous les autres accusés, il a nié les chefs d’accusation : association de malfaiteurs, escroquerie avec appel au public, et exercice illégal des activités bancaires et de microfinance. Il va alors faire un récit des faits depuis la création de Icc-services jusqu’à sa banqueroute en 2010. Le 15 décembre 2006, il dit s’être entendu avec

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Crise à la Renaissance du Bénin: Me Alfred Bocovo parle de déni de justice

La crise à la Renaissance du Bénin est loin de connaître son épilogue. Les protagonistes seront encore face au juge ce jour 29 juin 2017 pour trouver une solution à leur différend. Mais dans la soirée d’hier jeudi, LNT a eu un entretien avec l’avocat de Léhady Soglo, président « déchu » et exclu » du parti  par les « réformistes ».

Me Alfred Bocovo s’explique sur les termes « déni de justice » qu’il a utilisés pour qualifier le report de la décision du juge des référés , avant de conclure sur ce qu’il attend des deux  procédures engagées.

Avant-hier à la sortie de l’audience, vous aviez qualifié le report du procès de « déni de justice ». Que peut-on comprendre par ces  termes  ?

Dans le droit constitutionnel, le déni de justice est considéré comme une atteinte aux droits d’un justiciable ou de tout citoyen à obtenir des juridictions, une décision de justice face à un problème  qu’il a posé et qui doit nécessairement recevoir une solution. Le déni de justice est prévu par l’article 7 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui renvoie à l’article 7 de la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986 et qui fait partie intégrante de la Constitution du Bénin. Dans le cas d’espèce, nous avions demandé au juge des référés d’interdire un congrès et d’interdire aux dissidents de faire un certain nombre de choses. Le juge sait que notre demande doit recevoir solution au plus tard le 23 juin 2017. Malheureusement, on n’a pas rendu la décision, on l’a renvoyée au 27.

Dites-nous brièvement comment se sont déroulées les audiences devant le juge des référés ?

Me Alfred Bocovo :  D’abord un mot sur la genèse de la crise à la Rb ? Ce qui est appelé la crise de la Rb a commencé lorsqu’un certain nombre de membres du bureau politique ont demandé au président LéhadySoglo de convoquer une réunion du bureau politique national (Bpn). Dans les statuts du parti, le tiers des membres du bureau politique peut demander la convocation d’une réunion du Bpn, mais la convocation revient au président. Et sans sa convocation, des membres du bureau politique national ont convoqué et tenu une réunion en violation des textes du parti. A cette occasion, le président a demandé et obtenu du président du tribunal d’Abomey, une ordonnance pour signifier aux dissidents que la réunion qu’ils tiennent est illégale. Mais le ministre de la Justice est intervenu pour demander au procureur de la République d’Abomey de ne pas apporter l’assistance à l’huissier dûment commis. Deuxième chose, comme nous avons compris que le règlement de la crise n’a pas pu aboutir, puisqu’un médiateur  avait été désigné qui était parfaitement conscient du jeu auquel il se livrait.

Vous avez alors décidé de saisir le juge des référés

Oui ! Nous avons saisi le tribunal pour lui demander premièrement d’annuler tous les actes posés par les dissidents et qui  violent les textes du parti la Renaissance du Bénin. Et deuxièmement, nous avons demandé cette fois-ci au juge des référés (un juge spécial qui juge les affaires en urgence. Il peut juger même un jour férié, même dans sa maison, dans sa chambre. Et,  lorsqu’il signe un document de sa main, n’importe quel huissier peut exécuter), de se pencher sur l’urgence de la situation. Le jour du procès, le juge a préféré renvoyer le dossier dans lequel nous demandons l’annulation du congrès projeté pour les samedi 24 et dimanche 25 juin. C’est la preuve que le juge n’a pas voulu régler la question d’urgence qui doit recevoir une solution au plus tard le 23 juin 2017. Effectivement le 22 juin 2017, les débats ont eu lieu et nous nous attendions à une décision. Malheureusement le 23 juin 2017, le procureur de la République aurait demandé la communication du dossier. Dans de pareilles circonstances, lorsqu’il y a urgence, on peut même

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Procès de la Renaissance du Bénin: Comment le juge a subtilement dévoyé la procédure

Depuis la semaine dernière, la crise au sein de la Renaissance du Bénin est devant les tribunaux. Irrité par la détermination de l’aile Zinzindohoué-Bada d’en finir avec lui, Léhady Soglo, par le truchement d’un collège d’avocats dirigé Me Alfred Bocovo, a porté l’affaire devant la justice.

Deux plaintes ont été formulées par ce collège. La première en référé demandait au juge de rendre une décision avant dire le droit pour arrêter la tenue du congrès des 24 et 25 juin à Abomey. La deuxième qui devrait statuer sur le fond demande l’annulation pure et simple de la décision prise par le bureau politique le 19 mai 2017, de décharger Léhady Soglo de son poste de président.

Pour le procès en référé qui se tient actuellement, le vendredi dernier était le dernier jour pour le juge de rendre sa décision, avant de dire le droit afin de surseoir à la tenue du congrès extraordinaire organisé par l’aile Zinzindohoué.

Mais à la place de celle-ci, le juge a plutôt décidé du report du dossier pour ce jour, afin de communiquer avec le Ministère public, qui s’est entre temps joint au dossier. Cette décision prise par le juge tue l’importance de

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Bonne gouvernance à la Sonapra au Bénin : Clément Kodokpo pris la main dans le sac

Le secrétaire général du Syntra-Sonapra, Clément Kodokpo, a été dimanche 25 juin dernier l’invité de l’émission « Ma part de vérité » de Golfe Télévision. Il a entre autres fustigé la gestion des différents directeurs généraux qui se sont succédé à la tête de la Société nationale des produits agricoles (Sonapra).

Il a ouvertement dénoncé la mauvaise gestion qui y a prévalu durant plusieurs années. Le secrétaire général du Syntra-Sonapra a même souhaité le passage de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Alnc).

