Bénin : La privatisation aux portes du port

Fortement concurrencé dans la sous région et en proie à une baisse drastique de ses recettes, le Port autonome de Cotonou trouvera sa survie grâce à un administrateur venu de l’extérieur.

Ainsi en a décidé le gouvernement. Dans un avis d’appel public à candidature lancé dans la presse, il entend confier la gestion du « poumon de l’économie nationale » à un mandataire.

Dans le vocabulaire prolixe du gouvernement sur les différentes formes de privatisation, le PAC n’a pas été oublié. On parle ici de recrutement d’un mandataire. La presse nationale a publié hier un communiqué émanant de la personne responsable des marchés publics au Ministère des infrastructures et des transports, et qui invite ceux qui remplissent les conditions définies dans le dossier de pré qualification, à rapprocher de son secrétariat pour de plus amples informations.

Les dossiers de pré-qualification doivent être déposés au même secrétariat au plus tard le 13 juillet. En attendant que les offres, le dépouillement et la sélection de ce mandataire soient faits, on peut oser dire que la procédure n’a l’air de souffrir de rien, et que tout se passe dans les règles de l’art. Seulement voilà, en lisant les tâches qui lui incomberont une fois le mandataire sélectionné, on se rend compte que c’est une privatisation qui ne dit pas son nom. Huit grandes tâches lui incombent. On parle de

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Bénin : Affo Obo Tidjani choisit finalement le groupe parlementaire d'Issa Salifou

Malgré toutes les tractations, le député Affo Obo Ahmed Tidjani, élu sur la liste Abt, a tourné dos au groupe Parlementaire « Nation, paix et développement » de Rosine Soglo, pour adhérer à la « voix du peuple » de l’honorable Issa Salifou.

Terminus, tout le monde descend ! L’honorable Affo Obo Ahmed Tidjani a effectivement démissionné du groupe parlementaire « Nation, paix et développement » présidé par Rosine Soglo, la doyenne d’âge du Parlement béninois.

Le député élu sur la liste Abt reste ainsi dans son nouveau groupe parlementaire, « La voix du peuple », présidé par Issa Salifou. Il l’a clarifié vendredi dernier à travers une « lettre de clarification » adressée au président de l’Assemblée Nationale, Me Adrien Houngbédji. C’est la fin d’une folle semaine de confusion marquée par d’intenses tractations pour empêcher l’élu du peuple de concrétiser son choix.

Pour rappel, lundi 22 mai dernier, l’Assemblée Nationale a enregistré la naissance d’un nouveau groupe parlementaire. Composé de neuf députés, le groupe dénommé « La voix du peuple » est dirigé par le député Issa Salifou. Ses membres sont 09 des 23 députés ayant voté contre le projet de révision de la constitution du président Patrice Talon.

Parmi eux, l’on retrouve l’honorable Affo Obo de l’alliance Abt, qui le week-end précédent avait fait une déclaration de mea culpa pour son vote du 04 avril contre le projet de révision constitutionnelle. En effet,  Affo Tidjani a adressé deux lettres au président de l’assemblée nationale. La première le 23 mai pour notifier sa démission du groupe « Nation et développement » et son ralliement au nouveau groupe parlementaire « La voix du peuple ». Le lendemain, on apprend de sources proches de l’administration parlementaire le renoncement du député à sa démission. Dans la soirée du 24 mai, il présente une nouvelle lettre dans laquelle, il réaffirme donc son appartenance à « Nation et Développement ».

Dans l’opinion, les commentaires et analyses sont allés dans tous les sens. Certains analystes ont d’ailleurs qualifié « La voix du peuple » de groupe mort-né. Pourtant, cette confusion était le fruit des manœuvres orchestrées dans l’ombre pour tuer dans l’œuf le groupe parlementaire « La voix du peuple ». Fort de leur engagement à agir au nom de l’intérêt du peuple, les membres de «La voix du peuple» ont pu faire échec aux différentes machinations. Et avec sa lettre de clarification, l’honorable Affo Obo fait taire toutes les polémiques.  D’ailleurs, lors de la plénière d’hier à l’Assemblée nationale, le président Adrien Houngbédji a autorisé la constitution du groupe parlementaire « La voix du peuple ». La déclaration de constitution a été une nouvelle fois lue par l’honorable Atao Hinnouho, président du ResoAtao

Déclaration de constitution du groupe parlementaire ‘’LA VOIX DU PEUPLE’’

Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les membres du bureau de l’Assemblée nationale,
Chers collègues,

Aujourd’hui tout le monde est unanime que le Bénin traverse une crise économique et sociale inédite. Même le président de la République lors des différentes sorties médiatiques a eu à le reconnaître. Le taux de chômage a évolué de façon galopante. La sécurité alimentaire a pris un grand coup. Le panier de la ménagère est quasiment vide. C’est dans ce contexte que le président Patrice Talon, a introduit le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Ce projet, depuis son introduction à l’Assemblée nationale a suscité de vives contestations dans le rang des magistrats, des syndicalistes, des constitutionnalistes et des différentes personnalités du Bénin ainsi qu’au sein de nos masses laborieuses. Ces vives réactions illustrent la remise en cause de la paix sociale chèrement acquise depuis l’historique conférence nationale des forces vives de la Nation. Cette situation n’a pas laissé insensibles vingt trois (23) députés qui, lors de la prise en considération dudit projet ont opté pour le NON. Ce NON a marqué réellement la victoire du peuple. Mais depuis l’expression de ce NON, une campagne d’intimidation, de médisance, de montage, et de chantage est animée par certains acteurs politiques cherchant même à salir les vingt trois (23) députés devant les structures et autorités de l’Etat.

Nous, signataires de la présente déclaration, réunis au sein du groupe parlementaire LA VOIX DU PEUPLE sommes certains que ce vote, loin d’avoir apporté une satisfaction aux besoins les plus pressants de la population, a apporté indubitablement sa part de consolidation de la paix sociale et à l’apaisement des différentes tensions enregistrées ça et là.

Conscients du rôle qu’est le nôtre en tant que parlementaire, restons déterminés pour poursuivre le combat pour

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Bénin : L’opposition à Patrice Talon se dessine

Sclérosée et totalement absente depuis la dernière élection présidentielle, l’opposition politique sort timidement de son hibernation. Après le clivage né du rejet du projet de loi sur la révision, l’horizon politique s’éclaircie, les choses bougent, les aspirations se croisent et les nouveaux visages de l’opposition à Patrice Talon commencent à s’afficher.

Le projet de révision de la constitution introduit par le président Patrice Talon a été un tremplin de clarification de la classe politique. S’il n’a pu aboutir à l’adoption d’une nouvelle constitution comme souhaité par le PR, il a eu le mérite d’éclaircir le paysage politique très confus du le pays.

Depuis le 04 avril passé en effet, date du rejet du projet, un bloc de la majorité présidentielle s’est dégagé à l’Assemblée, laissant de côté la minorité des députés qui se sont opposés à cette réforme constitutionnelle. Cette minorité est composée de députés proches de Boni Yayi, de certains soutiens de Sébastien Ajavon, et de quelques députés isolés.

En clair, le vote pour le rejet a propulsé les nouveaux visages de cette opposition. On peut citer les députés Issa Salifou, Atao Mohamed Hinnouho, Adjibadé Koussonda, et la légion des députés qui font allégeance à Boni Yayi. Ceci dit, l’opposition devrait se construire autour de Boni Yayi et de Sébastien Ajavonqui a dit tout récemment dans une interview pris ses distances avec le régime de la rupture-.

A ces deux, devraient s’ajouter des personnalités politiques non négligeables telles que l’honorable Eric Houndété. A la création du bloc de la majorité présidentielle, Houndété avait semblé prendre fait et cause pour elle, avant de se retirer lors tout récemment. Léhady Soglo est aussi condamné à faire l’opposition face aux persécutions politiques venant du pourvoir. Enfin, il y a Candide Azannai. C’est un secret de polichinelle : Candide Azannai n’est pas en

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Bénin : La polémique "Affo Obo Tidjani" enflamme l’hémicycle

(Deux camps s’affrontent, le président Houngbédji suspend manu militari la séance) La polémique autour de la démission ou non de l’honorable Affo Obo Tidjani a enflammé l’hémicycle vendredi dernier.

Le président de l’Hémicycle, Me Adrien Houngbédji, a dû suspendre manu militari la séance en la renvoyant à ce jour. Le député Affo Obo Tidjani a-t-il véritablement et définitivement tourné dos au groupe parlementaire de la présidente Rosine Vieyra Soglo ?

C’est en réalité la seule préoccupation qui divise aujourd’hui les parlementaires de la 7è législature. Deux camps s’opposent à l’hémicycle autour de ce dossier qui défraie depuis quelques temps la chronique : le camp de la majorité parlementaire et celui de la minorité qui se met progressivement en place.

Mais au cours de la séance plénière de vendredi dernier, une véritable confusion se serait installée dans les esprits des honorables députés. En effet, une première correspondance a été lue lors des différentes communications à l’entame de la plénière. Cette correspondance indiquait que le député Affo Obo Tidjani alias Souwi serait retourné vers le groupe parlementaire « Nation, Paix et Développement », Groupe présidé par la présidente Rosine Soglo, quelques jours après sa démission du même groupe parlementaire.

Chose curieuse, dans la même journée, le député en question a introduit précipitamment une nouvelle lettre dénommée « lettre de clarification » sur la table du président de l’Assemblée nationale. Une situation qui a installé la confusion et le doute dans les esprits, et qui a laissé perplexe la majorité des députés, suscitant une vive tension au sein de l’hémicycle.

Certains députés n’ont pas laissé passer cette occasion. Ils ont vigoureusement appuyé le président Adrien Houngbédi (lire ci-dessous les interventions), qui a dû suspendre manu militari la séance afin d’éviter d’embraser davantage l’hémicycle.

« Il faut d’abord être sûr que le groupe est constitué. Nous n’avons pas encore vérifié les pièces qui ont été transmises parce qu’il a trois diverses correspondances. Donc il n’y a pas d’urgence, ça peut attendre » a déclaré le président Houngbédji avant de suspendre la séance.

Lire les diverses réactions au sein de l’hémicycle à propos de l’Affaire Affo Obo Tidjani

Honorable Mathurin Nago

« Monsieur le président, je n’étais pas là au début de la séance, mais on vient de me dire qu’une lettre a été lue. Mardi dernier, une première avait été lue pour indiquer la démission de l’intéressé du groupe de madame Rosine Vieyra Soglo. Ce matin une deuxième lettre de démission pour retourner dans le même groupe, et enfin la troisième lettre pour dire qu’après être reparti, on démissionne à nouveau du même groupe.

Monsieur le président, j’ai dit que la politique frise l’amusement dans notre pays, mais de grâce chacun de nous doit tout faire pour éviter de jeter l’opprobre sur les parlementaires. Ce n’est pas bon. Chacun est libre de faire ce qu’il veut mais chacun doit pouvoir défendre la dignité et l’honneur du

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Affaire Ppea2 au Bénin : Les raisons de l’indignation de la société civile

Plusieurs organisations de la société civile béninoise ont réagi ce mercredi 24 mai au non-lieu du juge d’instruction dans le dossier Ppea2. Tout en respectant le principe de l’indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs, elles s’indignent et demandent au gouvernement d’interjeter appel.

Un peu plus d’une semaine après l’ordonnance de non-lieu du juge d’instruction de l’affaire Ppea 2, certaines organisations de la société civile béninoise haussent le ton.

A travers une déclaration rendue publique ce mercredi 24 mai à Cotonou, Social Watch Bénin, Changement Social Bénin, Amnesty International Bénin, Afrique Performance Bénin et Maison de la Société Civile, s’indignent de la tournure que prend ce dossier de détournement d’environ 8 milliards Fcfa, dont 2,6 milliards des Pays-Bas, dans le cadre du programme pluriannuel d’appui au secteur Eau et Assainissement (Ppea II). « Face aux derniers développements de la nébuleuse affaire Ppea II, nous, organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de la reddition des comptes, de la redevabilité, de la promotion et de la défense des droits de l’Homme, crions haut et fort notre indignation quant à la tournure que prennent les choses surtout avec l’ordonnance de non-lieu du 15 mai 2017 », a déclaré à la presse Gustave Assah, président de Social Watch Bénin.

« Il y a eu détournement de fonds. On a pu toucher du doigt les éléments matériels de l’infraction, le rapport Kroll l’a narré. Les éléments légaux pour inculper les acteurs ont été évoqués au point où l’Etat avait instruit le ministère public pour, au nom de l’intérêt public, poursuivre les auteurs de ces faits », a rappelé Ralmeg Gandaho, président de Changement Social Bénin, une Ong spécialisée dans la promotion et la défense des droits humains. « On ne peut pas comprendre qu’on nous parle aujourd’hui de non-lieu après cette chronologie des faits. Cela ne se comprend pas », a-t-il insisté, très préoccupé par le fait que ce scandale financier « hypothèque un droit fondamental, notamment le droit

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Sbee-Bénin : Une privatisation voilée aux conséquences suicidaires

Réuni en conseil des ministres le 12 mai 2017, le gouvernement a décidé d’engager la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), dans une gestion déléguée. Ce qui devrait lui permettre d’éviter l’accumulation de dettes et de mieux se gérer. Mais à la lecture de l’article 7 de la loi n°92-023 du 06 août 1992 sur la dénationalisation, on est en droit d’avoir des inquiétudes et de soupçonner que cette gestion déléguée soit une privatisation voilée.

La loi n°92-023 du 06 août 1992 sur la dénationalisation en République du Bénin, stipule en son article 7 : « Sont exclues du champ de dénationalisation ou de transfert de propriété du secteur public au secteur privé, les entreprises stratégiques et les entreprises du secteur non concurrentiel, ayant une mission de service public national. Sont réputées stratégiques, les entreprises ayant pour objet les mines, l’énergie, l’eau, les forêts, les armements, les transports, les communications et les télécommunications. Toutefois, le Gouvernement peut intéresser des personnes privées à l’exploitation des entreprises relevant de ces secteurs ».

Cet article empêche l’Etat de privatiser des sociétés comme la Sbee. Le gouvernement a donc habilement contourné cette disposition et engagé la structure de commercialisation et de distribution d’énergie électrique dans une gestion déléguée.

A maintes occasions, le ministre de l’Energie de l’Eau et des Mines, a expliqué que cette option n’est pas une forme de privatisation. Il avait souligné que le contrat de gestion est un engagement contractuel par lequel une entité privée prend la responsabilité de la gestion d’une entreprise publique, moyennant paiement d’un montant pour la prestation de service, mais toujours avec l’effectif de l’entreprise. Mais ce qui risque d’arriver à la Sbee malgré toutes les assurances, c’est un système

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Bénin : La Haac condamnée à payer 50 millions F Cfa (une première)

Le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, précisément la chambre civile moderne, a réglé le litige entre la Haac et Idéal Production, la société de réalisation des programmes de Sikka Tv.

