Cela est connu depuis hier lundi 14 mai 2018 que l’actuel ministre de la justice, Joseph Djogbénou a été désigné parmi les 4 représentants de l’Assemblée nationale pour siéger à la prochaine mandature de la Cour constitutionnelle. Ce choix est d’autant plus curieux que ce soit le parlement qui désigne un ministre en fonction comme membre de la Cour constitutionnelle, alors que le Président de la république lui aussi doit en désigner trois représentants du gouvernement. Il transparait clairement de cette désignation que la collusion incestueuse entre le parlement et le pouvoir exécutif s’est révélée au grand jour.
Le 21 décembre 2017, l’honorable Guy Mitokpè, membre de la minorité parlementaire prenait la parole pour lire la déclaration des députés de la minorité parlementaire. Son allocution avait été interrompue par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji pour propos infâmants à l’endroit des institutions peut-on résumer ce grief (lire ici). Le député dénonçait la vassalisation du parlement par le pouvoir exécutif. Il décriait aussi le fait que la commission des lois soit à genoux devant le ministre de la justice. Comme on le dit souvent, le temps et les événements actuels permettent de comprendre avec du recul, la pertinence des affirmations de ce parlementaire.
Plus personne aujourd’hui ne doutera de cette réalité qui s’est manifestée à travers la désignation par le bureau de l’Assemblée nationale du ministre Joseph Djogbénou parmi les représentants du parlement qui doivent aller siéger à la Cour constitutionnelle. Son choix comme juriste de haut niveau intrigue. Puisque le promu n’est pas un ministre ordinaire. C’était l’un des stratèges de la campagne du candidat Patrice Talon lors de la présidentielle de février-mars 2016. C’est aussi le garde des sceaux, ministre de la justice et de la législation, grand défenseur de la gouvernance du régime au pouvoir sur les stations de radio et les chaînes de télévision.
Céder le contrôle de la Cour au gouvernement
Depuis, quelques mois, c’est lui qui a été désigné pour remplacer Irénée Koupaki pour assurer le point de presse après la tenue des conseils des ministres. Joseph Djogbénou a été le principal agent de sensibilisation sur le projet de révision de la constitution. Joseph Djogbénou, c’est aussi le président de la commission de supervision du Ravip. C’est donc un grand partisan du régime de la rupture que le bureau de l’Assemblée nationale vient de désigner pour