Seulement, il a oublié qu’il figure au rang des agents qui ont indûment perçu des primes et avantages. En effet, le ministre de l’agriculture Delphin Koudandé, par correspondance N°521/Maep/ Sgm/Sp-C adressée au directeur général de la Sonapra d’alors, Jacob Ichola, a enjoint certains agents qui ont perçu abusivement des primes et avantages de les restituer.

La somme des primes et autres avantages abusivement perçus était évaluée à près de 37 millions de Francs Cfa, et le secrétaire général a été aussi épinglé avec

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Renaissance du Bénin : liste des membres du bureau national élu (Lehady exclu)

Pendant deux jours, La Renaissance du Bénin (RB) a tenu son congrès extraordinaire considéré pour beaucoup comme historique. Ce congrès extraordinaire de la RB a pris fin le dimanche 25 juin 2017, à l’hôtel Sun City à Abomey.

Au terme des deux jours de travaux en commission et en plénière, les participants ont passé en revue les différentes préoccupations du parti, avec comme épilogue l’élection de sa nouvelle équipe dirigeante.

Les favoris au poste de président qu’étaient le maire Luc ATROKPO de Bohicon et le maire George BADA de Calavi, ont l’un et autre décliné la proposition du poste de président national du parti.  Ils se sont contentés d’autres postes de responsabilité au sein du bureau exécutif national : 2è conseiller spécial du président pour Luc ATROKPO, et premier vice président du parti pour Georges BADA.

Laissant ainsi le boulevard à Me Abraham ZINZINDOHOUE, qui succède ainsi à l’ancien président national, LEHADY VINAGNON SOGLO.  Plusieurs recommandations ont été faites, et des résolutions prises durant ces deux jours de travaux. Il s’agit notamment de la confirmation de l’exclusion définitive de LEHADY VINAGNON SOGLO de la Renaissance du Bénin, et du transfèrement du siège du parti du quartier Kouhounou, à Gbégamey dans le douzième arrondissement de Cotonou : un nouveau tournant décisif pour la Renaissance du Benin.

Ce congrès a connu la présence de nombreux délégués ainsi que d’anciens cadres du parti, des conseillers municipaux, maires et députés du parti, ainsi que des responsables de partis invités. Ce congrès qui est censé mettre fin aux secousses internes que le parti a connues depuis les assises d’Abomey du 19 mai 2017.

Discours du président élu à la tête de la renaissance du Bénin au congrès extraordinaire du parti

(Abomey, hôtel Sun City le 25 juin 2017)

Militantes, militants et sympathisants de la Renaissance du Bénin,

Distingués notables et sages,

Chers invités,

Nous voici arrivés au terme des deux jours de travaux marathon dans le cadre de cet historique congrès extraordinaire de notre Parti la Renaissance du Bénin ; historique en ce sens qu’il est l’aboutissement heureux d’une longue marche résolue vers la relance du Parti.

Depuis le 19 mai 2017 où la majorité des membres du Bureau Politique National s’est réunie en ces mêmes lieux pour décider statutairement de réformer le Parti, se sont ouvertes, la bataille communicationnelle, la bataille pour l’occupation du terrain, la bataille juridique, toutes faites de rebondissements, de prolongations et de divers remous.

Chers Militantes, chers militants

Tout cela n’a en rien émoussé notre ardeur et notre détermination.

A toutes et à tous, je dis félicitations et merci.

Mes remerciements, je les adresse également à nos divers invités (Chefs et délégations de Partis, Ministres, députés …..) qui ont marqué de leur présence, la cérémonie d’ouverture et de clôture de notre congrès.

Ayons aussi une pensée pour tous les militants qui ont perdu la vie et dont nous ne regretterons jamais assez la disparition : Richard ADJAHO, René Valery MONGBE, Adamou ISSIAKOU, Robert CAKPO, Paulin TOMADAGA, Raîmi LASSISSI, Salomon GNANDJANON, Désiré VIEYRA Eléazar NAHUM, Raoul ASSOGBA, Emmanuel AGBOZOGNIGBE, Euphrasie TANIFIANI, Hilaire ATINKPANHOUN, Marius FRANCISCO, Prospère VIGBE etc.

Nous ne devons pas non plus oublier toutes ces personnes qui ont connu la souffrance morale ou physique pour le triomphe de la cause du Parti, l’honorable Valentin SOMASSE en particulier et bien d’autres qui sont restés dans l’anonymat ou qui l’ont requis.

Quant à la Présidente fondatrice Madame Rosine VIEYRA SOGLO et au Président d’honneur Nicéphore Dieudonné SOGLO, nous ne les remercierons jamais assez d’avoir si bien géré et entretenu, avec l’accompagnement de tous et chacun, la maison RB. Leur action politique est et demeurera pour nous, une source intarissable de connaissance et une grande école d’apprentissage et de gestion de la chose politique et publique.

Cher papa et chère maman, vous êtes de hautes autorités morales avec lesquelles nous devons principalement compter pour bénéficier de vos sages conseils et de votre savoir-faire reconnu et salué tant ici au Bénin qu’au-delà des frontières du pays.

En ce qui concerne les membres du Comité préparatoire  du Congrès, vous avez mis le meilleur de vous. Vous avez essuyé mille fatigues et mille sueurs pour tenir et gagner le pari de cette organisation. Nous vous en savons gré.

Les délégués à ces mémorables assises de Sun City qui touchent à leur fin, ont décidé de me confier les rênes de la RB. J’accepte cet honneur que vous me faites et je vous en remercie chaudement du  fond du cœur. Je vous en remercie encore et encore.

Je compte sur l’accompagnement soutenu de toutes les militantes et de tous les militants, de tous les sympathisants, des membres du nouveau Bureau Politique National que je félicite et sur les  ressources de qualité dont regorge le Parti. Je compte également sur tous ceux qui vont nous rejoindre pour qu’ensemble, nous fassions entrer véritablement le Parti dans la nouvelle ère qui s’ouvre aujourd’hui.