Pour avoir fermé les locaux de ladite structure, le tribunal a condamné hier lundi 22 mai, le président de la Haac à payer 50 millions FCfa de dommages et intérêts, assortis d’astreintes comminatoires de 10 millions de francs par jour de résistance.

La chambre civile moderne du tribunal de première instance de première classe de Cotonou, a tranché l’affaire de fermeture des locaux d’Idéal production, producteur exclusif de Sikka TV. Suite à cette fermeture courant novembre 2016, les promoteurs de la société ont assigné en justice le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Adam Boni Tessi.

Ce lundi 22 mai, la chambre civile moderne du tribunal de première instance de Cotonou présidée par Maximillien Kpehounoua, a rendu sa décision. Reconnaissant Adam Boni Tessi ès-qualité président de la Haac coupable, la cour l’a condamné à payer à Idéal production, la somme de 50 millions F Cfa, à titre de dommages et intérêts.

Le tribunal a constaté qu’en fermant les locaux d’Idéal production, Adam Boni Tessi s’est rendu coupable d’une voie de fait.

En conséquence, le président du tribunal a ordonné la cessation immédiate des voies de fait ainsi que la réouverture immédiate des locaux d’Idéal production. La décision rendue mentionne une astreinte comminatoire de 10 millions F Cfa par jour de retard.

La défense du président de la Haac a été assurée par

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Bénin : Le PV qui exclut Léhady Soglo de la RB

Procès verbal de la réunion extraordinaire du bureau politique national du parti politique  la Renaissance du Bénin (Bb) (Hôtel Sun City d’Abomey le 21 mai 2017).

L’an deux mil dix-sept et le dimanche 21 mai s’est tenue dans la salle de conférence de l’hôtel Sun City d’Abomey, la réunion extraordinaire du Bureau Politique National du parti  la Renaissance du Bénin (RB) sous la présidence du camarade Georges BADA,  2ème Vice-Président du  Parti. Outre le président de séance, le présidium est composé des camarades:

  1. Blaise AHANHANZO GLELE, 4ème vice-président;
  2. Boniface YEHOUETOME, porte-parole, chargé de la communication et de la promotion du parti;
  3. Luc Sètondji ATROKPO, Secrétaire Exécutif National (SEN) du parti.

Cette réunion extraordinaire du Bureau Politique National a été convoquée suite à l’une des résolutions du Bureau Politique National en sa séance du 19 mai 2017 à l’hôtel Sun City d’Abomey. Le contrôle de présence  des  39 membres encore légaux et légitimes régulièrement convoqués révèle que  vingt (20) membressont présents. Il s’agit des camarades:

  1. Gildas  AGONKAN;
  2. Olivier PARAÏSO ;
  3. Michel MAKPENON;
  4. Marie José ZINZINDOHOUE née de DRAVO;
  5. Adolphe Koffi DJIMAN;
  6. Robert GBEFFE;
  7. Marcellin DEGBE;
  8. Christiane  CAKPO-CHICHI SONGBE ;
  9. Marc J. M. da COSTA;
  10. Elie MEVO;
  11. Marc Didier DUBOGAN;
  12. Yacoubou MALEHOSSOU;
  13. Nan MEVO GUEZO ;
  14. Justin HOUNTOMEY;
  15. Boniface YEHOUETOME;
  16. Blaise AHANHANZO GLELE;
  17. Georges BADA ;
  18. Luc Sètondji ATROKPO ;
  19. Jérôme ALLADAYE;
  20. Brice CHANHOUN.

Notons que le camarade Florentin TCHAOU a donné une procuration au camarade Gildas AGONKAN (voir copie en annexe).

Un seul point est inscrit à l’ordre du jour: « Audition du camarade Léhady Vinagnon SOGLO ». Après discussions et amendements des participants,  l’ordre du jour adopté comporte deux points, à savoir:

1-Audition du camarade Léhady Vinagnon SOGLO ;

2- Divers.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, à l’évocation par le Président de séance du nom du camarade Léhady Vinagnon SOGLO, en vue de sa comparution, il a été constaté qu’il n’est ni présent, ni représenté. Le Président de séance a fait rechercher autour du lieu de la séance s’il y était. Le constat d’absence a été confirmé.

Le Président de séance  a demandé au Secrétaire Exécutif National faisant office de secrétaire de séance, de faire mention au procès-verbal de l’absence de l’intéressé ainsi que de toutes les diligences pour sa comparution devant le Bureau Politique National.

Le Président de séance a alors demandé  aux membres du Bureau Politique National  s’ils sont disposés à examiner les points inscrits à l’ordre du jour. A l’unanimité, les membres du Bureau Politique National ont demandé   au Président de séance d’évoquer les points inscrits à l’ordre du jour.

Avant d’examiner le 1er  point relatif à l’audition, le Président de séance a rappelé que lors de sa dernière séance extraordinaire du 19 mai 2017, le Bureau Politique National avait déchargé le camarade Léhady Vinagon SOGLO de ses fonctions de Président du parti la Renaissance du Bénin dans la perspective de la présente réunion. Il a demandé  au Bureau Politique National de se prononcer sur la suite à donner à cette mesure conservatoire.

L’ensemble des participants a décidé de lever cette mesure provisoire en raison de la tenue effective de la réunion extraordinaire de ce jour, 21 mai 2017.

i-Audition du camarade Léhady Vinagnon Soglo

Sur les faits reprochés au camarade Léhady Vinagnon SOGLO,  le Président de séance a rappelé qu’il lui est reproché  de :

  1. Avoir violé consciemment les directives et statuts du parti;
  2. Avoir porté  des préjudices  graves  aux intérêts du parti;
  3. Avoir négligé de manière grossière ses obligations envers le parti;
  4. Avoir consécutivement compromis les intérêts du parti par son dysfonctionnement et une gestion solitaire exacerbée.

Le Président de séance a sollicité un débat général sur les griefs imputés au camarade Léhady Vinagnon SOGLO.

A la suite du débat général,  il a été retenu qu’effectivement:

  1. Le camarade Léhady Vinagnon SOGLO a violé consciemment les directives et les statuts du parti en s’opposant ou à tout le moins en s’abstenant de mettre en œuvre les résolutions du congrès  des 18 et 19 septembre 2010 à Abomey, ainsi que les dispositions des statuts visant la mise en place de toutes les instances du parti et la garantie de leur fonctionnement.
  2. Le camarade Léhady Vinagnon SOGLO a porté des préjudices graves  aux intérêts  du parti par sa gestion et ses engagements  politiques solitaires qui portent atteinte non seulement à l’image du parti, mais encore à son rayonnement et à sa survie. A titre d’exemple, la désignation du candidat soutenu à postériori  par le parti à l’occasion de l’élection présidentielle de 2016 en la personne du candidat Lionel ZINSOU dont aucun organe y compris le Bureau Politique National n’a discuté du choix.
  3. Le camarade Léhady Vinagnon SOGLO a négligé  ses obligations  envers le parti en refusant par mépris de répondre à la demande de convocation du Bureau Politique National et aussi en défiant les autres responsables du parti sur les suites à donner aux préoccupations relatives au fonctionnement normal du parti.
  4. Le camarade Léhady Vinagnon SOGLO est en somme responsable du dysfonctionnement caractérisé du parti et de sa léthargie.

A la demande  du Président de séance  sur la sanction que méritent de tels manquements et violations des statuts  du parti, les participants ont à l’unanimité maintenu l’exclusion du militant Léhady Vinagnon SOGLO sur

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Destitution de Lehady à la Renaissance du Bénin : La réaction de Nicéphore Soglo

A peine revenu du Togo, le patriarche Nicéphore Soglo a été accueilli par la mauvaise nouvelle de la destitution de son fils (bien avant celle qui allait confirmer son exclusion).

Joint au téléphone par LNT, il dit son amertume de voir le parti fondé par son épouse vivre cette tragédie. Il se dit très remonté contre les putschistes d’Abomey et dit ne pas comprendre leur outrecuidance à aller jusqu’à la destitution du président de leur parti. « Ils sont allés trop loin », s’offusque le président Soglo. Il ajoute néanmoins qu’ils ont bien planifié leur chose.

« Ils ont attendu que maman soit hors du territoire (ndlr : elle est à Abidjan pour une réunion de la Cedeao), moi-même je reviens à peine de Lomé, et Lehady lui-même est

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Renaissance du Bénin : Lehady Soglo "convoqué" par le bureau politique

Acculé à la mairie de Cotonou où ses réticences à la signature en l’état de la Convention Etat-communes le déplument, Lehady Soglo l’est également au sein de sa famille politique, la Rb.

Ici, il aura à gérer une fronde qui pourrait lui coûter cher dans les jours à venir. Dans un courrier à lui adressé le 12 mai dernier par exploit d’huissier, courrier dont Nouvelle Tribune a obtenue copie, seize membres du Bureau politique du parti le somment de convoquer pour  le mercredi 17 mai à l’hôtel Sun City d’Abomey, une réunion de cette instance du parti.

Hasard du calendrier, cette date correspond à celle où devrait se tenir la réunion du conseil communal de la ville de Cotonou, qui doit statuer sur la signature ou non de la convention Etat-commune. Le maire Lehady Soglo, selon les sources officieuses, aurait répondu par téléphone à l’un d’eux, en leur faisant part de son indisponibilité à être présent à Abomey ce mercredi.

Mais attendant une réponse officielle qui n’est pas venue jusqu’à 15h ce mercredi, les concernés renvoient un autre courrier et demandent cette fois-ci la même réunion pour ce vendredi 19 mai à 20h30, au même lieu, avec le même ordre du jour : « 1-analyse de la vie du parti et recherche de solutions appropriées pour sa dynamisation. 2-Divers ».

Seuls les « considérant » ont augmenté et font part d’un éventail de griefs. On peut citer entre autres, la gestion solitaire du parti, la non tenue des réunions statutaires, la non installation du

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Affaire Ppea 2 au Bénin : Comment le « Non-lieu » est intervenu

La justice est rendue au nom du peuple, dit-on. Mais cette décision de « non-lieu » rendue mardi dernier dans l’affaire Ppea2 n’a pas l’air de recevoir l’assentiment populaire.

Elle semble susciter plus d’indignation que d’approbation. Pourtant, elle n’est pas intervenue ex nihilo et semble être la suite logique des événements qui ont précédé la décision du juge Rodolphe Azo. Ce dernier officiait dans un passé récent à Lokossa, mais il a été muté à Cotonou lors des dernières mutations opérées par le garde des sceaux. Déplacement anodin ?  Peut-être !

Seulement, le terrain semble lui avoir été balisé par son prédécesseur Jacques Hounsou, qui avait pris la décision d’annuler les mandats d’arrêt contre Rock Saré Niéri et Rémi Codo, les deux opérateurs économiques cités dans l’affaire. Ce dernier, révèle une confidence proche des milieux judiciaires, a eu pour avocat un proche collaborateur du Chef de l’Etat. Cette source révèle aussi que le juge a fondé sa décision de non-lieu sur le fait que « Les ministres Komi Koutché et Barthélémy Kassa, respectivement ministre des Finances et ministre de l’Energie et de l’Hydraulique au moment des faits, auraient simplement agi en désorientant les fonds vers d’autres projets, ce qui est conforme aux textes de la république ».

Tout se passe dans l’instruction de ce dossier scabreux de détournement de fonds hollandais, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, comme si les fonds détournés n’avaient finalement pas atterri dans les poches des individus, ainsi que l’opinion publique l’a naïvement cru.

Les autres lampistes qui ont été détenus dans cette affaire ont simplement bénéficié de

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Grand Nokoué - Bénin : le conseil municipal de Cotonou adopte le document sous réserve

Les conseillers municipaux de la mairie de Cotonou se sont réunis hier mercredi 17 mai, pour la première session extraordinaire de l’année.

Ils se sont notamment penchés sur la convention cadre que doivent signer avec l’Etat les communes du Grand Nokoué, dans le cadre de la réalisation de certains projets du Programme d’actions du gouvernement (Pag).

Le conseil municipal de Cotonou a tranché hier 17 mai la question de la signature de la convention cadre des communes du Grand Nokoué avec l’Etat. Réunis en session extraordinaire convoquée par le maire Léhady Soglo, 33 conseillers ont marqué leur accord pour la signature de ladite convention.

Cependant, après les débats qui ont permis aux conseillers de cerner tous les contours de la convention, ils ont souhaité que certains amendements soient inclus dans le document final, avant signature par le maire.  Au nombre de ces amendements, le conseil a demandé de supprimer le dernier paragraphe du préambule qui stipule : « en application des dispositions des textes de loi sur la décentralisation ».

En ce qui concerne le contenu du document, les conseillers souhaitent que soit complété à l’article 2 ce qui suit : « gestion durable des infrastructures réalisées». L’article 3, alinéa 1er, selon le conseil, peut être reformulé comme suit : « L’Etat s’engage conformément aux clauses des conventions spécifiques qui feront corps avec la présente convention ». De même, le conseil propose de le compléter par la mention suivante : « Financer le coût de réinstallation des populations cibles ». L’avant-dernier alinéa du même article inspire aussi aux conseillers un amendement. Il demande que le gouvernement mette «transférer à la commune les infrastructures et équipements réalisés», en lieu et place de « assurer le transfert » mentionné. «La commune s’engage conformément aux clauses des conventions spécifiques qui feront corps avec la présente convention cadre A », est la formulation que proposent les élus communaux s’agissant de l’article 4 relatif aux engagements de la commune, en son alinéa 1er. Quant à l’article 8 du projet, il est proposé qu’il soit écrit : « la convention cadre entre en vigueur à compter de la date de signature des conventions spécifiques ».

Mots du maire…

A l’ouverture de la session, le maire Léhady Soglo a, dans son allocution, insisté sur son avis favorable au projet initié par le gouvernement. Occasion pour lui de dénoncer les idées divulguées dans

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ARCH : Un projet de protection sociale pour sortir le Bénin de la précarité

Le ministre du travail de la fonction publique et des affaires sociales, était hier mardi 16 mai 2017 sur la chaine de télévision nationale (Ortb), dans l’émission « Bénin révélé », pour faire le bilan des douze derniers mois de la mise en œuvre des réformes dans son département ministériel. Cette sortie a permis à Adidjatou Mathys de lever un coin de voile sur l’un des « projets phares » du gouvernement, l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch).

