Après près de deux ans d’hibernation, l’alliance Fcbe renaît de ses cendres. Son 2e congrès qui a pris fin hier à Parakou, a consacré la transformation de cette coalition en parti politique, avec comme secrétaire exécutif le truculent député Valentin Agossou Djènontin. Mais la vraie attraction de ce congrès, c’est Boni Yayi, leader charismatique du parti naissant qui réussit son come back, deux ans après son départ du pouvoir en Avril 2016.
Samedi 10 février 2018. Il y a vingt huit ans, s’ouvrait à Cotonou la conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990. Les souvenirs de cet évènement majeur de notre histoire politique sont peu vivaces dans les mémoires. Le temps a fait son œuvre et a réussi à nettoyer de la mémoire de beaucoup de Béninois cette date historique. Ici à la place Bio Guéra de Parakou, aucun message officiel n’a rappelé à la mémoire collective cette date. Tout le monde est préoccupé par les problèmes du moment. Les esprits étaient concentrés sur la réussite de ce congrès de refondation des Fcbe, par ailleurs la première sortie politique du président Boni Yayi, deux ans presque après son départ du pouvoir. A 10h, heure prévue pour le démarrage de ce congrès, ce n’était pas encore la grande mobilisation. Selon plusieurs témoignages, le pouvoir a mis en œuvre une batterie d’actions pour empêcher les populations d’assister à ce congrès : distribution de micro crédits aux femmes… Pourtant, les choses sont allées très vite. Les populations par vagues successives ont grossi la foule des militants, et sympathisants à ce congrès. Peu après 11h, le maître de cérémonie commence à annoncer l’arrivée du président Boni Yayi. Peu avant midi, un cortège s’immobilise à quelques mètres du podium central. Un homme descend d’un véhicule 4×4 Ford. Un parasol couvre sa tête contre de brulants rayons de soleil.
Le maître de cérémonie annonce le président Yayi. Lorsque le parasol s’approche on découvre que ce n’est pas Boni Yayi. Fausse alerte, c’est Alassane Djemba alias Gatéri qui faisait un petit numéro en attendant l’arrivée de son ancien mentor. A midi dix, la clameur des populations et les klaxons des zémidjans annoncent son arrivée. Il était exactement 12h17. Boni Yayi était effectivement là. Le véhicule, un Dodge flambant neuf de couleur noire envahi de poussière, s’immobilise à une bonne vingtaine de mètres de la tribune officielle. Impossible d’avancer. Quelques policiers et gendarme s’agitent autour du véhicule. Les mouvements de la foule, les agitations des uns et des autres pour voir Boni Yayi, soulèvent un amas de poussière qui suffoque les badauds. A 12h30, face à l’incapacité d’ouvrir les portières du véhicule et de faire descendre son occupant, les rares forces de l’ordre sur les lieux dépassées par les évènements, donnent injonction au chauffeur de conduire le véhicule jusqu’à quelques mètres de la tribune. Ce mouvement entraine une grande bousculade et des heurts humains pas très gais. Une période vague de quelques minutes s’installe, le temps pour la sécurité de faire sortir Boni Yayi de son véhicule et de le faire installer sur la tribune officielle. Lorsqu’ils arrivent à trouver la bonne formule, c’est-à-dire faire une haie autour de sa personne et de son épouse pour les amener vers la tribune, c’est sans compter avec la détermination des populations presque déchaînées, décidées à toucher leur « papa » comme on entend les femmes le scander. La foule tangue, la poussière et la canicule montent et quelques faibles s’évanouissent devant des sapeurs pompiers un peu largués.
Regrets, pardon et carton rouge
Une fois que les forces de l’ordre et gardes du corps arrivent à l’amener à la tribune, Boni Yayi salue les populations des deux mains, vêtu d’un boubou de basin blanc. Les salutations finies, les bonnes choses débutent enfin. C’est l’honorable Amadou Issifou qui lance les hostilités, dans un discours qui vitriole presque le gouvernement. Après avoir critiqué les actions du gouvernement et lancé quelques pics à Rachidi Gbadamassi qu’il ne cite pas, l’honorable demande pardon à Boni Yayi pour n’avoir pas respecté sa consigne de vote lors de la dernière élection présidentielle. Il brandit à la fin un carton rouge à la gouvernance de Patrice Talon. A sa suite, l’honorable Réné Bagoudou aussi dénonce « l’horreur » du régime Talon, et brandit également un carton rouge à Talon. La vague des déclarations de partis amis commence par l’Upr de l’honorable Issa Salifou. Ce dernier bien que présent à Parakou, refuse de porter le message de son parti et responsabilise Jamila Sabi Mohamed de le faire, la foule insiste à voir Saley parler, ce dernier persiste et ne se ravise que sur instruction de
Continuer la lecture