Pour y arriver, avec vous, je fonde notre mandat sur l’unité, la dynamisation et la remobilisation du Parti. A cet effet, l’apaisement, le dialogue, l’union doivent devenir les maîtres mots de tous nos discours et de notre pratique.

C’est ainsi qu’ensemble, nous allons œuvrer  pour bâtir une RB soudée, une RB qui retrouve sa gloire d’antan.

C’est fort de cet espoir que je déclare clos les travaux du Congrès extraordinaire, en souhaitant à tous un bon retour avec la paix et la grâce de Dieu.

Je vous remercie encore et encore.

LES MEMBRES DU BUREAU POLITIQUE NATIONAL DE LA RENAISSANCE DU BENIN

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PAC - Bénin : Hêhomey accusé de faire du dilatoire, les grévistes durcissent le ton

Le ministre des Infrastructures et des Transports (Mit) Hervé Hêhomey a rencontré les responsables syndicaux de son département et du port autonome de Cotonou le mardi dernier pour tenter de désamorcer la crise qui secoue l’administration portuaire du fait de la volonté de l’Etat de recruter un mandataire pour le port.

Malheureusement les échanges se sont terminés en queue de poisson et les grévistes sont restés campés sur leur position.

Décidément les autorités n’arrivent pas à trouver une solution à la crise qui secoue le port autonome de Cotonou et le ministère des transports depuis des jours. Cette crise est née de la volonté de l’Etat de confier la gestion de ce maillon important de l’économie béninoise à un mandataire et les démarches dans ce sens ont déjà été enclenchées. La semaine dernière, on a assisté à une grève de 48h des agents de la plateforme portuaire et ceux du ministère des infrastructures et des transports pour protester contre la  décision. Cette semaine, ils sont revenus à la charge.

En effet, le lundi 19 juin 2017, les responsables syndicaux ont déposé sur la table du ministre Hervé Hêhomey leur motion de grève de 48h à compter du 22 juin 2017. Parce que depuis l’autre semaine, rien n’a bougé. Le mardi 20 juin dernier, le ministre a tenu une rencontre avec les syndicalistes pour certainement les convaincre de retirer leur motion de grève.

Au cours de cette séance, les travailleurs ont soulevé des inquiétudes par rapport à certaines dispositions qui figurent dans l’avis d’appel d’offres pour le recrutement d’un mandataire pour le port. Dans ses explications, Hêhomey a tenté de faire comprendre aux grévistes que le gouvernement n’a nullement l’intention de privatiser le port. Il a rassuré ses interlocuteurs qu’il n’a pas réussi à convaincre. Les travailleurs ont donc souhaité que la procédure de recrutement soit suspendue avant la suite des négociations. Mais le ministre fait comprendre qu’à l’étape actuelle, on ne saurait arrêter le processus. En le faisant, ceux qui ont déjà acheté les cahiers de charge et ont soumissionné vont intenter un procès contre l’Etat. Le ministre promet qu’une solution sera vite trouvée et envisage organiser un séminaire afin de vider le dossier.

Hêhomey accusé de faire un jeu flou

Dans les discussions, il a été décidé en commun accord avec le ministre qu’un huissier sera commis pour la signature d’un accord sur les conclusions issues de la rencontre du mardi pour ne pas qu’il y ait encore des points d’achoppement plus tard. Il était convenu que les deux parties se retrouvent le lendemain, c’est-à-dire avant-hier mercredi 21 juin 2017 pour signer cet accord.

A la grande surprise des syndicats, le ministre n’était pas à cette rencontre. Il a plutôt envoyé son directeur de cabinet. Pis, tout ce qui a été rédigé dans le protocole d’accord est totalement aux antipodes des

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Bénin Marina Hôtel: Les raisons du rejet de la demande de Martin Rodriguez

Le tribunal de Cotonou a rejeté mercredi 21 juin dernier, la demande de Martin Rodriguez d’être rétabli dans ses droits suite à la décision du gouvernement de faire revenir Bénin Marina Hôtel dans le patrimoine de l’Etat.

La décision avait été prise lors du conseil des ministres du 15 février 2017 de reprendre Bénin Marina Hôtel, au motif que les travaux d’extension et d’amélioration prévus au cahier de charges n’ont pas été exécutés.

C’est alors que la Société de gestion du Bénin Marina Hôtel de Martin Rodriguez a demandé devant le juge des référés à être rétablie dans ses droits. Selon l’avocat de Martin Rodriguez, Me Alain Orounla, son client considère qu’une telle clause résolutoire n’avait pas été prévue au contrat. De même les travaux prévus par le cahier des charges qui n’a été signé qu’en 2011, soit 7 ans après l’acquisition du fonds de commerce n’imposerait pas certaines obligations, d’après Me Orounla.

« Il s’agit de voir, constater le trouble manifeste et manifestement illicite qui résulte de cette expropriation et à le faire cesser en rétablissant la société de gestion de Bénin Marina Hôtel dans ses droits d’exploitation et d’occupation du complexe hôtelier », explique Alain Orounla.

Aussi, dit-il, il était demandé au juge des référés de nommer un administrateur ad hoc pour l’exploitation provisoire du fonds, en attendant que les parties trouvent un terrain d’entente ou aillent devant le juge arbitral dont la juridiction est prévue au contrat.  Mais le juge s’est déclaré incompétent en raison de la clause arbitrale. Le juge a rejeté la demande de rétablissement dans ses droits, au motif que l’examen de cette demande risque de

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Renaissance du Bénin : Léhady Soglo assigne Georges Bada et consorts

La crise qui secoue le parti (Rb) va se régler devant les tribunaux comme on pouvait s’y attendre. Alors que les réformistes maintiennent le cap et organisent leur congrès ce week-end à Abomey, le camp Léhady Soglo a déjà porté le différend devant la justice.

Sous les soins de l’huissier de justice Constant Honvo, le président déchu Léhady Soglo a assigné en référé et à heure indiquée Georges Bada et sa suite. Donc, l’affaire va être étudiée en urgence, normalement ce jeudi 22 juin 2017, et la justice va trancher.