Le dernier trimestre de l’année 2017 connaîtra la mise en œuvre effective de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). C’est l’annonce qu’a faite le ministre du travail de la fonction publique et des affaires sociales, Adidjatou Mathys, à l’occasion de son passage ce mardi 16 mai sur la chaine de télévision nationale (Ortb). Reçue pour faire le bilan de l’an 1 de mise en œuvre des réformes dans les secteurs dont elle a la charge, Adidjatou Mathys s’est essentiellement focalisée sur l’Arch qui selon elle est « une nouvelle stratégie de protection sociale, dans le but de renforcer le capital humain et de réduire la précarité», et qui « sortira définitivement le Bénin de la précarité ».

D’un montant de 313 milliards de F Cfa, ce projet sera financé à hauteur de 10% par le gouvernement béninois, et le reste par les partenaires techniques et financiers. Aux dires du ministre, la phase pilote du projet sera mise en œuvre à compter du dernier trimestre de l’année en cours, avec l’enrôlement de 5% de la population. En 2018, 75% seront enrôlés et le reste suivra. Des explications du ministre, l’Arch comporte un paquet de 4 services dont l’assurance maladie, la formation, le microcrédit et l’assurance retraite. D’après Adidjatou Mathys, le tiers du budget de ce projet a été déjà mobilisé

L’assurance maladie

Le premier volet de l’Arch est l’assurance maladie. Cette assurance consiste à favoriser l’accès à tous, aux soins de santé sur toute l’étendue du territoire national. Elle s’impose à tous les résidents du Bénin et donc, est obligatoire. Notamment, les plus pauvres ou les personnes démunies sans occupations, sont entièrement pris en charge par l’Etat. Pour les moins pauvres, l’Etat assume leur assurance maladie à hauteur de 40%. Les personnes riches et les professionnels individuels se prennent eux même en charge de même que les employés du secteur privé au moyen d’une cotisation versée par leurs employeurs. En ce qui concerne les fonctionnaires d’Etat, c’est l’Etat qui paye leur prime d’assurance maladie à travers un prélèvement salarial.

La formation

La formation s’inscrit dans la logique de l’amélioration de l’employabilité des citoyens. Il s’agit d’une formation opérationnelle qui concerne principalement les acteurs du secteur informel (les mécaniciens, les tailleurs, les frigoristes, les agriculteurs, les transporteurs, …). Visant à renforcer les capacités professionnelles de ces acteurs, ce volet est entièrement pris en charge par l’Etat via une subvention.

Les microcrédits

Ce troisième service consiste à accompagner financièrement les personnes n’ayant pas les moyens. L’Etat leur accordera des prêts pour qu’ils aient le minimum de moyens afin de mener une activité. Conscient de l’existence préalable de certaines structures comme le FNPEJ, le FNM, le MCPP, …, le gouvernement entend étudier la possibilité de leur intégration pour servir utilement l’ARCH. Toutefois, cela peut aboutir à leur disparition ou encore, que ces structures abandonnent les projets déjà pris en compte par l’ARCH.

L’assurance retraite

L’assurance retraite est une mesure exclusive. Il s’agit d’un paiement de cotisation qui ne concerne pas tout le monde. Adidjatou Mathis : « Elle vise les personnes non pauvres qui ne bénéficient pas de subvention de l’Etat ». La cotisation s’élève à 30 000 f cfa par an avec une contribution de 20% par l’Etat.

ARCH/RAMU

Il faut rappeler que l’ancien régime avait institué avant son départ, un programme connu de tous, dénommé RAMU. Quel serait son avenir ? A cette question, la ministre apporte une précision. « Le RAMU s’intéresse seulement à l’assurance maladie, alors que l’ARCH comporte un pacquage de 4 services dont l’assurance maladie ». Ainsi, le RAMU va disparaître au profit de l’ARCH avec l’exception que le patrimoine du RAMU sera versé à l’ARCH. « Il y a eu par exemple le recensement des pauvres dans 52 communes que nous prenons en compte. Il y a également, la liste et prix des produits remboursables. Il y a également, le répertoire des actes ». Pour la formalisation effective de l’ARCH, Adidjatou Mathis annonce que le gouvernement va introduire au parlement un projet de modification du RAMU afin que la loi sur l’ARCH soit votée.

Les 3 composantes de l’ARCH

L’exécution du programme ARCH comporte 3 composantes. Adidjatou Mathis : « La première, c’est le système d’information et de gestion du ARCH ». C’est l’étape de la constitution de listes pour répertorier les citoyens selon leur catégorie socio professionnelle (les pauvres extrêmes, les pauvres non extrêmes, etc). Il prend en compte l’enrôlement biométrique des personnes bénéficiaires, la distribution des cartes biométriques et la communication et la sensibilisation. Selon la ministre, l’ARCH se veut un projet inclusif qui va rassembler tous les partenaires sociaux à savoir,  les organisations de la société civile, les mutuelles de santé, les populations, …

La seconde composante est la fourniture des services. « La mobilisation qu’il faut pour payer les différentes subventions, la contribution à l’assurance retraite, la subvention à la formation, … ».

Enfin la troisième composante, c’est la coordination de gestion et de suivi évaluation qui sera assurée par l’Etat et le renforcement des capacités.

Qui finance l’ARCH ?

Le coût global du financement de l’ARCH s’élève à 313 milliards de francs cfa. L’Etat béninois contribue à hauteur de 10% et compte mobiliser le reste auprès des

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Bénin - Accord sur le Tpir : Me Alao parle d’ une « disposition dangereuse »

Le Bénin a signé le 12 mai dernier un accord avec l’Organisation des Nations Unies (Onu) pour l’exécution des peines prononcées par le Tribunal pénal international pour le Rwanda ou le mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux.

Pour l’avocat Me Sadikou Alao, cet accord contient une « disposition dangereuse » à l’article 12 relatif au transfèrement des personnes condamnées après exécution de la peine.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir) a été créé par la résolution 955 du 8 novembre 1994 du conseil de sécurité des Nations Unies. Il a pour mission de juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire, commis sur le territoire du Rwanda et sur les territoires des Etats voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994.

En août 1999, le Bénin a signé un accord avec l’Organisation des Nations Unies (Onu) sur l’exécution des peines que prononce ce tribunal. Cela lui permet d’accepter sur son territoire des personnes condamnées au terme des procédures du Tpir ou du mécanisme.

Cet accord compte 16 articles et a été adopté par l’Assemblée générale dans sa résolution 70/175 du 17 décembre 2015, portant sur l’ensemble des principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement adopté par l’Assemblée générale dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988, et les principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus, adoptés par l’Assemblée générale dans sa résolution 45/111 du 14 décembre 1990.

En fin de semaine dernière, le Bénin a encore signé un accord avec l’Onu dans ce sens. Mais pour le praticien du droit, Me Sadikou Alao, cet accord inclut « une disposition dangereuse » avec l’article 12 dénommé « transfèrement après l’exécution de la peine« .

Il stipule aux points 1, 2 et 3 que

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Un an après l’élection: La classe politique béninoise a-t-elle tiré toutes les leçons de son échec ?

La dernière élection présidentielle a montré à la face du monde les faiblesses de notre classe politique. Indécise, instable, mal organisée, manipulable, elle n’a pu hisser un des siens dans le trio de tête de cette élection, laissant le terrain libre aux candidatures solitaires et aux opérateurs économiques, pour prendre possession de l’agora politique.

Un an après, les agissements d’aujourd’hui ne présagent guère d’une prise de conscience au sein de cette classe politique.

Au cours d’une Université d’été de développement (Ued) –think thank- constituée d’intellectuels béninois de la diaspora -tenue en Août 2012 au Chant d’Oiseau-, Bruno Amoussou, l’invité d’honneur alors président du Psd et de l’Un interpellait les intellectuels sur ce qu’on pourrait appeler leur défaitisme politique. Ces derniers, disait-il, avaient l’impression que la politique est un terrain où compétissent les cancres, les nuls, les médiocres, et qui n’était pas propice à l’éclosion et l’épanouissement de l’intellectuel. Et que, ce faisant, ils laissent le terrain libre aux aventuriers, aux opportunistes de tout acabit, aux ignares et aux cancres, de prendre les décisions à leurs places et de les diriger. Conclusion du sage politicien : Si vous les intellectuels, les éclairés, vous refusez de militer, vous laisserez votre pays et votre sort dans des mains qui vous conduiront où vous ne voulez pas. Diagnostic juste et fondé de la situation politique actuelle ? Bruno Amoussou n’est pas si loin. Sans être la seule cause de la déconfiture observée actuelle, l’analyse du politicien a eu le mérite de nous éveiller sur l’apolitisme suicidaire des intellectuels, qui a ouvert de grands boulevards aux spécimens dangereux qui ont progressivement pris en otage la classe politique. De 2012 à 2017, on peut oser dire que la situation s’est encore dégradée. A la place d’hommes éclairés, courageux, capables de prendre des décisions et d’anticiper sur les enjeux de la société de demain, on aperçoit une horde d’opportunistes guidés par le seul souci de préserver leurs intérêts égoïstes.

Les leçons de l’échec

C’est cette situation qui a donné ce à quoi on a assisté à la présidentielle de 2016, où aucun homme politique n’a pu franchir la barre du premier tour. Aucun parti n’a réussi non plus à désigner un candidat. L’Un qui a entamé la procédure a fini par y surseoir, plantant du coup Emmanuel Golou et Eric Houndété. Le Prd, la Rb et les Fcbe, se sont coalisés pour désigner Lionel Zinsou, un néophyte peu connu. Le Prd et la Rb n’ont réussi à trouver de dignes successeurs à leurs candidats traditionnels, que sont Adrien Houngbédji et Lehady Soglo. Tout ceci est la conséquence d’un manque d’organisation, d’agenda à long terme et de

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Bénin : Une brèche pour Talon dans l’univers de Léhady Soglo

Le Conseil municipal de Cotonou se réunit ce mercredi 17 mai pour se pencher sur la convention Etat-commune proposée par le gouvernement dans le cadre de son projet, « le Grand Nokoué ». Mais déjà, plusieurs conseillers déclarent leur soutien au projet et appellent à une adoption rapide du document.

Fin de semaine assez mouvementée au conseil municipal de Cotonou. L’enjeu, l’adoption de l’accord cadre mairie-Etat central, proposé par le gouvernement dans le cadre de son projet, « le Grand Nokoué ». Déjà vendredi, les observations sur le projet de contrat du gouvernement ont fuité. Elles concernent l’absence de référence aux lois et règlements relatifs à la décentralisation, la clarification de certains concepts, ainsi que le flou autour des modalités de gestion des nouveaux marchés à construire par l’Etat central. De sources concordantes, on apprend que le gouvernement n’a pas réagi avec animosité aux observations de la mairie. Selon nos confrères, le ministère du cadre de vie qui pilote ce projet au niveau du gouvernement a proposé une version améliorée de la convention à la mairie de Cotonou.

Sur radio Tokpa ce dimanche 14 mai, Raoul Faladé, secrétaire général de la mairie de Cotonou, a indiqué que le document du gouvernement sera soumis au Conseil municipal pour approbation. Une session extraordinaire du Conseil communal est convoquée à cet effet pour

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Bénin - BMP : Le pacte de l’aliénation

Le président Patrice Talon peut désormais se frotter les mains. Hier, l’Assemblée nationale a satisfait à l’un de ses vieux  rêves : « voter les lois les yeux fermés ». 59 députés ont créé à cet effet un groupe parlementaire nommé « Bloc de la majorité présidentielle », avec pour objectif de soutenir  les actions du gouvernement.

Personne ne devrait s’inquiéter que des députés créent un groupe parlementaire pour soutenir les actions du gouvernement. Il s’agit d’une pratique récurrente au parlement ; surtout béninois, où ceux-ci nous ont habitués à la transhumance politique. Seulement dans le cas présent, la création de ce groupe ressemble fort malheureusement à une réponse des députés au souhait du président Patrice Talon.

En effet, le jour du lancement du Programme d’action du gouvernement au palais de la Marina, Patrice Talon a lancé la petite phrase assassine : « je suis votre poulain, je voudrais compter sur l’accompagnement du parlement pour l’exécution du Pag … votez les lois yeux fermés ».

Le souhait présidentiel a été mis en œuvre de façon tacite puisque depuis ce jour, toutes les propositions de loi et accords de ratification du gouvernement ont été votés avec une majorité écrasante. Cette majorité docile qui vote « les yeux fermés » a effectivement voté plusieurs lois qui sont hélas déclarées contraires à la constitution puisque depuis ce temps, aucune loi du gouvernement n’a été rejetée. Tout passe comme une lettre à la poste et on se demande si l’Assemblée nationale n’est pas devenue la caisse de résonance du pouvoir.

Dans ces circonstances, on peut bien s’inquiéter de voir autant de députés se mettre ensemble pour créer un bloc de soutien au gouvernement. En effet, l’inédit c’est que 59 députés puissent se mettre ensemble pour  créer un seul groupe parlementaire. De loin, cette initiative apparaît positive. Pour des députés habitués à la balkanisation, au saucissonnage, s’unir dans un seul et même groupe, apparaît comme un exploit de cohésion et d’entente inouï. Naguère, ils étaient habitués à créer de petits groupes que certains s’évertuaient à entretenir, juste pour sauvegarder leurs intérêts égoïstes.

On pourrait donc les applaudir, il faut rester prudent car ce groupe n’a pas encore sorti tous ces numéros. Ce qui fonde l’inquiétude, c’est à la fois la taille du groupe qui va faciliter

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Gbadamassi, Kassa, Bako : Trois champions de l’instabilité et de l’opportunisme politiques

Bénin – Après Gbadamassi, Bako et Kassa ont embouché la trompette du dénigrement du régime Yayi, dans lequel ils ont pourtant occupé des postes de responsabilité.

Il s’agit d’une stratégie assez prisée pour gagner la sympathie de Talon, et entrer de pleins pieds dans la mouvance. Là où il y a du miel pour eux.

La classe politique béninoise regorge de ces spécimens qu’il faut avoir le courage de dénoncer. Instables, opportunistes, ils sont aujourd’hui avec Pierre et demain avec Jean, de qui ils gagnent la sympathie en dénigrant Pierre. Pour rester éternellement dans la mouvance et profiter des avantages du pouvoir, ils sont capables de toutes les indécences, même de tuer leurs mères.  Ils ravalent leurs vomissures les plus nauséeuses d’hier sans aucune vergogne. Rachidi Gbadamassi devrait passer maître dans cet art. A l’orée de sa carrière politique, il fut coffré pour la sale affaire d’assassinat du juge Bertin Coovi.

