Cour constitutionnelle au Bénin : La collusion entre l'exécutif et le législatif se dévoile

Cela est connu depuis hier lundi 14 mai 2018 que l’actuel ministre de la justice, Joseph Djogbénou a été désigné parmi les 4 représentants de l’Assemblée nationale pour siéger à la prochaine mandature de la Cour constitutionnelle. Ce choix est d’autant plus curieux que ce soit le parlement qui désigne un ministre en fonction comme membre de la Cour constitutionnelle, alors que le Président de la république lui aussi doit en désigner trois représentants du gouvernement. Il transparait clairement de cette désignation que la collusion incestueuse entre le parlement et le pouvoir exécutif s’est révélée au grand jour.

Le 21 décembre 2017, l’honorable Guy Mitokpè, membre de la minorité parlementaire prenait la parole pour lire la déclaration des députés de la minorité parlementaire. Son allocution avait été interrompue par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji pour propos infâmants à l’endroit des institutions peut-on résumer ce grief (lire ici). Le député dénonçait la vassalisation du parlement par le pouvoir exécutif. Il décriait aussi le fait que la commission des lois soit à genoux devant le ministre de la justice. Comme on le dit souvent, le temps et les événements actuels permettent de comprendre avec du recul, la pertinence des affirmations de ce parlementaire.

Plus personne aujourd’hui ne doutera de cette réalité qui s’est manifestée à travers la désignation par le bureau de l’Assemblée nationale du ministre Joseph Djogbénou parmi les représentants du parlement qui doivent aller siéger à la Cour constitutionnelle. Son choix comme juriste de haut niveau intrigue. Puisque le promu n’est pas un ministre ordinaire. C’était l’un des stratèges de la campagne du candidat Patrice Talon lors de la présidentielle de février-mars 2016. C’est aussi le garde des sceaux, ministre de la justice et de la législation, grand défenseur de la gouvernance du régime au pouvoir sur les stations de radio et les chaînes de télévision.

Céder le contrôle de la Cour au gouvernement

Depuis, quelques mois, c’est lui qui a été désigné pour remplacer Irénée Koupaki pour assurer le point de presse après la tenue des conseils des ministres. Joseph Djogbénou a été le principal agent de sensibilisation sur le projet de révision de la constitution. Joseph Djogbénou, c’est aussi le président de la commission de supervision du Ravip. C’est donc un grand partisan du régime de la rupture que le bureau de l’Assemblée nationale vient de désigner pour

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Classement Open Government Patnership : Le Bénin régresse pour opacité

Sur initiative du réseau Social Watch Bénin avec l’appui de l’Open society initiative of West Africa, Osiwa, les représentants du gouvernement, des institutions de la République, des chefs de missions diplomatiques et des organisations de la société civile ont pris part au forum sur la mise en œuvre de l’Open budget et le processus d’adhésion du Bénin à l’Open Government partnership au Bénin Royal Hôtel le vendredi 11 mai 2018.

La note 2017 du Bénin y a été discutée autant que l’état des lieux du dossier d’adhésion du Bénin au sein de cette organisation internationale. Il ressort des échanges que de 2016 à 2017, le gouvernement béninois a brillé par l’absence de transparence dans la gestion des fonds publics.

Selon l’organisation internationale Open Government Patnernship, le Bénin a connu une régression en 2017 dans la transparence pour ce qui concerne la gestion des fonds publics. Au cours de son propos liminaire, la présidente de Social Watch Bénin, Blanche Sonon, a remercié l’assistance pour la marque de confiance témoignée à l’endroit de Social Watch à travers leur présence. Elle a rappelé que chaque année, il est organisé « le Open Govweek » entendu comme « la semaine du gouvernement ouvert ». Cette initiative qui est l’œuvre de Open Government Patnnership donne l’occasion de mettre en évidence, la transparence des gouvernements dans la gestion des finances publiques. Pour cette année, la semaine s’étendait du 5 au 11 mai 2018. Des échanges au cours du forum, on retiendra que la note attribuée au gouvernement béninois en 2017 est de 39/100. Une régression par rapport à celle attribuée au pays en 2015 qui était de 45/100. Les participants ont d’ailleurs fait remarquer que la note du Bénin en 2015 constituait non seulement une grande progression, mais surtout la meilleure dans le monde pour être parti de 2/100 en 2012 à 45/100 en 2015.

Les raisons de la régression

La discussion visait donc à comprendre ce qui peut expliquer cette régression. Des explications des spécialistes, il appert que le gouvernement de la rupture est moins enclin à mettre à la disposition du public ou des citoyens des documents qui expliquent la manière dont il gère les ressources publiques. Les participants dans une grande majorité ont reconnu la difficulté qu’il y a à accéder aux

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Siège de l’Assemblée nationale : Le gouvernement utilise le dossier à des fins politiques

Le regain d’intérêt observé au niveau du gouvernement, ces derniers jours, au sujet de la construction du siège du parlement du gouvernement, a quelque chose d’intriguant. Lorsqu’on analyse les communications présentées au parlement lundi dernier à ce sujet, l’argumentaire servi et la propagande qui a suivi, on peut croire à une politisation à outrance du dossier.

Contrairement aux autres dossiers de malversation économique agités par le gouvernement, celui du siège de l’Assemblée nationale a connu un traitement particulier. On n’a pas eu droit au procès fait dans le communiqué du conseil des ministres, ni aux convocations à la Brigade économique et financière (Bef), suivis d’arrestations, de présentations au procureur de la république et de détentions préventives.

Cette fois, le gouvernement a utilisé une procédure assez singulière, plus couteuse, et finalement peu efficace, puisqu’à la fin on est resté perplexes sur la décision à prendre et les noms des prévaricateurs ont été bien couverts de voile noir. C’est à peine si on n’a pas entretenu une confusion, et même, disons le d’emblée, tenté de tourner les regards sur de pseudo fautifs. Tout a commencé par une rencontre entre le chef de l’Etat et la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, puis lundi une délégation du gouvernement expose en plein hémicycle les détails du dossier.

Deux ministres sont dépêchés pour cette opération. Il s’agit de Joseph Djogbénou et José Tonato. Leurs différentes communications ont été renchéries par celle d’un consultant recruté, comme d’habitude par gré à gré, pour présenter les insuffisances du dossier. A ce niveau, le gouvernement a voulu en faire un peu trop, puisqu’en 2015 le cabinet Bureau Véritas avait été recruté par le gouvernement Yayi pour un travail similaire. Cette fois-ci, c’est Quali-Consult qui est commis à la tâche, pour dit-on dans les coulisses du pouvoir, contredire Bureau Véritas ou le faire oublier.