Dans la lettre d’assignation (à lire ci-dessous), il est reproché aux réformistes de violer les textes et statuts du parti la Renaissance du Bénin, et d’utiliser illégalement les dénomination, sigle, emblème, attribut, et tous autres signes distinctifs de la Rb, publiquement ou en privé.

Alors, le camp Léhady Soglo réclame cent millions de francs cfa par jour de résistance ou par infraction. Il demande également l’interdiction, la suspension ou le sursis à l’organisation du

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Faux médicaments au Bénin: le gouvernement pourra ratifier la Convention MEDICRIME

Au nombre des deux dossiers examinés hier en plénière par les honorables députés, figure l’examen  du projet de loi portant autorisation de ratification de la Convention MEDICRIME.

En effet, selon le rapport présenté en plénière par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, la Convention MEDICRIME soumise à l’autorisation de ratification de la représentation nationale vise les objectifs suivants :

  • l’assainissement du sous-secteur pharmaceutique
  • la qualité des produits pharmaceutique mis à la consommation au Bénin
  • l’amélioration des soins de santé
  • la disponibilité et l’accessibilité financière des médicaments
  • la réduction des cas de maladies et décès liés à la consommation des médicaments du circuit illicite.

Cette ratification, dira l’honorable Claudine Prudencio, présidente de la commission des affaires sociales, permettra au Bénin de renforcer la santé publique et d’endiguer les conséquences du trafic des faux médicaments et de la vente illicite des produits pharmaceutiques.

Au cours des discussions, les députés ont déploré le trafic illicite des médicaments dans notre pays. Les députés n’ont pas manqué de dénoncer les pharmaciens d’Etat qui s’adonnent à ces pratiques illégales dans des officines pharmaceutiques.

Il s’agit des députés Valère Tchobo, Gérard Gbénonchi, Raphael Akotègnon, Mathurin Nago et d’autres. Des recommandations et contributions ont été faites à l’endroit du gouvernement représenté par le ministre de la santé Alassane Séidou

Extrait des préoccupations de quelques députés

Honorable Aké Natondé : « …Malheureusement les entreprises pharmaceutiques officielles trempent dans cette affaire de faux médicaments. Que fait le gouvernement pour lutter contre ce phénomène ?

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Restauration du PVI : Bénin control a exercé 45 jours dans l’illégalité

Le Programme de vérification des importations suspendu en 2012, a repris le 1er avril 2017. Mais, chose curieuse, cette reprise a eu lieu en  l’absence d’un acte qui la consacre.

La société Bénin Control chargée de l’exécution du programme avait ainsi repris du service sans qu’il y ait eu le nouveau décret portant institution du Pvi. Pendant près de deux mois, Bénin Control déjà assez dénoncé pour les nombreux avantages à lui accordés par le gouvernement, a opéré de manière illégale.

Ledit décret qui devrait sanctionner la reprise des activités de Bénin Control n’a finalement vu le jour que le 17 mai 2017. Curieusement, le texte n’a même pas été rendu public. (Lire  l’intégralité du décret longtemps caché au peuple).

DECRET N° 2017-264 DU 17 MAI 2017

REPUBLIQUE DU BENIN

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

Modifiant et complétant le Décret N° 2011-106 du 22 Mars 2011 portant institution d’un Programme de Vérification des Importations (PVI) de Nouvelle Génération en République du Bénin

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, CHEF DU GOUVERNEMENT,

Vu La loi N° 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin;

Vu La proclamation, le 30 mars 2016 par la Cour Constitutionnelle, des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 ;

Vu Le décret n° 2016-264 du 06 avril 2016 portant composition du Gouvernement;

Vu Le décret 2016-292 du 17 mai 2016 fixant la structure type des Ministères;

Vu Le décret N~ 90-141 du 29 juin 1990 portant définition de la profession d’importateur en République du Bénin;

Vu Le décret N° 90-273 du 28 septembre 1990 fixant les conditions d’obtention, de validité et d’utilisation de la Carte Professionnelle de Commerçant i

Vu Le décret N° 2011-106 du 22 Mars 2011 portant institution d’un Programme de Vérification des Importations (PVI) de Nouvelle Génération en République du Bénin;

Vu Le décret N°2017-174 du 21 mars 2017 portant retrait du décret N°2012-288 du 23 août 2012 abrogeant le décret N° 2011-106 du 22 mars 2011, portant institution d’un Programme de vérification des Importation de Nouvelle Génération en République du Bénin;

Vu     le Contrat de Marché N°20/MEF/MPDEPP-CAG/MDCEMTMIP/DNCMP du 9 février 2011 relatif à la mise en place du Programme de Vérification des Importations (PYI) de Nouvelle Génération

Vu     L’avenant N°01/03/2017 du 06 avril 2017, au contrat de marché Ne’20/MEF/MPDEPP-CAG/MDCEMTMIP/DNCMP du 9 février 2011 relatif à la mise en place du Programme de Vérification des Importations (PVI) de Nouvelle Génération

Vu Le Relevé des Décisions Administratives N° 005Bis /PRISG/RELlOrd du 08 juin 2016 adopté par le Conseil des Ministres en sa séance du 18 Mai 2016) relatives à la Communication 079/16 Bis;

Sur proposition conjointe du Ministre de l’Economie et des Finances et du Ministre des infrastructures et des Transports;

Le Conseil des Ministres entendu en sa séance du 17 mai 2017,

DECRETE:

CHAPITRE 1 • DISPOSITIONS GENERALES

Article 1 : (sans changement)

Article 2 : (sans changement)

Article 3 modifié: Les opérations d’inspection documentaire à destination sont obligatoires pour toutes importations avant ou au moment de leur introduction sur le territoire national, quelle que soit leur provenance et quel que soit leur mode de transport.

Ces opérations sont de la responsabilité du Gouvernement de la République du Bénin qui, par contrat en a confié la charge à la société Bénin Control SA.