Après quelques années de prison, il réussit tel un phénix à retrouver son siège de député au palais des gouverneurs à Porto Novo. En 2006, avec l’Upr et le G13, il opte pour l’opposition au régime Yayi. Issa Salifou son mentor politique du moment, pensait compter sur lui pour mener un vrai combat politique, mais il les abandonna très tôt pour retourner vers Yayi et est devenu un faucon des Fcbe. Pendant tout le temps que Yayi a passé au pouvoir, il l’a soutenu sans désemparer, en l’accompagnant sur de terrain et en le suivant dans tous les combats et moments difficiles. C’est à cause du choix du candidat des Fcbe qu’il s’est désolidarisé de Yayi en optant pour Sébastien Ajavon,au détriment de Lionel Zinsou. Mais il fut le premier à aller faire allégeance à Patrice Talon le jour où celui-ci a été élu. Les photos de ce ralliement ont circulé sur les réseaux sociaux dans le temps. On le voyait tout souriant au domicile du président Talon en pyjama, en compagnie de Charles Toko, l’actuel maire de Parakou. Il était encore le premier à s’en prendre violemment à Ajavon après sa dernière sortie médiatique. Ce petit récit montre un personnage instable dont se sont servi tous les présidents pour régler des comptes à des adversaires. De Kérékou à  Talon en passant par Yayi, il est resté fidèle à son rôle, celui d’un instrument politique. Fidèle  à son art, celui de troubler l’eau et de créer la confusion.

Lire Revirement de Kassa : Talon devrait-il faire confiance aux vieux loups du régime Yayi ?

« Yayi a changé, on est dedans… »

Quid de Barthélémy Kassa ? Voici aussi un personnage ubuesque. A Gbadamassi, il ressemble comme deux gouttes d’eau, sauf qu’il est un peu plus lettré que son archétype de Parakou et aîné dans l’art de la confusion. Comme lui, il a le même trait de caractère : inconstant.

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Bénin : Les conséquences de la constitution forcée d’une majorité

L’onde de choc du rejet de la révision de la constitution a été la mise sur pieds brutale, forcée et prématurée, d’une majorité présidentielle informelle.

Le Chef de l’Etat qui manœuvre dans l’ombre, a opté pour la fidélisation des 60 députés qui ont été favorables à sa réforme majeure. Mais une telle option politique n’est ni viable, ni saine, au regard des enjeux, des personnalités, et de certaines contingences qui pourraient influencer négativement les court des choses.

L’Assemblée nationale traverse depuis quelques jours une petite zone de turbulence. La plupart des groupes parlementaires constitués en début de quinquennat se disloquent, du fait du départ de certains députés qui ne se retrouvent plus idéologiquement dans leurs groupes. De nouveaux groupes parlementaires seront constitués après quelques jours de transhumance. Depuis le 04 avril dernier où l’Assemblée nationale a rejeté le projet de révision de la constitution, le paysage politique béninois s’est éclairci. Le Chef de l’Etat qui n’a pas digéré l’échec de son projet, s’est aussitôt engagé à bâtir « sa » majorité autour des 60 députés qui ont voté « oui », pour une étude du projet de révision. Les 22 autres qui ont voté contre, sont eux condamnés à rester dans l’opposition. Un an seulement après sa prise de pouvoir, Patrice Talon se sent obligé d’arrêter une majorité présidentielle sur la seule base du rejet ou du soutien à son projet de révision. Constituée sur ce seul critère, elle paraît peu viable et politiquement malsaine. Beaucoup des 60 députés ne n’ont pas soutenu l’actuel PR lors des présidentielles de 2016. Ils ne partagent donc pas les idéaux politiques qu’il prône. Dans le lot des 60, des députés sont pour la révision mais prêts à combattre Talon sur d’autres plans. Il y en a aussi qui auraient voté « non » au même projet si le processus était allé à son terme. De même, des 22 restants, il y en qui ont soutenu Patrice Talon pour les présidentielles, et d’autres qui pourraient juste le soutenir pour les autres projets important de son quinquennat. Une telle constitution de majorité apparaît donc comme quelque chose d’informelle, où les membres sont unis non par une idéologie ou une acceptation volontaire de soutien au Pag, ou tout au moins les actions du gouvernement, mais par la seule reconnaissance d’avoir voté pour l’étude du projet de révision de la constitution. L’homme politique béninois étant caractérisé par sa vocation à agir uniquement pour des intérêts égoïstes et temporels, cette majorité ne serait viable que si elle permet aux bénéficiaires de régler substantiellement leurs problèmes. Talon condamne par son choix, les 22 députés à une opposition de fait, contre leur propre gré. Cette constitution de majorité présidentielle est une option prématurée, risquée et politiquement indécente ; rien de plus !

Prime à la corruption

Mais à l’analyse, l’arrêt aussi brutal d’une majorité sur la base du seul vote favorable à la révision de la constitution, est motivé par bien d’autres paramètres. Il y a une volonté suspecte de disposer d’une majorité mécanique aveugle, qui votera les yeux fermés pour tout ce que le gouvernement enverrait, et qui s’est déjà illustrée en votant toutes ces lois que la Cour constitutionnelle a déclarées contraire à la constitution. Depuis avril 2016, il y a une volonté de faire des réformes sans trop d’explication, d’imposer des choses sur lesquelles il n’y a eu aucun accord préalable. Il y a également une

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Groupes parlementaires au Bénin: Des démissions annoncées après celles du groupe de Nago

La nouvelle configuration politique de l’Assemblée nationale et de surcroît la recomposition du paysage politique national, vient d’être lancée.

Trois députés à savoir les honorables Issa Salifou, Issifou Amadou et René Bagoudou, viennent de définitivement tourner le dos au groupe parlementaire « Unité, Progrès et Démocratie » présidé par le professeur Mathurin Coffi Nago.

Ces trois députés ont déposé leur démission au président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji. Mais en l’absence de ce dernier, les différentes lettres de démission n’ont pas été rendues publiques lors de la séance plénière d’hier, au palais des gouverneurs.

Cette situation, selon certaines sources, n’est rien d’autre que la conséquence de la  récente adhésion de certains députés de ce groupe parlementaire au projet de révision de la constitution. On apprend aussi des mêmes sources parlementaires que des démissions en cascade sont attendues. Autrement dit, plusieurs

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Léhady Soglo : « La tutelle n’implique pas une subordination... »

Depuis l’avènement du régime de la rupture, les relations entre la mairie de Cotonou et particulièrement la préfecture du Littoral sont tendues.

Le déguerpissement, la signature de nouveaux contrats par la mairie dans les domaines du ramassage des ordures et de la construction de marchés ; et même, de la gestion administrative de Cotonou en tant que commune et département, sont autant de questions qui opposent la mairie à travers Léhady Soglo et l’Etat central à travers la personne de Modeste Toboula, préfet du Littoral. Les deux hommes entretiennent depuis 01 an des rapports plutôt défavorables.

Léhady ne souhaite pas avoir des problèmes avec Toboula

Le maire de Cotonou qui semble tenir un langage très apaisant en ce qui concerne les relations Etat-Communes, affirme ce dimanche sur soleil fm, ne pas user d’attitudes qui illustrent le refroidissement de ses rapports avec l’Etat central en particulier avec le préfet Toboula. Léhady Soglo : « Je n’ai aucun problème avec monsieur Toboula et je ne souhaite pas en avoir ». Le maire de Cotonou ne prône qu’une interaction respectueuse des textes régissant la décentralisation au Bénin.

La tutelle est encadrée

Léhady s’insurge contre la subordination et l’immixtion de l’Etat dans la gestion de la mairie de Cotonou. Pour le maire :

« La tutelle n’implique pas une subordination entre l’autorité attributaire du contrôle et l’organe contrôlé. Elle ne comporte pas non plus la possibilité de donner des ordres. Elle n’implique pas une immixtion dans les attributions de l’organe sous tutelle ».

Ainsi, selon le maire, il ne peut avoir de tutelle en dehors du cadre légal, ni une tutelle d’opportunité.

Il n’y a pas de lien hiérarchique entre le maire et le préfet

Dans les rapports de l’Etat avec la mairie, la préfecture est un organe d’appui, d’accompagnement, de suivi et de contrôle ; c’est du moins, ce qu’on peut déduire des propos de Léhady Soglo qui explique :

« L’Etat a, à l’endroit de la mairie, un rôle d’assistance conseils, de soutien aux actions de la commune. C’est aussi, le contrôle de la légalité des actes ».

Il ne s’agit donc pas de lien hiérarchique entre le maire et le préfet qui donnent souvent l’impression d’outrepasser ses droits.

Léhady plaide pour une meilleure collaboration avec le gouvernement

Léhady Soglo est revenu sur la rencontre des maires du grand Nokoué avec le président Talon. Ses points de divergence, avec l’Etat à travers le gouvernement même, concernent la réhabilitation des marchés et les projets d’assainissement axés sur le ramassage des ordures. Le maire de Cotonou plaide pour une meilleure collaboration avec l’Etat et se confond d’ailleurs en excuse, s’il n’a pas été compris par le chef de l’Etat lors de cette séance. Il mesure la portée des projets du gouvernement et dit : « Je ne peux pas m’opposer aux projets du gouvernement qui soulagent les peines des cotonois ». Pour lui, les contrats, dont il désire l’approbation incessante et auxquels l’autorité s’oppose, permettront, dans l’urgence, « de désensabler et de curer les caniveaux, d’enlever les ordures et de construire certains marchés » ; ceci, en attendant la mise en œuvre du vaste programme d’aménagement et d’assainissement de Cotonou prévu par le gouvernement dans son PAG et qui doit débuter en juillet prochain.

Talon insensible à la main tendue du maire

Avant cette rencontre du vendredi 05 mai, le maire de Cotonou a déploré le fait que le président de la République ait rejeté à maintes reprises sa main tendue. Il s’agit du silence affiché de Patrice Talon à propos de

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Leçons des élections en France : La question de l’âge est une aberration au Bénin selon Soglo

(Interview exclusive de LNT) Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affrontent dimanche prochain au second tour des élections présidentielles en France.

Si cette élection présente des enjeux aux yeux des Béninois, elle intéresse encore plus, certains qui connaissent bien la France. Des résultats du premier tour à l’issue du second tour, il y a des enseignements qui s’imposent au pays africains. Une fois encore, l’avenir de l’Afrique pourrait être tributaire de la vision du président élu dimanche prochain. Le président Nicéphore Dieudonné Soglo qui a observé de près la politique française depuis plusieurs années, livre dans cette interview, les grandes leçons à tirer de cette élection ainsi que les enjeux qu’elle présente pour l’Afrique.

LNT : Pour vous qui connaissez bien la France, quels sont les enseignements de la victoire de ces deux têtes d’affiches ?

Nicéphore Soglo : En France l’histoire se répète et en voici les principales séquences : 2002, Lionel JOSPIN était le candidat du Parti socialiste contre Jacques CHIRAC le champion de la droite : le Parti gaulliste.

Et coup de tonnerre, c’était le Front national de Jean-Marie Le PEN qui se qualifiait pour le second tour. Et cela sonna le glas de la carrière politique de Lionel JOSPIN.

Nous voilà à présent en 2017 : l’extrême droite à fait peau neuve avec Marine Le PEN dont le discours a habilement gommé toutes les aspérités, toute la xénophobie et le racisme outrancier de son père soldat en Indochine et en Algérie contre les nationalistes et pour qui les fours crématoires ne sont qu’un détail de l’histoire ; et après la victoire de TRUMP et le soutien de POUTINE, le Front National caracolait en tête des sondages. Pendant ce temps, François HOLLANDE, le Président socialiste sortant, plombé par les promesses mirobolantes du candidat « le danger c’est la finance !On fera payer les riches ! Et la baisse du chômage est notre boussole »avait depuis longtemps jeté l’éponge. Et voilà que l’un de ses jeunes collaborateurs, pétri d’audace et de talent, sort du bois. Que pouvait-il contre François FILLON le fier donneur de leçon,champion de la droite catholique renvoyé bien vite à ses contradictions par les révélations du Canard Enchaîné, ou Jean-Luc MELANCHON le flamboyant porte drapeau de la « France insoumise », ou Benoît HAMON le généreux représentant du Parti socialiste abandonné par ses troupes.

Et c’est ainsi que les deux grands partis qui dirigeaient la France, ont coulé sous nos yeux.

Qu’est-ce qui vous a marqué dans cette élection relativement à l’histoire de la France ?

Pour les colonisés que nous sommes,c’est la première fois, à notre connaissance, qu’un candidat en Europe (continent comptable selon Aimé CESAIRE du ‘’plus haut tas de cadavres de l’histoire’’)déclare que la colonisation, tout comme l’esclavage, est un crime contre l’humanité. C’est une véritable catharsis. Mais quel tollé ou désapprobation muette de la part des tenants des deux grands partis.

De GAULLE est, en France, depuis la seconde guerre mondiale un héros et l’incarnation de la Résistance. Il voue à sa patrie un amour passionné. Mais il lui est difficile d’admettre que les habitants des pays sous domination française puissent aimer, eux-aussi, leur pays d’un amour similaire au sien. Et il n’est pas le seul hélas.

En 1941, le Président américain Franklin D. ROOSEVELT, pour répondre à l’appel au secours du premier ministre anglais Winston CHURCHILL et mettre de son côté le peuple américain, proclama solennellement, dans l’article 3 de la fameuse Charte de Atlantique, « Le droit de tous les peuples de choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils veulent vivre ». Il sonnait ainsi le glas, à la grande colère de CHURCHILL, de l’empire de la reine Victoria sur lequel le soleil ne se couchait jamais.

Et voilà que le 30 janvier 1944,De GAULLE, avec aplomb et sans rire déclarait que « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplis par la France dans les colonies (sic) écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’Empire, la constitution même lointaine de self-governements est à écarter » (voir Antoine GLASER, Stephen SMITH Comment la France a perdu l’Afrique, Ed. Calmann-Levy p. 38).Il oubliait comme par hasard qu’il avait dû fuir son pays, envahi et colonisé par les troupes d’Adolph HITLER, et se réfugier en Angleterre pour lancer son fameux appel du 18 juin.Les Français avaient été traumatisés par les six semaines qui ont consommé leur défaite lors de la débâcle de mai-juin 1940.Car personne n’avait imaginé que les armées allemandes pouvaient atteindre les Pyrénées en six semaines, broyant tout sur leur passage. La commotion en fut d’autant plus grande, note le grand historien américain Robert O. PAXTON.La guerre-éclair avait permis à l’armée allemande de capturer un million six cents mille prisonniers de guerre français avant que ne débute le service du travail obligatoire (STO), l’autre nom de l’esclavage, et la déportation des juifs et des résistants vers les sinistres camps de concentration.Le gouvernement de Vichy dût payer vingt millions de marks par jour au titre des frais d’occupation, c’est-à-dire, quatre cent millions de francs au taux de change exorbitant de 21%.Le Reich fit main basse sur les ressources françaises et prit des mesures pour exploiter l’Alsace-Lorraine et encourager le séparatisme breton et flamand.