Après ce grand show médiatique, grande a été la surprise des Béninois de constater qu’aucune solution concrète n’a été trouvée à ce chantier. En dehors de l’émotion et de l’indignation de certains députés, aucune décision forte n’a été prise, comme c’est souvent le cas avec ce gouvernement. Au contraire, les différentes communications ont habillement choisi de mettre l’accent sur les fautes commises par l’administration, le gouvernement défunt et son chef. Il s’agit là d’un manège politique, lorsqu

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Levée de l’immunité d’Atao Hinnouho : voici les membres de la commission spéciale

En marge des démêlés judiciaires que vit le député Atao Mohamed Hinnouho, la représentation nationale vient d’enclencher véritablement le processus de sa levée d’immunité parlementaire.

Hier, le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji, a rendu public à l’hémicycle les noms des membres composant la commission spéciale devant statuer sur le dossier de la levée d’immunité parlementaire de l’honorable Atao Mohamed Hinnouho.

Bien qu’une autre procédure n’ait été déjà enclenchée au niveau de la justice, l’institution parlementaire n’a pas baissé les bras. Une preuve que le dossier Atao Hinnouho tient beaucoup à cœur à l’exécutif et probablement aux députés du grand bloc de la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale.

Composition de la commission

La commission spéciale est présidée par le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Robert Gbian, et a pour rapporteur le député Alexis Agbelessessi, président de la commission des lois. Comme membres de cette commission,

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Affaire Atao Hinnouho : Les directeurs des pharmacies, acteurs incontournables, mais non inquiétés

Le dossier de l’affaire dite de faux médicaments, reste une nébuleuse comme pour parler d’une réalité qu’on ne peut cerner, parce que les éléments permettant d’y voir clair sont flous.

C’est le cas de l’exemption dans ce dossier des Directeurs de la pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques, (communément appelés Dpmed) qui se sont succédé pendant au moins les dix ans que le laboratoire New Cesamex a exercé au Bénin.

Vus les rôles que jouent ces directeurs dans la chaîne de distribution des médicaments dans le pays, cela reste une énigme de constater que les directeurs de la pharmacie soient exempts de tout reproche, et n’ont fait l’objet d’aucune poursuite à ce jour.

Il n’y a plus l’ombre d’aucun doute aujourd’hui que le laboratoire New Cesamex a exercé au Bénin pendant au moins dix ans. Dès lors, il est intellectuellement malséant de faire passer l’idée que pendant toutes ces années, ce laboratoire a exercé dans l’irrégularité et la clandestinité. C’est pour cela qu’on devrait prendre au sérieux les propos d’un acteur cité dans le dossier. Ce dernier a fait des déclarations sur une station de radio privée du pays la semaine dernière. Des déclarations très relayées par les médias classiques et les réseaux sociaux. Il affirmait en effet que le laboratoire New Cesamex a exercé officiellement pendant au moins dix ans dans le pays et qu’il a reçu des autorisations de mise sur le marché (AMM dans le jargon des pharmaciens) de la part de trois directeurs des pharmacies qui se sont succédé à sa tête. Ces déclarations deviennent d’autant plus pertinentes quand on se rend compte que c’est le laboratoire New Cesamex qui était le principal fournisseur en médicaments de la centrale d’achat des médicaments essentiels et consommables médicaux (Came). C’est encore ce laboratoire qui fournissait des médicaments aux centres de santé de service public. Il est difficile de convaincre des esprits avisés de ce que ces transactions aient été faites sans les autorisations de mise sur le marché de ces produits décernées par les directeurs de la pharmacie qui sont aussi les seuls qui indiquent aux grossistes répartiteurs vers quels fournisseurs ils doivent s’adresser. Difficile d’admettre que pendant plus de dix ans d’exercice, New Cesamex est resté un fournisseur clandestin qui n’était pas connu des registres du ministère de la santé et de la direction de la pharmacie en particulier.

C’est curieux que des acteurs qui jouent des rôles aussi importants dans la chaîne de distribution des médicaments soient ostensiblement écartés et non inquiétés dans ce dossier. S’il y a vraiment des personnes capables

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Tensions à Ouidah : Les populations crient leur ras-le-bol

Les populations du village de Hio-Vinawa de l’arrondissement d’Avlékété dans la commune de Ouidah, sont en colère.

Elles dénoncent le coefficient de réduction de 37% appliqué par la mairie, dans le cadre du lotissement, et les manœuvres de détournement de leurs parcelles au profit de certains individus inconnus de leur milieu.

Des manifestations populaires s’organisent quotidiennement contre la mairie de Ouidah, au village de Hio-Vinawa dans l’arrondissement d’Avlékété. Depuis mardi dernier, femmes, hommes et enfants marchent, branchages en main, et tiennent des réunions publiques contre la manière dont l’administration communale dirigée par le maire de Ouidah, Célestine Adjanohoun, veut opérer les travaux de lotissement. Tout d’abord, les populations dénoncent l’application des 37% du taux de réduction retenu par la mairie, dans le cadre du lotissement annoncé dans leur village.

Elles soutiennent que cette décision est une violation du nouveau code foncier en République du Bénin, qui ne prévoit au plus que 25% de réduction. En effet, le président de l’association des acquéreurs, Séraphin Adjomayi, et le chef/village de Hio-Vinawa Léon Agbokpanzo, soutiennent que la loi doit être respectée, car la commune de Ouidah ne peut pas faire exception aux textes en vigueur.

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Marche de soutien à Patrice Talon : Houngbédji veut se racheter auprès de Talon

Le président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji et ses militants, ont organisé une marche de soutien au régime du Président de la République, Patrice Talon, ce samedi 28 avril 2018 à Porto-Novo.

Vu le contexte actuel, cette manifestation ressemble fort à une opération de charme du leader des  »Tchoco-tchoco’‘, envers le chantre de la Rupture qui ne lui fait plus tellement confiance.

Du jamais vu ! S’exclament plusieurs observateurs de la vie socio-politique nationale. C’est pour une première fois que les militants du Parti du renouveau démocratique (Prd), marchent pour soutenir un gouvernement. Pourquoi ont-ils opté pour une telle opération?

A y voir de près, cette marche démontre visiblement que le Prd est en mauvaise posture dans la Rupture, et que son président fait des pieds et des mains pour séduire le chef de l’Etat. Tout d’abord, une marche de soutien en politique cache beaucoup de choses. Elle montre que des problèmes existent ou s’annoncent. Dans le cas précis, il n’est pas exagéré de souligner que la manifestation du Prd de ce samedi ressemble à une opération de charme de Me Adrien Houngbédji, qui s’accroche à la mouvance. En effet, nul n’est sans savoir que le courant ne passe plus trop entre Me Adrien Houngbédji et le Président Patrice Talon depuis un moment. A l’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2018 de son institution, la deuxième personnalité de l’Etat l’a démontré en ordonnant la désignation des représentants de l’Assemblée nationale au Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi).

Ce que le Pouvoir en place n’a pas apprécié, car il manœuvre pour que la liste électorale soit issue du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip). A analyser de près, Me Adrien Houngbédji a peut-être agi ainsi par rapport aux coups bas qu’il reçoit au sein de la majorité présidentielle avec sûrement la bénédiction du chantre de la Rupture.