La société Bénin Control pourra, sous sa responsabilité, sous-traiter les prestations objet du contrat, après autorisation du Ministre en charge des finances.

Article 4 modifié: Un comité interministériel chargé du suivi et du contrôle de l’exécution du contrat sera créé par Arrêté conjoint du Ministre de l’Economie et des Finances et du Ministre des

Article 5 : (sans changement) Article 6 : (sans changement)

CHAPITRE II (modifié) DE LA MISE EN ŒUVRE DU SYSTEME DJINSPECTION A DESTINATION DES MARCHANDISES

Article 7 modifié: Toute personne désireuse d’importer une marchandise en République du Bénin est tenue d’adresser à la Société Bénin Control ou au prestataire désigné par la Société Bénin Control:

– une demande d’inspection à destination;

– deux (02) photocopies de la facture de l’exportateur;

– tous autres documents nécessaires à la bonne exécution de la vérification tels que bordereau de colisage, certificat d’origine, procès-verbaux d’essai, nom et adresse des sous-traitants éventuels, liste des composants, spécifications techniques, dossiers de fabrication, etc,

Article 8 (modifié) : La liste des marchandises exclues du champ d’application de l’inspection à destination en raison de leur nature ou de leur provenance, est précisée par un Arrêté conjoint du Ministre chargé des finances et du Ministre chargé des transports.

Toutefois, les importations par voie maritime, aérienne ou par voie terrestre d’une valeur égale ou supérieure à cinq cent mille francs (500000) CFA sont soumises à l’inspection.

Article 9 (modifié} : En cas d’alerte, la vérification peut donner lieu à inspection physique des marchandises qui se fera au lieu fixé par le prestataire.

Article 10 (modifié) : A l’issue de la vérification documentaire ou (le cas échéant) de l’inspection physique, la Société Bénin Control émettra:

  1. a)    une Attestation de Vérification documentaire (AVD), lorsque le contrôle ne révèle aucune anomalie;
  1. b)    un Avis de Refus d’Attestation (ARA), lorsque le contrôle relèvera une ou des anomalies.

Toutefois si l’importateur procède aux ajustements nécessaires après émission d’un ARA, la Société Bénin Control pourra émettre une AVD de remplacement.

Article 11 (modifié): Toutes les marchandises ne rentrant pas dans la liste d’exemption et à l’encontre desquelles un Avis de Refus d’Attestation (ARA) est émis ou qui ne sont pas accompagnées d’une Attestation de Vérification Documentaire (AVD) ne peuvent faire l’objet d’une déclaration en douane en République du Bénin,

Article 12 : (sans changement)

CHAPITRE III –     DE L’INSPECTION PAR SCANNER DES CARGAISONS DE MARCHANDISES DEBARQUEES EN REPUBLIQUE DU BENIN

Article 13 (modifié) : Dans une proportion rigoureusement inférieure ou égale à 10 du volume total des importations, le contenu de toute cargaison de marchandises ciblée par l’analyse de risque et débarquée sur le territoire de la République du Bénin par les frontières terrestres ou maritimes, fera l’objet d’une visualisation à l’aide d’un scanner à rayon x, par la société Bénin controlen étroite collaboration avec l’administration des douanes.

Article 14 : (sans changement) Article 15 : (sans changement)

CHAPITRE IV – DE L’INSPECTION POUR LA CERTIFICATION DES POIDS DE MARCHANDISES IMPORTEES EN VRAC AU PORT DE COTONOU

Article 16 (modifié) : Sans préjudice de l’inspection documentaire à destination,

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Bénin : Les mémoires d’un infirmier rescapé du Lassa à Tchaourou

Au contact des malades de la fièvre hémorragique à virus Lassa lors des épidémies survenues au Bénin de 2014 à 2017, certains agents de santé ont été contaminés et en ont perdu la vie.

Mais Vito François Coffi, infirmier diplômé d’Etat à l’hôpital Saint Martin de Papané, l’hôpital de zone de Tchaourou dans le département du Borgou, est l’un des ‘’revenants’’. Retour sur un vainqueur du Lassa.

Sur les traces du triste épisode des épidémies de la fièvre hémorragique à virus Lassa au Bénin de 2014 à 2017, nous arrivons ce lundi 19 juin 2017, à l’hôpital Saint Martin de Papané dans la commune de Tchaourou. C’est dans le département du Borgou, à 380 kilomètres environs de Cotonou ou 60 kilomètres au sud de Parakou. En cette première matinée de semaine dans ce célèbre centre de l’histoire desdites épidémies au Bénin, nous rencontrons entre autres, Vito François Coffi. 45 ans révolus, l’infirmier diplômé d’Etat en service ici depuis près d’une quinzaine d’années, nous reçoit l’air très heureux. Heureux pas seulement de sa blouse blanche qu’il lui sied, mais surtout, comprend-t-on très tôt, de vivre encore après avoir souffert du Lassa. «Je suis totalement heureux parce que ceux qui sont morts ne sont pas plus pécheurs que moi ; mes enfants et ma famille aujourd’hui me voient» déclare-t-il. Mais derrière son sourire, se cache dans sa mémoire, le souvenir d’une période noire de sa carrière professionnelle. Il l’a connue avec le Lassa, un nom qui sonne toujours mal dans ses oreilles. «Lassa me rappelle un passé amer. Amer dans ce sens que je serais aussi parti de ce monde comme mes collègues et beaucoup d’autres patients. Mais je suis encore avec les miens. C’est la volonté divine.» confie-t-il la tête baissée.

Le 3 janvier 2016 à Papané

«Nous avions eu un contact avec une patiente en son temps, un 3 janvier précisément. Quelques jours plus tard, je me suis senti vraiment mal : une hyperthermie et une asthénie très intenses» se souvient-t-il encore.

