Le 26 octobre 1972, une nouvelle page de l’histoire politique du Bénin a été ouverte par des officiers de l’armée, qui ont chassé du pouvoir feu Justin Ahomadégbé. 45 ans après, beaucoup de témoins de l’histoire se rappellent encore de cette date.
Si pour de nombreuses personnes jusqu’à ce jour, c’est Mathieu Kérékou, alors chef de bataillon qui a conduit ce coup de force, les récits de l’histoire nous révèlent qu’il n’en était pas un acteur au premier plan. Du moins, il n’était pas le chef d’orchestre de cette opération.
Le Bénin est aujourd’hui considéré dans la sous-région comme un model de démocratie et de paix, surtout après l’historique conférence des forces vives de février 1990. Mais avant d’en arriver là, d’énormes sacrifices ont été consentis et l’histoire du pays a été très agitée. Le souvenir d’un fait marquant de cette histoire politique du Dahomey est d’ailleurs toujours vivace dans les mémoires. Il s’agit du 26 octobre 1972. Pour certaines personnes rencontrées dans Cotonou, l’officier Mathieu Kérékou, chef de bataillon à l’époque, est le chef d’orchestre de ce putsch. D’autres proches d’un témoin de l’histoire, attestent que le putsch de 72 a été conduit de main de maître par le capitaine Janvier Assogba.
Après son accession à la souveraineté internationale le 1er août 1960, le Dahomey a connu des moments de graves crises socio-politiques, avec des coups d’Etat fréquents et une instabilité observée nulle part ailleurs. Et le monstre à trois (03) têtes va davantage enfoncer le pays dans la crise.
En effet, pour gérer cette crise, les trois (03) leaders politiques du Dahomey de l’époque à savoir Hubert K. Maga (du nord), Justin Ahomadégbé (du centre) et Sourou Migan Apithy (du sud), tous en exil, ont été rappelés pour siéger tour à tour à la tête du pays. Chacun d’eux devra faire un mandat de deux (02) ans à la tête du Dahomey. Hubert Maga a été le premier, du 07 mai 1970 au 07 mai 1972. Son bilan n’a été pas reluisant et les officiers avaient trouvé que la succession à tour de rôle n’était pas la meilleure option.
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Au tour de Justin Ahomadégbé en mai 72, l’autorité de l’Etat était bafouée, les jeunes officiers n’avaient plus confiance en leurs ainés, et le pays s’est enlisé encore plus. C’est alors que conscients du danger qui guettait le Dahomey à cette époque, certains officiers de l’armée ont décidé de prendre le contrôle de la situation.
Janvier Assogba, véritable auteur du putsch !
Le commandant Mathieu Kérékou alors chef d’Etat-Major, ayant constaté que le pays va à la dérive, a décidé de se concerter avec de jeunes officiers de l’armée, fraichement sortis des écoles militaires occidentales. Au camp militaire de Ouidah, considéré comme le plus grand en ce moment parce que l’armement s’y trouvait, Kérékou rencontrera des officiers à qui il a demandé de chasser Ahomadégbé du pouvoir, puisqu’il ne comptait plus sur les anciens de la classe politique pour mener cette opération. Il a eu des entretiens avec Alphonse Alley, Michel Aïkpé, Janvier Assogba et autres. Mais la seule question qui taraudait les esprits, c’est qui peut faire l’affaire si on parvient à renverser Ahomadégbé ? Mathieu Kérékou propose le colonel Alphonse Alley, mais cette proposition est repoussée par