Ce faisant, dans les tractations pour la formation des blocs de la mouvance pour les prochaines élections législatives, on parle de plus en plus de trois entités politiques pro-Talon qui seront parallèlement dirigées par

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Bénin : Mètongnon et consorts en prison sur la base d’un rapport non contradictoire

La décision de la cour constitutionnelle sur l’affaire-Cnss (Caisse nationale de sécurité sociale), condamnant le procureur de la République et le compte rendu du conseil des ministres du 02 novembre 2017, est la preuve que Laurent Mètongnon et ses co-accusés végètent en prison sur la base d’un faux rapport. C’est une injustice criante que la haute juridiction a relevée.

« Qui veut noyer son chien, l’accuse de rage ». C’est ce que l’on constate avec l’emprisonnement du syndicaliste Laurent Mètongnon, à la lecture de la décision de la cour constitutionnelle condamnant le procureur de la République, Gilbert Togbonon, et le conseil des ministres du 02 novembre 2017, sur la question. Leur séjour en prison résulte d’un acharnement gratuit, parce que Laurent Mètongnon est forcément un élément gênant pour les nouveaux princes de la République. Ainsi, un rapport dit d’une commission de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa), a servi de support pour l’accabler et le jeter à tout prix en prison. Et pour cause !

Le principe sacré du contradictoire n’a été aucunement respecté. Laurent Mètongnon et consorts sont actuellement poursuivis en la violation du principe d’égalité, en son article 26 alinéa 1er de la Constitution, qui dispose que “L’Etat assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion, d’opinion politique ou de position sociale … ”. Ce principe général également consacré à maintes reprises par la Cour constitutionnelle, veut que toutes les personnes relevant de la même situation soient soumises au même traitement sans discrimination. Et pourtant, à l’occasion de la mission de vérification de la Commission bancaire de l’Umoa, du rapport de l’Inspection générale des Finances et du relevé du Conseil des ministres du 02 novembre 2017, bien que leurs accusateurs aient été sept auditionnés sur les faits à eux reprochés, Laurent Mètongnon et consorts n’ont jamais été auditionnés sur les mêmes faits.

Plus grave, la prorogation du mandat de dépôt de Laurent Mètongnon et de ses co-accusés, est en contradiction avec la loi, car elle viole l’article 402 du code de procédure pénale, qui

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Abandon de l’aéroport de Tourou : Les troublantes révélations de l'He Issifou Amadou

(Le gouvernement se défend) Le dossier d’abandon de l’aéroport de Tourou à Parakou, refait surface à l’Assemblée nationale. A travers une question orale avec débat, le député Issifou Amadou élu de la 8e circonscription électorale, a interpellé le ministre des infrastructures et des transports. C’est le ministre Serge Ahissou du commerce qui a répondu en lieu et place de son collègue Cyr Koty, des infrastructures et des transports.

Selon le député Issifou Amadou, le gouvernement ne veut pas entendre parler de la mise en service de l’aéroport de Tourou. Il s’interroge sur les raisons qui peuvent conduire le gouvernement à adopter cette position. Ce dernier est revenu de long en large sur les événements passés depuis le précédent régime jusqu’à l’actuel (Lire ci-dessous son intervention à l’hémicycle). Quant au ministre du commerce, il a apporté des éléments de réponse qui n’ont pas convaincu l’auteur de la question.

Puisque pour le gouvernement, l’aéroport international de Tourou fait l’objet d’une attention particulière du gouvernement de la rupture, dans le cadre de sa mise aux normes. Sur la base d’une étude de faisabilité partielle réalisée par l’Asecna en 2003, et initialement prévu pour durer 18 mois, les travaux de construction et d’équipement partiel de cet aéroport, qui ont démarré le 04 janvier 2009 et qui devraient s’achever contractuellement le 30 juin 2010, ont connu plusieurs suspensions malgré les nombreuses prorogations. Ces travaux selon le ministre, n’intégraient pas la mise aux normes de l’aéroport. « Il existe deux types de non-conformité à savoir celle liée à la non réalisation d’étude complète avant le démarrage des travaux, et celle liée au caractère partiel du projet, pour lequel la fin des travaux ne signifie pas l’opérationnalité de l’aéroport… », a indiqué Serge Ahissou, parlant des points de non-conformité relevés avec des experts aéronautique et l’Asecna, suite aux différentes inspections réalisées. Il va sans dire que l’auteur de la question est resté toujours sur sa soif.

L’honorable Issifou Amoudou relève des contre-vérités du gouvernement

« Depuis le vol inaugural de l’aéroport de Tourou qui a eu lieu le 18 mars 2016, plus rien n’a évolué en faveur de sa mise en service (…) Il a fallu que je prenne mes responsabilités en demandant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, avant que le ministre des infrastructures ne se rende en catimini sur le site de l’aéroport international de Tourou le samedi 21 avril 2018 dernier. C’est pourtant 70 milliards de nos francs qui ont été investis dedans. A l’issue d’une visite du site de l’aéroport de Tourou, j’ai fait le triste et amer constat de

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Classement 2018 de RSF : Le pouvoir Talon fait reculer le Bénin

Reporters Sans Frontières (Rsf), a publié hier mercredi 25 avril 2018, l’édition 2018 du classement mondial de la liberté de la presse. Si le Bénin a conservé sa place de 78e sur 180 en 2017, le pays cette année a simplement dégringolé de six places dans le classement.

Il passe ainsi à la 84e place d’après le rapport. Une situation fortement liée à l’avènement au pouvoir de Patrice Talon, selon Rsf.

Le classement mondial de la liberté de la presse 2018 de Reporters Sans Frontières (Rsf), n’est pas en faveur du Bénin et de son premier dirigeant. Selon le rapport 2018 rendu public parcette organisation non gouvernementale internationale, hier mercredi 25 avril 2018, de 78e en 2017, le pays passe cette année à la 84eplace sur 180 pays, avec un score de global +0,16.

Dans son rapport, Reporters sans frontières indexe notamment le Président de la République, Patrice Talon, sur cette régression de six places. L’institution met en exergue la fermeture il y a un an de médias privés, en particulier la télévision Sikka Tv appartenant à l’opposant Sébastien Ajavon.

« Plus d’un an après la fermeture de plusieurs médias privés par la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel, une radio et deux télévisions ont finalement pu rouvrir en janvier dernier. Mais Sikka TV, qui appartient au principal adversaire politique du président Patrice Talon, est toujours privée d’antenne, malgré une décision de justice de mai 2017 demandant sa réouverture.», souligne Rsf dans son rapport.

La télévision nationale sur le banc des accusés

D’après Rsf, les activités de l’opposition ne sont plus couvertes par la télévision nationale depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon. «Depuis l’accession au pouvoir en mars 2016 du nouveau président Patrice Talon, les activités de l’opposition ne sont plus couvertes par la télévision d’État.», rapporte Reporters Sans Frontières.