Or il est évident que« de la colonisation à la civilisation la distance est infinie » comme nous l’enseigne Aimé CESAIRE, le père de la négritude.

Et ceux qui font l’apologie du colonialisme et vitupèrent Adolph HITLER le font donc, selon le grand écrivain, par manque de logique ; et qu’au fond ce qu’ils ne pardonnent pas à HITLER, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi ; c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici, que les arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

Quel est l’enjeu de ce second tour pour les africains, plus précisément pour les béninois ?

C’est l’affaire de la France et de l’Europe. Mais parlons d’abord dela seconde singularité de MACRON : il a moins de quarante ans. Et je veux qu’on enlève au plus vite, de la constitution béninoise, cette aberration qu’est la question de l’âge. Cela n’existe dans aucune constitution au monde. Cette décision a été prise en mon absence du territoire national. J’étais en Amérique, l’hôte du Président BUSH père. On aurait dû logiquement m’attendre et me consulter. MACRON, pour en revenir à lui,a donc moins de quarante ans et mène la course en tête pour être Président de la République Française. A notre époque, c’était Nelson MANDELA, une icône mondiale qui, à plus de 70 ans,a éloigné de l’Afrique du Sud le cauchemar qu’a connu l’Algérie avec l’OAS. Il avait été libéré un mois avant notre Conférence Nationale ; et j’ai eu l’insigne honneur de conduire la délégation de l’OUA qui a assisté à son élection dans une ambiance extraordinaire.De GAULLE n’a-t-il pas joué un rôle similaire à plus de 70 ans en France au moment où son pays traversait en 1958 une très grave crise ? L’histoire de la limitation d’âge est donc une scorie indigne de la Conférence Nationale, indigne de notre pays.Les anciens Présidents,je l’ai dit dans mon discours d’investiture,y ont jouéun rôle majeur. Leur participation active à cette conférence a incontestablement contribué à son succès. Ils lui ont apporté la caution morale dont elle avait le plus grand besoin et qui a manqué aux autres pays. Leur présence au sein du Haut Conseil de la République (HCR) était une garantie supplémentaire du bon déroulement et du processus de démocratisation de nos futures institutions.

Mais pour en revenir une dernière fois à MACRON,l’enjeu pour les Africains et les Béninois que nous sommes c’est larupture définitive avec le colonialisme et la françafrique.

Sa vision impactera-t-elle le développement de l’Afrique et du Bénin ?

C’est à nous de

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Bénin : Lehady Soglo invité par Patrice Talon demain

Longtemps attendue, la rencontre entre le Chef de l’Etat et le maire Lehady Soglo, aura lieu demain soir à la Marina.

Occasion inédite d’échanges fructueux sur les grands projets de développement de la ville, cette rencontre devrait sceller une nouvelle entente nécessaire au développement de la ville, dont les autorités souhaitent que tout se passe dans le strict respect des textes de loi qui régissent la décentralisation.

Le temps des invectives et des brouilles est peut-être fini. Après les malentendus nés pendant la période de déguerpissements, le Chef de l’Etat a fait inviter à la Marina le Maire Lehady Soglo et tout son conseil municipal. Si la manière et le format des échanges posent quelques inquiétudes, l’opportunité de cette rencontre n’est plus à démontrer.

Elle permettra d’ouvrir une grande discussion entre le pouvoir central et la mairie de Cotonou, deux institutions condamnées à travailler pour le développement de la ville. Elle offre un face à face entre deux hommes, deux projets de développements différents. Le Programme d’action du gouvernement (Pag) pour l’un et « Cotonou 2020 » pour l’autre.

Deux approches différentes mais une seule

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« Concours frauduleux » à la Cnss: Des candidats font de troublantes révélations

Bénin – Comme nous vous l’annoncions dans l’une de nos parutions en début du mois d’avril, le dernier concours de recrutement d’agents au profit de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), dégage une forte odeur de magouille qui risque de déclencher la colère des travailleurs de cette structure les semaines à venir.

Effectivement depuis quelques jours, ce scandale orchestré par un groupuscule d’agents de la caisse tapis dans l’ombre, fait jaser. L’élément nouveau dans ce dossier et qui mérite qu’on s’y attarde, c’est que certains candidats ayant composé pour ce concours viennent d’adresser des lettres aux présidents des Fronts et organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac), et aux responsables des organisations syndicales pour confirmer qu’il y a eu effectivement fraude dans l’organisation dudit concours.

Ils ont souligné les irrégularités constatées dans

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Bénin : Le piège qui guette la Cour Constitutionnelle

Par décision Dcc 17-039 du 23 février 2017, la Cour Constitutionnelle a déclaré contraire à la Constitution, la loi n°2016-24, sur le Partenariat Public-Privé (Ppp) en République du Bénin, au motif que le président Talon a violé les articles 121 et 124 de notre Constitution.

L’assemblée Nationale, conformément à la loi, est appelée à revoir la copie avant de la transmettre de nouveau à la Cour Constitutionnelle. Et c’est justement à ce niveau qu’on peut craindre le piège. Selon les analyses de l’expert en partenariat Public-Privé, M. Rémi Stanislas Danfongnon, une telle loi pourrait favoriser l’impréparation des projets, l’inadéquation de ceux-ci aux besoins des autorités contractantes et des usagers, les surcoûts inévitables et la conclusion de contrats voués à l’échec.

Il estime que le même constat s’impose en ce qui concerne le traitement des offres spontanées. Il convient de constater l’inconstitutionnalité, notamment des articles 12 et 13 de la loi n°2016-24. De plus, les nombreuses imprécisions et erreurs juridiques relevées dans la loi, introduisent une insécurité juridique susceptible de générer des recours coûteux pour les autorités contractantes. Toutes ces insuffisances devraient amener la Cour Constitutionnelle à rester vigilante, car le texte renvoyé par le parlement est la copie conforme de celui déclaré contraire à la Constitution, dans la décision Dcc 17-031

Pourquoi la Cour Constitutionnelle doit rejeter pour inconstitutionnalité certains articles et dispositions de la loi sur le PPP

La Cour constitutionnelle, dans sa décision du 23 février 2017, a considéré que «le requérant a essentiellement fondé son recours sur des éventualités décrivant d’une recherche, quelque peu forcée, de référents étrangers, régionaux, internationaux et en d’autres matières dont le droit administratifsans évoquer des dispositions constitutionnelles en soutien au fond de ses prétentions. L’éventualité et les systèmes de droit étranger ne sauraient fonder le recours en inconstitutionnalité d’une loi interne».

En conséquence il est proposé de présenter plus explicitement les violations aux dispositions de l’article 107 de la Constitution et aux principes constitutionnels de la commande publique.

I Sur la violation de l’article 107 de la Constitution
Règle de droit

Aux termes de l’article 107 de la Constitution du Bénin, «Les propositions et amendements déposés par les députés ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique, à moins qu’ils ne soient accompagnés d’une proposition d’augmentation de recettes ou d’économies équivalentes».

Application à l’espèce

Le processus de mise en œuvre des partenariats public-privé (PPP) est en l’espèce caractérisé par une absence d’identification des différentes étapes liées à la planification des projets susceptibles d’être réalisés en PPP  et une absence du contenu précis des études nécessaires à sa réalisation.

La loi, par le processus de mise en œuvre des PPP incomplet et peu exigeant prévu à l’article 12, est susceptible de favoriser, comme le démontre de nombreuses études internationales portant sur les retours d’expérience2 , l’impréparation des projets, l’inadéquation des projets aux besoins des autorités contractantes et des usagers, les surcoûts inévitables et la conclusion de contrats voués à l’échec se soldant par des résiliations coûteuses pour les autorités contractantes.

Le même constat s’impose en ce qui concerne le traitement des offres spontanées. Il résulte en effet de l’article 13 que les études préalables des projets issus des offres spontanées seraient produites par les opérateurs économiques, sans qu’une contre-expertise soit à minima réalisée par les autorités contractantes. Cette situation est susceptible de favoriser, comme le démontrent les nombreuses études internationales sur les offres spontanées, le surenchérissement des projets, le plus souvent inadaptés aux besoins des autorités contractantes et aux usagers.

Les surcoûts générés par ces projets et les conséquences financières des résiliations sont de nature à aggraver la charge publique, en violation des dispositions de l’article 107 de la Constitution. En conséquence, il convient de constater l’inconstitutionnalité notamment des articles 12 [s’agissant du processus PPP] et 13 [s’agissant des offres spontanées] de la loi n° 2016-24.

De plus, les nombreuses imprécisions et erreurs juridiques3  relevées dans la loi n° 2016-24 introduisent une insécurité juridique susceptible de générer des recours coûteux pour les autorités contractantes dont les conséquences financières sont de nature à aggraver la charge publique en violation des dispositions de l’article 107 de la Constitution.

II Sur la violation des principes constitutionnels de la commande publique, dont relèvent les PPP

Règle de droit

Le Conseil constitutionnel français, dans sa décision n° 2003-473 DC du 26 juin 2003 relative à la loi habilitant le Gouvernement à édicter, par ordonnance, des dispositions sur les PPP, avait jugé que :

«10. Considérant, en troisième lieu, que les dispositions d’une loi d’habilitation ne sauraient avoir ni pour objet ni pour effet de dispenser le Gouvernement, dans l’exercice des pouvoirs qui lui sont conférés en application de l’article 38 de la Constitution, de respecter les règles et principes de valeur constitutionnelle, ainsi que les normes internationales et européennes applicables; qu’en particulier, les dispositions relatives à la commande publique devront respecter les principes qui découlent des articles 6 et 14 de la Déclaration de 1789 et qui sont rappelés par l’article 1er du nouveau code des marchés publics, aux termes duquel : « Les marchés publics respectent les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures. – L’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics sont assurées par la définition préalable des besoins, le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence ainsi que par le choix de l’offre économiquement la plus avantageuse »;

(…)(…) que, toutefois, la généralisation de telles dérogations au droit commun de la commande publique ou de la domanialité publique serait susceptible de priver de garanties légales les exigences constitutionnelles inhérentes à l’égalité devant la commande publique, à la protection des propriétés publiques et au bon usage des deniers publics; (…)»

Les principes constitutionnels de la commande publique sont les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures. Ils ont pour objectif de garantir l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics et découlent donc des articles 6 et 14 de la DDHC :

«Art. 6. –

La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

(…)

Art. 14. –

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. »

Un raisonnement par analogie permet d’ériger en principes constitutionnels les principes généraux de la commande publique du Bénin inscrits à l’article 4 du code des marchés publics :

«Les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures s’imposent aux autorités contractantes dans le cadre des procédures de passation des marchés publics et de délégations de service public et ce, quel qu’en soit le montant.(…)».

Ainsi, les principes mentionnés dans le code des marchés publics du Bénin sont les mêmes que les principes constitutionnels de la commande publique français. Ils poursuivent également le même objectif : l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics, comme l’indique la décision du Conseil constitutionnel français précitée.

L’article 17 de la loi PPP conforte ce raisonnement puisqu’elle inclut, en plus des principes déjà mentionnés dans le code des marchés, «l’économie [le bon usage des deniers publics] et l’efficacité[l’efficacité de la commande publique] du processus» :

«L’établissement et la conclusion des contrats de partenariat public‐privé sont soumis aux principes suivants :

  • l’économie et l’efficacité du processus, la liberté d’accès, l’égalité de traitement, la reconnaissance mutuelle, la transparence des procédures;
  • la procédure de passation des contrats de partenariat fait l’objet d’une publicité suffisante précisée à chaque étape de la procédure permettant la présentation de plusieurs offres concurrentes.»

Au même titre que les principes de la commande publique français, qui découlent, comme l’a rappelé le Conseil constitutionnel français, de

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Nocibe : les réponses de Lazare Sèhouéto aux députés

Les députés ont examiné hier à l’Assemblée nationale, quatre questions orales avec débats au gouvernement. Au nombre de ces questions, figure le dossier de Nocibe.

Le député Antoine Kolawolé Idji et d’autres collègues sont les auteurs de cette question d’interpellation. A en croire l’honorable Kolawolé Idji, auteur principal de la question, des situations graves se produisent sur le site ; des explosifs sont utilisés dans la carrière d’exploitation du gisement, explosions qui provoquent des écroulements jusqu’à plusieurs kilomètres à la ronde, et causent des dommages graves à la santé de populations sans défense.

Au regard de cette situation, le député Kolawolé Idji a demandé au gouvernement, conformément aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, de fournir à la représentation nationale, des réponses aux préoccupations suivantes : quelles ont été les dispositions prévues dans les documents d’études environnementales, préalables à l’installation de cette usine, contrat fait par le gouvernement par rapport aux conditions de vie des populations de Massè et des communes de Kétou, Pobè et Adja-Ouèrè en général, quelles exonérations ou bien autres régimes, particuliers et exceptionnels ont été accordés à la Nocibe, et que peut-on dire de l’apport de cette société à l’économie de notre pays. Autant de préoccupations qui ont conduit le ministre de l’industrie à fournir des réponses adéquates aux députés. Mais ces réponses n’ont pas pour autant émoussé les inquiétudes de certains députés, qui n’auront d’autres alternatives que de recevoir des réponses complémentaires du gouvernement par écrit.

Réponse du gouvernement

« La Nocibe bénéficie d’un certificat de conformité environnemental auquel est annexé un plan de gestion environnemental et social. Le suivi de la mise en œuvre des mesures de protection de l’environnement consignées dans ce plan est en principe, régulièrement assuré par un cabinet de réputation internationale, en coordination avec l’agence béninoise de l’environnement. Pour différentes activités à mener depuis la phase de démarrage des travaux jusqu’à la phase de production, les impacts environnementaux ont été identifiés, les mesures d’atténuation ou de renforcement correspondantes ont été prises, dans le compte du plan de gestion environnemental et social. Par exemple, les tirs au niveau des carrières de Nocibe sont prévus pour être opérés dans des conditions sécuritaires rigoureuses, qui protègent les zones concernées incluant tous risques, aussi bien pour le personnel que pour les populations riveraines… Les normes en matière de vibration sont respectées… En ce qui concerne les clauses du contrat par rapport aux conditions de vie des riverains, au niveau de la convention minière pour l’exploitation et la transformation de calcaire, d’argile et de latérite dans les communes d’Adja-Ouèrè, Pobè et Kétou, aucune clause ne prévoit la mise en œuvre de mesures sociales ; Néanmoins, la Nocibe a intégré dans ses activités un volet social qui prend en compte la

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Urcar Grand-Agonvy : Le Directeur exécutif Théophile Sènou et deux agents emprisonnés

Photo de Ye Jinghan sur Unsplash

Théophile Sènou, le Directeur exécutif de l’Union régionale des coopératives d’aménagement rural Grand-Agonvy (Urcar), son chef service affaires financières et son caissier, ne sont plus libres de leurs mouvements.

