L’héritage d’Aimé Césaire

Donc le nègre est mort.
Il est mort debout, au petit matin de la moiteur tropicale de sa Martinique éternelle. Il est mort comme il l’avait toujours souhaité, au milieu des siens, le regard peuplé d’étincelles, ces petites lueurs étoilées dont il avait voulu éclairer les consciences noires, qu’elles soient de l’Afrique ou qu’elles appartiennent à ses morceaux disparates à travers le monde.

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Pourquoi je n’ai pas voté ?

Dans mon quartier, il y a des enfants, des femmes et des hommes. Et il y a des maisons. Il y a ma rue aussi.
Dans mon quartier, le délabrement est acolyte du luxe, les murs lézardés de banco côtoient les récentes splendides maisons pour donner à la fois le sentiment d’un village comme cela se voit dans les films et les anciens romans d’Africains, et une illusion d’opulence. Celle-ci est atténuée par le non tracer des rues intérieures qui font du passage des véhicules une cavalcade aussi agaçante qu’inutile.

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Le téléphone portable et la statuette d’Ogu

La présentation générale du projet Broken Memory, par Bernard Müller l’année dernière à Porto-Novo, indique entre autres, photographies à l’appui, que des objets ont bel et bien été pillés dans une situation de conflit et qu’il convient de les restituer. Pour lui, ces objets ont une place dans la construction de l’histoire africaine. Thierry Bonnot ne le contredit pas en montrant les réactions des héritiers contre le transfert des cendres de certaines personnalités françaises, comme George Sand ou Alexandre Dumas.

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Mugabé, comme Nkrumah, Sékou Touré et Castro.

{joso}Robert Mugabé, 84 ans, est sous les feux de l’actualité politique africaine et internationale depuis bientôt une dizaine d’années.Négativement s’entend!  A chaque échéance électorale depuis les années 90,  on ne parle que de tripatouillages des résultats et des mésaventures juridico-carcérales du leader de l’opposition Morgan Tsvangiraï. Tous les médias occidentaux le dépeignent sous les traits d’un dictateur sanguinaire qui a conduit  l’ancienne Rhodésie du sud,  naguère grenier de l’Afrique australe à la banqueroute.{/joso}

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Le cauchemar des étudiants béninois à Cuba

Florent COUAO-ZOTTI,Ecrivain (couao64.unblog.fr)    
Vendredi 4 avril 2008. Sur les antennes de RFI, au cours de l’émission « La parole aux auditeurs », Adama, étudiant béninois en médecine à Cuba, a appelé le standard de la chaîne pour raconter par le menu ses déboires. Boursier de l’Etat cubain, il n’a droit qu’à 3 dollars par mois (1650 FCA), c’est-à-dire juste de quoi acheter deux baguettes de pain et, accessoirement, quelques morceaux de sucre pour rendre moins misérables ses petits déjeuners épisodiques.

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L’élan d’un bon cru

A tout dire, Fitheb 2008 est une réussite. Festivaliers et profanes se sont abreuvés d’une vingtaine de spectacles à divers paliers. Il y a eu du beau, du moins beau aussi. On s’est réjoui. On s’est ennuyé également. Tous les spectacles n’ont pas comblés les attentes. Toutefois, la diversité des représentations a été d’une créativité féconde. Des professionnels de renom comme Etienne Minoungou, Manou Yablay, Adama Traoré, André Joly… ont été au rendez-vous, qui pour acheter des spectacles, qui pour découvrir des talents.

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CES CEA DE MALHEUR !

Par Dénis AMOUSSOU-YEYE, professeur à l’UAC
Je suis devenu par la force des choses spécialiste des questions électorales ayant déjà participé à deux CENA dont celle de 1996 où malgré que nous étions  au pouvoir, nous avons été totalement noyautés et écrasés par la technologie électorale mise en oeuvre par un consultant étranger stipendié par un homme politique, alors directeur de campagne du Général Mathieu KEREKOU.

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Eduquer aux droits de l’homme au bénin et en afrique pour consolider la démocratie

La Communauté Internationale ne perd pas de vue le fait que les droits de l'homme, constituent un besoin fondamental de notre temps. En effet, au nom de cette communauté, l'Assemblée Générale de l'ONU, par la résolution 49/194 du 23 Décembre 1994, a décidé de faire de la période du 1er Janvier 1995 au 15 Décembre 2004, la décennie pour l'éducation dans le domaine des droits de l'homme. Il faut présenter d'abord le sens onusien de ce processus qui, sans conteste, est un droit fondamental, ensuite, son impact individuel et collectif, ainsi que ses exigences.

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«Le Changement» a deux ans !

« Tout est dit, Et nous venons trop tard, dans un monde trop vieux… »
(La Rochefoucauld.)

Non, le miracle ne s’est pas produit ! Il n’y a pas eu de miracles. Il n’y aura jamais de miracles. Ils sont très déçus, ceux qui attendaient un miracle, on est toujours déçu quand on attend des miracles là où le travail seul, conduit méthodiquement et patiemment par des hommes et des femmes adultes et responsables, produit les richesses qui comblent les besoins et les attentes des uns et des autres, notamment des couches sociales les plus déshéritées.