Pour Rsf, les journalistes béninois continuent toutefois de

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Bénin : Lancement d’un emprunt Obligataire de 60 milliards

(Pour améliorer les conditions de vie des populations) L’Etat du Bénin représenté par le Trésor Public, a lancé ce 23 avril 2018 sur le Marché financier de l’UEMOA (Brvm), un emprunt obligataire d’un montant de 60 milliards FCFA, dénommé Tpbj 6,50% 2018-2025.

Objectif : financer certains projets inscrits dans son programme d’actions. Le recours à l’emprunt obligataire permet de se financer en dehors du circuit bancaire classique. Il est notamment utilisé en raison de sa souplesse au niveau des conditions et des modalités, comparativement au mode de financement ordinaire.

Un emprunt obligataire est un instrument financier émis par une personne morale (Etat, collectivité publique, entreprise publique ou privée) qui reçoit en prêt, une certaine somme d’argent de la part des souscripteurs des titres.

L’emprunteur émet des obligations que des investisseurs achètent. Un intérêt est versé périodiquement, tandis que le capital sera remboursé à une date prévue. Un emprunt obligataire peut offrir une rémunération à taux fixe ou variable.

Il est très important de préciser que la souscription n’a aucun caractère obligatoire.

But de cette opération

Le montant mobilisé par le présent emprunt obligataire servira principalement au financement d’une partie des

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Désignation des membres de la prochaine Cour constitutionnelle : De rudes tractations à l’Assemblée

Dans quelques jours, le Gouvernement et l’Assemblée nationale désigneront leurs représentants pour le compte de la prochaine mandature de la Cour constitutionnelle.

Du côté des députés, les choses s’annoncent compliquées surtout que les sept membres du bureau, n’étant pas de la même obédience politique, choisiront par vote ou par consensus leurs mandants.

La désignation des représentants du Parlement à la prochaine mandature de la Cour constitutionnelle divise les sept membres du bureau de Me Adrien Houngbédji. Elle se complique davantage par la détermination du Chef de l’Etat à contrôler la future Haute juridiction. Bien qu’ils appartiennent tous au Bloc de la majorité présidentielle (Bmp) soutenant l’action du Gouvernement du Président Patrice Talon, ils n’apprécient pas les choses de la même manière. Il y en a qui sont prêts à soutenir aveuglement le Chef de l’Etat. On les appelle les fanatiques de Talon. On indique que ceux-ci sont même dans la logique de valider les noms des personnalités que le Gouvernement leur imposerait dans le compte des quatre représentants de l’Assemblée nationale à la Cour constitutionnelle. Dans ce cas, on indexe le deuxième Secrétaire parlementaire, Dakpè Sossou qui tient ces derniers des propos regrettables dans les médias sous prétexte qu’il soutient le Pouvoir en place. En dehors de lui, on parle de Boniface Yéhouétomè, deuxième questeur de l’Assemblée nationale. Il est de l’aile dissidente de la Renaissance du Bénin. Transhumant, il a besoin de s’aplanir au Chef de l’Etat pour avoir la bénédiction du régime de la Rupture pour tenter d’écraser les Soglo. Il fera à coup sûr le jeu de Talon. A l’opposé, il y a ceux qui résistent au Gouvernement, car il faut laisser l’Assemblée nationale jouir de ses prérogatives. En effet, le président du Parlement, Me Adrien Houngbédji, refuse toute injonction de Patrice Talon dans la désignation des représentants du Parlement à Cour constitutionnelle. Selon les informations, son premier vice-président, Eric Houndété, est dans la même dynamique que lui. Donc, il y a quatre radicaux dont deux soutiennent le régime de la Rupture dans ce dossier.

Indécis

Mais, on constate qu’il y a trois membres du bureau de l’Assemblée nationale dont les positions ne sont pas claires. Le deuxième vice-président, Robert Gbian, est insaisissable. Acteur politique et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle acceptera-t-il de laisser le contrôle de la Cour au Président Patrice Talon ? Aura-t-il peur de l’affaire avion présidentiel pour

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Economie en Afrique : La faible croissance et la dette insoutenable comme principaux problèmes

C’est depuis le siège de la Banque Mondiale à Washington que les responsables de cette institution financière ont présenté au moyen de la vidéo conférence, le rapport semestriel 2018 de l’économie des Etats africains francophones. Il ressort du compte rendu de leur rapport que les Etats africains ont connu en 2018, une faible croissance de 3,1%jugée insuffisante pour éradiquer la pauvreté, en plus d’une croissance exponentielle de la dette.

Depuis les capitales des Etats francophone d’Afrique, les journalistes étaient en multiplex pour cette conférence-débat sur la présentation dudit rapport. ’C’est l’un des économistes en chef de l’institution, Albert Zeufack en compagnie de son collaborateur Moussa Pipo qui ont présenté le résumé. Selon Albert Zeufack qui a était l’orateur principal, trois leçons peuvent être tirées de ce rapport. D’abord que les Etats africains ont connu en 2018 une croissance de 3,1%. Seulement, observe le conférencier : « cette croissance est très faible pour éradiquer la pauvreté». Il trouve que ce niveau de croissance est inférieur à celui observé en 2014. C’est-à-dire bien avant la chute des prix des matières premières. Mais l’économiste de la Banque Mondiale indique que la croissance de 3,1% n’est que la moyenne continentale. Ce qui veut dire que répartie dans les sous-régions, on observe différents niveaux de croissance. Il cite le cas de l’Afrique de l’ouest qui est portée par deux pays locomotive que sont la côte d’Ivoire et le Sénégal. La croissance de ces deux pays qu’il situe à environ 6% permet de tirer les autres pays de la sous-région.

Une croissance hétérogène

Il cite aussi le cas de l’Afrique de l’Est à l’instar de l’Ethiopie, de la Tanzanie et du Rwanda qui connaissent sensiblement le même niveau de croissance que le Sénégal et la côte d’ivoire. Cependant, c’est la sous-région d’Afrique centrale qui reste préoccupante avec une croissance estimée à 2,7%. L’économiste explique cette faible croissance par le fait de la dépendance des pays de cette sous-région aux ressources naturelles et particulièrement du pétrole. C’est pour cela qu’il recommande que ces pays procèdent à la diversification de leur économie.

L’autre problème de l’économie des Etats africains c’est la question de la dette. Albert Zeufack explique que le rythme de l’endettement des Etats africains est inquiétant et que c’est cela qui pose le problème de la soutenabilité de cette dette. Puisque la course effrénée des Etats

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Bénin : Vers un clash entre Talon et Houngbédji

La désignation des membres de la prochaine Cour constitutionnelle, risque selon nos sources, de mettre à mal les relations entre le Chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji.

