Le poulet est un animal élevé et domestiqué sur le continent africain où il est désormais un indicateur important. La présence de volaille est en effet indicatrice : de présences humaines car les poulets sont souvent élevés, de vie communautaire ou de moyens de subsistance alimentaire de base. En Afrique comme dans le monde entier, l’alimentation en volaille est très prisée. Seulement il n’y a pas que la chair qui est consommée mais aussi les œufs produits par les femelles du coq car elles sont ovipares. La poule comme le poulet est couverte de plumes sauf qu’elle développe moins sa crête au sommet du crâne. La formation très apparente de la crête est une caractéristique importante de la volaille masculine ayant atteint l’âge adulte.
Proverbes
Se prosterner n’est pas signe de bon comportement
Ce proverbe africain nous vient du peuple Yoruba dont la langue est parlée par plus de 47 millions de personnes dans le monde en langue maternelle ou langue seconde aujourd’hui. Malgré les grandes transformations sociopolitiques et économiques du continent africain, les formations sociales et la structure des éducations sont toutes restées attachées autour des idéologies. Au nombre de ces coutumes se distingue la prosternation chez les yorubas qui a deux variantes selon que les personnes de sexe masculin saluent des femmes ou des hommes. Effectivement si l’homme salue un homme il n’aura qu’à se baisser ou s’incliner ou même s’agenouiller tandis que lorsqu’il salue la femme à compter par les mères de famille, ils doivent se prosterner à même le sol quasiment.
Un buffle habillé est difficile à déshabiller
Cette métaphore orale provient du royaume de Danhomey (Bénin) pendant les années 1700 lorsque le jeune prince alors, Avissou Vidaho de Dossou Agadja (nom de son père) fut intronisé roi sous le nom de Tégbéssou. En effet, même si l’on est plus vieux qu’un enfant, on n’est pas nécessairement plus vieux que l’intelligence de ce dernier et ce fut bien le cas de ce jeune roi d’alors. En Afrique les rois n’étaient jamais désignés au hasard, ils sont nommés après réflexions et consultations divines entre initiés, sages et anciens. Celui-ci était déjà brillant et doté d’un certain charisme tel que l’a prévu les procédures de désignation dans le royaume. Le roi Tégbéssou a lui-même prononcé ces paroles symboliques en langue fon afin de désigner la personnalité du roi qu’il allait incarner : « awou dje agbo ko man gnon klon » signifiant littéralement qu’ « il est difficile de déshabiller le buffle » (Amoussa Rahimi).
Les expériences sont utilisées comme point de repère pour les aînés
L’essentiel des recommandations de la sagesse ne repose pas que sur les grandes traditions spirituelles en Afrique mais énormément sur l’apprentissage des leçons de la vie au cours du temps, des journées et des années. L’expérience des anciens est alors faite d’évènements, d’épreuves, de luttes physiques comme morales, de faits marquants, d’observations régulières de phénomènes ou comportements et d’échanges verbaux qui offrent multiples formations ou apprentissages à ceux qui les vivent. La question d’expérience est souvent en relation avec le monde extérieur, soit l’environnement ou milieu dans lequel se retrouve le sujet concerné, mais cette expérience peut également être reliée avec le monde intérieur.
Un seul brin de paille ne balaie pas la cour
La propreté en Afrique fait partie des valeurs importantes des communautés. Le balai joue un rôle très intime à ce principe même s’il demeure un objet d’art traditionnel qui existent depuis des siècles. Le balai est un outil de nettoyage du parterre extérieur (brindilles plus raides en général) comme interne (brindilles nettement plus souples) à la cour d’une maison communément exploité dans tous les pays africains. Les balais originellement sont composés d’un faisceau de brindilles de graminées tel que le sorgho, le riz ou le fonio.
On tue plus avec la bouche qu'avec un arc
La puissance de l’oral en Afrique est unique au monde d’autant plus qu’elle a bravé l’épreuve du temps depuis des siècles. En effet, la place de la parole au sein des communautés africaines est incontournable car, c’est elle qui enseigne, qui transmet le savoir, qui transmet l’amour, qui maintient la culture, qui réunit les membres de la société lors des cérémonies comme des activités les plus banales et qui établit les liens commerciaux au-delà des multiples langues existantes dans le grand continent et au-delà.
Ce n'est pas le jour de la battue qu'il faut dresser son chien de chasse (Amadou Hampâté Bâ)
Une battue est une stratégie de chasse connue dans le monde entier où les chasseurs se regroupent dans un ordre désigné pour obtenir du gibier. La proie (ou les proies) sont chassée (s) selon le niveau de difficulté à les avoir avec des outils spécialisés, des chiens signaleurs qui vont alerter les maîtres, des tireurs expérimentés et postés à différents endroits. La mention de la journée de la battue fait référence à la journée choisie pour chasser. Généralement en Afrique ces battues sont organisées dans le but de nourrir les familles ou le village ou sa communauté car l’inclusion sociale y est incontournable. Très tôt dès l’enfance, les héritiers ou héritières apprennent à exécuter des tâches domestiques et agricoles, à savoir se défendre, à savoir se nourrir et apporter un gain à la famille/village d’appartenance.
Lentement est certainement la façon de marcher
La structure sociale dans les traditions africaines était déjà suffisamment évoluée depuis des siècles pour avoir mis en place tout un mécanisme oral qui garantit la pérennisation l’éducation, des cultures et des cellules familiales. Chez les peuples africains, l’éducation est le pilier de la structure sociale mise en place et une grande responsabilité des parents comme des aînés. Ceci est un autre proverbe Swahili souvent exprimé en anglais sur la toile : « Slowly is indeed the way to walk» ou en langue d’origine swahili : « Taratibu ndiyo mwendo ». Dans l’éducation, tout s’enseigne depuis les valeurs morales aux gestuels, grands chapitres de l’expression non verbale. Parmi les paramètres du non verbal, il y a différents éléments dont la démarche appelée ici la façon (manière) de marcher qui est observée.
Si tu manges le fruit d’un grand arbre, n’oublie pas de remercier le vent
Les valeurs africaines quelques soient les traditions attachent beaucoup d’importance à la reconnaissance. Sur le grand continent les conditions de la reconnaissance sont multiples mais très importants qu’il ne faut absolument pas négliger. Il faut noter que la reconnaissance s’apparente beaucoup au remerciement. Et comme il est connu des traditions africaines, l’enseignement à travers l’art oratoire fait souvent le parallèle ou établit les rapports entre les phénomènes naturels ou l’état naturel des éléments de la biodiversité.
Si tu es plus vieux que l’enfant, tu n’es pas plus vieux que son intelligence
L’âge en Afrique est une valeur très importante. Car en plus de rappeler aux plus jeunes que la vie est un cycle de plusieurs changements d’états de la naissance à la mort, les vieux ont un vécu plus volumineux que les plus jeunes qui leur permet normalement de porter le regard très loin sur les enjeux de société.