Tous ces trois agents ont été arrêtés et placés en prison il y a quelques jours. L’information est d’abord partie comme une rumeur, avant d’être confirmée par des sources proches du dossier. L’indéboulonnable De de l’Urcar, est détenu à la prison civile de Porto Novo. En effet, suite à des plaintes de plusieurs coopérants, une commission d’enquête a audité la gestion de l’Urcar, découvrant le pot aux roses.

Selon des indiscrétions, le détournement des fonds d’abattage pour la replantation des nouvelles plantules, et surtout les impayés des coopérateurs qui ne sont rien d’autres que les propriétaires terriens des 17 coopératives d’aménagement rural (Car), estimés à plus de 300 millions de francs Cfa pour une période de 10 ans, sont les faits qui l’accablent. Les mêmes sources indiquent que des politiciens

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Rencontre Talon - Rodriguez: La paix des braves ?

Le Chef de l’Etat a reçu en audience hier un hôte particulier. Il s’agit de  Martin Rodriguez, un de ses compatriotes, mais un vieil adversaire en affaires. Au delà de l’ouverture d’esprit affichée par Patrice Talon, cette rencontre a tout l’air d’un gadget utilisé pour camoufler de nouveaux deals conclus entre les deux hommes.

S’il faut parler de coup médiatique, c’en est un. Réussir à faire descendre à la Marina, un de ses adversaires en affaires -devenu  premier opposant politique-, le recevoir avec toute la solennité nécessaire, est un véritable exploit. Et son auteur, Patrice Talon, va en tirer assez de dividendes politiques. Déjà on salue son ouverture d’esprit et son patriotisme transcendant qui l’a amené à recevoir quelqu’un qui l’a accablé d’opprobres il n’y a pas si longtemps. Soi dit en passant, Patrice Talon et Martin Rodriguez c’est comme chien et chat. Les deux hommes ont entretenu, à cause de leur souci de recherche de l’hégémonie sur la filière coton, une guerre virile, fratricide -tous deux originaires de Ouidah-, pendant des années. Mais au finish, c’est Patrice Talon qui a réussi à évincer Martin Rodriguez grâce à sa proximité avec Boni Yayi. Martin Rodriguez a dû s’exiler à Abidjan, puis à New York, pour se mettre à l’abri de la vindicte de son ennemi juré, devenu entre temps président de la république. Il est si évident que les rictus des visages, les accolades, les belles phrases glorifiantes et sourires narquois, ne peuvent guère gommer en une seule rencontre, une rivalité séculaire, entretenue pendant des décennies au point de devenir une inimitié viscérale. On peut donc comprendre que les deux hommes d’affaires ont conclu un « gentlemen agreement », qu’obligent les circonstances. De quoi ont-ils vraiment parlé ? Le communiqué de la présidence de la république parle d’une séance de travail de 3heures entre les deux personnalités, ce qui leur a permis de discuter des « dossiers concernant l’Etat et les sociétés de Monsieur Rodriguez ». En clair, ils ont parlé business.

Entre deux hommes d’affaires, on ne pouvait pas espérer mieux. Sous le vocable « les sociétés de Monsieur Rodriguez », il s’agit de l’usine d’égrenage de Nikki et dans une moindre mesure, du Bénin Marina Hôtel qui lui a été arraché il n’y a pas si longtemps par le gouvernement. Mais le dossier qui intéresse les deux hommes, c’est l’usine Mci de Nikki, car tous deux sont acteurs de la filière coton. En effet, depuis le début de cette campagne cotonnière, cette usine a eu des difficultés d’ordre administratif et n’a pas fonctionné à plein régime. Ce qui pourrait, si ce n’est pas déjà le cas, perturber les prévisions et les ambitions du gouvernement dans la filière. Le Chef de l’Etat a lui-même annoncé une campagne record avec plus de 400.000 tonnes de coton, dont l’égrenage -pour tenir dans le bon timing-, a besoin de cette usine qui a la plus grande capacité de tout le pays. Les indiscrétions racontent même que l’empereur de Nikki (qui a éffectué une rencontre sur Cotonou cette semaine même pour rencontrer Patrice Talon), a joué un discret rôle de

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Révision de la constitution au Bénin : Les immenses avantages du rejet

Désillusionné par le rejet de son projet sur la révision de la constitution, le gouvernement semble décidé à faire la politique autrement.

Le pouvoir qui cultivait mystères et cachotteries, est désormais résolu à sortir de son cachot, à agir plus, à communiquer plus et de facto,  s’expose mieux. Une bonne nouvelle pour les préposés à la critique et les potentiels opposants, qui semblaient chômer jusque là.

Si le 06 avril a marqué la fin de la première année du quinquennat de Talon, c’est beaucoup plus le 04 avril qui a marqué les esprits. Cette date rappelle le rejet par l’Assemblée nationale du projet de révision de la constitution, qui a instauré une rupture dans la rupture. Depuis ce jour où l’Assemblée nationale a rejeté le projet de révision de la constitution, la tension naguère perceptible dans le pays s’est estompée. La grève de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) qui paralysait la justice, a été suspendue dès le lendemain, et les nombreux mouvements d’humeur qui secouaient la république se sont eux aussi éteints. Une chose est certaine, le rejet de ce projet a réussi à mettre fin aux nombreuses grèves « politiques » qui essaimaient la cité. Près de trois semaines après, on note une nette différence entre la période d’avant et celle d’après le rejet.

Somme toute, en dehors du Chef de l’Etat qui a exprimé sa colère et sa tristesse après le rejet, on a vu très peu de béninois regretter le rejet de cette proposition de loi par les députés.

A quelque chose, malheur est bon …

Le rejet a définitivement  inauguré une nouvelle ère dans la gouvernance Talon. Depuis ce temps, on a vu un pouvoir qui faisait presque tout en cachette, s’exposer mieux et commencer à communiquer sur ses actions. Les premiers signaux sont satisfaisants sur ce point. Les communiqués du conseil des ministres sont rendus publics presque le même jour, et les activités du Chef de l’Etat de mieux en mieux médiatisées. Comme si un  voile noir les couvrait, les audiences et les voyages du Chef de l’Etat sont de plus en plus à la lumière. Les ministres naguère casaniers, ont commencé à faire leurs premières sorties pour aller à la rencontre des populations. Même s’il faut déplorer la tournure propagandiste prise par certaines de ces sorties avec des ministres qui ont joué  à « Douk Saga », il faut saluer l’esprit de ces sorties qui visent à prendre langue avec les populations, et à écouter leurs soucis et misères du moment.

Moins de deux semaines après le rejet, plusieurs ministres sont passés sous

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Bénin : Le Prd rachète l’ancien cinéma Iré Akari pour en faire son siège

Un des grands partis de l’échiquier politique national, le Parti du renouveau démocratique (Prd), veut se doter des commodités liées à son rang.

Aussi, a-t-il décidé de se doter d’un siège propre à lui et bien situé géographiquement. Selon des sources concordantes, le parti s’est doté il y a quelques semaines, d’un siège digne de ce nom. C’est l’ancien cinéma Iré Akari de Porto-Novo, qui dans les années 90 a fait florès dans la capitale, qui a été racheté pour servir de siège dans les mois à venir. L’achat a coûté plus d’une centaine de millions de nos francs, montant auquel ont contribué les membres des structures verticales du parti. Situé au bord du boulevard Cachi, Kandevié, à quelques encablures des carrefours Catchi et Adajarradocodji, le cinéma dispose d’une grande salle qui servira sûrement de salle des grandes réunions au parti. Les autres petites salles seront les bureaux des membres, des responsables et des administratifs du secrétariat. Mais avant d’être fonctionnel, ce siège devrait être

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Vague de scandales à la Dgi: Un réseau de vente de timbres démantelé

Photo de Ye Jinghan sur Unsplash

(Deux individus jetés en prison) A la Direction générale des impôts, les affaires se suivent et ne se ressemblent pas. Après l’affaire de vol de chèques qui a conduit plus d’une dizaine d’agents en prison et d’autres en cavale, une autre affaire éclabousse la même régie financière.

Il s’agit d’une affaire de vente illégale de timbres fiscaux. Des timbres fiscaux sont volés du circuit officiel, confiés à des tiers qui les vendent, et l’argent est partagé au sein du groupe. Il y a quelques jours, deux individus dont nous taisons les identités, ont été arrêtés en fragrant délit à la direction, alors qu’ils mettaient en vente des timbres fiscaux.

Il ne s’agit pas de timbres contrefaits mais originaux qui ont été soustraits du circuit officiel de vente, et confiés à des gens qui ne sont pas reconnus comme agents de la Dgi. Une fois l’affaire éclatée, plusieurs cadres de la direction en charge de la gestion des timbres, ont été écoutés à la Brigade économique et financière. Mais à l’arrivée, seuls les deux individus arrêtés avec les timbres ont été jetés en prison.

Lire les articles sur les affaires précédentes

Il leur a été reproché l’émission et la vente illicite des timbres, même aux abords des guichets des services des impôts. Avant d’être démantelé, ce réseau a fonctionné pendant des mois et causé un manque à gagner de plusieurs centaines de millions au fisc.

Anguille sous roche

La gestion faite de cette affaire ouvre la voie à des questionnements. Comment se fait-il que seuls

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Après sa suspension de l’Abt : Affo Obo Tidjani parle de manipulation et clarifie

L’élu de la 14è circonscription électorale, Affo Obo Tidjani, fait sa première sortie médiatique après sa suspension par sa formation politique de base, à cause de son vote sanction contre le projet de révision de la constitution du 11 décembre 1990.

A travers une interview accordée hier à une chaîne de télévision, le député Affo Obo dit « Souwi », confirme le choix opéré qui relèverait de la volonté de sa base et dénonce des actes de manipulations contre sa personne.

Selon la déclaration de l’élu de la 14è circonscription électorale, son vote en faveur du rejet de la révision de la constitution n’est nullement sa volonté personnelle mais celle de sa base politique. Il rassure qu’il bénéficie toujours du soutien de

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Filière coton : Les réponses du ministre Koudandé aux inquiétudes des députés

Les difficultés d’évacuation du coton produit vers les usines ainsi que la mouille et les difficultés de transport, sont autant de questions d’actualité posées aussi bien par le député Eric Houndété et son collègue Abdoulaye Gounou. Des éléments de réponses apportés par le ministre de l’agriculture n’ont pas pour autant convaincu les auteurs de ces questions.

Trois différentes questions d’actualité relatives au coton. C’est du moins le plat qui a été servi hier en plénière au gouvernement représenté par le ministre de l’Agriculture et son homologue de la Justice. Selon la question de l’honorable Eric Houndété, le gouvernement a lancé le 03 novembre 2016 dernier la campagne cotonnière 2016-2017 avec pour objectif de produire au plan national, 350 mille tonnes de coton graine. Mais des informations de sources gouvernementales font état de ce que la production avoisinerait les 400 mille tonnes de coton graine. Selon le premier vice-président de l’Assemblée nationale, aujourd’hui malgré les efforts des braves paysans, la situation dans certaines communes du Bénin est inquiétante, surtout par rapport aux difficultés d’évacuation du coton et aussi certains transporteurs qui se plaignent du traitement dont ils font l’objet dans le cadre de cette campagne cotonnière. L’auteur de la question a voulu connaitre les dispositions prises par le gouvernement pour garantir un réel succès de la campagne cotonnière 2016-2017, comment le gouvernement explique t-il les difficultés d’évacuation du coton constatées dans certaines communes et quelles sont les mesures prises pour éviter des pertes pour les producteurs et soulager les producteurs dont les récoltes auraient subi des dommages. L’honorable Abdoulaye Gounou a également posé une question d’actualité similaire. Le ministre Koudandé Delphin a tenté d’apporter des éléments de réponses aux préoccupations des auteurs de la question.

Réponse du ministre de l’agriculture

« …Il faut dire que dès la prise du pouvoir par le gouvernement du président Patrice Talon, la décision du conseil des ministres en sa séance ordinaire du 26 avril 2016 a rétabli l’accord de cadre entre l’Etat et l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) qui était mise en place le 07 janvier 2009. Suite à cette décision, j’ai pris un arrêté portant création du comité technique paritaire transitoire chargé de conduire la campagne cotonnière 2016-2017. La production du coton graine pour la campagne précédente s’élevait à environ 260 mille tonnes. Par rapport à la question concernant la lenteur dans l’évacuation et l’égrenage du coton graine, primo, je voudrais rappeler que la production cotonnière a franchi aujourd’hui le seuil de 400 mille tonnes pour cette campagne 2016-2017, niveau non anticipé quand les prévisions en début de campagne étaient de 350 mille tonnes coton graine ; C’est sur cette base que les plans d’évacuation ont été établis. Cette belle performance bouscule naturellement le schéma préétabli et demande une réadaptation rapide. Secondo, il y a eu des retards dans la mise en œuvre du plan d’évacuation, retard essentiellement imputable aux mouvements des transporteurs de coton ; prévu pour démarrer le 10 novembre 2016, l’approvisionnement des usines n’a commencé que le 12 décembre 2016, soit un mois de retard. Il faut ajouter les charges au niveau de certaines usines. La conjonction de ces trois facteurs ne pouvait que conduire à des perturbations ne serait-ce que momentanées dans l’évacuation du coton graine vers les usines et la congestion observée devant les usines ; le département de l’Atacora a une spécificité ; il y a une superposition partielle entre les calendriers de production de riz et la période de commercialisation du coton ; ce contexte spécifique a sans doute interagi avec les trois facteurs perturbateurs que je venais d’évoquer tantôt ; A la date d’aujourd’hui du 20 avril 2017, la quantité de coton graine égrenée s’élève à 401.201.000 tonnes. Pour les camions en attente devant les usines, la quantité de coton graine est estimée à

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D’énormes irrégularités empêchent le décollage de Bénin Télécom infrastructures

Du 08 au 30 novembre 2016, le bureau d’analyse et d’investigation (Bai) autrefois auditeur général de l’Etat a fait des audits sur la gestion de Bénin Télécom Infrastructures.

Ce travail a permis de constater des décaissements irréguliers, des détournements des tickets-valeur, des dépenses fantaisistes, bref des faits graves à la limite scandaleux qui bouchent les narines de Bénin Télécom et qui l’empêche de jouer le rôle qui est le sien pour satisfaire les Béninois.

Bénin Télécom infrastructures est l’une de ces structures de l’Etat qui font preuve d’une mauvaise gouvernance qui crève l’œil sous nos cieux. Et pour causes, les audits effectués par le bureau d’analyse et d’investigation (Bai)du 08 au 30 novembre 2016 ont  révélé de nombreuses irrégularités qui font que la société tend vers une déchéance inouïe.