Et, dans les coulisses, la volonté du Président Patrice Talon à vouloir contrôler à tout prix la prochaine mandature de la Haute juridiction, serait la pomme de discorde entre les deux hommes.

Selon la loi, la Cour constitutionnelle est composée de sept membres, dont trois désignés par le Gouvernement et quatre par le bureau de l’Assemblée nationale. Ceux-ci, une fois installés dans leur rôle, élisent en leur sein leur président. Que faire pour avoir son homme de main à la tête de cette institution, qui est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des Pouvoirs publics ? C’est ce qui donne actuellement du souci au Chef de l’Etat. Pour résoudre la question, il doit nécessairement agir sur le président de l’Assemblée nationale, ou sur le bureau de l’institution qui désigne de droit les quatre représentants du Parlement à la Cour constitutionnelle.

C’est dans cette démarche que, de sources proches du palais des gouverneurs, le Président Patrice Talon voudrait imposer aux députés deux personnalités dans les quatre qu’ils doivent désigner de droit. Avec ces deux noms, le Gouvernement aura de facto cinq représentants à la prochaine Cour constitutionnelle, qu’il pourra instrumentaliser à sa guise. A ce niveau, une mésentente serait née entre Me Adrien Houngbédji et certains membres du Bloc de la majorité présidentielle (Bmp), qui veulent que le Chef de l’Etat contrôle forcément la prochaine Haute juridiction constitutionnelle. On indique que la deuxième personnalité de l’Etat tient fermement au respect des dispositions de l’article 115 de la Constitution, qui stipulent :

« La Cour constitutionnelle est composée de sept membres dont quatre sont nommés par le bureau de l’Assemblée nationale, et trois par le Président de la République, pour un mandant de cinq ans renouvelable une seule fois… ».

Selon nos sources, Il aurait dit ne vouloir aucune instruction de la Présidence de la République dans la désignation des représentants de l’Assemblée nationale.

Manœuvres en cours

Pour contourner Me Adrien Houngbédji, le Gouvernement fait des pieds et des mains afin de mettre certains membres du bureau du Parlement à contribution, car selon le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, les noms proposés sont passés au vote. C’est d’ailleurs ce qui a permis à l’ancien Président de la République, Boni Yayi, de dicter sa loi au bureau du Parlement en 2008, en récupérant les quatre représentants de l’Assemblée nationale, par le biais du Professeur Mathurin Nago, président de l’institution parlementaire au moment des faits.

C’est dire que les tractations seront rudes, surtout que les adversaires du Chef de l’Etat en l’occurrence l’opérateur économique Sébastien Ajavon, l’ancien Président Boni Yayi et le Professeur Albert Tévoédjrè, vont certainement s’impliquer fortement, tout

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Bénin : Séfou Fagbohoun échappe aux machinations du procureur du tribunal de Pobè

Le président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), Séfou Fagbohoun, a passé hier une journée chaude au tribunal de Pobè.

Convoqué par le juge des libertés et de la détention dans l’affaire de litige domaniale à Gbahouété dans la commune d’Adja-Ouèrè, il a été écouté puis libéré et mis sous convocation. Mais alors qu’il rentrait chez lui, un détachement d’agents de la police républicaine se positionne autour du tribunal pour le cueillir.

Selon des recoupements, ce détachement aurait été instruit par le procureur de la république près le tribunal de Pobè, pour le prendre une fois qu’il aurait fini d’être auditionné par le juge. Mais la pression de son avocat Me Paul Kato Atita, a réussi à dissuader

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Bénin : rappel des policiers qui assuraient la sécurité de Cajaf Comon 

Nous apprenons au moment où nous allons sous presse, que les forces de l’ordre en faction sur les installations de Cajaf Comon : sites d’Igolo, Kraké et Djèffa, ont été rappelés hier soir à leur base, sans aucune explication à l’entreprise qui les utilisait.

Ces derniers assuraient la sécurité des installations de Cajaf Comon depuis des années. Ceci, dans le cadre d’un contrat passé entre cette entreprise et la hiérarchie policière. C’est donc une curiosité que de vivre ce qui apparait désormais comme une rupture abusive de contrat.

C’est pour cela qu’il est difficile de détacher cela des

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Poursuite de députés et d’anciens ministres au Bénin : les précisions d’Adrien Houngbédji

Différentes lettres envoyées au président de l’Assemblée nationale par le Garde des sceaux, ministre de la justice et de la législation et le Procureur Général de la République ont été rendues public le mardi dernier à l’hémicycle.

Mais au cours de la plénière du jeudi dernier, des précisions ont été une fois encore apportées aux députés. Ainsi, le président de l’Assemblée nationale a reprécisé les conditions dans lesquelles les lettres sont envoyées afin que cela ne prête pas à confusion.

A en croire ses explications, quatre types de correspondance ont été adressées à la représentation nationale. La première, celle du Garde des sceaux demandant, et la levée de l’immunité parlementaire de l’honorable Valentin Djènontin Agossou et sa poursuite devant la Haute Cour de Justice (HCJ). Cette lettre porte le N° 028-C/PG-CA/Cot du 08 février 2018 dont lecture d’un extrait a été donnée en communication, porte en réalité deux noms. Outre l’honorable Valentin Djènontin, il y a aussi la poursuite de l’ancien ministre Fatoumata Amadou Djibril devant la HCJ. Il y a une lettre qui porte le N° 026e par laquelle le Procureur Général de la République demande la poursuite de l’ancien ministre Garba Yaya devant

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Levée d’immunité parlementaire : La lettre de Me Djogbenou lue devant les députés

Longtemps annoncée, c’est finalement hier jeudi 12 avril 2018 que la lettre du garde des sceaux au président de l’Assemblée nationale, a été lue devant les députés.

C’est désormais chose faite, la suite de la procédure est à attendre du côté du parlement. La stratégie avait été bien huilée de la part du gouvernement.

Elle a consisté à entretenir l’opinion sur la question de la levée des immunités parlementaires des députés, et de l’autorisation des poursuites des anciens ministres par l’Assemblée nationale. Après avoir assez préparé l’opinion à accueillir cette question, le gouvernement a donc fait parvenir ses demandes. Le gouvernement demande à l’Assemblée nationale de lever les immunités parlementaires de : Valentin Djènontin, Mohamed Atao Houninho et Idrissou Bako. Par ailleurs, le gouvernement demande aussi à l’Assemblée nationale de permettre des poursuites judiciaires contre les anciens ministres : Komi Koutché, Valentin Djènontin, Aboubakar Yaya et Fatoumatou Djibril. Selon des explications de spécialistes, l’Assemblée devrait se réunir pour désigner l’un des siens pour conduire la procédure conformément au règlement intérieur du parlement.