C’est le début de l’épisode dans lequel il nous replonge ce matin. Le Directeur actuel de l’hôpital, Dr Emile Kouton Cossi qui était à l’époque médecin en chef et Président du comité de lutte contre les infections nosocomiales, s’en souvient aussi très bien. Il relate : «Je me rappelle bien de ce lundi 3 janvier 2016 à l’hôpital St Martin de Papané. J’étais de garde quand l’infirmier de kassouala –village frontalier avec le Nigéria-, nous a appelés vers 10h. Elle a dit ‘’docteur, j’ai une femme enceinte qui fait la fièvre depuis 15 jours ; je vais vous l’envoyer. Vers 15h la femme est venue et je l’ai examinée personnellement. On l’a ensuite hospitalisée. Le lendemain, la gynécologue qui a fait la garde du mardi au mercredi m’a dit : ‘’Dr Kouton, la dame s’est mise à saigner d’un peu partout dans la nuit, elle est aux urgences’’. Le mercredi, la dame est décédée. Une à deux semaines après, on a constaté que toute une série du personnel de l’hôpital a commencé à avoir la fièvre, précisément ceux qui étaient de garde du mardi au mercredi. Les infirmiers, la technicienne de laboratoire, l’aide soignant. Tout ce monde avait un signe en commun : la douleur de la gorge. Le 21 janvier, l’infirmier de la pédiatrie, qui théoriquement n’a pas eu contact avec la dame est décédé. C’est de là qu’on a alerté les autorités, et que la direction départementale de la santé (Dds) a dépêché une équipe.».

Jusque-là, aucune certitude sur la cause de la mort des deux agents. C’est cette équipe de la Dds qui 5 jours après les investigations et l’analyse des prélèvements, a révélé qu’il s’agissait d’un cas de fièvre hémorragique à virus Lassa. Le jour de l’annonce fut une journée noire à l’hôpital. «C’est comme si le ciel nous était tombé sur la tête, c’était la désolation» raconte le Dr Kouton.

L’instinct et le fameux stylo rouge qui rachetèrent François

Entre-temps, François qui s’était rendu dans son village est rentré à Papanè, et ceci contre la volonté de ses parents qui ont voulu l’envoyer à l’hôpital de Comè dans le département du Mono. Ce fut sa première chance.

«C’est au moment où j’ai effectué un voyage sur Grand-Popo, mon village natal, que la crise a gagné en envergure. Les parents ont décidé de m’envoyer à l’hôpital de zone de Comé, mais comme j’avais sur moi les analyses des collègues avec qui je constitue normalement une équipe de garde, et que j’avais déjà commencé à prendre en consultation avant mon voyage, j’ai refusé. J’ai me suis obligé à revenir ici.»

Revenu effectivement à Papané, François n’est pas resté inactif. Il a trouvé la formule pour signaler l’urgence. C’était le début de sa résurrection. «De retour ici, j’ai fait appel au médecin de garde et actuel directeur. Il a lancé les bilans. J’avais déjà les bilans lancés par le Dr Kotchoffa sur moi, mais que je n’avais pas faits. Je me suis donc saisi du stylo rouge et ai écrit urgent, urgent, urgent, puis je l’ai fait transmettre au labo. Je dirai en résumé que c’est l’instinct qui m’a guidé.» confie le rescapé.

21 jours de traitement comme des années de prison

Les résultats d’analyse de François ont été positifs. Du coup, il fut isolé. «Quand la situation est arrivée, nous avons choisi un endroit que nous avons séparé du reste du personnel et des malades.» informe Gervais Nassouhouèdé, surveillant général de l’hôpital, chargé de la sécurité des agents entre autres. C’était précisément dans le service de chirurgie du Dr Cyrille Agoli-Agbo. Cet isolement a été pour François une prison d’après son récit qu’il livre en ces termes : « A l’hôpital ici, je fais déjà parti des plus anciens. Je suis familiarisé avec beaucoup de gens. Je suis souvent demandé pour des consultations services ou conseils. Mais pendant cette période, je me suis vu éloigner de tout le monde, même ceux qui me semblaient les plus chers ; tout le monde a pris peur, paniqués. C’est un souvenir amer». Il soupire.

C’était en réalité un scandale au sein du personnel, d’après Dr Jacques Emalin Idjakotan Balogoun Kotchoffa, Chef service des urgences médico-chirurgicales.

«Certains ont cessé de travailler, d’autres rendaient plus visite à leurs collègues, or en période de maladie on a plus que jamais besoin de ses proches».

Le Dr Kotchoffa est celui qui a vraiment été au chevet des malades du Lassa, et grâce à qui, avec l’aide de Dieu, l’infirmier François a été déclaré guéri 21 jours après. Il retrouva son sourire. «C’était une joie, une consolation de regagner ma famille, ma maison et mes enfants.» Le reste du personnel aussi retrouve dès lors la quiétude et une fierté. «Quand nous les voyons aujourd’hui, nous sommes fiers d’avoir un personnel qui a été au front, qui a fait la maladie et qui s’en est sorti », déclare le Directeur. «C’est comme des revenants. Les mots nous manquent pour qualifier cela. On se dit simplement que Dieu est grand, et on s’en réjouit», renchérit le Dr Jean Paul Leno, médecin chef du service de médecine général de l’hôpital.

L’irrécupérable

La victime de son côté, ne s’en réjouit pas totalement car, elle a perdu à jamais son physique d’avant le Lassa.

«Je ne suis plus solide et endurant parce que depuis ce moment, j’ai eu un problème de lombalgie, je traîne encore ce mal» regrette-t-il.

La cause à l’en croire, c’est qu’il

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SBEE - Bénin : Le Dg Laurent Tossou dans l’œil du cyclone

La Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) a montré ces dernières années une sorte de stabilité interne. Celle-ci pourrait être perturbée dans les jours à venir à cause des agissements du Dg Laurent Tossou.

Entre népotisme, nominations fantaisistes, recrutements et promotions illégales, le Dg évolue les yeux fermés, mettant de côté la convention collective de la société et œuvrant pour la clochardisation des postes de responsabilité.