Ces audits font suite aux informations de dénonciation portées par le Syndicat Libre des Travailleurs de Benin Télécoms Infrastructure SA (Syltra-Bt).Au nombre de douze(12) dossiers évoqués par la lettre du 18 Octobre  2016, un autre point est tiré d’un précédent manifeste du Syltra Bt et les auditeurs dans l’exécution de leur tâche  ont ajouté un dernier point à l’ensemble des dossiers. Soit au total quatorze (14) points  étudiés. Se basant sur les pièces à conviction portées à leur attention, sur la base des diligences qu’eux même ont eues à effectuer sur le terrain, les auditeurs ont noté 3 dossiers d’irrégularités non constatées, 6 dossiers d’irrégularités constatées et 5 dossiers d’irrégularité  avec nuance.

Selon les grandes lignes du rapport partiel, on note le paiement irrégulier  de douze milliards (12 000 000 000) comme avance de démarrage du Projet de Développement des Infrastructures des Télécommunications et des Tic (Pditt). Mieux, le partenaire Mgi Telcom ag n’a jamais respecté son cahier de charge, il n’y a jamais eu réception technique provisoire ni définitive des

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Djogbénou condamné par la cour constitutionnelle pour cumul de fonctions

Dans sa décision DCC 17-082 du 13 avril, la cour constitutionnelle a jugé que le garde des sceaux et ministre de la justice Joseph Djogbénou, a « méconnu les dispositions de l’article 54 de la constitution ».

Cette décision fait suite à un recours en date du 7 décembre 2016, adressé à la cour par Hubert Nassara. Cinq mois après le recours formulé contre le garde des sceaux, ministre de la justice et de la législation Joseph Djobgénou, pour incompatibilité de sa fonction d’enseignant de la fonction publique et membre du gouvernement, la cour constitutionnelle a rendu son verdict.

Il ressort de la décision DCC 17-082 de la cour que Joseph Djogbénou, en continuant à exercer son emploi d’enseignant en même temps qu’il exerce les fonctions de membres du gouvernement, « a méconnu les dispositions de l’article 54 de la constitution, et sans qu’il soit besoin d’y statuer sur les autres moyens ».

En effet, la constitution en son article 54 alinéa 5, dispose que « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de tout emploi public, civil ou militaire et toute activité professionnelle ».

Après analyse du recours dont elle a été saisie le 5 décembre par le dénommé Hubert Nassara, la cour constitutionnelle donne raison à ce dernier et condamne Joseph Djogbénou d’avoir méconnu la constitution. 

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Révision de la Constitution : La nouvelle stratégie de Talon

Invité de l’émission « Le débat africain » de Radio France internationale (Rfi) du dimanche, le président Patrice Talon a donné des indices sur sa nouvelle stratégie de mise en œuvre du projet de révision de la Constitution, rejeté par l’Assemblée nationale début avril. Elle présage de rudes batailles politiques les années à venir.

Le président Patrice Talon n’abandonne pas son projet de révision de la Constitution. Promesse phare de campagne du candidat, puis du président de la république, ce projet n’a pas pu passer le seuil de recevabilité à l’Assemblée nationale. Le vote de prise en compte n’ayant pas pu obtenir le nombre de 63 voix nécessaires : 60 députés avaient voté pour, 22 contre et une abstention. Dans un entretien « à bâtons rompus », diffusé sur les chaines de télévision béninoises (Ortb, Canal 3, Golfe Tv) le 08 avril, il annonçait l’abandon du projet après cet échec parlementaire. « Pour moi, c’est derrière. La révision de la constitution initiée par le président Patrice Talon, c’est fini. », avait déclaré le chantre du Nouveau Départ. Une semaine plus tard, son discours a changé. Patrice Talon n’exclut plus la possibilité de réintroduire son projet. Mais désormais, il entend tenir compte du contexte politique national. « L’environnement politique actuel au Bénin, la composition de la classe politique, la situation institutionnelle du pays aujourd’hui n’est pas favorable à mon projet de révision », a-t-il fait remarquer dans « le débat africain ». Désormais, poursuivi t-il « Ce que je vais faire, c’est que le temps n’était pas en ma faveur parce que j’avais les yeux rivés sur mon chrono. Désormais, le temps est mon allié. » Avant de lancer la saison 2 de ce feuilleton révision constitutionnelle, le président Talon voudrait s’assurer que le contexte politique lui est favorable. « J’attendrai que l’environnement politique, institutionnel et la composition des institutions du pays soient plus favorables pour la révision, pour les réformes. Et en ce moment, j’aurai plus d’aisance à conduire, à proposer ce que j’estime bon pour mon … des contingences politiciennes », a-t-il annoncé dimanche dernier. Avant de préciser que « dans les mois à venir », c’est « les échéances électorales, les échéances de renouvellement des institutions… ».

Les batailles de 2018 et 2019

Dans la ligne de mire du chef de l’Etat figurent la désignation des membres de la prochaine Cour constitutionnelle et le renouvellement de l’Assemblée Nationale. Ces deux institutions ont un rôle déterminant dans le processus de révision de la Constitution. La seconde, parce qu’elle vote les lois et la première parce qu’elle est chargée du contrôle de constitutionalité.

Les élections législatives prendront l’allure d’un référendum constitutionnel. Le président Patrice Talon bataillera pour avoir une majorité écrasante au Parlement en vue de passer son projet de réforme sans trop de tractations. Mais avant cette échéance de mars-avril 2019, il devra gérer au premier semestre 2018 le renouvellement de la Cour constitutionnelle, puisque le mandat des membres actuels de l’institution expire en juin 2018.  Tout comme les législatives, la désignation des membres de la Cour constitue un grand enjeu. Puisque, même si le projet de Talon franchit l’étape du Parlement, il pourrait ne pas passer celle de la Cour pour entrer en vigueur. La jurisprudence de la Cour constitutionnelle constitue un obstacle juridique au volet majeur du projet de Talon : la modification du mandat présidentiel. Considéré désormais comme une option fondamentale de la conférence nationale, cette disposition constitutionnelle ne peut pas faire l’objet de révision, selon la jurisprudence de la Cour. Deusio, le consensus national, principe à valeur constitutionnelle que doit respecter toute initiative de révision constitutionnelle. De l’avis de plusieurs juristes, il n’est pas exclu que la Cour fasse un revirement jurisprudentiel sur ces deux questions. Ce qui constituerait du pain béni pour Patrice Talon qui verrait sauter les verrous juridiques à son initiative. Pour espérer un tel revirement, il devra s’assurer que

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Révision de la constitution: Le rétropédalage de Talon

Le Chef de l’Etat n’a pas encore dit son dernier mot par rapport à son projet phare de révision de la constitution. Si lors de sa sortie médiatique du 07 avril dernier il a dit que c’est fini pour ce projet, le dimanche 16 avril dernier sur Rfi, il nuance sa position et n’exclut pas la possibilité de réintroduire le texte. Un rétropédalage qui ne dit pas son nom.

A chaque sortie médiatique sa volte face. Dimanche 16 avril dernier alors qu’il était l’invité du « Débat africain » d’Alain Foka, Patrice Talon n’a plus exclu la possibilité de revenir sur le projet de révision de la constitution. Interrogé sur la question de savoir s’il va représenter le texte, Patrice Talon n’exclut pas cela.

« J’attendrai que l’environnement politique, institutionnel, que la composition des institutions du pays soient plus favorables pour la révision, pour les réformes. Et en ce moment, j’aurai plus d’aisance à conduire, à proposer ce que j’estime bon pour mon pays, et débarrasser alors des contingences politiciennes », a-t-il confié à Alain Foka.

Cette position plus souple

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Bénin : Deux maux qui empoisonnent le nouveau départ

Des voies s’élèvent de plus en plus pour dénoncer la résurgence de certaines pratiques peu orthodoxes depuis l’avènement de la rupture. Sous le couvert de réformes tout azimuts, le gouvernement viole les textes qui régissent certaines administrations et cache de moins en moins la « collusion dangereuse avec Bénin Control ».

Sanctions arbitraires, nominations en violation des textes, collusion poussée entre le gouvernement et les responsables de Bénin Control -la société chargée de gérer le Pvi-, partition de la douane… Telles sont les griefs portés à l’endroit du gouvernement actuel au sujet de sa gestion de la douane. Les auteurs en sont des douaniers retraités, réunis au sein de l’amicale des retraités des douanes (Ardb).

Se soustrayant à la tendance en vogue actuellement qui veut que tout monde encense le gouvernement, cette amicale a le courage de dire la vérité. Dans une période de récession économique, la priorité devrait être à gérer de façon efficiente les régies financières qui procurent de l’argent au gouvernement. C’est le cas de l’administration des douanes. L’ambiance de travail qui règne dans cette régie est viciée par les fréquentes décisions et actes du gouvernement. L’Ardb note des « sanctions arbitraires contre certains responsables » : des limogeages non motivés de responsables de la douane.

Un de ces responsables, rappelle l’Ardb, se serait opposé à l’application d’une décision du Conseil des ministres. Ces différents limogeages ont plongé la douane dans une période d’instabilité avec la succession à sa tête de Dg intérimaires, également remerciés après quelques jours. Le gouvernement a fini par nommer le commandant Saka au poste de Dg en violation des dispositions du décret N°2016-129 du 17 mars 2016. Pendant ce temps, trois généraux et des colonels sont là…dans l’oubli à la maison pour certains.

Comment la douane peut-elle être efficace dans la mobilisation des recettes pour le développement du pays dans ces conditions? Démoralisée, divisée, affaiblie, elle ne peut que fonctionner bien en dessous des attentes et de son efficacité traditionnelle. Conséquence, une baisse drastique des recettes douanières. L’Ardb n’y est pas allée du dos de la cuillère, parlant de « complot contre la douane ».

La grande collusion

Les conférenciers de l’Ardb ont aussi dénoncé la collusion trop poussée entre

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Leasing des véhicules de l’administration: Un appel d’offres taillé sur mesure

Dans sa parution du mardi 04 avril, le quotidien « La Nation » a publié à la page 2, un avis d’appel d’offres du gouvernement pour « financer la location sur longue durée de véhicules administratifs ou leasing ». Une pratique d’acquisition de véhicules courante sous d’autres cieux, mais jamais réalisée au Bénin.

Seulement, certaines dispositions de l’appel semblent être introduites exprès pour défavoriser de potentiels concurrents ciblés d’avance. Depuis plusieurs années, l’Etat Béninois a des difficultés à déplacer les membres de l’administration pour ses diverses activités de terrain. Le parc automobile de l’Etat est à la fois vieux et insuffisant pour contenir le besoin.

Face à cette situation, le gouvernement a proposé en Conseil des ministres de procéder par leasing pour combler un peu le vide. Le leasing, c’est une location sur longue durée avec à terme, une possibilité d’acquisition. Une approche qui ne manque pas de critiques lorsqu’on se réfère aux conditions d’utilisation des véhicules dans notre pays. Cette décision du gouvernement est donc louable. Mais à la lecture, l’appel d’offres n’est pas si innocent que ça.

Certaines dispositions semblent bien avoir été introduites pour décourager le grand nombre des entrepreneurs dans ce domaine à postuler, ou même pour rendre infructueux cet Ao. On y lit noir sur blanc ceci : «  7. Les exigences en matière de qualification sont : avoir réalisé au cours des trois dernières années (2013, 2014 et 2015) un chiffre d’affaires moyen annuel au moins égal à une fois le montant du/des lots pour lequel il est potentiel attributaire, justifié par des 

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CNSS : Magouille autour d’un concours de recrutement

La direction de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) d’ordinaire calme, risque d’être perturbée dans les jours à venir par un mouvement d’humeur des travailleurs.

Et pour cause, le dernier concours de recrutement d’agents au profit de la caisse, dégage une forte senteur de magouille. Les travailleurs qui soupçonnaient cela depuis le début du processus ont été abasourdis une fois que la liste des candidats retenus après la phase des épreuves écrites, a été publiée. Sur la liste figurent des parents de certaines autorités de la maison.

Personne n’a voulu rater l’occasion de positionner un proche parent à lui. Qui un enfant ou un frère, qui d’autre un neveu, une nièce ou encore des protégés ou des amis, qui ont été « récompensés ». Le Dg, le Dga, le Cp, le Drh, le Chef budget, le Sg du Syndicat national des agents de la sécurité sociale (Synass), le syndicat de la maison… ont tous réussi à

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Revirement sur le mandat unique: Comment Talon a berné tout le monde

Pendant la période de campagne et ses premiers mois au pouvoir, Patrice Talon a réussi à se donner une image d’homme d’honneur et de parole. Un an après, l’image s’est détériorée avec la fluctuation du discours présidentiel. Et le volte face du samedi dernier sur l’option du mandat unique en est une illustration.

Un discours fluctuant comme le taux d’échange du naira et qui cache mal un personnage lunatique. Après la période de séduction, Patrice Talon retourne à sa vraie nature. Celle d’un homme dont les propos varient au gré de ses intérêts du moment. Un habile politicien qui a su surfer sur les inquiétudes et des acteurs du moment pour agiter des idées qui ne laisseront personne indifférent. L’exemple de la promesse du mandat unique le prouve à suffisance. En quête de soutien et surtout de voix, Patrice Talon a promis faire un unique mandat présidentiel. Pas deux.

Durant toute la période de campagne, il a sillonné le Bénin en vendant cette idée et en a séduit les foules. « En voilà un qui ne va pas s’accrocher au pouvoir », se disaient les uns et les autres, fiers de trouver enfin un homme politique différent des précédents, et qui aspire au pouvoir juste pour servir les autres. Populations et surtout candidats ont jeté leur dévolu sur lui, croyant ainsi avoir trouvé la perle rare qui leur manquait. Erreur. Il fallait qu’il fasse un an au pouvoir pour qu’on voit le Chef de l’Etat revenir sur sa parole.

On se rappelle que le 06 avril, lors de son discours d’investiture, Patrice a affirmé à la face du monde : «C’est pourquoi je ferai de mon mandat unique, une exigence morale en exerçant le pouvoir d’état avec dignité et simplicité. Je m’acquitterai de mes devoirs de président de la république avec humilité, abnégation et sacrifice pour le bien-être de tous. De la nation, je garderai toujours présent à l’esprit la conviction qu’elle est une et indivisible, étant persuadé que notre pays ne sera fort que s’il reste uni… ». Le 1er août 2016, répondant aux questions d’un journaliste, il répond :

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Evolution de la production cotonnière: Comment le monopole Talon avait tué la filière

Lors de son intervention médiatique du samedi 08 avril, le président Patrice Talon s’est vanté de la renaissance de la filière coton depuis qu’il est aux affaires. Mais les statistiques sur les emblavures de 2006 à 2015, années où il était toujours acteur de la filière ne militent pas en faveur de ces flagorneries.