C’est cette procédure qui devra décider par vote si le parlement autorise ou non la poursuite des députés et anciens ministres, devant la haute cour de justice. Et la question que se posent les observateurs depuis peu, c’est de savoir si les députés

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Bénin : Flou autour du prix du ciment

Les béninois sont surpris d’apprendre le nouveau prix du ciment sur le marché. Ils doivent débourser désormais 80 000 F Cfa au lieu de 66 000 F Cfa, pour acheter une tonne de ciment.

Par contre, à d’autres endroits, la tonne de ciment varie entre 66 000 F et 68 000 F Cfa. Le paquet est passé de 3300 F à 4000 F Cfa. Les vraies raisons de cette variation de prix sont encore inconnues. Mais d’aucuns disent que c’est Nouvelle Cimenterie du Bénin (Nocibé), qui en difficultés avec le service des impôts, aurait augmenté le prix du ciment. Mais les responsables de Nocibé démentent cette information, affirmant que leur usine n’est confrontée à aucun ennui fiscal.

D’ailleurs, ils indiquent que c’est au niveau des dépôts de ciment que les gérants auraient provoqué cette flambée de prix, et que Nocibé ne dispose pas de dépôts sur le territoire national pour organiser cette spéculation sur les prix de vente de ciment. Les gérants de dépôts aussi renvoient la balle dans le camp des usines de production de ciment, qui seraient en manque de matières premières pour assurer la production en grande quantité de ciment disponible sur le marché. Personne ne sait plus où se trouve la vérité et pourquoi

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Bénin : Le gouvernement veut essoufler le mouvement de grève

Les organisations syndicales Cgtb, Csa-Bénin et Csub, ont à la surprise générale, jeté l’éponge dans leur mouvement de grève. Une action intervenue au moment où les travailleurs continuent de réclamer la rétrocession des défalcations sur salaires.

C’est la politique de diviser pour régner du gouvernement qui est en marche, et qui œuvre depuis le début de la crise sociale, à affaiblir les forces des organisations syndicales en grève.

Les confédérations syndicales la Cgtb, la Csa-Bénin et la Csub, ayant unilatéralement levé la motion de grève, ont simplement aidé le gouvernement à déséquilibrer le mouvement de grève générale en cours, pour mettre en péril la satisfaction des revendications. Tout est parti du vote par l’assemblée nationale, de la loi portant droit de grève, et de son annulation par la Cour constitutionnelle. Le gouvernement, pour punir les organisations syndicales qui ont déclenché des mouvements de débrayage, a décidé de procéder à des défalcations sur salaires, pour fait de grève.

Le gouvernement ne digère pas ce revers qu’il a subi, et il emploie tous les moyens pour ridiculiser les travailleurs en grève. La première action était de déclarer l’illégalité de la grève des travailleurs, suivie d’une menace de radiation s’ils ne renonçaient pas au mouvement. Au départ, toutes les tentatives d’affaiblir la grève ont échoué, mais le gouvernement voulait coûte que coûte arriver à bout de cette situation, par des subterfuges qui saliront l’image des syndicalistes.

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Suspension de la grève au Bénin : La déstabilisation a commencé

Les organisations syndicales : CGTB, CSA-Bénin et CSUB, ont à travers un communiqué rendu public le lundi 09 avril 2018, suspendu la motion de grève en cours depuis des mois au Bénin.

Les raisons évoquées par les secrétaires généraux de ces centrales et confédérations syndicales, sont entre autres : la réaffirmation de l’Etat de droit, la restauration définitive du droit de grève pour tous les travailleurs, le début de l’effectivité de la rétrocession des défalcations pour fait de grève par le paiement intégral du salaire du mois de mars 2018, la résurrection du dialogue social et la reconnaissance de ses vertus par tous, l’urgence du déploiement de modules de formation pour une meilleure préparation des militants à un syndicalisme vrai et pur.

Analysées posément, ces raisons évoquées n’ont aucune

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Bénin : Azannai prévient la classe politique des manœuvres du pouvoir contre la démocratie

La salle de fête de Majestic à Cadjèhoun était pleine à craquer ce dimanche 8 avril 2018. C’était à la faveur de la célébration décalée de la journée internationale de la femme. Au lieu du 8 mars, c’est plutôt le 8 avril que les femmes du parti de Restaurer l’Espoir se sont retrouvées pour célébrer la gente féminine sur le thème : « Femme et militantisme, quel engagement pour le parti Restaurer l’Espoir ». Prenant la parole à l’occasion, le président dudit  parti, Candide Azannai a fait des révélations troublantes sur des manœuvres du pouvoir à attenter à la démocratie.

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Bénin : Nazaire Hounonkpè face aux frustrations des éléments de la Police Républicaine

L’avènement de la Police Républicaine rime avec le grincement de dents dans le nouveau corps crée par le chef de l’Etat. Et pour cause !

Les conditions faites à l’un des deux corps unifiés à la Police Républicaine, font polémique. En effet, depuis la mise en œuvre de cette réforme du chef de l’Etat Patrice Talon il y a seulement quelques mois, les éléments de la gendarmerie notent une sorte ‘’d’injustice’’.

Laquelle se traduit par les différentes mutations ou nominations opérées par le Directeur général de la police Républicaine, l’inspecteur général de police Nazaire Hounonkpè. Au sein de ce nouveau corps créé par la loi n°2017-41 portant création de la Police Républicaine en République du Bénin, les mutations font des mécontents. « Nous ne savons pas sur quelle base juridique les nominations se font actuellement dans les commissariats », a confié une source qui garde l’anonymat.

L’harmonisation des galons est à l’origine de ce désordre. Dans une unité de gendarmerie, pour être commandant il faut avoir un diplôme de commandement. Mais le contraire s’observe avec les récentes nominations. A la gendarmerie, la hiérarchie est composée

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Bénin : visa de commercialisation de médicaments accordé à un autre laboratoire

Un nouveau piège pour les grossistes répartiteurs ?

Se fondant sur la collaboration malencontreuse avec le laboratoire New Cesamex, certains grossistes sont inquiets de l’avènement sur le marché de la fourniture des médicaments d’un autre laboratoire et indien comme le précédent. Le fait que le ministère de la santé leur ait accordé le visa de commercialisation de leurs produits au Bénin suppose qu’il doit devenir le nouveau partenaire des grossistes répartiteurs. C’est avec pertinence que certains d’entre eux se demandent si l’avènement de cet autre fournisseur ne constitue pas un nouveau piège tendu aux grossistes répartiteurs.

L’expérience malheureuse que les grossistes ont eu de leur collaboration avec le laboratoire New Cesamex, a développé chez certains parmi eux des réflexes de prudence même lorsque le partenaire présenté, est autorisé par le gouvernement. C’est le cas du laboratoire MaverickHealthcare qui a obtenu du ministère de la santé, les autorisations de mises sur le marché de ses produits pharmaceutiques. Comme new Cesamex, MaverickHealthcare représente au Bénin du laboratoire CianHealthcareproducts basé en Inde. Cette firme dit avoir autorisé MaverickHealthcare à commercialiser ces produits au Bénin. Des autorisations de mise sur le marché béninois de neuf de ces produits ont été signées le 22 août 2017 au nom du ministre de la santé par le directeur de la pharmacie. Cette firme a aussi reçu du ministère de la santé, le visa de commercialisation de ces produits sur le marché béninois, signés par la même autorité le 21 août 2017. Le visa de commercialisation indique les prix hors taxes de livraison de ces produits aux grossistes.