L’une des actions phares du gouvernement de la rupture est l’amélioration de l’indépendance énergétique au Bénin. S’il semble se battre pour cela avec des hauts et des bas, la Sbee l’unique société de dis- tribution d’énergie électrique du pays, devrait faire de son mieux pour atteindre cet objectif. Ceci ne semble pas être la préoccupation de son Dg Laurent Tossou.

Nommé il y a quelques mois, ce jeune Dg est pressé. Pressé de profiter des nombreux avantages de son poste et d’en faire profiter à ses amis et parents, il a pris des décisions en sa propre faveur. En effet, selon la convention collective de la société, l’agent qui est nommé Dg passe automatiquement à la catégorie « hors classe », et bénéficie des avantages afférents à ce reclassement. Mais, dès qu’il n’est plus Dg, il perd ces avantages. Laurent Tossou ne veut pas de ça. Il veut d’un reclassement qui va le suivre toute sa carrière. Au point où, même après ses fonctions voire jusqu’à la retraite, il aura le plus haut salaire de la grille. Ainsi, le 16 mars, il écrit au président du Conseil d’administration de la société au sujet de sa situation administrative, et demande son reclassement en tant que directeur dans la catégorie C4, car selon lui, « hors classe » n’est pas à proprement parler une catégorie professionnelle.

Le 21 mars, le président du Conseil d’administration donne, sans sûrement comprendre ce que demandait réellement le Dg, accord à sa demande. A la Direction des ressources humaines (Drh) de la société où cette décision du Conseil d’administration doit être mise en exécution, la directrice a un peu trainé les pas, ayant certainement compris que ce que le Dg demandait était impossible. Le 13 juin, dans un message au ton injonctif, le Dg demande à la Drh de « procéder dans les plus brefs délais » à son reclassement pour salaire, au montant d’un million huit cent cinquante deux mille trois cent trente trois (1.852.333) Francs Cfa. Ceci n’est nullement conforme à la convention collective de la structure. Et pour cause, le Dg avait bénéficié il y a quelques mois d’une promotion qui l’a amené de la catégorie C2 à C3. Or, selon cette convention, aucun travailleur ne peut bénés cier d’une nouvelle promotion si la dernière date de moins d’un an ; ce qui est le cas du Dg Tossou.

Mieux, Laurent Tossou ce reclassement n’existe nulle part dans les textes. Actuellement en C3-4, le Dg ne peut espérer être au plus en C4-3 comme le prévoit les textes. En effet, selon l’article 45 de cette convention, « La promotion consiste en un passage d’une catégorie, échelle ou échelon inférieur, à une catégorie, échelle ou échelon supérieur. Elle fait gagner à l’agent une catégorie ou une échelle, salaire pour salaire, avec bonis cation d’un échelon, lorsque l’agent passe d’une catégorie ou échelle inférieure à une catégorie ou échelle immédiatement supérieure », et ceci à l’issue d’une formation professionnelle, après l’admission à un test ; à la suite d’un concours professionnel. Dans les autres cas, précise un autre alinéa du même article, « le reclassement salaire pour salaire ». On comprend donc que le Dg veut piétiner la convention pour atteindre ses soucis mercantiles.

Une directrice de communication illégalement recrutée

Guère soucieux de la

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Retour en catimini : occasion ratée de gommer la mauvaise communication autour de Talon

Grosse déception pour les curieux, les badauds et certains fans du président de la république. Hier soir, informés par les réseaux sociaux, beaucoup parmi eux ont fait spontanément le déplacement de l’aéroport international Bernardin Gantin de Cadjêhoun pour voir le Chef de l’Etat de retour d’un long séjour à l’étranger dont on ne sait toujours pas grand-chose.

Pour son retour, le président de la république a fait la même option qu’à son départ pour ce voyage: celle de la discrétion et de la cachoterie. Pas d’accueil solennel avec tapis rouge et la liesse habituelle. Juste une poignée de militaires de la garde présidentielle, quelques membres de sa famille dont son épouse et son ami Olivier Boko. La presse, elle, serait indésirable.

De l’arrivée du Chef de l’Etat hier, on aura que deux images. Une première qui montre l’avion, un Falcon affrété pour la circonstance, avec une poignée de personnes à son pied attendant la descente du Chef de l’Etat.

Une deuxième où on voit le cortège conduisant le Chef de l’Etat sur le boulevard de la Marina en direction de sa maison. En un mot, personne-en tout cas pas le grand monde- n’aura  vu physiquement le président de la république hier. Seule la magie de la manipulation a fait publier, toujours sur les réseaux sociaux, une vieille photo d’un Patrice Talon au début de mandat, tout feu tout flamme, entrant dans un avion en chemise blanche et cravate rouge au vin. Quelques esprits habiles ont rapidement démenti cela. Puis une autre manipulation. Celle-ci consiste à prendre un post de Djamila Idrissou Souler comme propos à chaud du Chef de l’Etat à son arrivée au pays. Hors, la journaliste n’émettait que des souhaits et appelée, elle a bien précisé le sens de son poste sur facebook.

Pourtant, ces

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Absence du président Talon au Bénin: Le gouvernement sème la confusion

L’absence prolongée du Chef de l’Etat du pays alimente toujours les polémiques. Alors que la situation suscite l’inquiétude et l’angoisse des populations, les interventions des ministres ne rassurent guère et n’apportent aucune réponse aux préoccupations. La dernière en date, celle du ministre Sacca Lafia, en rajoute davantage à la confusion créée par le gouvernement lui-même.

Une dernière déclaration d’un membre du gouvernement relance la polémique sur l’absence prolongée du Chef de l’Etat. Interviewé par un confrère de Frissons Radio sur l’absence du président Patrice Talon, le ministre de l’intérieur Sacca Lafia affirme :

« Le président est en voyage pour remplir ses fonctions. Monsieur le président, comme tout homme, comme tout président, a des activités liées à ses charges au Bénin, hors du Bénin, en Afrique, en Europe ».