Cette sortie médiatique du Chef de l’Etat ouvre le débat sur l’évolution ou non de la campagne cotonnière 2016-2017 en cours actuellement. Alors qu’il se vante d’un record historique avec la production nationale de coton pour la campagne 2016-2017, les chiffres des dernières campagnes ne semblent pas trop militer en sa faveur. Tenez, les emblavures sont passées de 191.216 superficies en 2005-2006 (sous le monopole de Talon) à 405.400 en 2014-2015 et 306.000 en 2015-2016.  

Le constat est identique au niveau de la production cotonnière de 2006 à 2015. Sous le monopole Talon, la production a chuté, selon les statistiques officielles : 190.857 tonnes en 2005-2006 à 174.052 tonnes en 2011-2012. Il a fallu la période de transition au cours de laquelle l’Etat a repris ses attributions pour redonner le sourire aux producteurs, avec des résultats encourageants : 240.028 tonnes en 2012-2013 à 303.000 tonnes en 2015-2016.

Le monopole Talon dans la filière a eu des impacts négatifs sur la croissance économique. Au moment où l’homme d’affaires gérait seul la filière comme il voulait,

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Bilan de l’an 1 de Patrice Talon : Retour sur les faits marquants des 12 mois

En mars 2016, les Béninois ont dans leur majorité porté leur choix sur le candidat Patrice Talon, pour diriger le pays pendant les 5 prochaines années. Entre déception et espoir, le magnat du coton s’est installé pour faire mieux que son prédécesseur. Un an après, La Nouvelle Tribune fait revivre à ses lecteurs, les évènements qui ont retenu les attentions lors des 12 derniers mois au plan politique.

18 avril 2016, réconciliation entre Boni Yayi et Patrice Talon à Abidjan

Plus d’une semaine après sa prestation de serment à Porto-Novo, le nouveau président de la République du Bénin, Patrice Talon, va s’envoler pour la Côte d’Ivoire. Pas pour une visite officielle ou de travail, mais pour une réconciliation entre lui et l’ancien président Boni Yayi. Deux amis devenus ennemis jurés. En présence des chefs d’Etat Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire et Faure E. Gnassingbé du Togo, les deux hommes ont fumé le calumet de la paix. Devant micros et caméras, ils se sont embrassés pour sceller leur réconciliation. A la fin, Yayi et Talon se sont prononcés.

« Je voudrais vous dire qu’il y avait cette complicité entre mon frère le président Patrice, et moi-même. C’est une complicité que nous dévoilons aujourd’hui, complicité positive. Nous étions amis, nous le demeurons, et nous le resterons toujours. », a dit le premier, et au second de répondre également en ces termes : « Cela a été le maître-mot de notre déjeuner aujourd’hui, une bonne ambiance.Les intrigues de la compétition politique. C’est cela le mot, n’est-ce pas Monsieur le président? Ne prendrons pas le pas sur nos responsabilités d’œuvrer pour la paix. Cela prime sur toute autre considération. ».

22 Juin 2016 : Fixation des chefs-lieux de départements et nomination des préfets

Le décret portant fixation des chefs-lieux de département et la nomination des 12 nouveaux préfets, a été pris en conseil des ministres le 22 Juin 2016. Ce décret marque la mise en œuvre d’un autre décret de 17 ans, longtemps oublié. Ce découpage territorial parait comme une issue favorable d’un dossier « épineux ». Les populations de 12 nouvelles villes voient ainsi l’administration territoriale rapprochée d’elles. Cette mesure est et demeure l’une des réformes réussies du gouvernement de la rupture depuis sa prise de pouvoir, il y a un an.

7 juillet 2016, annulation des concours frauduleux organisés sous l’ancien régime

C’est l’une des premières décisions fortes prises par le président de la République Patrice Talon et son équipe. L’annulation des concours frauduleux de 2015 a été prononcée en conseil des ministres du 7 juillet 2016. Une satisfaction pour les syndicalistes surtout, qui ont souhaité que ces concours à polémique organisés sous Boni Yayi soient annulés dès que le nouveau président de la République va s’installer. Il s’agit de celui du ministère de l’Economie de Finances en particulier. Selon le rapport de la commission de vérification de la régularité des concours, sur les 99.000 candidats environ, elle n’a eu accès qu’à environ 30.000 dossiers. Cet acte courageux du nouveau départ a suscité des remous dans le rang des candidats déclarés admis à ces concours, et dont certains officiaient déjà dans l’administration.

28 Septembre 2016 : Adoption d’une nouvelle carte universitaire

A l’issue du conseil des ministres du mercredi 28 septembre 2016, le conseil des ministres a adopté une nouvelle carte universitaire pour « mutualiser les ressources humaines, matérielles, pédagogiques et infrastructurelles, et offrir aux personnels et aux étudiants, de meilleures conditions de travail et d’étude tout en s’efforçant à travers les brassages, de construire et de renforcer l’unité nationale ». Le Bénin dispose désormais de quatre universités : deux universités pluridisciplinaires et de deux universités thématiques. Les universités d’Abomey-Calavi et de Parakou sont pluridisciplinaires, et celles d’Abomey et de Porto-Novo sont thématiques. Le décret adopté par le conseil des ministres, portant création de ces universités, donne la liste des facultés, écoles et instituts qui sont regroupés ou attachés à ces quatre universités.

5 octobre 2016, Interdiction des activités des organisations estudiantines sur toutes les universités publiques du Bénin

Les annulations, interdictions et suppressions se suivent et s’enchainent sous le nouveau départ. Au cours de la rencontre hebdomadaire des ministres du 05 octobre 2016, le gouvernement de la rupture a pris un décret portant interdiction des activités des associations et organisations estudiantines faitières, dans les quatre universités publiques du Bénin à savoir Abomey-Calavi, Parakou, l’Université polytechnique d’Abomey et l’université des sciences agronomiques de Porto-Novo. Cette décision a été prise selon le communiqué du conseil des ministres, pour mettre fin  au désordre sur les campus universitaires, notamment celui de Calavi où on note souvent des actes de violence et de vandalisme. Très tôt, des voix se sont levées pour fustiger le décret gouvernemental. Quelques mois plus tard, la Cour Constitutionnelle a rendu une décision pour rétablir les étudiants dans leur droit.

30 novembre 2016, le gouvernement prononce la liquidation de la Sonapra, l’Onasa, la Caia et l’Ons

A l’issue du conseil des ministres du 30 novembre 2016, le gouvernement a décidé de liquider certaines sociétés et offices d’Etat. Il s’agit de la Sonapra (société nationale de promotion agricole), de la Caia Sa (la centrale d’achat des intrants agricole) de l’Onasa (Office nationale d’appui à la sécurité alimentaire) et de l’Ons (l’Office nationale de stabilisation et de soutien des prix des revus agricoles). Une liquidation qui s’inscrit dans la politique du quinquennat. «Il s’agit de mettre en œuvre pour les cinq ans à venir, un plan d’investissement massif afin de répondre à l’augmentation des besoins alimentaires et à l’accès au marché extérieur et intérieur. », avait expliqué le ministre d’Etat, secrétaire à la présidence Pascal Irénée Koupaki.

10 décembre 2016, Réorganisation des concours enseignants

Après l’annulation des concours frauduleux organisés en 2015, le nouveau pouvoir les réorganise. Il décide d’abord de recruter sept mille trente-trois (7033) enseignants contractuels de l’Etat pour le primaire et le secondaire. Ceci va combler le déficit créé par les départs massifs à la retraite cette année. C’est par le communiqué radio n°237/MTFPAS /DC/SGM/DGFP /DRAE/STCD/SA en date du 26 octobre 2016, que l’information officielle a été portée à l’attention des candidats.

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Bénin : Echec cuisant pour Patrice Talon

(Les grandes leçons du rejet) Après près d’un mois de battage médiatique, le projet de révision de la constitution a été rejeté par une minorité -de blocage- de 22 députés.Ce vote inattendu met fin à une campagne agitée et brutale, une procédure sibylline et un texte à polémique. Et pour Talon, il voit s’envoler le rêve de revendiquer un titre pompeux du « premier président à avoir touché au texte « sacré ».

« Vive la démocratie béninoise », ainsi s’est réjoui l’honorable Guy Dossou Mitokpè sur sa page facebook, après le vote de rejet inattendu hier soir à l’Assemblée nationale, du projet de loi sur la révision constitutionnelle. Le jeune député de Cotonou, suppléant de l’ex ministre de la défense Candide Azannaï, qui a rompu les amarres avec Talon il y a quelques jours, a pourfendu le projet jusqu’à la dernière minute, affirmant partout que ce n’était pas une priorité. Contrairement à ce député, plusieurs autres avaient gardé secrètement leurs positions sur le fameux texte, et ne l’ont exprimé que pendant le vote. Moment de grand suspense où on a vu se déchaîner les passions les plus incontrôlables et les points de vue les plus surprenants. Résultat de tout ceci : rejet du projet de révision de la constitution.

Ce résultat consacre l’échec personnel de Patrice Talon, qui a commis étape par étape des erreurs qui ont concouru au rejet intervenu hier à l’Assemblée nationale. L’une des toutes premières erreurs est d’avoir confié à une commission ad’hoc le travail marginal de donner son avis sur quelques réformes phares qui doivent être contenues dans le projet. Cette démarche a ravivé les premiers soupçons. Personne ne sait jusqu’à ce jour, celui ou ceux qui sont les auteurs de ce texte dans la mesure où, plusieurs membres de la commission dirigée par Joseph Djogbénou le ministre de la justice, ont décliné toute responsabilité dans la rédaction du texte. Ces soupçons ont été aggravés par la demande de vote en procédure d’urgence du texte envoyé à l’Assemblée nationale. Quelle est l’urgence ? Pourquoi tenir à faire adopter une nouvelle constitution dans ce mois de mars, décrété par le ministre de la justice comme « mois de la révision ». La précipitation ainsi affichée, le mystère cultivé autour du texte et le contenu ont fini par convaincre maintes personnes sur le caractère suspect de la réforme. « La révision de la constitution n’est pas le choix des chefs lieux des départements », a ironisé un syndicaliste.

Le résultat de l’obstination

Autoproclamé « compétiteur né », le président Patrice Talon essuie ainsi un revers inattendu, surprenant et historique. C’est l’une des rares fois en Afrique si ce n’est la première, qu’un président au pouvoir échoue dans sa volonté de réviser la loi fondamentale de son pays.

Il s’agit d’un véritable gâchis lorsqu’on sait que Patrice Talon, élu président dans la liesse collective, presque sans opposition politique depuis son arrivée au pouvoir, avait les moyens d’une

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Bénin: Mardi de tous les dangers à l’Assemblée nationale

Le rapport de la commission des lois relatif au projet de loi portant modification de la constitution du 11 décembre 1990, va-t-il recueillir la majorité des trois quarts (3/4) que requièrent les dispositions de l’article 154 de la loi fondamentale, qui dispose : « Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision, doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale » ?

Tous les regards sont tournés aujourd’hui vers les députés de la 7è législature au palais des gouverneurs à Porto-Novo, qui sont appelés à prendre cette première décision fatidique sur le projet de révision de la constitution. Les députés, malgré les amendements non favorables de leurs mandants sur ce projet de révision de la constitution, arriveront-ils à recueillir éventuellement les ¾, autrement dit le vote favorable de 63 élus du peuple ?

Ce n’est qu’à cette seule occasion que ledit projet passera à l’étape de l’étude proprement dite, et des amendements. Mais pour l’heure, les tractations vont bon train au sein des différents groupes parlementaires. On ignore encore le sort qui sera réservé à ce projet. Il faut préciser que ledit rapport sur le projet de révision de la constitution a été examiné et adopté en commission le 30 mars 2017 dernier.

Dans sa conclusion, ce rapport suggère que le projet en question soit pris en considération. Les députés dans leur majorité,  vont-ils se soumettre à cette conclusion ou la rejeter ? Wait and See

Les députés se prononcent ce jour sur la recevabilité du projet

L’Assemblée nationale ouvre ce jour la session sur le projet de révision de la constitution. Au regard de l’avalanche de contestations enregistrée ces derniers jours-ci au sujet du projet, cette session s’annonce très risquée pour les députés mais aussi pour l’avenir de notre pays.

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Soirée politique à la Fondation Friedrich Ebert: Le projet de révision au scanner des experts

La Fondation Friedrich Ebert a initié hier 30 mars 2017, une soirée politique à son siège autour de la révision de la Constitution. Me Ibrahim Salami enseignant à l’Uac.Mathias Hounkpè, politologue ; Orden Alladatin, député et membre de la mouvance et Abraham Zinzindohoué, ancien président de la Cour Suprême ont constitué le panel. Différents aspects du texte qui est sur la table des députés ont  été abordés de fond en comble avec des critiques et contributions.

Toutes les voix qui s’élèvent dans l’opinion publique et qui abordent la révision de la Constitution ne sont pas contre le projet, mais fustigent une initiative qu’on veut réaliser au pas de charge, et en catimini, comme l’avait martelé le Professeur Frédéric Joël Aïvo sur Soleil Fm. La consultation populaire s’impose donc aux yeux de beaucoup d’observateurs, pour  donner plus de légitimité au projet.

En faisant référence à l’article 3 de la loi organique, Me Ibrahim Salami explique qu’à partir du moment où le gouvernement n’a pas mentionné qu’il s’agit d’un projet de loi destiné au référendum, on ne pourra plus aller au référendum ; et c’est l’un des points importants du débat. Parce que la révision n’est pas qu’une question juridique, elle est aussi une question de légitimité, de contexte politique dont il faut tenir compte. A l’en croire, dans les démocraties les plus fragiles comme la nôtre, il faut prendre les précautions les plus importantes.

Sur le sujet, Orden Alladatin, député UN et membre de la mouvance présidentielle, insiste sur le fait que la seule alternative actuellement, c’est d’abord l’option parlementaire. C’est donc clair que c’est le parlement qui définira l’issue du projet. Parce que si on doit aller au référendum nous informe-t-il, ce serait avec le texte brut du chef de l’Etat sans amendement et ce serait suicidaire pour

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Zik et sagesse : Savoir garder son chéri avec «Yon nu» de Kèmy

Trop de couples se brisent et il devient récurrent d’entendre des femmes dire que leur partenaire  va  «voir ailleurs». Les secrets pour y remédier sans avoir recours à des charlatans comme certaines, l’artiste rossignol  des affaires de couples, Olouwa Fèmy Kèmy, en donne la substance dans son morceau «Yon nu».

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