Le doute persiste

L’autorité signataire des visas de commercialisation recommande à ce fournisseur de prendre attache avec un certain nombre d’entreprises connues comme étant des grossistes répartiteurs des médicaments en santé. Malgré ces autorisations brandies par ce nouveau fournisseur, certains grossistes répartiteurs restent dubitatifs sur le sérieux à accorder à ce dernier. D’où la réticence observée à passer des commandes où à mettre en circulation les produits livrés par ce fournisseur. Puisque l’assignation surprenante des grossistes répartiteurs en justice jusqu’au verdict de condamnation ferme prononcé à l’endroit, a plongé la plupart de ces acteurs dans une psychose collective. Ces grossistes répartiteurs n’en reviennent pas de savoir que

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Rencontre Talon - pharmaciens : Un dossier encore plein de brouillard et d’incertitudes

La magie et la force de la communication résident dans la capacité à faire voir la victoire là où l’échec est patent, la vérité là où le doute est évident.

La rencontre du chef de l’Etat avec les pharmaciens et les grossistes répartiteurs, a été présentée comme une cérémonie au cours de laquelle les mis en cause c’est-à-dire les grossistes répartiteurs sont allés confesser leurs péchés et ont à l’occasion sollicité la clémence du prince afin que leurs jours se prolongent ici bas. Ce cliché marketing de cette rencontre est de nature à faire oublier le caractère énigmatique de ce dossier qui recèle encore de nombreuses zones d’ombre et des points à élucider.

Si l’on s’en tient aux comptes rendus servis par différents médias sur la rencontre entre le chef de l’Etat avec les pharmaciens et les grossistes répartiteurs, on serait tenté en toute naïveté de penser qu’on sait déjà tout sur dossier. Ce d’autant plus qu’avec des images à l’appui, les millions de téléspectateurs, ont entendu des grossistes répartiteurs reconnaitre leurs fautes et implorer le pardon pour que l’épée de Damoclès cesse de planer sur leurs têtes. Mais ce scénario digne d’un film hollywoodien, n’est que la face visible de l’iceberg qui cache le vrai visage de ce dossier qui présente encore de nombreuses zones d’ombre. La mauvaise foi des metteurs en scène de ce scénario est d’abord le refus d’informer l’opinion sur le fait que ladite affaire est encore pendante devant la justice. Qu’elle a juste connu un premier épilogue avec le jugement rendu par le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Un jugement qui a condamné les grossistes répartiteurs assignés, à des peines d’emprisonnement ferme avec des amendes individuelles et collectives. Les scénaristes ont refusé au cours de leur mise en scène d’informer l’opinion de ce que cette condamnation au niveau du tribunal de première instance n’est pas définitive et que la défense a interjeté appel et que le procès doit se poursuivre en appel.

Questions à 1 million de dollar

Comment comprendre qu’une affaire qui doit se poursuivre en justice au niveau de la cour d’appel fasse l’objet d’une conciliation ou de « mea culpa » ? Comment les conseillers du chef de l’Etat l’ont-ils laissé se prononcer sur une affaire sur laquelle qui doit se poursuivre devant la Cour d’appel? Est-il juridiquement admissible que pour une affaire encore pendante devant la justice, que le chef de l’Etat fasse un jugement de valeur favorable ou défavorable sur une des structures mises en cause comme cela a été le cas avec New Cesamex ? Des observateurs et analystes continuent à se gratter les méninges pour comprendre le sens et la portée de cette rencontre du vendredi 30 mars 2018 au Palais de la Marina ? Puisque selon le principe cher et toujours clamé par le chef de l’Etat, celui de la séparation des pouvoirs, le président de la république ne peut pas s’immiscer dans des affaires traduites en justice. En considérant ce principe au nom duquel le chef de l’Etat demande souvent de laisser la justice faire son travail, on est surpris par l’organisation de ce show télévisé de vendredi dernier. Etait-il organisé pour dire que la suite du procès se décide désormais au Palais de la Marina ou pour inviter les mis en causeà venir reconnaitre leurs fautes et entrer ainsi en négociation pour trouver d’autres formes de condamnation ?

Le grand mystère

Toujours est-il que même parmi les acteurs retenus pour ce film court métrage, il y en qui ont refusé de répéter les dialogues contenus dans le scénario et qui ont parlé en âme et conscience en disant ne pas se reconnaitre dans ce capharnaüm de mauvais goût. Cet acteur rebelle aux dialogues imposés aux acteurs, a clairement dit que sa structure ne s’associe pas à ses séances de salamalecs. Parce qu’il reste convaincu que ce qui est reproché aux grossistes répartiteurs, c’est-à-dire le fait de s’approvisionner auprès d’un fournisseur « illégal », New Cesamex, relève plutôt de la défaillance de l’administration. Sa prise de position rappelle celle de

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« Faux médicaments » : condamné Sylvain Grassin, le Dg français de Promopharma porté disparu

(Serait-il exfiltré ?) Une nouvelle affaire s’ouvre dans le dossier dit de « faux médicaments ». Depuis quelques jours, c’est la disparition de Sylvain Grassin qui alimente les polémiques. Le patron français de Promopharma – une des sociétés grossistes -, condamné comme ses collègues à quatre ans de prison, est porté disparu depuis lundi. Depuis ce jour, sa silhouette n’a plus été aperçue ni dans sa cellule, ni au Cnhu où il devrait recevoir des soins.

Où est passé Sylvain Grassin ? Depuis le lundi 26 mars, ce français en détention comme quatre autres responsables des sociétés grossistes, a disparu de sa cellule à la prison civile de Cotonou. Selon des sources proches des autorités pénitentiaires, il devait se rendre au Centre national hospitalier et universitaire (Cnhu), pour des soins. Mais chose curieuse, il n’y a pas été retrouvé depuis ce lundi.

Ses codétenus aussi n’ont pas de ses nouvelles. On se demande s’il est toujours au pays, puisque ses parents sont

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Bénin : La preuve que le gouvernement est à bout de souffle

Après les multiples négociations infructueuses du gouvernement avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales, le médiateur de la République Joseph Gnonlonfoun s’est impliqué dans la recherche de solutions, pour une sortie de la crise qui secoue le Bénin depuis le 5 janvier 2018. Ainsi, au cours d’une rencontre avec des acteurs ce mardi 28 mars 2018 au siège de son institution, il a été question de trouver des voies et moyens pour le dégel de la crise.