Cette intervention qui est la 3è d’un membre du gouvernement depuis l’absence du Chef de l’Etat du territoire national, n’apporte aucun élément nouveau aux versions servies par deux ministres avant lui. Elle n’apporte également aucune réponse aux préoccupations légitimes des populations qui veulent en savoir plus sur le lieu où se trouve le président, et les raisons de ce séjour qui dure plus deux semaines. Cette version qui vient à un moment où on a atteint le pic des rumeurs autour de l’état de santé du président Patrice Talon, n’est pas trop éloignée de celle servie par le ministre des affaires étrangères Aurelien Agbénonci, face au corps diplomatique à Cotonou.

Ce dernier avait affirmé que « le Chef de l’Etat a voyagé pour répondre à des obligations ». Version qu’il balaie lui-même le lendemain, en déclarant à l’Afp que le Chef de l’Etat était allé faire son bilan de santé en France. Mais entre ces deux versions, il y en a une autre totalement à leurs antipodes. Elle émanerait du ministre Joseph Djogbénou qui aurait déclaré sur Bbc Afrique que le Chef de l’Etat est au pays. Trois ministres, trois versions différentes ou contradictoires, qui affichent un seul objectif : cacher soigneusement et la destination du Chef de l’Etat et les raisons de son séjour dont la durée ne peut que susciter des interrogations. Sinon comprendre cette confusion entretenue par les membres du gouvernement alors que les populations nourrissent un souci légitime, celui d’en savoir un plus sur l’absence de leur président. Car, dans l’histoire de notre démocratie, c’est le plus long séjour extérieur d’un chef de l’Etat qui n’est ni en congés, ni en visite pour raisons de santé. Le président Soglo avait séjourné en France en 1991 pour plusieurs mois, pour des raisons de santé. Depuis, aucun président n’a fait autant de jours à l’étranger. Même Boni Yayi très féru des voyages n’avait fait autant de jours à l’extérieur pour ses pérégrinations. C’est ce qui fait dire à la rumeur que le Chef de l’Etat est « gravement » malade, voire « opéré » de la prostate. Thèse à ne pas rejeter puisqu’un journal qui se réclame proche du PR a écrit il y a quelques jours que le Chef de l’Etat a été aperçu à Paris, où il a fait un check up et pris rendez vous avec son cardiologue.

Sacca Lafia provoque les Béninois

Qui a demandé à Sacca Lafia de se prononcer sur

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Port Autonome de Cotonou : Comment Huguette Amoussou a tenté de briser la grève

La grève de 48h lancée par le Syntrapac a mis la Directrice générale dans tous ses états. Soutenue par le gouvernement, elle a multiplié dans la journée d’hier tous les stratagèmes pour faire échec à cette grève, mais en vain. Récit d’une journée folle au Port de Cotonou.

Les agents et les usagers du port ont été accueillis hier à leur lieu de travail et de demande de services par les forces de l’ordre. Très tôt dans la matinée en effet, une horde de policiers a investi la devanture du port. Ils ont ensuite été rejoins par des éléments de la compagnie maritime de la gendarmerie.

La Dg a pris une note pour réquisitionner certains agents, en l’occurrence les Directeurs techniques et les chefs service, mais elle n’est toujours pas rassurée. Elle convoque alors les Directeurs techniques, les chefs de département et chefs services pour une réunion à 15h30.

Conscients de la situation, les responsables du Syndicat des travailleurs du Port Autonome de Cotonou (Syntrapac), organisent un conseil syndical extraordinaire à la bourse du travail à 14h pour harmoniser les points de vue et choisir le mot d’ordre avant la réunion avec la Dg. Conseil à l’issue duquel le mot d’ordre de grève a été maintenu. Au cours de la rencontre, la Dg a répété les propos tenus sur

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Persécution politique de Léhady Soglo au Bénin: 4è audit en un an à la mairie de Cotonou

Depuis hier, une commission du cabinet français Deloitte séjourne à la mairie de Cotonou où elle doit auditer les comptes de la mairie.

Cette quatrième commission d’audit après celles du Fadec, du Cabinet Fiduciaires d’Afrique et du Bureau d’analyses et d’investigations (Bai) a la délicate mission de trouver dans la gestion de Léhady Soglo « la petite faute » dont le gouvernement va se servir pour le liquider.

A la mairie de Cotonou, le gouvernement continue son inquisition. Selon des sources concordantes, une commission d’audit du Cabinet français Deloitte y séjourne depuis hier matin.  C’est la 4ème commission d’audit dans les locaux de l’hôtel de ville en un an.

Sait-on jamais, celle-ci pourrait trouver quelque chose pour compromettre Léhady Soglo et le dégager de la tête de Cotonou, les trois premières ayant presque échoué à ce jeu. Il s’agit des commissions du Fonds Fadec, du cabinet Fiduciaires d’Afrique, et celle du Bai. Si le souci affiché par le gouvernement semble être la transparence dans la bonne gestion des ressources publiques, le nombre des audits effectués en un an et les liens existant entre ces cabinets ou structures et le Chef de l’Etat, obligent à se poser des questions.

Quatre audits, cela paraît trop pour contrôler en si peu de temps la gestion d’une commune, et la provenance de ces commissions n’augure pas d’un travail impartial et sincère. Faut-il le rappeler, en dehors du Fadec, Fiduciaires d’Afrique est un cabinet d’expertise comptable qui appartient à Johannès Dagnon, cousin et conseiller spécial du Chef de l’Etat. Idem pour le  Bai qui lui est confié. Quant au cabinet Deloitte actuellement en activité à la mairie, bien qu’il soit un cabinet de droit français, c’est le cabinet de provenance de Romuald Wadagni, ministre de l’économie et des finances.

Contrairement aux missions antérieures, c’est une équipe d’inspecteurs expatriés qui séjourne depuis ce lundi 12 juin 2017 à l’hôtel de ville de Cotonou. Que cherche-t-on tant à la mairie de Cotonou ? Sûrement la petite

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