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La mémoire sélective de Mathieu Kérékou

L’actualité en  ce début de semaine de travail,  c’est bien la mise sous mandat de dépôt des 11 militants de la Rb impliqués dans la ténébreuse affaire de vol de cartes d’électeurs. Mais on ne peut occulter la visite , le week-end dernier, du président Boni Yayi au domicile de Mathieu Kérékou  , en raison  du  contexte politique actuel , un contexte marqué par les suites de  la déclaration du G13 et  la sortie fracassante de ce qu’on appelle le G4 .Les passe  d’armes verbales qui s’en sont suivies   entre les  Forces Cauris et leurs affidés d’une part et " leurs amis d’en face" d’autre part,  n’ont pas fini de faire des vagues .

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Social Watch ou comment prêcher sans ses compagnons de départ.

Florent COUAO-ZOTTI (couao64.unblog.fr)

Il y a quelques jours, l’ONG Social Watch a publié un communiqué brûlant sur les pratiques en cours au sommet de l’administration publique béninoise. C’est le genre de texte qui fait se dresser les cheveux sur la tête, qui fait sursauter les sensibles du cœur ou fait bondir au plafond les plus grands émotifs.

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CES PLAISANTERIES QUI RISQUENT DE NOUS TUER

 Par Dénis AMOUSSOU-YEYE, professeur à l’UAC
Par tempérament, je ne m’aventure jamais à trouver chez l’autre l’animal que nous habitons tous en nous et qui ne demande qu’une chiquenaude pour se manifester ; alors qu’il y a des choses plus graves. Notre pays est plus que jamais à un carrefour dangereux de son évolution où il se doit de sauter vers l’émergence ou tomber dans la même régression que devant.

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Opinion

{ic_doc}{/ic_doc}Questions internationales la fronde africaine au conseil des droits de l’homme de l’onu

Nul ne doit ignorer que les droits de l’homme constituent pour l’ONU, une préoccupation de premier ordre. Parce que ne pouvant plus accompli convenablement la tâche qui lui a été assignée, la commission des droits de l’homme créée en 1946 par le conseil économique et social, a été remplacée en 2006 par le Conseil des droits de l’homme que l’on veut véritablement performant. Deux sortes de mécanismes permettent le contrôle universel de la situation des droits de l’être humain. D’un côté, les mécanismes conventionnels, résultant des traités ou conventions qui s’imposent aux états parties. De l’autre, les procédures spéciales ou mécanismes spéciaux, comme les rapporteurs spéciaux ou experts indépendants, qui s’appliquent à tout état membre de l’ONU en cas de nécessité. Il importe fondamentalement de mentionner à dessein, qu’aux termes de la charte, la coopération des états ne doit comporter aucune faille.

La récente fronde au sujet de la RDC

L’expert commis au contrôle de la situation des droits de l’homme dans ce pays a présenté un rapport critique, qui constitue en vérité une source d’inquiétude, en raison de la gravité des faits constatés. Face à cette dégradation, le principe du renouvellement du mandat de l’expert à été soulevé, en vue d’aboutir en fin de compte à un modus operandi, visant à améliorer la situation des droits de l’homme en R.D.C. Au lieu de reconnaître honnêtement l’affreuse dégradation dûment constatée par l’expert, le groupe africain, soutenu de façon irresponsable par certains pays du Sud, a préféré organiser avec véhémence une fronde contre un renouvellement de mandat. Il s’agit là d’une solidarité contre nature, totalement inacceptable, parce que violant de propos délibéré certaines dispositions qui prescrivent la coopération sans faille des états avec l’organisation mondiale en matière de droits de l’homme. Et ce n’était pas la première fois ! C’est dire que le phénomène est pratiquement et bassement récurrent. Pas plus tard que l’année dernière, une fronde analogue s’était produite au sujet du gouvernement soudanais, quant à la situation de désastre résultant des violations massives et répétées des droits de l’homme prévalant depuis 5 ans au Darfour. Au cours du débat sur la R.D.C au conseil des droits de l’homme, pendant le mois de mars 2008, ces états africains frondeurs, ont eu à demander pourquoi la nomination de rapporteurs spéciaux ne s’applique qu’au Sud. Une question ridicule, en ce sens que, nommer en rapporteur spécial, thématique ou général pour un pays, est toujours lié à un désastre dans un domaine précis, comme la torture, ou à des infractions graves relatives à l’ensemble des droits de l’homme. Les états africains, du noms certaine, doivent être sérieux. Comment peut-on nommer systématiquement un rapport spécial pour un pays du Nord où ne se produisent pratiquement pas des violations massives et répétées des droits de l’être humain ? Comment peut-on nommer systématiquement un rapporteur spécial pour pays du Nord où la loi fondamentale ne subit pas de tripatouillage, où l’on ne triche pas avec une effronterie légendaire lors des élections pour se maintenir au pouvoir, toutes choses existant au Sud et créant des soulèvements, réprimés avec férocité par des dirigeants qui pensent à tort qu’ils sont indispensables ?

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Des griots en général...

{ic_doc}{/ic_doc}

Questions : qu’est devenu Gaston Zossou, l’éminent haut parleur du gouvernement Kérékou ? Qu’est-il advenu de sa faconde incandescente qui brûlait, sans ménagement, les opposants et tous ceux qui dénonçaient les errements de son chef? Aux dernières nouvelles, on l’aurait vu, le Zogang, dans son ananeraie aux prises avec les ronces. On l’aurait également aperçu dans une église, la mine inspirée, commerçant farouchement avec le Très Haut. En tout cas, il est quelque part, dans les oubliettes du pays, avec, en souvenir, ces jeudis flamboyants où son sens de la mise en scène le disputait à son art du sophisme.

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