Le gouvernement semble visiblement montrer ses limites dans les négociations avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales, et les agents grévistes. La persistance de la crise depuis presque 4 mois maintenant inquiète. Depuis lors, les réflexions s’accentuent sur la méthode idéale pour sortir le Bénin de ce cafouillage, qui risque de conduire à une année blanche. Le risque est aussi grand si la crise ne trouve pas de solution au niveau des autres secteurs touchés, à savoir la justice et la santé. On peut croire depuis ce mardi, que les négociations changent de camp et de figures de proue, avec l’implication du médiateur de la République. Même si le dernier mot revient au gouvernement pour le retour à l’accalmie, une implication de tiers est nécessaire. C’est donc à raison que le médiateur rencontre pour deux jours une kyrielle de personnalités et d’acteurs de la société civile, pour tenter une nouvelle approche en vue du dégel de la crise.

Depuis ce mardi, les hôtes de Joseph Gnonlonfoun notamment les anciens ministres Sylvain Adékpédjou Akindès

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Bénin : Le pouvoir Talon panique devant le réveil de l’opposition

Le Bénin est devenu un Etat démocratique en 1990, depuis la tenue de la Conférence des Forces vives de la Nation. Cette option est inscrite dans la constitution du 11 décembre 1990. L’existence des partis politiques d’opposition est ainsi devenue une réalité dans notre pays. Mais jusqu’à présent, les différents régimes au pouvoir au Bénin n’acceptent pas trop la présence de partis politiques d’opposition, pour critiquer ou apporter des avis contraires aux leurs, concernant la gouvernance du pays. C’est le cas de l’actuel régime de la Rupture, dirigé par le Président Patrice Talon, qui fonctionne comme si le Bénin démocratique ne mérite aucun parti d’opposition.

A sa prise de pouvoir le 06 avril 2016, le régime du Président Patrice Talon avait suscité un enthousiasme populaire, ayant entraîné une vague d’adhésions générale. Les militants et personnalités des formations politiques qui devraient se retrouver dans l’opposition, se sont touts, ou presque, ralliés au pouvoir de Patrice Talon comme si l’opposition n’a plus sa place au Bénin. Mais les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs, et les intellectuels et cadres de haut niveau qui souhaitaient travailler aux côtés du régime pour l’aider à réussir sa mission, ont vite déchanté.

Le pouvoir s’est enfermé dans un mutisme inquiétant sur la gestion des affaires publiques. Il s’est lancé dans une politique de répression à l’endroit de toutes les personnes qui veulent dénoncer ses abus et ses décisions arbitraires. Le béninois lambda n’est pas mieux logé, subissant des brutalités de tout genre. Candide Azannaï qui a été un grand soutien et un très proche du Président Talon, a alors décidé de marquer sa distance vis-à-vis du pouvoir en place, pour se battre aux côtés du peuple qui l’a aidé à porter Talon au pouvoir. La tenue du congrès de son parti Restaurer l’espoir a été un grand succès. Mais le régime n’a pas digéré le départ de Candide Azannaï de son rang. Ce dernier a subi railleries et humiliations de la part du pouvoir, qui le fit passer pour un menu fretin. Mais Candide Azannaï est resté imperturbable, et il a affirmé son entrée dans l’opposition pour mener le combat de la libération du peuple. Il a mis à nue la cachoterie du chef de l’Etat, ses manœuvres d’intimidation et de brutalité, de violation des libertés et des lois de la république. Il a appelé la population à la résilience contre tous les abus de ses droits.

Une opposition qui s’organise…

Le mois de février dernier a connu la tenue du congrès de la grande alliance Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), qui a réussi une forte mobilisation de ses militants venus de toutes les régions du Bénin pour se retrouver à Parakou. L’apparition de l’ancien Président Yayi Boni a été un événement. Très sollicité par les militants, il a été accueilli en triomphe par toutes les populations présentes sur les lieux. Le pouvoir alors s’est lancé dans

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Bénin : la décision de la Cour qui dévoile le double jeu du gouvernement

Une des récentes décisions de la Cour constitutionnelle, dévoile le double jeu du gouvernement dans la lutte contre la corruption. Il s’agit de la décision Dcc 18-060 du 08 mars 2018. En effet, saisie d’une requête de Serge Prince Agbodjan, la Cour s’est déclarée incompétente pour dire si la présidente de la Chambre des comptes de la Cour suprême a violé la constitution, en ne procédant pas aux vérifications des déclarations de patrimoine.

Dans l’instruction du dossier, cette dernière a répondu à la Cour avoir joué sa partition, en déclarant elle-même ses biens. Mais ajoute-t-elle, si les choses piétinent c’est par manque de moyens. Selon ses déclarations, le ministre des Finances n’a répondu à aucun des courriers à lui adressés pour réclamer la mise à disposition de fonds. La même décision fait état des cas de ministres qui se sont opposés à déclarer leur patrimoine.

Parmi eux, il y a le ministre des Finances Romuald Wadagni lui-même, qui affiche ainsi son mépris pour

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Rachat des dettes intérieures du Bénin : Le gouvernement dans un deal suspect avec la Sgi

Dépassé par les dettes, l’Etat Béninois décide de confier la gestion de sa dette intérieure à la Société de gestion et d’intermédiation (Sgi). Celle-ci devrait rechercher dans les 60 jours qui suivent des investisseurs potentiels pour racheter la dette intérieure bancaire du Bénin, estimée à 350 milliards de fcfa. Cette formule présente d’énormes dangers pour le Bénin.

« Débiteur : Etat béninois ; Arrangeur : Sgi-Bénin ; Bénéficiaires : Créanciers bancaires de l’Etat Béninois ; Nature du concours : Prêt direct garanti ; Montant du prêt sollicité : 350 milliards ; Durée de remboursement : 10 ans ; Taux indicatif : 4,5% l’an net d’impôts, … Garantie et supports : Garantie souveraine de l’Etat du Bénin … ». Telles sont quelques unes des caractéristiques de l’opération sollicitée par le gouvernement Béninois. En effet, dans une lettre en date du 08 février 2018, le ministre des Finances Romuald Wadagni, donne mandat à la Sgi de l’aider à trouver des investisseurs pour racheter les 350 milliards de dette intérieure du Bénin.

Il s’agit des dettes intérieures béninoises contractées auprès de banques, et ceci devrait permettre d’injecter un peu de liquidité dans le pays pour relancer l’économie nationale. Mais trois choses intriguent dans cette opération. Il s’agit d’abord du montant exorbitant : 350 milliards. C’est beaucoup d’argent et on se demande comment et quand le gouvernement a pu accumuler une si importante dette auprès des banques. Ensuite, on se demande comment la société Sgi a été choisie. Normalement, la société d’intermédiation devrait être choisie après avis d’appel d’offres international. Ce qui n’a pas été le cas, car la Sgi a été choisie à la volée. Un choix qui renforce les soupçons de

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